La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Humour

Mon fils, ma bataille… amour, humour... - 14/05/2012

J’ai connu Laurent Savard au milieu des années quatre-vingt-dix. Il jouait au Movies, un café-théâtre dans lequel ont débuté Dany Boon, Jean-Luc Lemoine, Stéphane Guillon (avec qui il démarre alors), Djamel et bien d’autres encore et qui, malheureusement, n’existe plus. Son spectacle s’appelait "Une certaine envie de frapper". Son style était déjà affirmé : écriture léchée et humour noir pour...  

Marianne Sergent passe l‘actualité à la moulinette - 03/04/2012

Elle fut une humoriste majeure dans les années quatre-vingt, avec notamment un sketch devenu culte, qui lui a valu d’être interdite à la télévision, "La Recette de la fellation". Même si ses apparitions sont aujourd’hui moins fréquentes, son militantisme, son franc-parler et sa gouaille font chaque fois mouche, qu’elle nous raconte la Commune ou Jeanne d’Arc, ou commente, comme ici, l’actualité....  

Gratin de famille... Ou les considérations culinaro-existentielles d'une fillette de 5 ans ! - 17/02/2012

Comédienne d’une puissance comique incroyable, Marie Montoya, après nous avoir régalés dans "Hors Piste", nous plonge dans l’univers drôle et poétique de son nouveau spectacle "Gratin de famille". Seule en scène, elle refait le parcours digestif de sa vie. Comment digère-t-on nos bonheurs et nos coups durs ? Les évènements du quotidien parcourent-t-ils le même chemin que les aliments ? Que...  

Avignon Off 2013 : SaNaKa, l'humour griffes et pattes de velours - 21/03/2012

[Reprise] La générosité et le talent sont-ils solubles dans l'humour ? Oui ! On en sort absolument convaincu après avoir vu SaNaKa sur scène. Énergique présence scénique, chaleur charismatique et munificence communicatrice, tels sont les atouts que l'ont décèlent immédiatement, dès l'apparition sur scène de ce jeune comédien humoriste qui fait actuellement ses premières armes parisiennes. Prix de...  

Jean-Jacques Vanier : un festin de ses meilleurs mets épicés d'humour... servi sur un plateau ! - 08/12/2011

Entre Festin et Best of, c'est à un véritable repas de fête auquel nous convie Jean-Jacques Vanier en faisant une halte au Petit Montparnasse et en nous proposant un menu composé des moments les plus drôles de ses quatre premiers spectacles : "Mon Journal intime", "L’Envol du pingouin", "À part ça la vie est belle" et "Elles". Histoire de faire une pause dans son travail de création, il rêve de...  

Laurent Gérard : quand un comédien se fait show man ! - 27/06/2011

[Reprise] De Guitry à Tardieu en passant par Boudard, Courteline, Jarry, Labiche, Musset ou Goldoni, Laurent Gérard use ses semelles depuis 1996 sur les planches, passant d’un personnage à l’autre avec une grâce aérienne. Quinze ans de théâtre et, un jour, l’envie d’écrire… Écrire, oui ! Mais un "seul en scène", et le jouer. Un comédien dans l’univers du One Man Show, cela pourrait paraître...  

Une Anémone en fleur au Théâtre Daunou - 21/05/2011

Anémone et Henri Guybet remportent un joli succès public au Théâtre Daunou. "Grossesses nerveuses" était d’abord en tournée toute la saison. La pièce est maintenant prolongée jusqu’en décembre 2011. Après quatre ans d’absence, on retrouve une Anémone pétillante, qui passe du rôle de la jeune femme coincée en quête de mari à une bourgeoise exubérante à la reconquête de son époux. Un Henry Guibet...  

Désespérés de tous les pays... Réunissez-vous et rions ensemble ! - 15/05/2011

Non... bien sûr, il ne s'agit pas d’un remake décalé du "Cercle des poètes disparus", et c’est tant mieux : on n’était pas venu pour ça. Désespéré... Non ! Joyeux, par contre, c'est sûr en sortant de la Comédie de Paris après avoir vu la "désespérance" passée au rouleau compresseur de l'humour ! Au départ était la rencontre entre Manon et un flux de gaz… de ville ! Issue de la rencontre :...  

Arnaud Tsamère, le phénomène - 10/05/2011

Buzz d'Arnaud Tsamère dans l’émission de Ruquier ("On n’demande qu’à en rire"). En ce moment au Théâtre Les Feux de la rampe, son spectacle "chose promise" fait un carton. C’est bien simple, les soirs où il se produit, on y voit une file (interminable) d’aficionados. De notre côté, on se devait de comprendre : était-ce l’effet "vu à la téloche" et mouton de Panurge ? Genre phénomène de mode et...  

Du dépilatoire au désopilant chez les Consensuels ! - 23/04/2011

Se promener dans la vieille ville de Lyon a du bon. Au détour d’une rue pavée, on fait des rencontres auxquelles on ne s’attend pas toujours… Ici, c’est au "Boui Boui", le bien nommé "Café comique" de Stéphane Casez autour d’un duo de choc : Les Consensuels. C’est juste là, sur la gauche, à deux pas du métro "le vieux Lyon" et de quelques très bons bouchons de la rue Saint-Jean… Un tout petit...  
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À découvrir

"Barbara amoureuse"… Ah qu'il est doux le temps des amours

Caroline Montier chante "Barbara amoureuse", Essaïon Théâtre, Paris

Chanter l'amour comme une femme, chanter l'amour de toutes les femmes, et interpréter celle qui sut tant aimer les hommes ainsi que son public. Dans une belle et élégante simplicité, Caroline Montier nous offre quelques joyaux mélodiques et poétiques de la grande Barbara, éternelle amoureuse.

