La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
À l'affiche

● Avignon Off 2018 ● "L'Exception" de Jacky Katu - 04/07/2018

La pièce "L'Exception", issue du livre de Ruth Klüger "Refus de témoigner", est un vibrant hommage à Simone Veil. Elle raconte l'expérience radicale d'une petite fille juive vivant à Vienne. Pendant la guerre, elle est déportée à Auschwitz d'où elle réussit à s'enfuir avec sa mère. Toute la force de ce récit est de nous faire entendre et voir la volonté irrésistible de cette petite fille "...  

● Avignon Off 2018 ● "Qui suis-je ?" de Jacky Katu - 04/07/2018

Marie, née Michel, s'est toujours sentie femme, au fond de lui, au fond d'elle… Rejeté enfant par son père qui le trouve trop efféminé et par sa mère qui ne l'a jamais désiré, Michel/Marie grandit entre injonctions de virilité et paroles de rejet. Adulte, Marie/Michel nous entraîne dans le tourbillon de sa métamorphose, de séances de coaching en tables d'opérations. Un monde où se croisent...  

● Avignon Off 2018 ● "inTarsi" par la Compagnie de Cirque "eia" - 03/07/2018

Des petits praticables, un trampoline, une bascule et quatre hommes. Quatre acrobates qui s'observent, se jaugent, se cognent, se portent, se lancent et nous transportent dans leur farandole métaphorique : les rencontres, les rivalités, les exploits, les ratages, les prises de pouvoir, la séduction, les manipulations, toutes ces situations que l'on retrouve dans nos relations humaines. Avec une...  

● Avignon Off 2018 ● "Ploùm" par le Théâtre en Flammes - 28/06/2018

Un Baby-show dans un igloo. Une féerie polaire pour les tout-petits et les moins petits. Ploùm, le bébé pingouin sort de son œuf. La douce musique de la voix qui le berçait à disparu. Il est tout seul dans un univers tout blanc. Il se demande qui il est et d’où il vient. Une seule certitude : il a une maman. "Accroché" au cercle polaire comme à un fil, Ploùm parcourt la banquise à la recherche de...  

● Avignon Off 2018 ● "Ka-You" par le Théâtre en Flammes - 28/06/2018

Une comédie musicale pour tête dure qui Rock'n Roule ! Après "Ô Mama Ô", "Ploùm", et "Tempo", voici "Ka-You", le nouveau spectacle musical du Théâtre en Flammes (création 2018). Voilà l'occasion pour les enfants d'assister à leur premier concert rock, aux couleurs sixties et seventies, avec de la guitare électrique, de la disto, de la basse qui groove, un orgue psychédélique et une batterie de...  

● Avignon Off 2018 ● "Un juif pour l'exemple" par Thierry Piguet - 27/06/2018

1942. Payerne, petite bourgade de Suisse. Un groupuscule nazi entraîné par un pasteur protestant décide de faire un exemple. Tuer un Juif ! Un acte d'une cruauté sans commune mesure, d'une stupidité incompréhensible. Au pays de la Croix-Rouge, des hommes en ont assassiné un autre au nom d'une idéologie brunâtre. Le roman de Jacques Chessex (prix Goncourt, grand prix de l'Académie française)...  

● Avignon Off 2018 ● "Vous reprendrez bien un peu de Brassens ?" par Mardjane Chemirani et René Brion - 27/06/2018

Brassens chanté par une femme ? Quelle drôle d'idée ! Ce duo complice et surprenant va vous faire plonger tête première et sans copie, dans l'univers singulier de Georges. Installez vous et laissez vous embarquer à bord de ces chansons "patrimoines". Mardjane et René ne se connaît pas d'hier mais leurs trajectoires artistiques ne s'étant pas croisées, c'est peut-être le destin qui a décidé de les...  

● Avignon Off 2018 ● "Illusions nocturnes" de Pascal Lacoste - 25/06/2018

Paris, 1939. Un artiste visionnaire revenu de Broadway rachète une ancienne imprimerie pour y créer le cabaret du siècle. Pétri d'ambitions, mais sans ressources financières, il s'entoure comme il peut d'une serveuse, ancienne prostituée, d'un éclairagiste poète, d'un peintre révolutionnaire et d'une jeune polonaise, chanteuse de métro, engagée pour assurer le spectacle. Tous ces êtres cassés...  

● Avignon Off 2018 ● "La Famille : Chacun la sienne !" par Enzo Enzo et Laurent Viel - 19/06/2018

Cocon protecteur, lieu de ressource ou champ de batailles ? Et vous, comment êtes-vous dans la vôtre ? Ex-chouchou ? Fils du facteur ? Tiers de cousin ? Adolescent à retardement ? Divorcé attendri ? Sœur jalouse ? Aïeul déjanté ? Venez vous réjouir de la nôtre, brillamment décrite dans un spectacle musical tour à tour drôle, grinçant et émouvant. Sous le regard de Gérard Morel à la mise en scène,...  

