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La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Avignon 2019

•Off 2019• Ils n'avaient pas prévu qu'on allait gagner Les oubliés donnent de la voix - 21/07/2019

Lorsque la révolte enkystée, faisant corps avec les jeunes en errance, trouve enfin une voix chorale pour pouvoir se dire, elle fait trembler les murs du foyer d'accueil d'urgence où se retrouvent tous les oubliés, placés là d'office par mesures de protection de l'enfance en danger. Éducateurs, psychologue, comédienne animatrice de l'atelier théâtral, devront faire front à leurs assauts répétés,...  

•Off 2019• Les Emigrés Voyage au bout de soi - 21/07/2019

Deux matelas installés bout à bout sur des palettes de bois, une corde à linge surplombant une table à repasser boiteuse, un réservoir d'eau alimenté de manière intermittente, meublent la cave de ces deux exilés contraints de cohabiter là, dans cet espace sans fenêtre sur cour. Alors que cette nuit de réveillon, les voisins du dessus feront péter les bouchons de champagne, entre ce duo de...  

•In 2019• Macbeth Philosophe L'illusion tragique portée à son incandescence - 20/07/2019

"Est-ce que c'est moi qui fais mon destin ? Est-ce mon destin qui me fait ?" s'interroge Macbeth, le héros fou, poète maudit de William Shakespeare, en proie à la réalisation des prophéties des trois sorcières. La question en soi touche à l'essence même de la condition humaine, mais lorsqu'elle emprunte, pour se faire entendre, les voix à l'unisson des huit acteurs de l'atelier théâtre du Centre...  

•In 2019• La Brèche Histoire de jeunes gens (presque) ordinaires… reconstitution d'une scène de crime - 19/07/2019

Sur un plateau nu où seules les nappes de lumières et de sons créent la scénographie, se déplie sur quatorze années (1977 et 1991) l'histoire de quatre jeunes gens réunis dans la cave d'une maison de banlieue, lieu des rendez-vous où tout s'est noué et dénoué. Construit comme un thriller où le temps repasse en boucle "la scène" traumatique dans une répétition du même chaque fois décalé, l'effet...  

•Off 2019• Lampedusa Beach Migration en eaux profondes - 18/07/2019

Émergeant des nappes d'obscurité qui l'absorbaient, la comédienne réfugiée troue le noir des flots qui déjà la recouvrent. Le corps en partie figé, elle va, le temps de sa coulée à la verticale vers les fonds marins, "revivre" le naufrage de cette embarcation de fortune (ironie d'un mot à double sens) où elle, et sept cents "afffricains" s'étaient entassés pour tenter d'atteindre l'eldorado...  

•Off 2019• Viens on se marre… en découvrant la sensuelle légèreté de l'homo comicus - 17/07/2019

Sodomie, féminisme, homophobie, terrorisme, romantisme, nouvelles tendances alimentaires, Netflix, Dieu avec un s… Autant de sujets existentiels qu'aborde Jeremy Lorca dans son deuxième spectacle "Viens, on se marre", stand-up lucide, personnel, original, bourré d'humour mais sombre aussi parfois… quand il parle de lui, avec plus d'intimité en filigrane. Sortant du classique stand-up, il use...  

•In 2019• L'Orestie Du crime à l'expiation, Jean-Pierre Vincent fait la classe - 17/07/2019

"L'Orestie" d'Eschyle, datée de 458 av. J.C. et composée de trois volets ("Agamemnon", "Les Choéphores", "Les Euménides"), est sans conteste une épopée dramatique traversée de part en part par un souffle irrépressible conduisant des temps archaïques aux temps moins anciens. Du crime des tyrans omnipotents au fondement d'une démocratie conférant aux citoyens pouvoir de jugement, le vent impétueux...  

•Off 2019• L.U.C.A. D'où tu viens ? Qui t'es toi ? Voyage au bout des origines - 17/07/2019

Revêtus d'une salopette bleu marine traçant leur origine prolo, la poitrine fièrement épinglée des différents drapeaux des pays les ayant accueillis, Gregory Carnoli et Hervé Guerrisi, deux italo-belges petits-fils de migrants italiens, se lancent dans une conférence gesticulée effrénée à couper le souffle… et surtout la chique des identitaires. Convoquant les ressources actualisées de la science...  

•Off 2019• Bérénice Paysages Sortie de scène - 16/07/2019

Le comédien encore habité par les vers à la force incantatoire qu'il vient d'entendre ou de dire sur scène - mais quel personnage a-t-il interprété, lui qui va en "parcourir" trois ? - se retrouve dans sa loge. Là, dans cette "arrière-scène", va se (re)jouer une autre représentation, la sienne. Pour se déprendre de la tragédie racinienne et des mots puissants qui la portent, comme d'autres...  

•Off 2019• J'ai rencontré Dieu sur Facebook Vérités virtuelles et fake news réelles - 15/07/2019

Dans le décor minimaliste d'un appartement où vivent une mère aimante, épanouie dans son travail de prof, et sa grande fille affectueuse, adolescente vive et pratiquant le violon, tout semble aller au mieux dans "le meilleur des mondes possibles"… comme aurait pu le dire le Pangloss de Voltaire ironisant sur l'optimisation divine du monde proposée par Leibnitz… Le loup dans la bergerie prendra le...  
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À découvrir

Fred Pallem et Le Sacre du Tympan racontent les Fables de La Fontaine

Excellente idée que celle de Fred Pallem, musicien compositeur aux multiples talents et goûts musicaux, de revisiter avec quelques belles notes revigorantes "Les Fables de La Fontaine", quatorze plus précisément, qui sont racontées par une belle "brochette" d'artistes, des fidèles parmi les fidèles ou des - nouvellement ! - copains et copines.

