La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Concerts

Une nouvelle donne pour Radio France - 16/07/2018

La nomination en 2016 de Michel Orier comme directeur de la musique et de la création culturelle à la tête du groupe Radio France a permis la mise en œuvre d'une nouvelle ambition pour la Maison Ronde. Celle d'entrer de plein pied dans la modernité. Entretien avec Michel Orier en forme de bilan provisoire sur les avancées du projet. Michel Orier est un homme courtois et pressé. Il a pris en...  

La Citadelle des artistes, c'est à Sisteron - 02/07/2018

Pour sa 63e édition, les Nuits de la Citadelle proposent cet été un choix éclectique de spectacles qui raviront tous les amateurs de danse, de théâtre et de musique. Un peu d'Histoire. Quel festival avantageusement situé à Sisteron entre Provence et Dauphiné a-t-il été créé en 1928 ? Ce sont les Nuits de la Citadelle, la plus vénérable des manifestations culturelles avec les Chorégies d'Orange....  

Cinquante ans de légende avec "Piano****" - 10/06/2018

Alors que la saison de "Piano****" s'achève en juin avec l'immense et rare Radu Lupu, et avec deux concerts consacrés à la jeune génération du clavier, les rendez-vous de l'édition 2018-2019 s'annoncent tout aussi passionnants. Depuis cinq décades, Piano**** invite l'élite du piano et des chefs à la tête des orchestres qui comptent. Créé par son directeur artistique André Furno, insatiable...  

Superbe couronnement du cycle des symphonies de Tchaïkovski par Philippe Jordan et l'Orchestre de l'Opéra de Paris - 07/06/2018

Initié en 2017, le cycle des six symphonies de Piotr Ilyitch Tchaïkovski entrepris en trois volets par le directeur musical de l'Opéra de Paris s'est conclu en toute beauté en ce printemps 2018 avec les 3e et 6e. Un concert à revoir sur le site de la Philharmonie avant diffusion à la télévision. Philippe Jordan a donc clos le cycle qu'il a consacré aux symphonies du compositeur russe en trois...  

Grandiose Berlioz à la Philharmonie - 13/05/2018

L'Orchestre Philharmonique et le Chœur de Radio France accompagnés par le Chœur de la radio de Cologne, le WDR Rundfunkchor, ont uni leurs forces sous la baguette de Mikko Franck pour offrir un "Requiem" berliozien magistral. On ne se lasse pas généralement d'admirer nos orchestres français, dont une élite ravit spécialement cœurs et oreilles à chacun de leurs concerts. De cette élite,...  

L'avenir du Violon se décide à la Menuhin Competition - 01/05/2018

Genève s'est faite capitale du violon en invitant l'édition 2018 du concours international du jeune virtuose créé par l'immense Yehudi Menuhin en 1983. À l'issue de dix jours de compétition, quelques-uns des meilleurs violonistes de demain ont été récompensés, notamment Christian Li, Chloé Chua (Prix Juniors ex-æquo) et Dania Adamyan (Prix Seniors). Le concours fondé par Yehudi Menuhin a...  

Vassilis Varvaresos, le plus français des pianistes grecs en récital à Gaveau - 21/04/2018

Le jeune pianiste Vassilis Varvaresos, né à Thessalonique et parisien d'adoption depuis ses études au CNSMD de Paris avec Michel Dalberto, donnera un récital consacré à l'esprit de Vienne et à la valse, le 15 mai Salle Gaveau. "Apothéose de la Valse", c'est sous ce titre ravélien qu'a été dévoilé le programme du récital parisien du pianiste Vassilis Varvaresos, trente-cinq ans (il est né en...  

Hartmut Haenchen, un chef d'exception à la tête du Philharmonique de Radio France - 08/04/2018

Le 29 mars, le chef Hartmut Haenchen livrait une prodigieuse neuvième symphonie de Gustav Mahler à la tête d'un Orchestre Philharmonique de Radio France en état de grâce. Étonnamment, le chef allemand Harmut Haenchen se fait rare en France depuis son magnifique "Parsifal" à Bastille en 2008. Ces derniers temps, mise à part l'invitation en 2017 par l'Opéra de Lyon (pour une "Elektra" sublime et un...  

Mozart et Mahler par l'Orchestre de Paris, entre doute et émotion - 02/04/2018

Thomas Hengelbrock, chef associé de l'Orchestre de Paris, l'a dirigé il y a quelques jours dans Mozart et Mahler pour deux soirées à la Philharmonie. L'occasion d'assister aux débuts de Nelson Goerner avec l'orchestre. Un pianiste, dont le style a surpris dans le Concerto n° 23 de Mozart, éclipsé par un Orchestre de Paris pourtant manifestement en proie au doute. Les programmes de Thomas...  

Toujours plus Folle Journée de Nantes ! - 06/02/2018

La 24e édition de "La Folle Journée de Nantes" vient de s'achever après cinq jours de passion musicale contagieuse et de beaux résultats certifiés par des chiffres éloquents : 2 200 artistes invités, 14 orchestres, 26 ensembles de musique de chambre, 13 ensembles vocaux, 70 solistes pour 275 concerts à Nantes (plus treize en métropole). Le thème de l'exil ("Vers un monde nouveau") a plu au public...  
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À découvrir

"Barbara amoureuse"… Ah qu'il est doux le temps des amours

Caroline Montier chante "Barbara amoureuse", Essaïon Théâtre, Paris

Chanter l'amour comme une femme, chanter l'amour de toutes les femmes, et interpréter celle qui sut tant aimer les hommes ainsi que son public. Dans une belle et élégante simplicité, Caroline Montier nous offre quelques joyaux mélodiques et poétiques de la grande Barbara, éternelle amoureuse.

