La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Danse

"Costard"… Costaud ! - 28/07/2021

Dans un superbe spectacle où le chorégraphe-danseur Hafid Sour propose un kaléidoscope artistique autour du mime, des danses autant urbaines que contemporaines et du théâtre, sont passés en revue quelques-uns de nos codes vestimentaires qui deviennent, au travers d'une représentation poétique, un pur moment d'humour et de bonheur. Ce sont six silhouettes qui arrivent doucement couvertes d'un...  

"Itmaragh" Chaos en chœur et en cœur - 28/07/2021

Le festival "Paris l'été" se déroule du 12 juillet au 1er août dans différents lieux de la capitale. Incursion dans l'un de ses spectacles avec "Itmaragh" où Olivier Dubois, chorégraphe, nous amène jusqu'au Caire avec sept danseurs musiciens chanteurs et un art qui a forgé ses gammes lors de la révolution égyptienne (2011). Ils sont sept mais ils auraient pu être dix, vingt, trente et le résultat...  

"Man Rec" et "Zizag"… Talents sans frontières - 23/07/2021

Du 19 au 23 juillet est organisé, au théâtre Paris-Villette, le festival "Génération A" pour faire découvrir de jeunes artistes venus du continent africain. Ils sont treize et viennent de huit pays différents. Voyage vers un Ailleurs. Une vidéo est projetée en arrière-scène dans laquelle des artistes, situés chacun dans des lieux géographiques différents, dansent. Dans le film, nous les...  

"4D"… Duos avec brio - 20/07/2021

Le chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui propose quatre duos dans une traversée artistique mêlant danse, musique et chant venant de la culture Séfarade, du Japon, de la Corée, en passant par la Syrie. La politique pointe aussi le bout de son nez. "Matter", "Pure", "Sin" et "Faun" sont un ensemble de duos dans lesquels viennent se rencontrer la danse, un film, de la musique et des chants. La thématique...  

Festival Trente Trente "Experimento 5 - version duo", "C'est toi qu'on adore", "Poésie du lendemain", des corps à corps animés par des pulsions vitales - 07/07/2021

Le festival Trente Trente poursuit son exploration de zones contemporaines marquées par l'exigence d'une recherche s'affranchissant de tout attendu. Ce soir-là, ce sont trois compagnies hors sol qui s'emparent de la scène singulière de l'Atelier des Marches, se tenant à l'abri des agitations spectaculaires consuméristes, pour mettre en jeu chacune - au travers de leur corps sensible et avec une...  

Festival Trente-Trente "Dolgberg" et "Florhof", deux variations inspirées… - 29/06/2021

Explorateur de genres hybrides, c'est ici à deux manifestes artistiques d'inspiration différente que le Festival des Rencontres de la forme courte nous convie. Si les supports ne sont pas les mêmes - une pratique transversale de la chorégraphie pour l'un, une installation plastique pour l'autre -, les deux artistes partagent la même propension à se connecter à leur expérience intérieure pour...  

Festival Trente-Trente "‘Sto:Riz", "Au-delà, vu d'ici", "Époque", danse en trois temps, sarabandes déliées - 24/06/2021

C'est à un parcours chorégraphié reliant trois lieux bordelais marqués du sceau d'une originalité faisant fi des attendus ordinaires - L'Atelier des Marches, le Marché de Lerme, La Manufacture CDCN - que nous convie ce soir-là le festival sans tabou de Jean-Luc Terrade. Privé, faute d'avoir pu trouver localement une salle acceptant de l'accueillir, de la programmation de Steven Cohen (sulfureux...  

"Saison (ou)verte" au Carré-Colonnes : côté jardin et côté cour, la mise en scène d'un même art de vivre - 11/06/2021

Nature et Culture, indéfectiblement liées l'une à l'autre, sont au cœur de ce mois d'arpentage tous azimuts décliné en balades "spectaculaires" et causeries philosophiques sur le territoire irrigué artistiquement par le Théâtre du Carré-Colonnes. Si Jean-Jacques Rousseau au Siècle (dit) des Lumières proférait sans ambages "L'état de réflexion est un état contre nature, l'homme qui médite est un...  

"Uppercut" & "One man pop", hip-hop classic or not classic ? - 21/04/2021

Hip-hop, vous avez dit hip-hop ? Anthony Egéa n'a de cesse de renouveler le hip-hop des origines - les siennes, enfant d'une cité bordelaise multiculturelle - pour le métisser avec d'autres danses, comme la noble classique dont il remet au goût du jour les pointes ostentatoires dans son "Uppercut" pour trois danseuses. Autour du "ring" moiré de noir, annonciateur du combat chorégraphié qui...  

"Chronic(s) 2" Arrêts sur images… 20 ans de hip-hop et la vie devant soi - 30/03/2021

Vingt ans après "Chronic(s)", Hamid Ben Mahi récidive en créant, avec le même complice Michel Schweitzer, "Chronic(s) 2". Une forme faisant écho à la précédente et dont le fil rouge est, toujours et encore, de faire résonner, par le médium de la voix et du corps associé, la question virale de l'identité. Qui est-on quand les origines prennent racine de l'autre côté de la Méditerranée ? Quelle...  
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À découvrir

"Les femmes de la maison" L'épopée des luttes féminines sous le prisme d'une maison très spéciale

Voici la dernière pièce de Pauline Sales (écriture et mise en scène) qui a été présentée au Théâtre Paul Scarron du Mans devant un public professionnel restreint. Un privilège que d'assister à cette histoire que l'on sent chevillée au corps de sa créatrice. Il y est question de femmes artistes. Question également des femmes non artistes. Question de la liberté que les femmes ont peu à peu conquis depuis bientôt un siècle. Arrachant bribe après bribe le droit d'agir, de s'exprimer, le droit sur leur corps, leur sexualité, leurs choix. Et trouver enfin la puissance pour se détacher du diktat masculin si bien bétonné.

