La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
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À découvrir

Si Louise Michel m'était contée… Cabaret peu orthodoxe sur l'art de la rébellion !

"Cabaret Louise", Théâtre Le Funambule Montmartre, Paris

Reprise Grandes ignorées de nos scolarités boutonneuses, la Commune et sa compagne Louise Michel sont tirées du passé et ici convoquées à une célébration festive et effrontée, bâtie sur un cinquantenaire soixante-huitard bienfaisant, où se réunissent de manière intempestive, ou pas, Rimbaud, Hugo, Léo et Théophile Ferré, Louise Attaque, Johnny Hallyday, Jules Ferry et Adolphe Thiers, etc., prenant vie grâce aux joyeux jeux virtuoses de Charlotte Zotto et Régis Vlachos.

Si Louise Michel m'était contée… Cabaret peu orthodoxe sur l'art de la rébellion !
En une forme de cabaret drolatique, foutraque, jouissif et impertinent, est rendu hommage à la révolte, à l'espérance d'une toujours future révolution, au souvenir de celles qui ont eu lieu - sans malheureusement toujours beaucoup d'efficience -, à celles et ceux - communards ou soixante-huitards - qui les imaginèrent sur le terreau de folles utopies. Régis Vlachos nous offre à nouveau un insolent et hilarant éloge d'une nouvelle rébellion à inventer, nous incitant, dans le respect de nos libertés individuelles, à nous indigner encore et toujours.

Cet hommage audacieux et - forcément - libertaire est associé subtilement, dans un intelligent second plan et en un judicieux contrepoint, à nos désespérantes actualités. Et, tour de force réussi, est généré, en complément inattendu et croustillant, une approche de mise en abyme conjugale du couple tentant de représenter le spectacle tout en l'interrompant de tempétueuses disputes, de tentatives de réconciliation… ou de négociation de définitive séparation... Instillant ainsi dans tous les tiroirs narratifs, une revendication féminine et féministe émanant historiquement de Louise Michel et, dans une contemporanéité militante, celle de la femme d'aujourd'hui que sont les comédiennes Charlotte Zotto et Johanna Garnier.

Gil Chauveau
22/01/2019
Spectacle à la Une

"Cassandra", cruauté et infinie tendresse pour conter le métier de comédienne

La chronique d'Isa-belle L

"Cassandra", C majuscule s'il vous plaît. Pas uniquement parce que c'est un prénom qui, aussi, introduit une phrase ou parce que c'est le titre du spectacle, mais parce que Cassandra, qu'elle soit moderne ici, mythique là-bas, mérite en capitale (C) cette jolie troisième lettre de l'alphabet à chaque recoin de mon papier. La lettre "C" comme Cassandra et comme le nom de famille de l'auteur. Rodolphe Corrion.

Deux C valent pour un troisième : Coïncidence. L'auteur, masculin, très habile répondant au nom de "Corrion" a écrit pour une comédienne à multiples facettes ce seul(e) en scène. Nous voilà à 3 C et trois bonnes raisons d'aller découvrir et applaudir ce spectacle mené de main de maîtresse par la comédienne Dorothée Girot. Jolie blonde explosive, sincère et talentueuse.

Inspiré du mythe de Cassandre, Rodolphe Corrion nous propose aujourd'hui, dans son texte à l'humour finement brodé, un personnage - Théodora -, comédienne enchaînant les castings avec peine, se retrouvant d'ailleurs en intro de spectacle, face à une conseillère Pôle Emploi. Excellent moment et monologue réjouissant. Théodora sent que quelque chose va se produire dans la vie de cette conseillère, quelque chose de… bah ! Oui. Il va se passer quelque chose… elle l'avait sentie, on ne l'a pas écoutée puis… la conseillère, elle ne l'a plus jamais revue.

Isabelle Lauriou
27/03/2019
Sortie à la Une

À écouter : Anémone mange ses frites, mais ce qu’elle "préfère le plus au monde, c’est rien foutre"

Difficile d’interviewer Anémone. Elle sortait de son spectacle "Grossesses nerveuses" qu’elle joue en ce moment au Théâtre Daunou (voir article) et nous l’avons rejoint à la brasserie du coin. Elle y mangeait ses frites et manifestement l’interview ne l’intéressait pas. Malgré les efforts de l’interviewer (moi !) dont les gouttes de sueur perlaient sur le visage en décomposition au fur et à mesure de l’entretien, Anémone nous a répondu de façon claire, nette et expéditive.


À écouter : Anémone mange ses frites, mais ce qu’elle
Au passage, voici la définition de "contre-emploi" au théâtre ou au cinéma : assumer des rôles différents de celui joué habituellement et non par rapport à ce qu’on est dans la "vraie" vie. Ce qu’on a, entre autres, essayé (je dis bien "essayer" !) de demander à Anémone était de savoir pour quelle raison elle ne s'est pas plus mise en danger pour jouer autre chose que le personnage qu'elle a toute sa vie incarnée, c’est-à-dire celui d'une bourgeoise ou une vieille fille un peu coincée. Un "contre-emploi" véritable qu’elle a tenu (et justement pour lequel elle a été récompensée par le César de la meilleure actrice) est celui du Grand chemin.

Possible que l'on s'y soit très mal pris. Peut-être aurait-il fallu parler d'autres choses que de "spectacle" ?

Cet entretien reste tout de même un moment (court mais...) mémorable. À écouter absolument !

Musique : Pierre-Yves Plat

À lire >> Une Anémone en fleur au Théâtre Daunou

À venir : Interview exclusive de Pierre Santini suite à son annonce de départ du Théâtre Mouffetard.
interview_d_anemone.mp3 Interview d'Anémone.mp3  (3.33 Mo)


Sheila Louinet
23/05/2011