La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Festivals

Festival Trente Trente 2024 Épisode 5 "Queerass(é)", "Lontano", "Landing" - 07/02/2024

Performance ascensionnelle, combat homérique entre une roue Cyr et sa circassienne, chutes bis repetita… autant d'images se détachant des trois inclassables formes présentées lors du "Parcours Le Bouscat-Bègles" du mardi 30 janvier. Partageant en commun le goût du risque ouvrant sur des territoires hors normes à conquérir, les interprètes des rêves enfouis percutent l'imaginaire. Pour plagier la...  

Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home" - 05/02/2024

Deuxième samedi de Festival, deuxième parcours Le Bouscat-Bordeaux pour découvrir quatre performances convoquant la danse, la musique, le théâtre, et ressentir la même sensation… Celle d'assister à des "créations" qui n'en portent pas que le nom mais résultent d'un processus de maturation intérieure dont les artistes livrent ici l'objet se détachant d'eux. "Dark Horse"… Meytal Blanaru – danseuse...  

Festival Trente Trente 2024 Épisode 3 "Courts-métrages", "O Futuro É Ancestral", "Rapunzel" - 01/02/2024

Empruntant autant aux performances en tous genres qu'au cinéma leurs marges ardentes, les propositions se démultiplient pour révéler des formes elles-mêmes hybrides, tramées par la même urgence : un désir inextinguible de liberté. La surprise, créatrice du dessillement des regards, se solde (presque) immanquablement par des avis "partagés", prolongeant ainsi le bouillonnement à l'œuvre....  

Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle" - 30/01/2024

L'une des originalités de Trente Trente, et pas des moins appréciées, est de proposer aux festivaliers des "Parcours" dans la ville. Ainsi, de lieu artistique en lieu culturel atypique, partagent-ils ensemble des propositions "hallucinantes". Faisant communauté, la troupe éphémère de spectateurs fait écho à celle des différents artistes pour créer… "la vie dans l'art". Ainsi de ce samedi 20...  

Festival Trente Trente XXIe édition de l'événement bordelais qui bouleverse normes et préjugés… - 25/01/2024

De même que l'automne se confond en terres bordelaises avec les vendanges, le Festival Trente Trente du début d'année est attendu comme un rite faisant partie intégrante du paysage. Durant quinze jours (du 16 janvier au 2 février), dans pas moins de dix lieux culturels de la métropole bordelaise et de Boulazac (Dordogne), nombre de propositions associant danse, performance, cirque, musique,...  

"Next" Un festival véritablement pluriel ouvert sur le monde ! - 04/12/2023

Pour sa 16e édition, le festival "Next", qui s'est déroulé du 9 novembre au 2 décembre, fut présent dans 16 villes françaises et belges avec 36 spectacles de théâtre, de danse et de performance. Nous en faisons une deuxième et dernière incursion avec deux représentations, "Traces - discours aux nations africaines" et "Mirlitons", créations aux contours artistiques et thématiques très différents....  

"Festival Next 2023" Vivement le suivant ! - 22/11/2023

Pour sa 16e édition, le festival "Next", se déroulant du 9 novembre au 2 décembre, est toujours fidèle à sa très riche qualité artistique. 36 spectacles nous emmènent dans une (re)découverte de talents connus, nouveaux, prometteurs, tant régionaux que venus d'ailleurs. Sur cet "ailleurs" s'inscrit un filon où le théâtre, la danse et la performance sillonnent les terres de seize villes françaises...  

FAB 2023 "Impact d'une course", "Panique olympique" et "Fragments" Acrobatie vertigineuse, chorégraphie XX et art circassien… un cocktail énergisant - 30/10/2023

Une compagnie suisse ("La horde dans les pavés") et deux de Nouvelle Aquitaine ("Volubilis" et "Bivouac") s'emparent de l'espace urbain partagé, les dalles de Mériadeck et de La Méca, pour l'animer de leurs créations. Si les deux premières revêtent (positivement) un caractère spectaculaire assumé, la troisième, plus introspective, apparaît comme un laboratoire de recherches circassiennes lové...  

FAB 2023 "Giselle…" Anatomie d'un ballet mythique - 27/10/2023

À plus d'un titre, François Gremaud peut être taxé de fabuleux alchimiste… Après son mémorable "Phèdre !" - Carré Colonnes et Festival IN d'Avignon, 2019 -, le metteur en scène suisse revient en Aquitaine avec deux autres monuments du matrimoine, "Carmen." et "Giselle…", deux pépites de l'art lyrique inscrites en haut de l'affiche de cette huitième édition du FAB. Dans ses très libres...  