Parti-pris judicieux, Caroline Montier a puisé dans le répertoire de jeunesse de la dame en noir, époque L’Écluse, Bobino (en première partie de Félix Marten en 61 et de Brassens en 64, puis en vedette en 65), et des premiers Olympia… Période Barbara jeune, tendre, passionnée ou orageuse amante. Une femme qui, à ses débuts, fut tout aussi timide et réservée que mutine et fougueuse, aimant tant l'amour que les hommes qui souvent l'ont comblée.

De titres connus ("Dis, quand reviendras-tu", 1ère version 1962 ou "La Solitude", 1965) à ceux qui le sont moins ("Pierre", 1964 ou "Gare de Lyon", 1964), Caroline Montier a construit un récital sur ces aventures qui ont jalonné sa vie, mais ici avec un choix de chansons enregistrées par Barbara entre 1962 et 1968, avec une prédilection pour des compositions de 64 ("Toi l'homme", "Je ne sais pas dire", "Septembre"…) ou de 68 ("Du bout des lèvres", "Amoureuse", "Le Testament", "Tu sais"…).

Dans cette exploration originale, Caroline Montier fait le choix d'aller croquer un rayon de soleil dans les amours de Barbara, apportant, avec subtilité et talent, une touche de grâce à l'ensemble.

Gil Chauveau
12/12/2018
Spectacle à la Une

"Adieu Monsieur Haffmann"… Rire et émotions mêlés dans une pièce toute en délicatesse… comme une sonate des cœurs purs

Reprise de la pièce aux quatre "Molière 2018", Théâtre Rive Gauche, Paris

La pièce est dessinée en traits purs, comme une esquisse, une encre fine qui laisse autant de place à l'imaginaire dans les espaces laissés vides que dans les tracés. Une sorte de stylisation mêlée à une extrême pudeur pour permettre à cette histoire de briller malgré la noirceur de l'époque où elle se déroule.

1942, les nazis instaurent le port obligatoire de l'étoile jaune pour les Juifs, monsieur Haffmann décide de se cacher dans la cave de sa bijouterie et d'en confier la direction (ainsi que sa propre sécurité) à son employé goy Pierre Vigneau.

Le décor sobre de Caroline Mexme, tout en déclinaisons de gris, sert de fond à cette époque aux couleurs vert-de-gris. D'un côté la cave où se cache Joseph Haffmann, de l'autre l'appartement à l'étage où s'installent Pierre et sa femme, jeune couple en attente d'un enfant qui ne vient pas. Dehors, les persécutions contre les Juifs s'intensifient, dénonciations, expropriations, et puis la rafle du Vél d'Hiv…

C'est dans ce huis clos que va se dérouler la pièce. Une vie à trois qui s'organise sur la base d'un double contrat : donnant-donnant. L'employé-modèle accepte de cacher son patron et de diriger la boutique à condition que celui-ci veuille bien tenter de mettre enceinte sa femme - car lui-même est stérile et monsieur Haffmann si fertile que sa descendance est déjà au nombre de quatre. Contrat aux allures diaboliques dans une époque où l'intégrité est soumise à toutes sortes de tentations, où toutes les trahisons sont possibles.

Bruno Fougniès
09/10/2018
Sortie à la Une

"Crocodiles"… Comme l'histoire d'un d'Ulysse, épuisé, recueilli par Nausicaa

"Crocodiles", en tournée 2018/2019

C'était, il y a, une fois. Un petit garçon qui aimait les étoiles et les arbres fruitiers. Enaiat est son nom. Sa mère, parce qu'elle l'aimait, l'a confié au destin, en l'abandonnant au-delà de la frontière alors qu'il approchait de ses dix ans.

C'est qu'à dix ans, là-bas en Afghanistan, on devient un homme et qu'un homme, quand il est hazāra, quand il appartient à une ethnie persécutée, ne va pas à l'école. Il est esclave. Pendant cinq ans, peut-être, il va avancer vers l'Ouest, de nuit. Se cachant, travaillant le jour, amassant un pécule, des rencontres et des chances.

Afghanistan, Pakistan, Iran, Turquie, Grèce, jusqu'à cette Italie joyeuse et merveilleuse qui l'accueille et recueille son récit.

Cendre Chassane dans "Crocodiles" condense le récit du véritable Enaiat (publié en 2011 chez Liana Levi), et en fait un conte à deux voix dans lequel un écrivain journaliste plein d'empathie interviewe le réfugié.

Sa pièce est un concentré de théâtre. Sa simplicité narrative, l'économie de ses accessoires (un bout de ficelle, un cerf-volant, un ballon, un t-shirt, un livre illustré, un gâteau, un lé de tissu métallisé, des images d'infini de sable ou de ciel) suffisent à capter l'imaginaire et rendent l'histoire lisible et sensible.

Jean Grapin
23/04/2018