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Lou Casa… Une nouvelle résonance, étonnamment actuelle, pour les chansons de Barbara

Il n'est jamais aisé de s'approprier et d'interpréter des chansons créées, portées, sublimées par des artistes tels que Barbara. Mais là où beaucoup échouèrent, Lou Casa et son chanteur Marc Casa relèvent le défi avec brio et donne une lecture étonnante, poignante et incroyablement juste de six morceaux choisis de la Dame en noir.



© DR.
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Lou Casa, c'est deux frères, l'un au chant (Marc), l'autre au piano (Fred) et un bassiste (Julien Aeillon)… issus d'un collectif (à géométrie variable : 3 à 10 membres) qui travaillent sur des créations tant musicales (chansons, musiques improvisées) qu'expérimentales où peuvent s'associer danse, slam, poésie, vidéo, etc. Ici, après différentes productions, dont "Barbara, Quinze ans" en novembre 2012 qui initiera en 2014 le projet "Chansons de Barbara", ils décident de coucher six interprétations sur un CD intitulé "À ce jour" dont on espère que d'autres suivront.

Marc Casa donne une intonation particulière aux mots de Barbara (1), de Brel (2), de Françoise Lo (3) ou de Georges Bérard (4), portant avec élégance une certaine fêlure dans la voix qui amplifie l'émotion exprimée, la fragilité sous-tendue. En même temps, le grain légèrement rugueux donne la force et l'énergie au chant, imprimant la trame musicale soutenue par la basse toute en rythmique associée au piano percussif, notamment dans le sublime "Perlimpinpin" presque guerrier, revendicatif… Le clip est d'ailleurs très révélateur et significatif de l'interprétation choisie, exprimée par Lou Casa. Voix parlée chuchotée, prenant doucement de l'amplitude. Derrière le piano roule les notes en une rivière sautillante mi-tango mi-reggae, appuyant certains mots scandés par Marc Casa.

© DR.
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Dans "Tous les passants", le premier titre, la ligne de basse de Julien Aellion est omniprésence, donnant la cadence d'un pas aux sources du primitif. Viennent en parallèle, comme en une liaison mélodique, les ornements presque liturgiques de l'orgue, les frappes sèches et précises des percussions, le phrasé jazzy du piano imprimé avec précision et talent par Fred Casa. Marc Casa pose, sur quelques bouffées venteuses en arrière-plan, une respiration mélodieuse propice aux souvenirs et aux fantômes du texte de Françoise Lo.

Les arabesques harmoniques viennent ensuite naturellement "Sur la place" où les scénettes décrites par Jacques Brel (auteur de ce beau texte allégorique) s'égrainent au son de l'orgue aigre-doux et des riffs parfois déchirants, parfois enjoués du piano. Le chant est sensible, avec des tonalités très masculines… Avec des contours, sur certaines inspirations profondes et intériorisées, étrangement féminines. Souvent, notamment sur le très délicat et charnel "Le bel âge", la voix peut se faire traînante, posant un phrasé élégant et pénétrant sur la portée des émotions.

© DR.
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Cet EP 6 titres se clôt sur "J'entends sonner le clairon", champ de bataille des amours finis, là où les êtres qui se sont tant aimés, se déchirent et se sont perdus. Un final aux frontières du désespoir mais qui donne l'occasion à Lou Casa de finir sur une magnifique ligne de basse et une interprétation enlevée, presque enflammée sur le chant des amours mortes…

"À ce jour" est une proposition originale et réussie, abordant six chansons qui ne sont pas forcément les plus connues (hormis "Perlimpinpin") du répertoire de Barbara, faite par Lou Casa, un trio qui aborde la musique et les textes de manière très personnelle, voire parfois expérimentales. Sortant du champ habituel des productions souvent trop formatées, voilà un album à écouter d'urgence pour ouvrir nos oreilles à des univers sonores régénérés.

(1) "Perlimpinpin", "Le bel âge" et "J'entends sonner les clairons" : paroles et musique de Barbara.
(2) "Sur la place" : paroles et musique de Brel.
(3) "Tous les passants" : paroles de Françoise Lo et musique de Barbara.
(4) "La belle amour" : paroles de Georges Bérard et musique de Charles Algarra/Barbara.


● Lou Casa "À ce jour".
Label : SPPF les labels indépendants.
Production : Collectif Lou Casa.
Distribution : Musicast Distribution.
Sortie : 15 janvier 2016.

Tournée 2016/2017

30 mars 2016.
Mercredi à 20 h.
1ère partie : Contrebassens & Michael Wookey.
Cafè de la Dance, Paris 11e, réservation en ligne.
>> loucasa-barbara.com

16 avril 2016 : Atelier Ostréicole et musical de Christian de Longcamp, Lestre (50)
22 avril 2016 : Espace Multiculturel, Grâces (22).
24 avril 2016 : Salle des Fêtes, Clohars-Carnoët (29).
26 mai 2016 : ]cyChez Servane, Chouzé-sur-Loire (37).
27 mai 2016 : CFA de Tours (37).
28 mai 2016 : La Bonne Dame, Champigny-Sur-Veude (37).
31 mai 2016 : L'Auguste Théâtre, Paris 11e.
18 juin 2016 : Festival Broc'Music, Le Belvédère, Champigny-sur-Marne (94).              
2 juillet 2016 : Kiosque du Parc, Malo-Les-Bains (59).
19 juillet 2016 : Festival Les Estivases, Théâtre de l'Ardoise (soirée avec Titi Robin et Medhi Nassouli), Île d'Oléron (17).
20 juillet 2016 : Salle des Fêtes, Saint-Front-d'Alemps (24).
21 juillet 2016 : Place de la Vertu (extérieur, annulation en cas de pluie), Périgueux (24).
22 juillet 2016 : La Casa Casedevant (uniquement sur réservation/renseignements : 06 87 03 81 92), Pau (64).

Tournée 2017/2018

© Déborah Galopin.
© Déborah Galopin.
21 janvier 2017 : Auditorium médiathèque Luxembourg, Meaux (77).
26 janvier 2017 : Saumur (37).
27 janvier 2017 : Salle des fêtes, La Guerche (37).
28 janvier 2017 : La Teinturerie, Richelieu (37).
28 février 2017 : L'Auguste Théâtre, Paris (75).

Mardi 5 décembre 2017 : L'Auguste Théâtre, Pris 11e.
10 février 2018 : Café de la Danse, Paris 11e.
13 février 2018 : Café de la Danse, Paris 11e.
23 février au 3 mars : Atelier Dantza, résidence création et concerts 2 et 3 mars, Pau (64).
8 mars 2018 : Centre culturel, La Nouaille (24).
9 mars 2018 : Centre culturel, Montignac (24).
10 mars 2018 : Le Baz’art, Libourne (33).

Au Café de la Danse à Paris © DR.
Au Café de la Danse à Paris © DR.
11 mars 2018 (date supplémentaire à confirmer) : Le Baz’art, Libourne (33).
23 mars 2018 : Mouscron (Belgique).
24 mars 2018 : Bruxelles (Belgique).
26 avril 2018 : Centre culturel, Sailles (33).
27 avril 2018 à 21h : Julie Lagarrigue invite Lou Casa/Chansons de Barbara, Comptoir Éphémère, Bordeaux (33).
28 avril 2018 : Centre culturel, Lège Cap Ferret (33).

Première publication : 1er février 2016.

Gil Chauveau
Samedi 17 Février 2018

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© Alexandre Pupkins.
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J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

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J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

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