La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Trib'Une

"Au nom du père, du fils, et de Jackie Chan" Ne laissez pas les circonstances vous contrôler Changez les circonstances - 28/11/2023

N'est-ce pas là un bon présage que de porter comme nom de famille "Fortune" ? Un prénom de bon augure pour ce comédien qui se lance dans une nouvelle aventure. Celle d'un seul en scène où il vient raconter et se livrer pendant une heure et demie. Avant d'assister à ce qu'appelle sa très "smart" metteuse en scène – Anne-Sophie Liban – une mise en espace, j'ai d'abord entendu le texte lors du...  

"Je me souviens" Partager avec les "Renversés" un sursaut d'espoir et une lueur d'humanité - 14/11/2023

"Je me souviens", c'était début juillet cette année. Laurie Marzougui, cette fée du bien-être à l'âme sensible et au sourire si délicat, comédienne et metteure en scène, me propose d'assister à la représentation du spectacle joué par la joyeuse troupe des "Renversés". Troupe qu'elle anime avec passion et conviction. Elle m'avait déjà parlé de ce collectif, parrainé par Bruno Gaccio et Romane...  

"Le propre de l'homme" Le "stand-up" breton d'un artiste à la plume aiguisée - 03/05/2023

Yohann Lavéant porte de belles "Dr. Martens", rouges. Comme cette marque, il se réinvente, développe, élargit son panel et deviendra, j'en suis certaine, comme les chaussures précédemment citées, un artiste incontournable ! Telle pourrait être ma conclusion suite au spectacle que ce comédien, débarqué de Bretagne il y a quelques années pour affronter les scènes, joue au Théâtre du Marais, dans le...  

"Et si c'était elle ?" De l'humanité et de l'amour pour rêver à un monde meilleur - 12/04/2023

"Le propre de la solidarité, c'est de ne point admettre d'exclusion", Victor Hugo. "Et si c'était elle ?" est une histoire d'amour. Celle d'un homme excellemment interprété par Michaël Msihid et d'une femme - la gracieuse Lola Ingrid - qui se rencontrent sur la base d'un "Tinder". Jusqu'ici rien de bien original. Seulement cette femme est handicapée. Elle traîne comme meilleur allié son fauteuil...  

"Didou, dans la vraie vie" Un jeune comique qui détonne, déconne et sait attirer son public ! - 04/04/2023

J'ai vu beaucoup de seul(e)s en scène cette année. Des femmes, le plus souvent. Pour rééquilibrer tout ça, voici quelques mots pour un homme en solo qui mérite un peu plus que des "petits" bravos. J'écris "petits" car je reviens du Petit Point Virgule, lieu dédié à l'humour, géographiquement bien situé, où j'ai découvert "Didou" dans un spectacle intitulé : "Didou, dans la vraie vie". Didou, en...  

Chronique à chaud pour un spectacle "à vif !" - 12/01/2023

Les pannes de courant sur les lignes du métro parisien sont parfois efficaces. La dernière en date m'aura permis d'écrire ce billet et, ainsi, vous conseiller de vous rendre au Petit Palais des Glaces. L'artiste qui propose un seul(e) en scène s'appelle Aude Lener et c'est une comédienne. J'entends par là qu'elle ne se contente pas d'être en solo, avec appui musical polluant ou autres micros...  

"Radium Girls, Beautés Mortelles" Immersion dans l'univers des enlumineuses de montres et d'horloges ! - 21/12/2022

"Vous ne pouvez pas imaginer un monde meilleur sans y améliorer les individus", Marie Curie. Alors que le monde tremblait devant la finale de football, des rayons lumineux accueillaient des spectateurs courageux, ce dimanche 18 décembre, dans un lieu atypique du XXe de Paname. Courageux car, en effet, il pleuvait, décembre est un faux allié et la France était en train de frissonner, l'ambiance...  

"Rimbaud Cavalcades !" Voyage cycliste au cœur du poétique pays d'Arthur - 12/12/2022

"Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées…", Arthur Rimbaud. Quel plaisir de boucler une année 2022 en voyageant au XIXe siècle ! Après Albert Einstein, je me retrouve face à Arthur Rimbaud. Qu'il était beau ! Le comédien qui lui colle à la peau s'appelle Romain Puyuelo et le moins que je puisse écrire, c'est qu'il a réchauffé corps et cœur au théâtre de l'Essaïon pour mon plus grand...  

"Albert Einstein, un enfant à part" L'enfance d'un génie atypique, mais ô combien attachant ! - 08/12/2022

"Seules deux choses sont infinies. L'univers et la stupidité de l'homme. Et encore, je ne suis pas certain de l'infinité de l'univers", Albert Einstein. Peut-être que j'aurais dû naître au XIXe ! À quoi pensait Albert Einstein quand il a écrit ce que je cite au-dessus ? Quand il exprime la "stupidité de l'homme", pensait-il déjà à la déferlante des portables, des oreillettes, des "TikTok" et...  

