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La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Théâtre

"Je vous écris dans le noir" Tragédie d'une femme libre et moderne en quête de l'impossible amour - 10/05/2021

Même quand elle est emportée dans les vents de l'amour, Pauline Dubuisson n'échappe pas à son destin… Un destin aux accents de tragédie grecque, comme une filiation à la malédiction des Atrides… Adolescente charnelle et donc collabo "involontaire" durant l'occupation, tondue et violée à 15 ans, meurtrière passionnelle à 24 ans, son passé finira toujours par la rattraper. Entre souhaits...  

"La Veilleuse, Cabaret holographique" Est-ce la naissance d'un huitième art ? - 29/04/2021

"La Veilleuse" est un spectacle étrange, particulier et unique. Spectacle vivant, certes, mais sans interprètes de chair. Et pourtant, les spectateurs dans la salle assistent réellement à des numéros de magie, de danse, de chant, de jeu théâtral, comme si ces scènes étaient réellement jouées sur scène. Une illusion qui donne le vertige et permet des réalisations poétiques débordantes de...  

La bagarre ? Jeu de poings, jeux de gamins, jeu de pignes, jeux de gamines - 23/04/2021

La bagarre, c'est pas grave. La bagarre, c'est un jeu. On la décide sur un coup de tête. On s'attrape, on se tape, on se fait tomber. On prend des gnons et on en donne. On se fait écraser, on s'extirpe, on se libère, on gagne, on perd. C'est comme ça dans les cours d'école depuis des lustres. On ne sait pas vraiment comment ça commence. On ne sait jamais comment ça finit. Mais qu'est-ce que c'est...  

"Adeno Nuitome" Une glorification de l'amour - 15/04/2021

Lola Molina questionne pour la deuxième fois les stigmates de l'amour. Dans sa pièce précédente intitulée "Seasonal Affective Disorder" (déjà dans une mise en scène de Lélio PLotton), elle s'était intéressée à la cavale hors normes, et pas correcte du tout politiquement parlant, d'une ado de 14 ans et d'un chanteur vaguement raté de 50 piges. Dans "Adeno Huitome", le couple est moins romanesque...  

"Le Dortoir des Mouettes", le "je me souviens…" d'un passé recomposé - 08/04/2021

La Cie Intérieur Nuit - dont le nom se révèle en la circonstance tout sauf fortuit - s'ingénie à créer des ambiances propres à délivrer des textes d'auteurs contemporains (ou pas) via le dispositif "fabuleux" de l'Audio Spectacle. Confortablement installé dans des transats alignés sous une voute d'arceaux de noir tendu, l'imaginaire de chacun erre librement, bercé par le rythme du roman truculent...  

"Marilyn, ma Grand-mère et moi"… Éloge de la fantaisie - 06/04/2021

Entre conte, cabaret et souvenirs d'enfance, "Marilyn, ma Grand-mère et moi" use de mille artifices pour nous faire voir, via la facette de la star mythique d'Hollywood, un pan de la vie des femmes de la moitié du siècle dernier. À la fois déformante et révélatrice, cette vision est donnée en plein feu par l'autrice interprète, Céline Milliat Baumgartner et son complice en musique, Manuel...  

Entre carnet intime et témoignage, "Abysses" est un appel à se ré-humaniser - 29/03/2021

C'est bien de l'Autre dont il s'agit dans ce spectacle. L'étranger, celui qui vient de loin, d'ailleurs, qui ne parle pas la même langue, n'a pas les mêmes dieux, n'a pas les mêmes coutumes, mais qui en fin de compte a une vie aussi fragile, peut-être plus fragile que la nôtre, plus en péril. "Abysses" raconte le regard de celui qui, les pieds posés sur l'île de Lampedusa, voit les bateaux venus...  

"Madam #4" Le cyber espace, nouveau Far West des luttes contre le sexisme - 19/03/2021

Quatrième volet d'une série de six spectacles, "Madam#4" (acronyme de Manuel d'Auto-Défense à Méditer), sous-titré : "Je préfère être une cyborg qu'une déesse", explore le cyber féminisme, terme qui exprime l'activisme des femmes sur le net dans le but d'une émancipation totale sur l'hégémonie masculine dominante. Mais "Madam#4" dérive un peu plus largement de ce contexte pour nous transporter de...  

"Mademoiselle Personne" Du côté de chez soi à la recherche du pain perdu - 17/03/2021

Elle a hérité - allez savoir pourquoi - du patronyme transparent de Personne, elle qui, telle une éponge, va s'imprégner de manière hallucinatoire des identités des clients(es) fréquentant la boulangerie de son premier emploi. Se crée alors une sorte de "roman familial" décalé qui devient, à son corps défendant, son pain quotidien nourrissant la béance d'une existence figée dans les glaces. Mais...  

"La Tragédie d'Hamlet" Hamlet plus vrai que nature dans la traduction de Jean-Claude Carrière - 16/03/2021

Dans cette mise en scène de Guy-Pierre Couleau, pas d'artifice de théâtre. Le focus est pointé sur le jeu, les comédiens et le texte. Comme si un zoom permanent faisait avancer le spectateur sur scène pour frôler les palpitations, les effrois, les folies des personnages de Shakespeare à quelques centimètres. On est à la fois dans le grand classique et dans la pièce immersive. Le plateau du...  
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À découvrir

Oui, nous pouvons permettre aux musiciens de pratiquer sans risque et sans mise en danger du public !

