La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
À l'affiche

Un concert exceptionnel de musique classique et Klezmer - 15/02/2022

Un nouveau concert au Centre d'Art et de Culture, l'occasion de découvrir deux artistes exceptionnels, la pianiste Éloïse Bella Kohn et le pianiste Noah Bendix-Balgley avec un programme riche et varié associant musique classique et musique Klezmer. Premier violon solo de l'Orchestre philharmonique de Berlin, le prodige américain Noah Bendix-Balgley, né en 1984, a hérité de son père un amour pour...  

"Fragments" d'Hannah Arendt Du 5 au 8 février 2022 à l'Espace Rachi - 14/01/2022

Bérengère Warluzel et Charles Berling nous invitent, à travers les mots d'Hannah Arendt, à aimer cette faculté inhérente à la nature humaine : penser. Non, penser n'est pas réservé à une élite, bien au contraire. Penser peut être une aventure joyeuse pour chacun, en plus d'être une jubilation et un enthousiasme qui se partagent. "L'essentiel pour moi, c'est de comprendre : je dois comprendre",...  

● Avignon Off 2021 ● Boxing Shadows Par la Cie Isabelle Starkier - Star Théâtre - 03/07/2021

Une jeune migrante gagne sa vie en volant dans le métro. Un homme d'une soixantaine d'années se fait dérober son portefeuille. Ils habitent le même immeuble. Rencontre entre une jeunesse fragilisée en proie à une révolte sans but et un ancien boxeur devenu bibliothécaire en proie à la solitude et à l'ennui. Histoire d'une transmission : il lui apprend à transformer sa rage grâce à l'apprentissage...  

● Avignon Off 2021 ● Rhinocéros D'après Eugène Ionesco - 29/06/2021

"Rhinocéros" alerte sur les dangers de l'uniformisation et du totalitarisme. Dans un cirque, alors qu'un logicien-trapéziste disserte sur le syllogisme : "Tous les chats sont mortels, Socrate est mortel, donc Socrate est un chat", les humains se métamorphosent en bêtes puissantes et bornées, au mépris de l'humanité. Une fable d'une singularité hypnotisante. Au sortir de la guerre, Ionesco compose...  

● Avignon Off 2021 ● Mais je suis un ours ! D'après Frank Tashlin - 29/06/2021

Un jour, un ours s'endort dans une caverne pour l'hiver. Au printemps, quand il se réveille, une usine est construite juste au-dessus. Il ne reconnaît rien. Plus de forêt, plus d'herbes, et plus de fleurs ! Personne n'accepte de croire qu'il est un ours et on le met au travail à l'usine… et c'est ainsi que l'Ours ne sait plus qui il est… Une fable écologique qui dit l'absurdité de travail à la...  

● Avignon Off 2021 ● Je veux voir Mioussov D'après Valentin Kataïev - 28/06/2021

Un vaudeville soviétique burlesque et délirant. Dans la maison de "repos", Les Tournesols, des pensionnaires "hors-sol", courent dans tous les sens à la recherche du pauvre Mioussov venu se reposer le temps d'un week-end. Tout le monde se fait passer pour ce qu'il n'est pas. Entre Feydeau et Kafka, Alfred Jarry et les Marx Brothers. Incontrôlables et virevoltants, ils veulent tous… voir Mioussov...  

● Avignon Off 2021 ● Elle(s) Texte et mise en scène de Patrick Dray - 26/06/2021

Angela Davis, Olympe de Gouges, Nina Simone, Simone Veil, Myriam Makeba, Françoise Giroud, Simone de Beauvoir, Franca Viola, Georges Sand, Colette, Marie Curie, Hedy Lamarr, Louise Michel, Marguerite Duras, Nellie Bly, Christiane Taubira, Suzanne Buisson… et beaucoup d'autres encore ont ouvert la voie. Toutes ces femmes en une seule. Un seule en scène pour parler d'Elle(s). Sept ans aujourd'hui,...  

● Avignon Off 2021 ● Hommes Par la Compagnie du Soleil Noir - 23/06/2021

Qu'est-ce qu'un homme ? Un dominant viril et déterminé comme on en voit partout à la télé ? Ou une pluralité d'individus avec des doutes, des interrogations, des craintes, qui doivent sans cesse se comparer à cet idéal de virilité auquel ils ne ressemblent pas ? "Hommes" est un seul en scène drôle et tendre qui présente sept personnages masculins à différents âges : un petit garçon qui ne...  

● Avignon Off 2021 ● Darwin Factory Par David Levet - 23/06/2021

Chroniques simiennes pleines d'humanité. Librement inspiré par l'univers de Franz Kafka, "Darwin Factory" vous propose un voyage décalé, entre bestialité et humanité, à travers la curieuse destinée d'un singe qui choisit volontairement d'évoluer vers le genre humain pour échapper à la captivité dans laquelle les hommes l'ont plongé. Mais cela en valait-il la peine ? Darwin Factory offre la...  

● Avignon Off 2021 ● (Toujours) Deux Par David Delabrosse - 22/06/2021

Entre fiction et récit autobiographique, "(Toujours) Deux" est un concert mêlant chansons, vidéos, et apartés avec le public… à la croisée de la musique, du récit et du mapping vidéo. Ce récit musical aborde le thème de la dualité et de la réminiscence à travers la relation d'enfance entre deux frères jumeaux, celle de leurs parents ou d'un couple séparé. Cette dualité s'incarne sur scène grâce...  
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À découvrir

"Cendres sur les mains" La femme qui murmurait à l'oreille des morts

Dead Can Dance : "Les morts peuvent danser" ! Beauté, Lisa Gerrard est ma chanteuse préférée… J'ai assisté à la représentation de "Cendres sur les mains" sans avoir pris le temps de me renseigner. Bien m'en a pris ! Par les temps qui courent, j'aurais pu penser que ce spectacle allait ajouter au blues de la saison et au retour des contaminations, encore un peu plus de dépression. Et non !