● Avignon Off 2018 ● "Tu me fais tourner la tête" par la Cie Mattatoio Sospeso - 14/06/2018

Spectacle visuel, aérien et poétique ; et qui a, en filigrane, Chagall comme matière. Création inspirée de ses peintures des "Amants en vol", conçues pour effleurer la poésie de l'amour et l'importance du rêve. La dernière nuit de Marc Chagall : un homme cherche éternellement à repeindre sa femme Bella dans "La Promenade", mais il ne peut pas, elle n'est plus là. Alors, dans ses rêves, il tente...  
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À découvrir

"Dévaste-moi"… Persuasion et précision artistique… Pour une nouvelle façon de percevoir un spectacle

"Dévaste-moi", Tournée 2018/2019

Airs célèbres d'opéra, chansons rock, romances populaires. Dans son dernier spectacle "Dévaste moi"*, Emmanuelle Laborit chante et danse, livre des confidences à son public, elle fait le show. Avec ses musicos, (ses boys), tout le tralala et ses effets, les surtitrages qui ponctuent avec humour le tour de chant.

Elle met en place avec le soutien de Johanny Bert (qui met en scène) une forme éclectique de théâtre-danse et de music-hall mêlés. Le spectacle est à bien des égards vertigineux.

C'est que, au cas présent, l'artiste ne peut parler ni entendre les sons. Les mots et le sens ne peuvent pas sortir de la bouche. Tout le spectacle est en langage des signes. Interprété, pas traduit. En chantsigne.

Ce qui donne quelque chose de déroutant d'étonnamment maîtrisé qui dépasse très largement la notion de mimodrame et oblige le spectateur qui fait parti des "entendants" à reconsidérer sa manière de percevoir un spectacle.

Car à l'inverse des repères traditionnels qui élaborent un espace scénique dans lequel le sens circule entre les deux bornes de l'indicible : celles de l'obscène et du sublime, la prestation d'Emmanuelle Laborit passe par le bout des doigts et se transmet à tout le corps sans tabous avec la seule force de la persuasion et de la précision artistique. C'est toute la personne qui exprime le poids des sensations, la raison des sentiments ainsi que les effets de style.

Jean Grapin
20/09/2018
Spectacle à la Une

De la tragédie honteuse des migrants, Gilbert Ponté extrait le rayonnement lumineux de la vie

"De Pékin à Lampedusa", Théâtre Essaïon, Paris

Elle est frêle comme une adolescente, longiligne, belle. Elle surgit dans la salle voûtée de l'Essaïon transformée pour un court moment, par la magie de la vidéo, en horizon marin où resplendit un soleil sur le point de se coucher. Elle porte un bandeau d'athlétisme sur le front, des baskets et un jogging noir.

De la tragédie honteuse des migrants, Gilbert Ponté extrait le rayonnement lumineux de la vie
Elle s'appelle Malyka R.Johany et elle va interpréter et raconter la vie de Samia Yuzuf Omar, un personnage réel qui a existé il y a quelques années, dont l'existence est passée du plus haut des rêves au plus noir des cauchemars.

Une vie pourtant si courte. Samia est née en Somalie en 1991 - pays en guerres constantes, pays en proie aux bandes intégristes - dans une famille nombreuse dont le père meurt assassiné. Samia, à seize ans, doit s'occuper de ses cinq frères et sœurs, mais elle a une passion, la course à pied. Elle court. Elle défie le temps. Si bien, si fort, qu'en 2008 elle est à Pékin avec l'équipe olympique de Somalie et court le demi-fond avec les plus grandes, ses idoles, dans la plus illustre compétition du monde, elle n'a que dix-sept ans. Quatre ans plus tard, les Jeux sont organisés à Londres. Mais elle n'y participera pas.

La pièce, écrite et mise en scène par Gilbert Ponté, raconte cette période entre la gloire naissante d'une vive jeunesse et une noyade en mer au large des côtes italiennes avec d'autres migrants. Il raconte un gâchis. Une injustice sans nom. Une tristesse à pleurer. Mais pour cela, il prend le parti de s'intéresser à la lumière, la confiance, la force, la volonté et la passion qui ont animé cette jeune femme, qui l'ont poussée, malgré les obstacles, à croire encore en ses chances de participer aux Jeux de Londres, et tenter de rejoindre l'Europe en clandestin, une soif de vivre à tout prix !

Bruno Fougniès
05/11/2018
Sortie à la Une

"Crocodiles"… Comme l'histoire d'un d'Ulysse, épuisé, recueilli par Nausicaa

"Crocodiles", Maison des Métallos, Paris

C'était, il y a, une fois. Un petit garçon qui aimait les étoiles et les arbres fruitiers. Enaiat est son nom. Sa mère, parce qu'elle l'aimait, l'a confié au destin, en l'abandonnant au-delà de la frontière alors qu'il approchait de ses dix ans.

C'est qu'à dix ans, là-bas en Afghanistan, on devient un homme et qu'un homme, quand il est hazāra, quand il appartient à une ethnie persécutée, ne va pas à l'école. Il est esclave. Pendant cinq ans, peut-être, il va avancer vers l'Ouest, de nuit. Se cachant, travaillant le jour, amassant un pécule, des rencontres et des chances.

Afghanistan, Pakistan, Iran, Turquie, Grèce, jusqu'à cette Italie joyeuse et merveilleuse qui l'accueille et recueille son récit.

Cendre Chassane dans "Crocodiles" condense le récit du véritable Enaiat (publié en 2011 chez Liana Levi), et en fait un conte à deux voix dans lequel un écrivain journaliste plein d'empathie interviewe le réfugié.

Sa pièce est un concentré de théâtre. Sa simplicité narrative, l'économie de ses accessoires (un bout de ficelle, un cerf-volant, un ballon, un t-shirt, un livre illustré, un gâteau, un lé de tissu métallisé, des images d'infini de sable ou de ciel) suffisent à capter l'imaginaire et rendent l'histoire lisible et sensible.

Jean Grapin
23/04/2018