Concert
En ces temps si particuliers, où nous sommes coincés - petits et grands - dans nos lieux de vie, notre disponibilité pour lire, écouter, songer, affabuler, s'évader sur des histoires anciennes ou nouvelles, est grande. C'est l'occasion aussi de redécouvrir nos classiques, mais en mode inédit, portés par des phrasés mélodiques et des conteurs aux personnalités affirmées et talentueuses.

S'il y a bien un compositeur à qui l'on ne peut pas reprocher de raconter des fables, c'est bien Fred Pallem. En plus de vingt ans de compositions et de concerts, jamais il ne se répète. Depuis son premier album avec sa formation "Le Sacre du Tympan" (en 2002) jusqu'à sa dernière "Odyssée" en 2018, en passant par ses passions cinématographiques - "Soundtrax" (2010), "Soul Cinéma" (2017) -, voire celles aux dessins animés de son enfance - Cartoons (2017) - et à des compositeurs comme François de Roubaix, jamais il n'a cessé d'innover, de créer.

Mais ce que l'on sait moins, c'est que Fred Pallem est également un amoureux des mots. On peut le constater avec les multiples collaborations qu'il a eues avec des chanteurs et chanteuses comme Lavilliers, Barbara Carlotti, MC Solaar, Clarika, etc. Mais aujourd'hui, avec ce nouvel album, les mots prennent le devant. "Tout d'abord, j'avais envie de composer de la musique autour d'une voix parlée ; m'imprégner du rythme des mots et de leurs sons, ressentir le tempo de la diction, puis écrire de la musique à partir de cela. Nous avons donc enregistré les voix en premier et les musiques ensuite."

Gil Chauveau
15/11/2020
Spectacle à la Une

"Rabudôru, poupée d'amour" Une expérience intime de théâtre filmé, diffusée en direct via le web

L'incidence de la mise en sommeil de tous les spectacles, en ce mol novembre 2020, n'est pas la seule raison de cette représentation destinée aux internautes à laquelle nous à conviée la Compagnie La Cité Théâtre. Dès la conception du spectacle, Olivier Lopez, auteur et metteur, envisageait une double vision du spectacle : une en contact direct avec le public de la salle, l'autre en streaming par captation en temps réel.

© Julien Hélie.
"Le "ciné live stream" est un autre regard sur l'histoire de "Rabudôru". Accessible en ligne, cette "dématérialisation" interroge l'expérience théâtrale, la place du(de la) comédien(ne), entre l'image et le plateau. (Olivier Lopez/Dossier de presse).

Le plateau de théâtre devient également plateau de cinéma, avec cadreurs, techniciens et cabine de réalisation intégrée. Le but est de rechercher d'autres rapports à la scène que cet éphémère "ici et maintenant" dont le spectacle vivant a toujours été fier et dépendant. C'est un ici au ailleurs que propose Olivier Lopez mais pas seulement.

Le filmage en direct apporte, dans certaines scènes, une proximité, une intimité avec les personnages sans le filtre de la déclamation théâtrale. Les expressions en plans rapprochés semblent plus fortes. Les cadrages permettent d'oublier un temps le reste du décor plateau et s'immerger plus profondément dans la scène, passer d'un lieu à un autre avec souplesse et précision.

Bruno Fougniès
16/11/2020
Sortie à la Une

"Zaï Zaï Zaï Zaï" Road movie déjanté… Tout ça pour un poireau !

Ne devoir son salut qu'à un légume à bulbe blanc et à longues feuilles vertes, brandi sous le nez d'un vigile expert en roulade arrière dissuasive, marque le point de bascule de ce jeune homme - peu recommandable, il est auteur de BD - venant de commettre l'impensable : ne pas avoir été en mesure de présenter sa carte de fidélité à la caissière ! Telle est l'origine de la folle cavale du "héros" échappé de l'album éponyme de Fabcaro pour être porté sur la scène par Angélique Orvain, réalisant là une prouesse propre à rendre lumineuse toute grisaille.

© Romain Dumazer.
Dans un dispositif immergeant le spectateur au cœur de l'action effrénée - pas moins de quatre podiums disposés en cercle, éclairés tour à tour, incluent le public dans des tableaux vivants -, l'épopée du fuyard décrété ennemi numéro 1 par la vox populi reprenant en chœur les voix des médias et des représentants de l'ordre va être vécue de manière haletante. L'occasion pour l'auteur et la metteure en scène, fins observateurs des travers contemporains, de croquer à pleines dents les errements hilarants des conduites dites "ordinaires".

En effet ces "arrêts sur images", joués superbement par huit acteurs tirant parti avec intelligence des ressorts du théâtre de tréteaux et des ralentis cinématographiques, passent au scanner les dérives de la pensée commune érigée en système de pensée. Aucun milieu n'y échappe. Pas moins les complotistes avachis devant leur téloche, les bobos contents d'eux-mêmes lisant Les Inrocks ou Le Monde Diplomatique, les artistes charitables réalisant un album de soutien à l'auteur de BD à la dérive, les forces de l'ordre au képi bas, et encore moins les journalistes des chaînes d'infos en continu commentant en boucle l'absence d'infos.

Éberlué par tant de perspicacité bienveillante mais non moins mordante, on jubile… Rien ne nous est épargné du grotesque qui sous-tend les comportements de la meute de ces (braves) gens commentant avidement la cavale du dangereux mécréant ayant bravé l'interdit suprême des fidèles du "Temple de la consumation". Et si le trait est grossi à l'envi, il déforme à peine la réalité des travers.

Yves Kafka
29/10/2020