© Jon. D Photographie.
Ce que je retiens, c'est d'abord une voix, celle de Prisca Lona. Envoûtante et habitée. Comme celle de Lisa Gerrard que je cite plus haut et à qui, un temps, elle m'a fait penser. Prisca Lona, la silhouette fine, le costume taillé sur mesure et la beauté lumineuse rattrapée par la bougie dans une semi-obscurité. Une "survivante" revenue des morts… de la mort.

Puis, progressivement, le plateau s'ouvre et s'éclaire juste un peu plus devant nous. Des sacs portés par deux hommes. Un duo. Ils pourraient être frères tant leur ressemblance physique est frappante. Ils portent la même tenue, ils sont fossoyeurs. Ils transportent des corps et les entassent. Tous deux côtoient les cadavres, manipulent des bidons d'essence et se retrouvent dans une marée de cendres. Une mer d'horreur ! Ils font ce qu'on leur demande de faire sans aucun autre retour que de devoir appliquer sans broncher ce "travail" insoutenable, monstrueux qui va s'attaquer à leur propre corps et à leur âme.

Isabelle Lauriou
06/05/2022
Spectacle à la Une

"Monte-Cristo" Grande Épopée pour une grande narration : Monte-Cristo en lumière

Au Quai des Rêves, la bien nommée salle de spectacle de Lamballe, la Compagnie La Volige a présenté l'histoire merveilleuse, palpitante et instructive du Comte de Monte-Cristo. Il s'agit d'un exploit que de restituer sur scène en une heure trente les trois tomes du roman d'Alexandre Dumas. Non seulement par l'étendue du texte, mais également par la multiplicité des lieux où se déroule l'action et par le nombre des personnages impliqués dans cette saga qui se déroule sur plus d'un quart de siècle. Un exploit qui sera cet été au festival d'Avignon Off.

© Frédéric Ferranti.
C'est là qu'entre en jeu la spécificité de la compagnie La Voltige et plus particulièrement celle de l'un de ses créateurs, Nicolas Bonneau. C'est un conteur, original moderne, dont les spectacles s'inscrivent en général dans notre époque, se sourçant au terroir ou à sa propre histoire (citons "Sortie d'usine", "Le combat du siècle", "Qui va garder les enfants ?" ou encore "Mes ancêtres les Gaulois" : tous extraits de notre époque, de notre réalité). "Monte-Cristo" dévie en apparence de ces inspirations. En apparence, car les thèmes qu'il développe et le monde dont il parle ne sont pas si éloignés des nôtres. En cette période trouble du début du XIXe siècle naissait le capitalisme qui nous berce toujours de ses rêves et de ses dévastations. "Il y a dans Le Comte de Monte-Cristo une pertinence philosophique et un esprit de revanche sur la naissance du capitalisme qui résonne avec notre monde actuel", dixit Nicolas Bonneau.

Voici pour le fond de l'histoire. Mais quand il s'agit de raconter cette épopée dantesque (oui, le héros s'appelle Edmond Dantès… mais rien à voir ?), qui mieux qu'un habile conteur comme Nicolas Bonneau pour prendre Edmond et la verve furieuse de Dumas à bras le corps et nous la faire vivre ? Toujours avec douceur, précautions, fluidité et surtout art du langage, c'est ainsi que procède ce conteur moderne, jamais dans l'intention d'imposer sa vision, mais toujours sur une intensité qui fait jaillir de ses mots les images. Ce qui ne l'empêche pas de jeter son habit de conteur dans l'ombre pour se glisser dans la peau de certains personnages, donnant la vie à certaines scènes.

Bruno Fougniès
05/05/2022
Spectacle à la Une

"Vies de papier" Road-movie immobile entre enquête et conférence passionnées

Leur nouvelle tournée passe peut-être pas loin de chez vous. Il faut aller voir Benoît Faivre et Tommy Laszlo et leur manière de rendre palpitant l'examen d'un album-photos anonyme et intrigant trouvé dans une brocante belge…

© Thomas Faverjon.
Dans "Vies de papier", ces documentaristes, ces nouveaux Dupond et Dupont mènent une enquête qui, par étapes, avec ses impasses, ses indices, ses objets déconcertants, toutes ces miettes d'un passé inconnu voit s'ajuster des miettes de mémoire et se constituer en une histoire allemande, une destinée. Celle d'une femme allemande pendant la guerre.

Le scénario développé est improbable et véridique, le récit est haletant. Il a la dimension d'un témoignage de chasseurs de trésors qui tatônnent et se trouvent transformés eux- même par la chasse. Par la résolution de l'énigme, les ressorts secrets de la quête.

Scéniquement, tous les codes convergent vers la réalité avec, en prime dans la présence des comédiens, cette dimension de passion délivrée par des enquêteurs devenus de magnifiques conférenciers. Qui, dans leur manière de faire la liaison entre les images et les objets, cèdent à une touchante tendance à l'auto-célébration. Comme une joie, une satisfaction, une fierté à faire partager.

"Vies de papier" est un road-movie immobile, une épopée avec ce sens de l'autodérision qui fait douter jusqu'au bout et tiens les rennes du rire. Alors cet album-photos ? Cette femme, on y croit ou on n'y croit pas ? C'est la question d'un spectateur comblé.

Jean Grapin
24/03/2022