La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Humour

Quand la Madeleine Proust met le cap sur l'Archipel

Lola Sémonin, nommée trois fois aux Molières revient à Paris, avec le dernier volet en date des aventures de la Madeleine Proust. Le temps d'un face à face décapant entre un djeun's du 9-3 et une mamie du 2-5, Lola, la flamboyante n'a de cesse de nous surprendre. Son monologue est jubilatoire, coloré et porteur d'un message de tolérance et d'impertinence.



© Cyrus Cornut.
© Cyrus Cornut.
Trente ans après ses début sur les scènes parisiennes, la Madeleine Proust quitte le Doubs, pour se rapprocher du dur, le 9-3. La Madeleine Proust n'a pas changé, entre humour caustique et bienveillance humaniste. Et on retrouve, avec un grand plaisir, la douce et désopilante mamie à Paris, après trois ans de tournée, avec son dernier spectacle "Haut-débit". Pour les ultimes représentations de ce dernier volet des aventures de la Madeleine, Lola Sémonin raconte l'improbable rencontre d'un jeune des cités et d'une grand mère de Franche-Comté. La Madeleine Proust, c'est cette dégaine, un tablier vert à imprimé fleuri et cet accent Franc-Comtois à couper au couteau.

Nous connaissons tous une Madeleine, cette vieille dame qui a son franc-parler, une dame bien de chez nous, peu importe l'endroit d'où on vient. Sur scène, Lola Sémonin la flamboyante a fait le choix de s'effacer devant la Madeleine. Elle s'incarne parfaitement dans ce personnage, lui prête son corps et laisse Madeleine s'exprimer avec ses mots à elle. Le décor est épuré, évolutif et laisse place à l'imagination au fil des tableaux. L'horloge à balancier, "qui dit oui qui dit non", joue son rôle de Madeleine de Proust...

© Cyrus Cornut.
© Cyrus Cornut.
Et puis il y a Kamel, le djeun's au langage truffé d'images chocs et de poésie urbaine, fil rouge de ce spectacle. Ce face à face confronte deux mondes aux antipodes et bouleverse les certitudes et les préjugés, tant sur scène que dans le public. Kamel, jeune déluré, placé en famille d’accueil en Franche-Comté va partager le quotidien de la Madeleine, découvrir sa solitude.

Madeleine avec sa bonté bourrue va s'attacher à ce gamin et lui servir de mamie de substitution. Ensemble, il vont affronter le regard des autres. Pas si facile dans un village où les commérages vont bon train. Ils vivront une échappée belle, loin de la cuisine et du poulailler de Madeleine. Après un premier détour par Marseille, la Madeleine, les pieds dans le terroir, poussera même jusqu'au Bled avec Kamel, de l'autre côté de la méditerranée. Mais, finalement, dans leur bled à eux en Franche-Comté, les chameaux n'ont pas le droit "de cité".

La force de ce spectacle réside cette fois encore dans l'épaisseur et la complexité du personnage de la Madeleine qui accompagne Lola depuis le début de sa carrière. Dans ce monologue à l'humour insolent, propice à la réflexion Lola Sémonin nous donne une leçon de vie et d'espoir. Avec Kamel, elle s'offre un lifting, s'autorise une incursion dans le rap, fait chanter les mots et apprend une nouvelle langue pour mieux apprivoiser le môme, le monde d'aujourd'hui.

"La Madeleine Proust ! Haut-débit"

© Cyrus Cornut.
© Cyrus Cornut.
De et par Lola Sémonin.
Mise en scène : Béatrice Jeanningros, Caroline Loeb et Lola Sémonin.
Lumière : Jean-Yves Desaint-Fuscien.
Musique : Pascal Contet.
Création sonore : Gérard Bole du Chaumont.
Durée : 1 h 15.

Spectacle du 19 avril au 30 juin 2012.
Jeudi au samedi à 19 h.
Prolongations :
Du 6 juillet au 31 août 2012.
Juillet : vendredi et samedi à 20 h 30.
Août : vendredi et samedi - horaires à définir.
Théâtre l'Archipel, Salle Rouge, Paris 10e, 01 48 00 04 05.
>> larchipel.net
>> madeleineproust.com

Laureline Dubuy
Mardi 10 Avril 2012

Nouveau commentaire :

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives








À découvrir

Le festival Nice Classic Live poursuit sa mue

Un nouveau festival à Nice ? Depuis 2018, le Nice Classic Live a repris l'héritage des Concerts du Cloître et le fait fructifier. Pour l'édition 2019, le festival s'étoffe en offrant une belle programmation estivale dans divers lieux patrimoniaux de la ville et en créant une Session d'Automne pour les cent ans des Studios de la Victorine.

