La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Humour

Le bonheur est à l’intérieur de l’extérieur de l’extérieur de l’intérieur, ou l’inverse… ou le bonheur d’être un spectateur ! - 25/01/2013

Humour, gravité et légèreté s’allient avec bonheur dans le spectacle de Gauthier Fourcade. Dans un étonnant spectacle où il fait étalage d’une simplicité talentueuse, le comédien déploie un jeu où le naturel se dispute au comique en traitant le bonheur de façon heureusement tragique. Il arrive, en blouse blanche, lunettes sur le front. L’allure un brin détachée et dégingandée, Gauthier Fourcade...  

Christophe Alévêque et Serena Reinaldi : "C'est mieux à deux" ou la véritable histoire de Maddy et JC ! - 26/10/2012

Alévêque est infatigable... Après plusieurs one-man-show humoristiques plutôt corrosifs, principalement axés sur la politique et l'actualité, et un premier duo ("Ciao Amore" avec Serena Reinaldi), il est de retour pour une nouvelle création à deux sur le couple, l’amour, les relations entre les hommes et les femmes, conçue avec la même partenaire, Serena Reinaldi, également sa compagne à la vie....  

Christelle Chollet, c’est "rires et chansons"... une transfusion de bonheur et d’humour - 10/10/2012

On l'a connue jeune trentenaire célibataire, elle nous revient mariée, avec un enfant, et toujours sa gouaille, son œil aiguisé et ses vannes hilarantes sur la vie de couple, les tendances, les nouvelles technologies, etc. Et une invention qui fera date : le permis à points ! Christelle Chollet, "La" Chollet, est de retour… Un an tout juste après avoir arrêté de jouer "L’Empiafée", un spectacle...  

Anne (Rouge)manoff, le rouge qui lui convient le mieux… l’amarante… - 20/08/2012

Dans ce nouveau spectacle, la pétillante femme en rouge revient plus mordante que jamais pour croquer à pleines dents dans l’actualité. Rien n’échappe à son regard acéré : la crise de la dette, les stagiaires, la quête du bonheur, les smartphones, les diktats alimentaires… Elle sait raconter mieux que personne l’égoïsme et la superficialité de notre époque. Pourtant, on ressort de son spectacle...  

Avignon Off 2012 : Les Amazones contre-attaquent... en mode burlesque - 21/07/2012

Cela n'aurait pu être qu'un énième spectacle comique en forme de conférence déjantée donnée par une improbable "Ligue des Amazones Déterminées Indépendantes Épanouies et Sereines"... Mais les trois comédiennes chanteuses de la Cie Trottoir Express sont passées par la pratique du théâtre de rue et du clown... donnant à ce petit spectacle (1 h), une dimension burlesque, coloré et bigrement...  

Quand la Madeleine Proust met le cap sur l'Archipel - 10/04/2012

Lola Sémonin, nommée trois fois aux Molières revient à Paris, avec le dernier volet en date des aventures de la Madeleine Proust. Le temps d'un face à face décapant entre un djeun's du 9-3 et une mamie du 2-5, Lola, la flamboyante n'a de cesse de nous surprendre. Son monologue est jubilatoire, coloré et porteur d'un message de tolérance et d'impertinence. Trente ans après ses début sur les scènes...  

Mon fils, ma bataille… amour, humour... - 14/05/2012

J’ai connu Laurent Savard au milieu des années quatre-vingt-dix. Il jouait au Movies, un café-théâtre dans lequel ont débuté Dany Boon, Jean-Luc Lemoine, Stéphane Guillon (avec qui il démarre alors), Djamel et bien d’autres encore et qui, malheureusement, n’existe plus. Son spectacle s’appelait "Une certaine envie de frapper". Son style était déjà affirmé : écriture léchée et humour noir pour...  

Marianne Sergent passe l‘actualité à la moulinette - 03/04/2012

Elle fut une humoriste majeure dans les années quatre-vingt, avec notamment un sketch devenu culte, qui lui a valu d’être interdite à la télévision, "La Recette de la fellation". Même si ses apparitions sont aujourd’hui moins fréquentes, son militantisme, son franc-parler et sa gouaille font chaque fois mouche, qu’elle nous raconte la Commune ou Jeanne d’Arc, ou commente, comme ici, l’actualité....  

Gratin de famille... Ou les considérations culinaro-existentielles d'une fillette de 5 ans ! - 17/02/2012

Comédienne d’une puissance comique incroyable, Marie Montoya, après nous avoir régalés dans "Hors Piste", nous plonge dans l’univers drôle et poétique de son nouveau spectacle "Gratin de famille". Seule en scène, elle refait le parcours digestif de sa vie. Comment digère-t-on nos bonheurs et nos coups durs ? Les évènements du quotidien parcourent-t-ils le même chemin que les aliments ? Que...  