L'Institut Technologique Européen des Métiers de la Musique, le syndicat CSFI (Chambre Syndicale de la Facture Instrumentale), le syndicat Les Forces Musicales, c'est-à-dire les professionnels des instruments de musique, des orchestres et opéras français sont parvenus à établir un socle de connaissances solides scientifiquement prouvées sur les enjeux et les risques sanitaires liées à la pratique musicale et vocale. Il sont désormais en état de délivrer des préconisations et de nouveaux protocoles pour permettre aux musiciens de pratiquer sans risque et sans mise en danger du public. Fanny Reyre Ménard, à la tête du pilotage du Projet PIC VIC (Protocole pour les instruments de musique face au coronavirus, Pratique instrumentale et vocale) nous en a dit plus.

Bois & cuivres © Buffet Crampon.
Fanny Reyre Ménard est Maître Artisan luthière à Nantes depuis 1988 et vice-présidente du CSFI. Elle peut, au nom de ses collègues et camarades engagés dans ce groupe interdisciplinaire de travail (depuis avril 2020), affirmer aujourd'hui qu'une pratique musicale en ces temps de coronavirus n'est pas plus dangereuse que les principaux gestes et actes de notre vie quotidienne.

Un enjeu important puisqu'on parle ni plus ni moins que de rouvrir les salles de concert et les Opéras. Il s'agit également d'encourager la reprise normale d'une pratique musicale, instrumentale et vocale grâce aux outils et connaissances obtenus après quasiment une année de recherches.

Une recherche menée et des résultats obtenus grâce à une synergie de forces tout à fait exceptionnelle ; outre les professionnels des instruments de musique, des orchestres et autres opéras, les ingénieurs Recherche et Développement de structures importantes en facture instrumentale telles que Buffet Crampon, associés à des laboratoires de recherches en biologie, des spécialistes en aérosols ou en dynamique des fluides ont rejoint dans ce but commun (en savoir plus et agir en conséquence) l'Unité des Virus Émergents de l'Institut universitaire hospitalier de Marseille. Le milieu musical à l'arrêt en mars 2020 souhaitait reprendre l'avantage, la crise sanitaire ayant laissé tout le monde provisoirement sans réponse. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Christine Ducq
31/03/2021
Spectacle à la Une

"Respire" Un conte moderne qui traverse les airs comme un souffle magique

Johanne Humblet est funambule. Avec la Compagnie Les filles du renard pâle, elle parcourt le monde pour tendre ses câbles entre les immeubles, les monuments, les grues, elle les fait grimper, se courber en spirale, plonger dans des lacs, traverser des places, des rivières. "Le fil est le lien qui relie un point à un autre, au-dessus des frontières, des barrières, il rassemble. Un lien autant symbolique que concret", explique-t-elle. Elle tisse ainsi son parcours d'équilibriste : quelques dizaines ou quelques centaines de mètres de long et seulement 12 millimètres de diamètre.

© Les filles du renard pâle.
Mais la conception que cette funambule pleine de rêve fait de ses spectacles ne s'arrête pas à l'exploit. Et même si elle évolue sans sécurité aucune, elle ne cherche pas à provoquer chez celui qui regarde le nœud qui noue le ventre à l'idée de la chute dans le vide. Cette réaction est là, quoi qu'il en soit, mais Johanne Humblet ne s'en contente pas. Elle raconte des histoires. Et elle ne les raconte pas seule.

Avec elle, mais au sol, un groupe de trois musiciens rocks va l'accompagner tout au long de sa traversée. La partie musicale du spectacle est très importante. Un rock très teinté métal, trois musiciens aux looks punky qui suivent de leurs compositions l'évolution de la funambule là-haut. Ce sont des échanges, rythmes et regards, qui orchestrent l'évolution du chaperon rouge des airs tandis qu'au sol le loup surveille. Une autre partie importante du spectacle, qui a pour objectif de se jouer la nuit, est dirigée par l'équipe lumière, des lumières élaborées qui font le lien en collant à la musique et en découpant la funambule dans le ciel.

Bruno Fougniès
23/03/2021
Spectacle à la Une

"Adeno Nuitome" Une glorification de l'amour

Lola Molina questionne pour la deuxième fois les stigmates de l'amour. Dans sa pièce précédente intitulée "Seasonal Affective Disorder" (déjà dans une mise en scène de Lélio PLotton), elle s'était intéressée à la cavale hors normes, et pas correcte du tout politiquement parlant, d'une ado de 14 ans et d'un chanteur vaguement raté de 50 piges. Dans "Adeno Huitome", le couple est moins romanesque puisqu'ils ont à peu près le même âge. Lui est régisseur lumière, Elle, écrivain. Ils vivent ensemble en joyeux citadins et suivent chacun des carrières vouées à la réussite jusqu'au jour où le cancer s'immisce dans leur histoire. C'est sur Elle que ça tombe.

© Jonathan Michel.
Une nouvelle qui bouleverse leurs projets : ils changent de vie, abandonnent la ville, achètent une maison en pleine nature. C'est là qu'elle vit dorénavant entre la rivière, les arbres en fleurs, les animaux sauvages et l'écriture. Lui revient de ses tournées dès qu'il le peut. La pièce se construit ainsi en courtes interventions de l'une ou de l'autre et de scènes à deux. Mélanges de souvenirs, de narrations et moments de vie qui nous font découvrir peu à peu l'histoire de ces deux personnages et les variations de leur amour l'un pour l'autre.

Le texte autant que la mise en scène évitent avec bonheur tout réalisme. C'est plus vers une poésie de réconciliation avec la nature que vers l'analyse des dommages de la maladie que notre attention est tournée. Lola Molina scrute avec art et tendresse les remous intimes que la présence de cette menace provoque. Elle (le personnage féminin), prise entre la solitude de cette nouvelle maison et la solitude de son travail d'écriture navigue entre nostalgie de l'adolescence et besoin d'une vitalité que l'environnement bourgeonnant de la maison lui apporte. Lui se dévoue pour l'entourer de toute son attention.

Bruno Fougniès
15/04/2021