La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
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"Alice et autres merveilles"… Le parcours d'une fillette moderne et contemporaine vers le monde adulte - 19/12/2018

Avec son bomber jaune pétard et sa jupe tutu, Alice a la gouaille précoce et effrontée. Comme qui dirait, Alice se jette à l'eau pour ne pas se mouiller. Car Alice est inquiète, car Alice grandit, grandit trop vite et se sent bien seule. Avec "Alice et autres merveilles", Emmanuel Demarcy-Mota emmène l'héroïne de Lewis Carroll* dans une aventure ébouriffante. La trame et les personnages de...  

""Babanesspophilpolybabeul""… Un bien grand mot adressé aux enfants faisant rimer "croyant et tolérant" - 01/03/2018

Ils ont sept ans, l'âge de raison, l'âge des questions comme ils disent. Ils sont trois, sont triplés mais n'ont pas les mêmes parents, ils sont triplés parce qu'ils sont inséparables. D'ailleurs, ils n'ont plus de parents. Le roi Ignas, gouverneur du royaume dans lequel ils vivent, leur a dit que les adultes étaient morts à cause d'une maladie causée par la sorcière Baba. Cette dernière aurait...  

"Les Séparables", un superbe plaidoyer pour la liberté et le théâtre - 13/02/2018

C'est dans une cité composée d'immeubles de grande hauteur (qu'on appelait avec humour au milieu du vingtième siècle des cages à lapins) que se déroule la pièce "Les Séparables" de Fabrice Melquiot dirigée par Emmanuel Demarcy-Mota. Derrière toutes ces fenêtres qui vous parlent, ces fenêtres qui vous guettent, le petit Romain rêve de chevauchées sauvages et la petite fille Sabah de tribus...  

Dans "Alice et autres merveilles" est montré le parcours d'une fillette moderne vers le monde adulte - 21/12/2017

Avec son bomber jaune pétard et sa jupe tutu, Alice a la gouaille précoce et effrontée. Comme qui dirait, Alice se jette à l'eau pour ne pas se mouiller. Car Alice est inquiète, car Alice grandit, grandit trop vite et se sent bien seule. Avec "Alice et autres merveilles", Emmanuel Demarcy-Mota emmène l'héroïne de Lewis Carroll* dans une aventure ébouriffante. La trame et les personnages de...  

"L'enfant cachée dans l'encrier"… Une forme d'enfance perpétuelle… et le drame de la vie sous-jacent - 31/05/2017

Joël Jouanneau est un familier de Thomas Bernhard, de Samuel Beckett et de William Shakespeare. Il écrit patiemment et méthodiquement un répertoire pour la jeunesse. De fables, de contes mêlant gravité et cocasserie. Le récit de "L'enfant cachée dans l'encrier" (qu'il met en scène) décrit les vacances de l'enfant qu'il était dans le château du père. Du fond d'un grenier réapparaissent les traces...  

"Le Petit Bain"… de nuages, fantômes bienfaisants offrant aux enfants la liberté de rêver - 10/04/2017

C'est un cube de bulles de savon, immense, qui vibre. Qui caresse au moindre souffle, berce et recouvre de sa blancheur immaculée l'artiste sur scène avec son petit sac à dos (ça cadeau ?). Des bulles, des milliards de bulles enserrées, serrées l'une à l'autre que l'artiste découpe en blocs, déplace, porte, emporte. À la fois sculpteur d'air et danseur de nuages. Comme un passeur du vent, il...  

Alice aux mille merveilles - 13/09/2016

Pour la deuxième saison consécutive, Emmanuel Demarcy-Mota et Fabrice Melquiot nous régalent de leur talent sur le grand plateau du Théâtre de la Ville. "Alice et autres merveilles" est tout à la fois un conte débridé et un hommage à son auteur Lewis Caroll. Un régal tout public, à voir en famille ou entre adultes. Le directeur du Théâtre de la Ville ne se refuse rien. Dans le cadre du parcours...  

Un carnaval rieur qui se joue des peurs rentrées, des phobies et des tabous - 05/07/2016

Reprise Dans cette famille plombée de traditions, la fille chérie, vampirette en devenir, dépérit. Les interdits lui pèsent. Elle aimerait en finir avec le morne repas familial et son sempiternel bol de sang et voir enfin le soleil. Prendre dans le chemin de la vie une traversière. Take a walk on a wild side. Pour une vampirette, c'est se retrouver du bon côté… En se faisant accepter par une...  

Fidelio : Un opéra-conte qui porte la force de l'enchantement et la puissance de la Liberté - 04/01/2016

Ils sont beaux tous les deux et jeunes et s'aiment. Ils défilent pour la liberté et la jeune femme ne se défile pas quand il faut sauver son homme qui est emprisonné dans une geôle infâme pour avoir manifesté. Elle se travestit en homme (ce qui est classique dans tout bon récit), se jette dans la gueule du loup et réussit son coup… Elle avance par ruse et séduction, ne recule pas devant la force...  