"Tangente" Disparaître, partir sans se retourner… pour vivre une nouvelle vie - 20/10/2022

"Pars, surtout ne te retourne pas. Pars, fais ce que tu dois faire sans moi. Quoi qu'il arrive je serai toujours avec toi. Alors pars et surtout ne te retourne pas." (Le grand) Jacques Higelin. Partir sans se retourner. Qui ne s'est pas posé cette question au moins une fois dans sa vie ? Avec ce monde qui part en vrille totale (tiens !), qui ne se dit pas ? : "Je vais aller voir ailleurs où j'en...  
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À découvrir

"Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain

"La vie, elle a passé, on a comme pas vécu…", ainsi parlait Firs, le vieux valet de chambre de "La Cerisaie" d'Anton Tchekhov, pièce écrite dans le domaine de son ami comédien et metteur en scène Constantin Stanislavski… C'est ce même Constantin Stanislavski, auteur en son temps d'une "Notre vie dans l'art", qui se retrouve au cœur de la pièce éponyme écrite et mise en scène par Richard Nelson, auteur, metteur en scène américain et tchékhovien dans l'âme. Et si l'argument – "Conversations entre acteurs du Théâtre d'Art de Moscou pendant leur tournée à Chicago, 1923" – n'a pas changé d'un iota, ses échos contemporains sont eux particulièrement troublants.

© Vahid Amampour.
Quand, dans le cadre du Festival d'Automne, le Théâtre du Soleil ouvre grand ses portes monumentales de la Cartoucherie à cette nouvelle version de "Notre vie dans l'art", on se dit que ce choix ne peut rien devoir à un quelconque hasard… Et quand on découvre que c'est à Ariane Mnouchkine que l'on doit la traduction de la pièce, et que ce sont ses propres comédiens formés selon les canons artistiques animant son travail que dirige ici Richard Nelson, on n'est nullement surpris de reconnaître là le mantra commun à leurs deux univers : faire du théâtre une caisse de résonances de l'histoire en cours.

Dominant le plateau, comme dans un amphithéâtre antique, des rangées de gradins se font face. Entre une troupe de comédiens en costume de ville. Ils s'affairent à remettre en place les chaises renversées sur la longue table rectangulaire occupant l'espace central, ainsi qu'on peut le faire lorsque l'on revient dans une maison après absence. Il y a là Kostia (Constantin Stanislavski, directeur et acteur du Théâtre de Moscou), Vania, Richard (ancien acteur du même théâtre, exilé lui aux États-Unis), Olga (veuve d'Anton Tchekhov), Vassia et Nina (couple en proie aux tourments de la jalousie amoureuse), Lev et Varia, Masha et Lida, et Petia (jeune acteur soupçonné d'accointances avec les dirigeants de l'Union Soviétique).

Yves Kafka
29/12/2023
Spectacle à la Une

"L'Effet Papillon" Se laisser emporter au fil d'un simple vol de papillon pour une fascinante expérience

Vous pensez que vos choix sont libres ? Que vos pensées sont bien gardées dans votre esprit ? Que vous êtes éventuellement imprévisibles ? Et si ce n'était pas le cas ? Et si tout partait de vous… Ouvrez bien grands les yeux et vivez pleinement l'expérience de l'Effet Papillon !

© Pics.
Vous avez certainement entendu parler de "l'effet papillon", expression inventée par le mathématicien-météorologue Edward Lorenz, inventeur de la théorie du chaos, à partir d'un phénomène découvert en 1961. Ce phénomène insinue qu'il suffit de modifier de façon infime un paramètre dans un modèle météo pour que celui-ci s'amplifie progressivement et provoque, à long terme, des changements colossaux.

Par extension, l'expression sous-entend que les moindres petits événements peuvent déterminer des phénomènes qui paraissent imprévisibles et incontrôlables ou qu'une infime modification des conditions initiales peut engendrer rapidement des effets importants. Ainsi, les battements d'ailes d'un papillon au Brésil peuvent engendrer une tornade au Mexique ou au Texas !

C'est à partir de cette théorie que le mentaliste Taha Mansour nous invite à nouveau, en cette rentrée, à effectuer un voyage hors du commun. Son spectacle a reçu un succès notoire au Sham's Théâtre lors du Festival d'Avignon cet été dernier.

Impossible que quiconque sorte "indemne" de cette phénoménale prestation, ni que nos certitudes sur "le monde comme il va", et surtout sur nous-mêmes, ne soient bousculées, chamboulées, contrariées.

"Le mystérieux est le plus beau sentiment que l'on peut ressentir", Albert Einstein. Et si le plus beau spectacle de mentalisme du moment, en cette rentrée parisienne, c'était celui-là ? Car Tahar Mansour y est fascinant à plusieurs niveaux, lui qui voulait devenir ingénieur, pour qui "Centrale" n'a aucun secret, mais qui, pourtant, a toujours eu une âme d'artiste bien ancrée au fond de lui. Le secret de ce spectacle exceptionnel et époustouflant serait-il là, niché au cœur du rationnel et de la poésie ?

Brigitte Corrigou
08/09/2023
Spectacle à la Une

"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal

Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.

© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu "Juste parmi les nations". D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.

Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, "Les Mains du miracle", et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.

Bruno Fougniès
15/10/2023