La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
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Djazia Satour, "Aswat"… Pop poétique méditerranéenne - 13/11/2018

Après son premier EP "Klami" (2010) et le LP "Alwâne" (2014), Djazia Satour prend un nouveau virage dans son dernier album en chantant entièrement en arabe dans une musique aux contours autant traditionnels que modernes mêlant des consonances orientales à un univers blues et pop. Venant tout droit d'Algérie et vivant en France depuis 1990, Djazia Satour, avec sa voix chaleureuse à souhait, ne...  

Lucy and the Rats… un rock garage furieusement sixties - 24/05/2018

Selon un témoin, leur musique est apparu lors d'une expérience de laboratoire qui aurait mal tourné… Les hamsters les plus délicats ont été dévorés par les rats d'égouts les plus sales tout en fredonnant la plus douce des mélodies sucrées. Durant l'été 2015, Lucy Spazzy, légende du punk rock australien et nouvellement londonienne, s'ennuie en jouant toute seule chez elle. Elle a terriblement...  

Barcella… "Soleil"… rayonnant ! - 18/04/2018

Le dernier album de Barcella est un morceau de bravoure musicale enjouée dans une période où la tristesse colle parfois un peu trop aux basques. Dans des compositions colorées, le slameur-poète récidive dans une création où la qualité n'est pas un vain mot. C'est son quatrième album et il tient toutes ses promesses avec des compositions musicales allègres, presque enfantines comme ces comptines...  

"Crève-silence" de Nicolas Jules Grand Prix de l'Académie Charles Cros - 11/12/2017

"Crève-silence", dernier opus de Nicolas Jules, sortie en avril dernier, a obtenu l'un des Grands Prix Internationaux du Disque et du DVD 2017, section Chanson, décerné par l'Académie Charles Cros. Une ambiance rock travaillée, élégante et sombre, où flottent quelques fines vapeurs épicées parfois déchirées par des riffs de guitare mordants, voire rugueux, habille "Crève-silence… au fil de 12...  

Les "Variations Goldberg" pour Trio à cordes, la Foi dans la Musique - 28/11/2017

Début novembre, le Trio à cordes formé par Sébastien Hurel, Paul Radais et Aurélien Sabouret donnait un concert à Paris dont le programme reprenait leur gravure au CD des "Variations Goldberg" dans la transcription de Dimitri Sitkovetsky. Trois superbes voix qui nous invitent à pénétrer dans les tréfonds de l'âme de cette vertigineuse architecture sonore. Les "Variations Goldberg", inscrite au...  

Intégrale des "Valses" de Frédéric Chopin par Emmanuelle Swiercz - 14/11/2017

Parution du nouvel enregistrement de la pianiste Emmanuelle Swiercz avec les vingt "Valses" de Frédéric Chopin. Un enregistrement qui constitue donc une nouvelle intégrale de cette forme qu'a pratiquée avec un talent irrésistible le compositeur franco-polonais, et dont huit seulement furent publiées durant sa (brève) vie. Les Intégrales des "Valses" de Chopin s'enrichissent peu à peu au cours des...  

Promenade féerique et animalière dans la classe de Mademoiselle Plume à l'école des fables - 11/11/2017

Bienvenue dans la classe de Mademoiselle Plume, la maîtresse de l'école des fables où on trouve toutes sortes d'animaux farfelus dont les traits de caractère et les travers ressemblent étrangement à ceux des hommes. On croise ainsi des personnages tous plus dingues et plus amusants les uns que les autres... Mais attention, les fables ainsi contées se comprennent à différents niveaux de lecture et...  

Zanarelli, distillateur de pop douce et rafraîchissante aux couleurs jaune citron - 09/11/2017

Après s'être révélé tout d'abord un homme de scène, avec plus de 350 concerts à son actif ces dernières années, Zanarelli passe en studio pour sortir son premier album, "L'Écho des vertiges"… Un état des lieux de ses trente premières années sur la Terre, douze chansons en forme de balades ponctuées d'envolées enthousiastes et de tendres murmures. Cinq années de voyages à travers la France, de...  

"Shimmer gold"… envoûtant ! - 28/09/2017

C’est le deuxième album de Trad.Attack! et un tournant important pour tout groupe qui se doit de confirmer. Et confirmation, il y a. Le virage a été bien pris avec une évolution à presque quatre-vingt-dix degrés d’une musique qui a gardé son folklore estonien. Est-ce l’album de la maturité ? Sans doute mais le groupe peut nous réserver encore de bien bonnes surprises car le dernier en recèle plus...  

"Ah!"… Trad attack fort ! - 13/04/2017

Avec la nouvelle réédition hivernale de leur album "Ah!", le groupe Trad Attack nous mène dans un nouvel univers musical où le folk rural estonien se découvre dans un style qui ne trahit ni ses origines, ni sa culture. Une musique d'Estonie qui aborde heureusement les rives du rock 'n' roll a de quoi surprendre. Inspiré de leur folklore national, le premier album de Trad Attack, "Ah!" (2015), a...  
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À découvrir

"Barbara amoureuse"… Ah qu'il est doux le temps des amours

Caroline Montier chante "Barbara amoureuse", Essaïon Théâtre, Paris

Chanter l'amour comme une femme, chanter l'amour de toutes les femmes, et interpréter celle qui sut tant aimer les hommes ainsi que son public. Dans une belle et élégante simplicité, Caroline Montier nous offre quelques joyaux mélodiques et poétiques de la grande Barbara, éternelle amoureuse.