Un conte où l'on découvre comment sous le venir se tisse l'à venir - 21/10/2015

Dans un conte attachant, "Zohar et la carte mémoire" de Laurent Gutmann, une jeune femme manifestement positive et équilibrée, qui sait très bien capter l'attention des petits et des grands, raconte l'histoire de Zohar : son histoire… Celle de dernier rejeton d'une lignée familiale dont l'aîné, dans le respect des traditions et de l'autorité des pères, se nomme toujours Zohar. Que celle-ci soit...  
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À découvrir

"Barbara amoureuse"… Ah qu'il est doux le temps des amours

Caroline Montier chante "Barbara amoureuse", Essaïon Théâtre, Paris

Chanter l'amour comme une femme, chanter l'amour de toutes les femmes, et interpréter celle qui sut tant aimer les hommes ainsi que son public. Dans une belle et élégante simplicité, Caroline Montier nous offre quelques joyaux mélodiques et poétiques de la grande Barbara, éternelle amoureuse.

Parti-pris judicieux, Caroline Montier a puisé dans le répertoire de jeunesse de la dame en noir, époque L’Écluse, Bobino (en première partie de Félix Marten en 61 et de Brassens en 64, puis en vedette en 65), et des premiers Olympia… Période Barbara jeune, tendre, passionnée ou orageuse amante. Une femme qui, à ses débuts, fut tout aussi timide et réservée que mutine et fougueuse, aimant tant l'amour que les hommes qui souvent l'ont comblée.

De titres connus ("Dis, quand reviendras-tu", 1ère version 1962 ou "La Solitude", 1965) à ceux qui le sont moins ("Pierre", 1964 ou "Gare de Lyon", 1964), Caroline Montier a construit un récital sur ces aventures qui ont jalonné sa vie, mais ici avec un choix de chansons enregistrées par Barbara entre 1962 et 1968, avec une prédilection pour des compositions de 64 ("Toi l'homme", "Je ne sais pas dire", "Septembre"…) ou de 68 ("Du bout des lèvres", "Amoureuse", "Le Testament", "Tu sais"…).

Dans cette exploration originale, Caroline Montier fait le choix d'aller croquer un rayon de soleil dans les amours de Barbara, apportant, avec subtilité et talent, une touche de grâce à l'ensemble.

Gil Chauveau
12/12/2018
Spectacle à la Une

"Adieu Monsieur Haffmann"… Rire et émotions mêlés dans une pièce toute en délicatesse… comme une sonate des cœurs purs

Reprise de la pièce aux quatre "Molière 2018", Théâtre Rive Gauche, Paris

La pièce est dessinée en traits purs, comme une esquisse, une encre fine qui laisse autant de place à l'imaginaire dans les espaces laissés vides que dans les tracés. Une sorte de stylisation mêlée à une extrême pudeur pour permettre à cette histoire de briller malgré la noirceur de l'époque où elle se déroule.

1942, les nazis instaurent le port obligatoire de l'étoile jaune pour les Juifs, monsieur Haffmann décide de se cacher dans la cave de sa bijouterie et d'en confier la direction (ainsi que sa propre sécurité) à son employé goy Pierre Vigneau.

Le décor sobre de Caroline Mexme, tout en déclinaisons de gris, sert de fond à cette époque aux couleurs vert-de-gris. D'un côté la cave où se cache Joseph Haffmann, de l'autre l'appartement à l'étage où s'installent Pierre et sa femme, jeune couple en attente d'un enfant qui ne vient pas. Dehors, les persécutions contre les Juifs s'intensifient, dénonciations, expropriations, et puis la rafle du Vél d'Hiv…

C'est dans ce huis clos que va se dérouler la pièce. Une vie à trois qui s'organise sur la base d'un double contrat : donnant-donnant. L'employé-modèle accepte de cacher son patron et de diriger la boutique à condition que celui-ci veuille bien tenter de mettre enceinte sa femme - car lui-même est stérile et monsieur Haffmann si fertile que sa descendance est déjà au nombre de quatre. Contrat aux allures diaboliques dans une époque où l'intégrité est soumise à toutes sortes de tentations, où toutes les trahisons sont possibles.

Bruno Fougniès
09/10/2018
Sortie à la Une

"Crocodiles"… Comme l'histoire d'un d'Ulysse, épuisé, recueilli par Nausicaa

"Crocodiles", en tournée 2018/2019

C'était, il y a, une fois. Un petit garçon qui aimait les étoiles et les arbres fruitiers. Enaiat est son nom. Sa mère, parce qu'elle l'aimait, l'a confié au destin, en l'abandonnant au-delà de la frontière alors qu'il approchait de ses dix ans.

C'est qu'à dix ans, là-bas en Afghanistan, on devient un homme et qu'un homme, quand il est hazāra, quand il appartient à une ethnie persécutée, ne va pas à l'école. Il est esclave. Pendant cinq ans, peut-être, il va avancer vers l'Ouest, de nuit. Se cachant, travaillant le jour, amassant un pécule, des rencontres et des chances.

Afghanistan, Pakistan, Iran, Turquie, Grèce, jusqu'à cette Italie joyeuse et merveilleuse qui l'accueille et recueille son récit.

Cendre Chassane dans "Crocodiles" condense le récit du véritable Enaiat (publié en 2011 chez Liana Levi), et en fait un conte à deux voix dans lequel un écrivain journaliste plein d'empathie interviewe le réfugié.

Sa pièce est un concentré de théâtre. Sa simplicité narrative, l'économie de ses accessoires (un bout de ficelle, un cerf-volant, un ballon, un t-shirt, un livre illustré, un gâteau, un lé de tissu métallisé, des images d'infini de sable ou de ciel) suffisent à capter l'imaginaire et rendent l'histoire lisible et sensible.

Jean Grapin
23/04/2018