Le festival Nice Classic Live poursuit sa mue
Depuis 1958, les Concerts du Cloître embellissaient les étés des adeptes de la perle de la Méditerranée (habitants et touristes). Désormais sous la direction artistique et la présidence de l'enfant du pays, la pianiste Marie-Josèphe Jude, le festival devient un rendez-vous classique majeur des Niçois et plus largement de la Région Provence-Côte d'Azur. Le festival investit ainsi de nouveaux lieux tels que le Musée Matisse ou le Palais Lascaris, un chef-d'œuvre baroque en plus du superbe Cloître du XVIe siècle - jouxtant avec son jardin et sa roseraie le Monastère de Cimiez fondé au IXe siècle par des Bénédictins.

Pour cette deuxième édition sous le nouvel intitulé de Nice Classic Live, Marie-Josèphe Jude a imaginé une programmation placée sous le signe de la filiation entre les compositeurs, les artistes invités (la crème des interprètes français) ; réunissant également une famille d'artistes dans le cadre de l'Académie internationale d'Été qui donne sa chance aux jeunes talents depuis soixante ans. Petite sélection des concerts à ne pas rater si vous avez la chance de passer quelques jours le long de la Baie des Anges.

Christine Ducq
28/06/2019
Spectacle à la Une

39e édition du Festival de la Vézère

Du 9 juillet au 22 août 2019, la 39e édition du Festival de la Vézère propose une vingtaine de concerts très variés et deux beaux opéras de chambre avec la compagnie Diva Opera dans quatorze lieux du riche patrimoine de Corrèze.

39e édition du Festival de la Vézère
Créé en 1981, le Festival de la Vézère a toujours eu à cœur de proposer une série de rendez-vous musicaux d'une très grande qualité en Corrèze. Deux orchestres, une compagnie d'opéra, des chanteurs et des instrumentistes d'envergure internationale mais aussi de jeunes talents (que le festival a toujours su repérer avant l'envol de leur carrière) se succèderont jusqu'à la fin de l‘été. À suivre, quelques rendez-vous choisis dans une programmation qui cultive l'éclectisme.

Des deux orchestres invités, l'Orchestre d'Auvergne toujours fidèle au festival vient d'obtenir le label "Orchestre national" cette année. Il sera dirigé par son chef depuis 2012, Roberto Forès Veses. Dans le Domaine de Sédières, on l'entendra dans un beau programme d'airs de Mozart à Broschi accompagner la soprano russe qui monte, Julia Lezhneva (14 août). Le second est l'Orchestre de Chambre Nouvelle-Aquitaine dirigé par Jean-François Heisser qui donnera à entendre une de ses commandes (entre autres pépites telle la 41e symphonie "Jupiter" de Mozart) pour sa première venue en Corrèze, "Le Rêve de Maya" de Samuel Strouk - un double concerto pour accordéon et violoncelle, que joueront ses créateurs Vincent Peirani et François Salque (16 juillet).


Christine Ducq
26/06/2019
Sortie à la Une

•Off 2019• Le marathon "hors pair" de William Mesguich… Entretien à paroles déliées

William Mesguich, monstre de travail scénique et maître ès arts dramatiques, doté d'une soif inextinguible pour tout ce qui le fait vibrer, s'apprête à affronter un Festival d'Avignon tout particulièrement chaud cet été… Et ce n'est pas là que question de canicule ! Qu'on en juge par le programme pantagruélique qu'il a dévoilé en "avant-première" à La Revue du Spectacle.

•Off 2019• Le marathon
Yves Kafka - William Mesguich, votre appétit pour le théâtre n'est plus à prouver, mais pour cette édition d'Avignon 2019, on pourrait parler de boulimie… On vous verra quatre fois en tant que comédien et pas moins de cinq en tant que metteur en scène. Alors, comme le personnage de "Liberté !" que vous mettez en jeu, êtes-vous atteint "d'une curieuse maladie, celle de ne pas arriver à faire des choix" ? Brûler les planches serait-ce votre manière à vous de soigner cette addiction dont vous avez hérité ?

William Mesguich - Les chiens ne font pas des chats… L'exemple donné par mon père m'a "imprégné" durablement. Sa faconde, son enthousiasme, sa générosité… J'aime infiniment le théâtre. Il ne s'agit pas de courir après l'exploit, d'établir des records, mais de faire vivre cet amour du théâtre. Je suis profondément heureux sur les planches…

J'aime la vie, ma famille, mes amis… mais il est vrai que je suis tout particulièrement heureux sur la scène, quand je dis des textes et ai le bonheur de les partager. C'est là ma raison de vivre. Depuis 23 ans, c'est le désir de la quête qui me porte. Après quoi je cours ? Une recherche de reconnaissance ? Ou peut-être, simplement, ma manière à moi d'exister…

Yves Kafka
25/06/2019