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La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Théâtre

"Bananas (and kings)" Histoire d'une entreprise capable de mettre à genoux un pays, voire un continent - 15/09/2020

"Bananas (and kings)" raconte, avec verve et force, plus d'un siècle de l'expansion de la plus grande entreprise bananière mondiale. De 1899 à nos jours, cette société née un peu par aventure a réussi à infester la quasi-totalité des gouvernements d'Amérique centrale, devenant par sa puissance économique et son influence un pouvoir occulte capable de soudoyer n'importe quel dirigeant de ces...  

"La petite fille de monsieur Linh" Tenter de donner une raison à la vie… à l'exil - 09/09/2020

Après déjà plusieurs années d'exploitation et de succès, Sylvie Dorliat reprend le très touchant conte de Philippe Claudel, "La petite fille de monsieur Linh", qu'elle a adapté pour la scène et qu'elle interprète. Une bonne occasion de découvrir ou de revoir ce spectacle lumineux et délicat parlant avec humanité tant de l'exil, de la mort, de la folie que de l'amitié et de l'espoir d'une nouvelle...  

Plan de relance : un effort de 2 milliards d'euros pour la culture… Une affaire à suivre de près ! - 04/09/2020

Nous vous présentons dans son intégralité le dernier communiqué émanant du ministère de la Culture concernant le plan de relance dédié à la culture. Aujourd'hui, nous n'avons pas encore connaissance des modalités concrètes de son application. Même si nous restons dubitatifs quant à son efficacité, notamment pour ce qui est de l'aide à la survie des petites compagnies et des intermittents...  

y'a Pas la mer… Mais ça empêche pas de prendre un bain de culture ! - 12/08/2020

Situé au sud de la région Bourgogne Franche-Comté, le festival "y'a Pas la mer" se déroulera du 19 au 23 août 2020. Cette troisième édition, afin de garantir à la fois la sécurité des spectateurs, celle des bénévoles et de l'équipe organisatrice, sera itinérante sur quatre communes de Saône-et-Loire et de la Nièvre. Souhaitant promouvoir un théâtre exigeant en milieu rural, le collectif y'a Pas...  

"c-Ω-n-t-a-c-t", une expérience théâtrale distanciée - 04/06/2020

Arriver à se réinventer et faire de nouvelles propositions pour adapter le spectacle aux contraintes toujours présentes, même depuis le "déconfinement", est le pari relevé par la Cie Musidrama avec "c-Ω-n-t-a-c-t", une création poétique, joyeuse et libératrice pour permettre au public de renouer avec le théâtre en attendant la réouverture des lieux de culture. Une aventure théâtrale originale -...  

Les Molières déconfinés et maintenus… Voici les nominations 2020 - 18/05/2020

Surprise ! Les Molières sont de retour ! Premier effet notable du déconfinement dans le monde du spectacle… sujet encore à de nombreuses incertitudes, notamment concernant le devenir économique des salles de spectacle, des moyens et petits théâtres, des compagnies et des intermittents… But the show must go on ! C'est le 23 juin que se déroulera la cérémonie des Molières qui sera diffusée en prime...  

Molières déconfinés 2020… Les résultats ! - 24/06/2020

Surprise ! Les Molières sont là ! Et cela dans un contexte que l'on peut qualifier de marasme économique en cours et à venir dans le secteur du spectacle vivant et de la culture en général… Et surtout la mise en péril de nombreuses professions artistiques, d'intermittents dont chaque journée est une lutte pour obtenir ses heures… Néanmoins la vie culturelle devra petit à petit reprendre vie. Déjà...  

"Joie" éternelle… Hymne à la vie, avec fleurs et couronnes - 29/03/2020

Cela peut être très drôle la mort quand on y pense… Enfin quand on n'y pense pas et que l'on se laisse porter par les souvenirs de sa vie derrière soi. Ceux par exemple, incongrus, qui déferlent lors d'un enterrement. Là où on attendrait précisément plus de retenue compassée vu les circonstances peu amènes. Ainsi va la vie à la mort, amen… Se moquant du savoir-vivre compassionnel, la grande...  

"L'Éveil du printemps" Sans fard pour mieux voir la pulsation des veines sous la peau - 20/03/2020

À nu. À cru comme on dit en cuisine lorsqu'on défait une orange de sa peau au fil d'un couteau. À cru comme en équitation où le corps de l'animal et du cavalier sont chair contre chair. "L'Éveil du printemps", mis en scène par Armel Roussel, écarte tout ce qui pourrait s'interposer entre la réalité de ce que raconte le texte de Wedekind et nous, mais également entre ce qui se dit dans la pièce et...  