Parti-pris judicieux, Caroline Montier a puisé dans le répertoire de jeunesse de la dame en noir, époque L’Écluse, Bobino (en première partie de Félix Marten en 61 et de Brassens en 64, puis en vedette en 65), et des premiers Olympia… Période Barbara jeune, tendre, passionnée ou orageuse amante. Une femme qui, à ses débuts, fut tout aussi timide et réservée que mutine et fougueuse, aimant tant l'amour que les hommes qui souvent l'ont comblée.

De titres connus ("Dis, quand reviendras-tu", 1ère version 1962 ou "La Solitude", 1965) à ceux qui le sont moins ("Pierre", 1964 ou "Gare de Lyon", 1964), Caroline Montier a construit un récital sur ces aventures qui ont jalonné sa vie, mais ici avec un choix de chansons enregistrées par Barbara entre 1962 et 1968, avec une prédilection pour des compositions de 64 ("Toi l'homme", "Je ne sais pas dire", "Septembre"…) ou de 68 ("Du bout des lèvres", "Amoureuse", "Le Testament", "Tu sais"…).

Dans cette exploration originale, Caroline Montier fait le choix d'aller croquer un rayon de soleil dans les amours de Barbara, apportant, avec subtilité et talent, une touche de grâce à l'ensemble.

Gil Chauveau
12/12/2018
Spectacle à la Une

"Adieu Monsieur Haffmann"… Rire et émotions mêlés dans une pièce toute en délicatesse… comme une sonate des cœurs purs

Reprise de la pièce aux quatre "Molière 2018", Théâtre Rive Gauche, Paris

La pièce est dessinée en traits purs, comme une esquisse, une encre fine qui laisse autant de place à l'imaginaire dans les espaces laissés vides que dans les tracés. Une sorte de stylisation mêlée à une extrême pudeur pour permettre à cette histoire de briller malgré la noirceur de l'époque où elle se déroule.

1942, les nazis instaurent le port obligatoire de l'étoile jaune pour les Juifs, monsieur Haffmann décide de se cacher dans la cave de sa bijouterie et d'en confier la direction (ainsi que sa propre sécurité) à son employé goy Pierre Vigneau.

Le décor sobre de Caroline Mexme, tout en déclinaisons de gris, sert de fond à cette époque aux couleurs vert-de-gris. D'un côté la cave où se cache Joseph Haffmann, de l'autre l'appartement à l'étage où s'installent Pierre et sa femme, jeune couple en attente d'un enfant qui ne vient pas. Dehors, les persécutions contre les Juifs s'intensifient, dénonciations, expropriations, et puis la rafle du Vél d'Hiv…

C'est dans ce huis clos que va se dérouler la pièce. Une vie à trois qui s'organise sur la base d'un double contrat : donnant-donnant. L'employé-modèle accepte de cacher son patron et de diriger la boutique à condition que celui-ci veuille bien tenter de mettre enceinte sa femme - car lui-même est stérile et monsieur Haffmann si fertile que sa descendance est déjà au nombre de quatre. Contrat aux allures diaboliques dans une époque où l'intégrité est soumise à toutes sortes de tentations, où toutes les trahisons sont possibles.

Bruno Fougniès
09/10/2018
Sortie à la Une

"Crocodiles"… Comme l'histoire d'un d'Ulysse, épuisé, recueilli par Nausicaa

"Crocodiles", en tournée 2018/2019

C'était, il y a, une fois. Un petit garçon qui aimait les étoiles et les arbres fruitiers. Enaiat est son nom. Sa mère, parce qu'elle l'aimait, l'a confié au destin, en l'abandonnant au-delà de la frontière alors qu'il approchait de ses dix ans.

C'est qu'à dix ans, là-bas en Afghanistan, on devient un homme et qu'un homme, quand il est hazāra, quand il appartient à une ethnie persécutée, ne va pas à l'école. Il est esclave. Pendant cinq ans, peut-être, il va avancer vers l'Ouest, de nuit. Se cachant, travaillant le jour, amassant un pécule, des rencontres et des chances.

Afghanistan, Pakistan, Iran, Turquie, Grèce, jusqu'à cette Italie joyeuse et merveilleuse qui l'accueille et recueille son récit.

Cendre Chassane dans "Crocodiles" condense le récit du véritable Enaiat (publié en 2011 chez Liana Levi), et en fait un conte à deux voix dans lequel un écrivain journaliste plein d'empathie interviewe le réfugié.

Sa pièce est un concentré de théâtre. Sa simplicité narrative, l'économie de ses accessoires (un bout de ficelle, un cerf-volant, un ballon, un t-shirt, un livre illustré, un gâteau, un lé de tissu métallisé, des images d'infini de sable ou de ciel) suffisent à capter l'imaginaire et rendent l'histoire lisible et sensible.

Jean Grapin
23/04/2018