Avignon Off 2013 : SaNaKa, l'humour griffes et pattes de velours - 21/03/2012

[Reprise] La générosité et le talent sont-ils solubles dans l'humour ? Oui ! On en sort absolument convaincu après avoir vu SaNaKa sur scène. Énergique présence scénique, chaleur charismatique et munificence communicatrice, tels sont les atouts que l'ont décèlent immédiatement, dès l'apparition sur scène de ce jeune comédien humoriste qui fait actuellement ses premières armes parisiennes. Prix de...  
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À découvrir

"Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain

"La vie, elle a passé, on a comme pas vécu…", ainsi parlait Firs, le vieux valet de chambre de "La Cerisaie" d'Anton Tchekhov, pièce écrite dans le domaine de son ami comédien et metteur en scène Constantin Stanislavski… C'est ce même Constantin Stanislavski, auteur en son temps d'une "Notre vie dans l'art", qui se retrouve au cœur de la pièce éponyme écrite et mise en scène par Richard Nelson, auteur, metteur en scène américain et tchékhovien dans l'âme. Et si l'argument – "Conversations entre acteurs du Théâtre d'Art de Moscou pendant leur tournée à Chicago, 1923" – n'a pas changé d'un iota, ses échos contemporains sont eux particulièrement troublants.

© Vahid Amampour.
Quand, dans le cadre du Festival d'Automne, le Théâtre du Soleil ouvre grand ses portes monumentales de la Cartoucherie à cette nouvelle version de "Notre vie dans l'art", on se dit que ce choix ne peut rien devoir à un quelconque hasard… Et quand on découvre que c'est à Ariane Mnouchkine que l'on doit la traduction de la pièce, et que ce sont ses propres comédiens formés selon les canons artistiques animant son travail que dirige ici Richard Nelson, on n'est nullement surpris de reconnaître là le mantra commun à leurs deux univers : faire du théâtre une caisse de résonances de l'histoire en cours.

Dominant le plateau, comme dans un amphithéâtre antique, des rangées de gradins se font face. Entre une troupe de comédiens en costume de ville. Ils s'affairent à remettre en place les chaises renversées sur la longue table rectangulaire occupant l'espace central, ainsi qu'on peut le faire lorsque l'on revient dans une maison après absence. Il y a là Kostia (Constantin Stanislavski, directeur et acteur du Théâtre de Moscou), Vania, Richard (ancien acteur du même théâtre, exilé lui aux États-Unis), Olga (veuve d'Anton Tchekhov), Vassia et Nina (couple en proie aux tourments de la jalousie amoureuse), Lev et Varia, Masha et Lida, et Petia (jeune acteur soupçonné d'accointances avec les dirigeants de l'Union Soviétique).

Yves Kafka
29/12/2023
Spectacle à la Une

"L'Effet Papillon" Se laisser emporter au fil d'un simple vol de papillon pour une fascinante expérience

Vous pensez que vos choix sont libres ? Que vos pensées sont bien gardées dans votre esprit ? Que vous êtes éventuellement imprévisibles ? Et si ce n'était pas le cas ? Et si tout partait de vous… Ouvrez bien grands les yeux et vivez pleinement l'expérience de l'Effet Papillon !

© Pics.
Vous avez certainement entendu parler de "l'effet papillon", expression inventée par le mathématicien-météorologue Edward Lorenz, inventeur de la théorie du chaos, à partir d'un phénomène découvert en 1961. Ce phénomène insinue qu'il suffit de modifier de façon infime un paramètre dans un modèle météo pour que celui-ci s'amplifie progressivement et provoque, à long terme, des changements colossaux.

Par extension, l'expression sous-entend que les moindres petits événements peuvent déterminer des phénomènes qui paraissent imprévisibles et incontrôlables ou qu'une infime modification des conditions initiales peut engendrer rapidement des effets importants. Ainsi, les battements d'ailes d'un papillon au Brésil peuvent engendrer une tornade au Mexique ou au Texas !

C'est à partir de cette théorie que le mentaliste Taha Mansour nous invite à nouveau, en cette rentrée, à effectuer un voyage hors du commun. Son spectacle a reçu un succès notoire au Sham's Théâtre lors du Festival d'Avignon cet été dernier.

Impossible que quiconque sorte "indemne" de cette phénoménale prestation, ni que nos certitudes sur "le monde comme il va", et surtout sur nous-mêmes, ne soient bousculées, chamboulées, contrariées.

"Le mystérieux est le plus beau sentiment que l'on peut ressentir", Albert Einstein. Et si le plus beau spectacle de mentalisme du moment, en cette rentrée parisienne, c'était celui-là ? Car Tahar Mansour y est fascinant à plusieurs niveaux, lui qui voulait devenir ingénieur, pour qui "Centrale" n'a aucun secret, mais qui, pourtant, a toujours eu une âme d'artiste bien ancrée au fond de lui. Le secret de ce spectacle exceptionnel et époustouflant serait-il là, niché au cœur du rationnel et de la poésie ?

Brigitte Corrigou
08/09/2023
Spectacle à la Une

"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal

Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.

© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu "Juste parmi les nations". D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.

Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, "Les Mains du miracle", et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.

Bruno Fougniès
15/10/2023