FAB 2023 "Cachalotte" et "L'âge d'or" La ker-messe est dite… En temps de crise, main basse sur la création artistique ? - 18/10/2023

Le divertissement promu en Eldorado des scènes culturelles risque-t-il devenir le nouveau mantra des programmations ? Encouragés en cela par des financeurs publics (et des médias) mesurant trop souvent la réussite des entreprises "artistiques" à l'audience qu'elles recueillent, les festivals sont incités à se soumettre implicitement à la règle du marché. Et si le Festival International des Arts...  
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À découvrir

"Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain

"La vie, elle a passé, on a comme pas vécu…", ainsi parlait Firs, le vieux valet de chambre de "La Cerisaie" d'Anton Tchekhov, pièce écrite dans le domaine de son ami comédien et metteur en scène Constantin Stanislavski… C'est ce même Constantin Stanislavski, auteur en son temps d'une "Notre vie dans l'art", qui se retrouve au cœur de la pièce éponyme écrite et mise en scène par Richard Nelson, auteur, metteur en scène américain et tchékhovien dans l'âme. Et si l'argument – "Conversations entre acteurs du Théâtre d'Art de Moscou pendant leur tournée à Chicago, 1923" – n'a pas changé d'un iota, ses échos contemporains sont eux particulièrement troublants.

© Vahid Amampour.
Quand, dans le cadre du Festival d'Automne, le Théâtre du Soleil ouvre grand ses portes monumentales de la Cartoucherie à cette nouvelle version de "Notre vie dans l'art", on se dit que ce choix ne peut rien devoir à un quelconque hasard… Et quand on découvre que c'est à Ariane Mnouchkine que l'on doit la traduction de la pièce, et que ce sont ses propres comédiens formés selon les canons artistiques animant son travail que dirige ici Richard Nelson, on n'est nullement surpris de reconnaître là le mantra commun à leurs deux univers : faire du théâtre une caisse de résonances de l'histoire en cours.

Dominant le plateau, comme dans un amphithéâtre antique, des rangées de gradins se font face. Entre une troupe de comédiens en costume de ville. Ils s'affairent à remettre en place les chaises renversées sur la longue table rectangulaire occupant l'espace central, ainsi qu'on peut le faire lorsque l'on revient dans une maison après absence. Il y a là Kostia (Constantin Stanislavski, directeur et acteur du Théâtre de Moscou), Vania, Richard (ancien acteur du même théâtre, exilé lui aux États-Unis), Olga (veuve d'Anton Tchekhov), Vassia et Nina (couple en proie aux tourments de la jalousie amoureuse), Lev et Varia, Masha et Lida, et Petia (jeune acteur soupçonné d'accointances avec les dirigeants de l'Union Soviétique).

Yves Kafka
29/12/2023
Spectacle à la Une

"L'Effet Papillon" Se laisser emporter au fil d'un simple vol de papillon pour une fascinante expérience

Vous pensez que vos choix sont libres ? Que vos pensées sont bien gardées dans votre esprit ? Que vous êtes éventuellement imprévisibles ? Et si ce n'était pas le cas ? Et si tout partait de vous… Ouvrez bien grands les yeux et vivez pleinement l'expérience de l'Effet Papillon !

© Pics.
Vous avez certainement entendu parler de "l'effet papillon", expression inventée par le mathématicien-météorologue Edward Lorenz, inventeur de la théorie du chaos, à partir d'un phénomène découvert en 1961. Ce phénomène insinue qu'il suffit de modifier de façon infime un paramètre dans un modèle météo pour que celui-ci s'amplifie progressivement et provoque, à long terme, des changements colossaux.

Par extension, l'expression sous-entend que les moindres petits événements peuvent déterminer des phénomènes qui paraissent imprévisibles et incontrôlables ou qu'une infime modification des conditions initiales peut engendrer rapidement des effets importants. Ainsi, les battements d'ailes d'un papillon au Brésil peuvent engendrer une tornade au Mexique ou au Texas !

C'est à partir de cette théorie que le mentaliste Taha Mansour nous invite à nouveau, en cette rentrée, à effectuer un voyage hors du commun. Son spectacle a reçu un succès notoire au Sham's Théâtre lors du Festival d'Avignon cet été dernier.

Impossible que quiconque sorte "indemne" de cette phénoménale prestation, ni que nos certitudes sur "le monde comme il va", et surtout sur nous-mêmes, ne soient bousculées, chamboulées, contrariées.

"Le mystérieux est le plus beau sentiment que l'on peut ressentir", Albert Einstein. Et si le plus beau spectacle de mentalisme du moment, en cette rentrée parisienne, c'était celui-là ? Car Tahar Mansour y est fascinant à plusieurs niveaux, lui qui voulait devenir ingénieur, pour qui "Centrale" n'a aucun secret, mais qui, pourtant, a toujours eu une âme d'artiste bien ancrée au fond de lui. Le secret de ce spectacle exceptionnel et époustouflant serait-il là, niché au cœur du rationnel et de la poésie ?

Brigitte Corrigou
08/09/2023
Spectacle à la Une

"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal

Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.

© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu "Juste parmi les nations". D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.

Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, "Les Mains du miracle", et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.

Bruno Fougniès
15/10/2023