Parti-pris judicieux, Caroline Montier a puisé dans le répertoire de jeunesse de la dame en noir, époque L’Écluse, Bobino (en première partie de Félix Marten en 61 et de Brassens en 64, puis en vedette en 65), et des premiers Olympia… Période Barbara jeune, tendre, passionnée ou orageuse amante. Une femme qui, à ses débuts, fut tout aussi timide et réservée que mutine et fougueuse, aimant tant l'amour que les hommes qui souvent l'ont comblée.

De titres connus ("Dis, quand reviendras-tu", 1ère version 1962 ou "La Solitude", 1965) à ceux qui le sont moins ("Pierre", 1964 ou "Gare de Lyon", 1964), Caroline Montier a construit un récital sur ces aventures qui ont jalonné sa vie, mais ici avec un choix de chansons enregistrées par Barbara entre 1962 et 1968, avec une prédilection pour des compositions de 64 ("Toi l'homme", "Je ne sais pas dire", "Septembre"…) ou de 68 ("Du bout des lèvres", "Amoureuse", "Le Testament", "Tu sais"…).

Dans cette exploration originale, Caroline Montier fait le choix d'aller croquer un rayon de soleil dans les amours de Barbara, apportant, avec subtilité et talent, une touche de grâce à l'ensemble.

Gil Chauveau
12/12/2018
Spectacle à la Une

"Adieu Monsieur Haffmann"… Rire et émotions mêlés dans une pièce toute en délicatesse… comme une sonate des cœurs purs

Reprise de la pièce aux quatre "Molière 2018", Théâtre Rive Gauche, Paris

La pièce est dessinée en traits purs, comme une esquisse, une encre fine qui laisse autant de place à l'imaginaire dans les espaces laissés vides que dans les tracés. Une sorte de stylisation mêlée à une extrême pudeur pour permettre à cette histoire de briller malgré la noirceur de l'époque où elle se déroule.

1942, les nazis instaurent le port obligatoire de l'étoile jaune pour les Juifs, monsieur Haffmann décide de se cacher dans la cave de sa bijouterie et d'en confier la direction (ainsi que sa propre sécurité) à son employé goy Pierre Vigneau.

Le décor sobre de Caroline Mexme, tout en déclinaisons de gris, sert de fond à cette époque aux couleurs vert-de-gris. D'un côté la cave où se cache Joseph Haffmann, de l'autre l'appartement à l'étage où s'installent Pierre et sa femme, jeune couple en attente d'un enfant qui ne vient pas. Dehors, les persécutions contre les Juifs s'intensifient, dénonciations, expropriations, et puis la rafle du Vél d'Hiv…

C'est dans ce huis clos que va se dérouler la pièce. Une vie à trois qui s'organise sur la base d'un double contrat : donnant-donnant. L'employé-modèle accepte de cacher son patron et de diriger la boutique à condition que celui-ci veuille bien tenter de mettre enceinte sa femme - car lui-même est stérile et monsieur Haffmann si fertile que sa descendance est déjà au nombre de quatre. Contrat aux allures diaboliques dans une époque où l'intégrité est soumise à toutes sortes de tentations, où toutes les trahisons sont possibles.

Bruno Fougniès
09/10/2018
Sortie à la Une

"Crocodiles"… Comme l'histoire d'un d'Ulysse, épuisé, recueilli par Nausicaa

"Crocodiles", en tournée 2018/2019

C'était, il y a, une fois. Un petit garçon qui aimait les étoiles et les arbres fruitiers. Enaiat est son nom. Sa mère, parce qu'elle l'aimait, l'a confié au destin, en l'abandonnant au-delà de la frontière alors qu'il approchait de ses dix ans.

C'est qu'à dix ans, là-bas en Afghanistan, on devient un homme et qu'un homme, quand il est hazāra, quand il appartient à une ethnie persécutée, ne va pas à l'école. Il est esclave. Pendant cinq ans, peut-être, il va avancer vers l'Ouest, de nuit. Se cachant, travaillant le jour, amassant un pécule, des rencontres et des chances.

Afghanistan, Pakistan, Iran, Turquie, Grèce, jusqu'à cette Italie joyeuse et merveilleuse qui l'accueille et recueille son récit.

Cendre Chassane dans "Crocodiles" condense le récit du véritable Enaiat (publié en 2011 chez Liana Levi), et en fait un conte à deux voix dans lequel un écrivain journaliste plein d'empathie interviewe le réfugié.

Sa pièce est un concentré de théâtre. Sa simplicité narrative, l'économie de ses accessoires (un bout de ficelle, un cerf-volant, un ballon, un t-shirt, un livre illustré, un gâteau, un lé de tissu métallisé, des images d'infini de sable ou de ciel) suffisent à capter l'imaginaire et rendent l'histoire lisible et sensible.

Jean Grapin
23/04/2018