-"Antigone" ou la tragédie du pouvoir en marche - 17/03/2020

Si, pour des générations, "Antigone" se résumait à celle d'Anouilh qui en a fait un drame personnel, celui d'une héroïne féminine résistant jusqu'à mort s'ensuive afin de donner sépulture au "mauvais frère", Lucie Berelowitsch - de famille russe - retourne non sans bonheur aux sources. Ce faisant, convoquant avec hardiesse Sophocle et Brecht, elle fait voler en éclats le mythe construit de toutes...  
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À découvrir

"Ma B.O. en couleurs" Silvano Jo… J'ai la mémoire qui chante…

"Et si pour toi, là bas c'est l'paradis Dis-toi qu'dans leur p'tite tête l'paradis C'est ici hum! C'est ici" Jean-Louis Aubert.
Le paradis c'est, un dimanche, rejoindre quelques amis.

© Laurence Guenoun.
Le paradis, c'est passer quelques instants, masqués, oui ! (Monsieur le président !) À échanger des mots avec quelques invités triés sur le volet. Non pas par prétention, mais par précaution puisque le virus circule et qu'il est, paraît-il, plus virulent, en petit comité.
Le paradis c'est, un dimanche pluvieux, se retrouver pour soutenir un artiste talentueux qui, l'espace d'un instant, transforme son loft en café-théâtre pour partager un spectacle bien vivant.

L'artiste s'appelle Sylvain mais son nom de scène est "Silvano". Et il nous offre, sur une heure, un show truffé de bons mots, de chansons d'aujourd'hui et d'avant, puis de costumes délirants.

Quel plaisir d'assister, presque clandestinement, au bonheur d'un comédien désireux de jouer, de se montrer, et de partager ; le tout accompagné par un musicien charmant et classieux.

Le paradis, pour lui, pour les deux, serait de se retrouver dans un théâtre. Vous savez, le théâtre, ce lieu où des individus de tous les horizons, le soir ou la matinée venus, se rejoignent pour entendre, écouter, savourer des textes d'auteurs, morts ou vivants ? Ces lieux dont on ne sait peu de choses en ce moment, excepté les grands… et encore… on se demande parfois qui ils intéressent vraiment ?

Isabelle Lauriou
05/02/2021
Spectacle à la Une

"Hamlet", encore et toujours dans une "mise en je" de Gérard Watkins

L'ombre fantomatique du vieux Roi légendaire n'est pas prête à laisser en paix les générations qui se suivent, tant les interrogations posées par William Shakespeare sont d'une historicité atemporelle. Désirs de pouvoir et de sexe intimement reliés l'un à l'autre pour les rendre consanguins, trahison et fidélité à un moi idéal déposé en soi par les vœux des pères, guerres des sexes et guerres intestines ou intracommunautaires se recouvrant à l'envi, ce magma incandescent parle en nous comme une matière en fusion à jamais constitutive de l'humain.

© Alexandre Pupkins.
L'auteur et metteur en scène d'"Ysteria", présentée naguère sur ce même plateau du TnBA, s'attaque avec une frénésie palpable à ce monument de littérature. Après avoir minutieusement traduit le texte original pour, tout en en préservant l'authenticité, y injecter dans les plis du discours ses propres motifs, Gérard Watkins propose trois heures et plus d'effervescence permanente. Endossant lui-même le rôle du fratricide et régicide Claudius, il donne le tempo de sa scansion décalée présidant à sa manière si particulière de faire "entendre" le vers shakespearien retraduit.

Collant sinon à la lettre du moins à l'esprit de son illustre prédécesseur, il s'affranchit de la loi des genres pour proposer indistinctement à des femmes les rôles d'hommes et vice-versa. Ainsi le rôle-titre est-il confié non sans un certain bonheur à la tragédienne née qu'est Anne Alvaro, usant avec subtilité des gammes de sa sensibilité à fleur de peau, à la fois hardie et fragile, pour réifier les affres vengeresses du jeune Hamlet. À ceci près cependant que la grande différence d'âge qui la sépare de son personnage peut rendre moins crédible le statut d'Hamlet dont le jeune âge n'est pas étranger à sa problématique au lien paternel et maternel.

Yves Kafka
15/01/2021
Sortie à la Une

J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

Rébecca Dereims, Comédienne
19/02/2021