© Jean-Louis Fernandez.
L'histoire des "femmes de la maison" commence dans les années cinquante et se termine de nos jours. Elle va mettre en jeu une dizaine de personnages féminins sur trois périodes symboliques : les années cinquante, les années soixante-dix et 2022. Pour cela, Pauline Sales invente une maison qui sera le moyen de traverser le temps et l'espace. Cette maison est celle de Joris, un amoureux, par ailleurs cinéaste militant contre les méfaits des guerres. Il achète cette maison par amour pour une photographe, l'amour s'en va, il ne sait qu'en faire, alors il la prête à des artistes. Le hasard veut au départ que ce ne soit que des femmes - peintres, poètes, sculptrices… et cela se transforme en règle : seules des femmes artistes pourront venir un temps pour créer ici.

Première période, maison fermée entourée de bois. C'est l'après-guerre et l'artiste que Joris installe dans la maison dessine. Dessine en mode combat contre elle-même. Contre la pensée que chez elle, son mari, sa fille sont là comme une destinée de femme au foyer qu'elle refuse. Combat contre le mal que cela peut faire.

Bruno Fougniès
25/08/2021
Spectacle à la Une

•Off 2021• Sales Gosses Une approche vertigineuse et bouleversante de la maltraitance à l'école

Harcèlement, maltraitance ponctuelle ou récurrente… à l'école, à la maison, au travail, comment le traiter sur scène, comment prendre ou pas position ? Ici d'ailleurs, pas de prise de position, mais une exposition des faits, du déroulé des événements, en une manière de monologue où la comédienne Claire Cahen habite tous les personnages principaux, offrant l'accès au public à différentes appréciations du drame - victime, tyran, prof, mère - menant à une mise en perspective vertigineuse !

© Théâtre du Centaure.
Pour l'écriture de "Sales gosses", Mihaela Michailov s’est inspirée de faits réels. Une enseignante ligota une élève dans sa salle de classe, les mains derrière le dos, suite à son manque d'attention pour la leçon sur la démocratie qu'elle était en train de donner. Elle exposera ainsi l'enfant saucissonnée en exemple. Les "camarades" de cette petite-fille de onze ans, pendant la récréation, la torturons à leur tour. Elle sera retrouvée sauvagement mutilée… attachée dans les toilettes…

Dans une mise en scène que l'on perçoit nerveuse et précise, millimétrée, visant à l'efficacité, les choix de Fábio Godinho font être immédiatement lisible, mettant en quasi-training sportif la comédienne Claire Cahen et son partenaire musicien chanteur Jorge De Moura qui assure avec énergie (et talent) les multiples interventions instrumentales et/ou vocales. Metteur en scène, mais également performeur, Fábio Godinho joue clairement la carte de l'école "théâtre de la violence", de l'arène/stade où la victime est huée, vilipendée par la foule, cherchant à exprimer la performance telle que demandée sur un ring de boxe. Claire Cahen et Jorge De Moura sont à la hauteur jouant en contre ou en soutien avec le troisième acteur qu'est le décor !

Gil Chauveau
19/07/2021
Spectacle à la Une

•Off 2021• L'Aérien Le fabuleux défi de l'insoupçonnable légèreté de l'être…

Solliciter ressources du corps et de l'esprit unis dans la même entité afin d'affranchir l'humaine condition aux semelles de plomb de la pesanteur la clouant au sol, c'est le prodige réalisé par Mélissa Von Vépy "à l'apogée" de son art. À partir d'une vraie-fausse conférence sur les rapports entre l'Homme et les airs depuis que la Terre est Terre - écrite avec légèreté par Pascale Henry, complice inspirée -, la circassienne rivalise de grâces ascensionnelles. De quoi damer le pion, du haut de son Olympe, à Hermès au casque et chaussures ailées…

© Christophe Raynaud de Lage.
La conférencière au look décontracté étudié, chaussée de lunettes à monture d'écailles et d'escarpins mettant en valeur ses longues jambes, mallette à la main renfermant les planches évocatrices des tentatives humaines pour vaincre la résistance des airs (l'utilisation d'un Powerpoint n'aurait pas été assez daté…), s'emploie avec naturel et humour à survoler cette histoire à tire-d'aile… S'arrêtant cependant sur une reproduction d'Icare, celui par qui la faute advint. Pour avoir voulu voler toujours plus haut, l'intrépide, aux plumes assemblées de cire, s'est brûlé les ailes… et depuis, cette question récurrente : voler est-ce humain ?

Joignant gestes et paroles, elle ôte son blouson libérant des plumes virevoltantes autour d'elle et s'adonne à quelques envolées autour de sa chaise devenant vite le second personnage en scène. D'ailleurs, lorsque, dans le déroulé de sa conférence, elle évoquera les fabuleuses machines volantes nées de l'imaginaire de Léonard de Vinci, on se dit que cette prouesse d'horlogerie fine - que l'on doit à Neil Price - permettant de projeter en douceur ladite chaise jusque dans les cintres, mériterait de les rejoindre au panthéon des créations volantes…

Yves Kafka
26/07/2021