La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
À l'affiche bis

● Avignon Off 2019 ● "Rock'n drôle" par Cécile Laurençon - 01/07/2019

JinXX ViXXen, diva en carton, déjantée et suicidaire, est persuadée qu'elle fait du rock'n roll… … Au lieu de ça, avec l'aide de son dévoué pianiste, elle exprime de façon toute personnelle son affection pour la ville de Niort et parcourt en chansons des bouts de vie, la sienne et celle des autres, abordant avec humour, tendresse et ironie, les relations et comportements de ses semblables. Un...  

● Avignon Off 2019 ● "Jalousie en 3 mails" par la Cie Du côté de la Scène - 27/06/2019

Voilà trois femmes, manipulatrices, cruelles et séductrices, tout autant que victimes, piégées à leur propre jeu. Il y a d'abord trois tragédies de femmes. Et pourtant c'est bien une comédie, une comédie sociale, satirique… Il s'agit aussi d'une certaine vision des femmes, celle qu'Esther Vilar porte sur la gente féminine de nos démocraties occidentales. Car, dans la pièce, ce sont clairement les...  

● Avignon Off 2019 ● "Trop Tout" par la Compagnie Aussi… Mais pas que ! - 24/06/2019

Dès les premières minutes de ma vie j'ai su que… j'étais déjà TROP ! Trop pressée, trop grande, trop maigre… J'ai du mal à trouver le bon réglage. Mais j'ai choisi d'être ! Nous vivons chaque jour des situations comiques ou pathétiques, y répondons-nous parfois ? Qu'en disons-nous ? Si d'un seul coup les mots reprenaient leur sens ? Mais que faire de ces mots qui immanquablement forment des...  

● Avignon Off 2019 ● "Le Mystère des Couleurs" de Da Silva - 20/06/2019

"Le Mystère des Couleurs" est une adaptation théâtrale et musicale du best-seller éponyme de Da Silva et mise en scène par Da Silva et Damien Luce. Coco le corbeau est peintre. C'est lui qui peint le monde avec ses plumes qu'il trempe dans les fleurs, dans la mer, dans les rivières. Mais il est triste parce que, comme tous les corbeaux, Coco est tout noir. Coco se désespère de n'avoir pas de...  

● Avignon Off 2019 ● Don Quichotte et Sancho Panza par la Compagnie 7pm - 18/06/2019

L'égarement n'a rien de tragique… Dans la nouvelle création tragi-burlesque de l’auteur genevois Jean-Claude Humbert, "Don Quichotte et Sancho Panza, (l’attente de l’amante absente)", les fous et les sages logent à la même enseigne… Difficile de savoir à quel saint se vouer dès la première foulée de la célèbre Rossinante ! Par monts et par vaux, le spectateur est emporté dans une attente...  



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À découvrir

"Les femmes de la maison" L'épopée des luttes féminines sous le prisme d'une maison très spéciale

Voici la dernière pièce de Pauline Sales (écriture et mise en scène) qui a été présentée au Théâtre Paul Scarron du Mans devant un public professionnel restreint. Un privilège que d'assister à cette histoire que l'on sent chevillée au corps de sa créatrice. Il y est question de femmes artistes. Question également des femmes non artistes. Question de la liberté que les femmes ont peu à peu conquis depuis bientôt un siècle. Arrachant bribe après bribe le droit d'agir, de s'exprimer, le droit sur leur corps, leur sexualité, leurs choix. Et trouver enfin la puissance pour se détacher du diktat masculin si bien bétonné.

© Jean-Louis Fernandez.
L'histoire des "femmes de la maison" commence dans les années cinquante et se termine de nos jours. Elle va mettre en jeu une dizaine de personnages féminins sur trois périodes symboliques : les années cinquante, les années soixante-dix et 2022. Pour cela, Pauline Sales invente une maison qui sera le moyen de traverser le temps et l'espace. Cette maison est celle de Joris, un amoureux, par ailleurs cinéaste militant contre les méfaits des guerres. Il achète cette maison par amour pour une photographe, l'amour s'en va, il ne sait qu'en faire, alors il la prête à des artistes. Le hasard veut au départ que ce ne soit que des femmes - peintres, poètes, sculptrices… et cela se transforme en règle : seules des femmes artistes pourront venir un temps pour créer ici.

Première période, maison fermée entourée de bois. C'est l'après-guerre et l'artiste que Joris installe dans la maison dessine. Dessine en mode combat contre elle-même. Contre la pensée que chez elle, son mari, sa fille sont là comme une destinée de femme au foyer qu'elle refuse. Combat contre le mal que cela peut faire.

Bruno Fougniès
25/08/2021
Spectacle à la Une

•Off 2021• Sales Gosses Une approche vertigineuse et bouleversante de la maltraitance à l'école

Harcèlement, maltraitance ponctuelle ou récurrente… à l'école, à la maison, au travail, comment le traiter sur scène, comment prendre ou pas position ? Ici d'ailleurs, pas de prise de position, mais une exposition des faits, du déroulé des événements, en une manière de monologue où la comédienne Claire Cahen habite tous les personnages principaux, offrant l'accès au public à différentes appréciations du drame - victime, tyran, prof, mère - menant à une mise en perspective vertigineuse !

© Théâtre du Centaure.
Pour l'écriture de "Sales gosses", Mihaela Michailov s’est inspirée de faits réels. Une enseignante ligota une élève dans sa salle de classe, les mains derrière le dos, suite à son manque d'attention pour la leçon sur la démocratie qu'elle était en train de donner. Elle exposera ainsi l'enfant saucissonnée en exemple. Les "camarades" de cette petite-fille de onze ans, pendant la récréation, la torturons à leur tour. Elle sera retrouvée sauvagement mutilée… attachée dans les toilettes…

Dans une mise en scène que l'on perçoit nerveuse et précise, millimétrée, visant à l'efficacité, les choix de Fábio Godinho font être immédiatement lisible, mettant en quasi-training sportif la comédienne Claire Cahen et son partenaire musicien chanteur Jorge De Moura qui assure avec énergie (et talent) les multiples interventions instrumentales et/ou vocales. Metteur en scène, mais également performeur, Fábio Godinho joue clairement la carte de l'école "théâtre de la violence", de l'arène/stade où la victime est huée, vilipendée par la foule, cherchant à exprimer la performance telle que demandée sur un ring de boxe. Claire Cahen et Jorge De Moura sont à la hauteur jouant en contre ou en soutien avec le troisième acteur qu'est le décor !

Gil Chauveau
19/07/2021
Spectacle à la Une

•Off 2021• L'Aérien Le fabuleux défi de l'insoupçonnable légèreté de l'être…

Solliciter ressources du corps et de l'esprit unis dans la même entité afin d'affranchir l'humaine condition aux semelles de plomb de la pesanteur la clouant au sol, c'est le prodige réalisé par Mélissa Von Vépy "à l'apogée" de son art. À partir d'une vraie-fausse conférence sur les rapports entre l'Homme et les airs depuis que la Terre est Terre - écrite avec légèreté par Pascale Henry, complice inspirée -, la circassienne rivalise de grâces ascensionnelles. De quoi damer le pion, du haut de son Olympe, à Hermès au casque et chaussures ailées…

© Christophe Raynaud de Lage.
La conférencière au look décontracté étudié, chaussée de lunettes à monture d'écailles et d'escarpins mettant en valeur ses longues jambes, mallette à la main renfermant les planches évocatrices des tentatives humaines pour vaincre la résistance des airs (l'utilisation d'un Powerpoint n'aurait pas été assez daté…), s'emploie avec naturel et humour à survoler cette histoire à tire-d'aile… S'arrêtant cependant sur une reproduction d'Icare, celui par qui la faute advint. Pour avoir voulu voler toujours plus haut, l'intrépide, aux plumes assemblées de cire, s'est brûlé les ailes… et depuis, cette question récurrente : voler est-ce humain ?

Joignant gestes et paroles, elle ôte son blouson libérant des plumes virevoltantes autour d'elle et s'adonne à quelques envolées autour de sa chaise devenant vite le second personnage en scène. D'ailleurs, lorsque, dans le déroulé de sa conférence, elle évoquera les fabuleuses machines volantes nées de l'imaginaire de Léonard de Vinci, on se dit que cette prouesse d'horlogerie fine - que l'on doit à Neil Price - permettant de projeter en douceur ladite chaise jusque dans les cintres, mériterait de les rejoindre au panthéon des créations volantes…

Yves Kafka
26/07/2021