La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Lyrique

"Fantasio" d'Offenbach, fantaisie charmante… et oubliable ? - 22/02/2017

Pour lancer en fanfare la nouvelle saison de l'Opéra Comique, a été choisie une partition rare (partiellement perdue et reconstituée par Jean-Christophe Scheck) du roi de la fête impériale Jacques Offenbach. Une fête devenue gueule de bois en 1872 quand le compositeur retire de la scène son opéra-comique en trois actes, "Fantasio", boudé par le public. Aujourd'hui, avec un livret partiellement...  

Sébastien Guèze, ténor de haut niveau - 20/02/2017

Alors qu'il s'apprête à confirmer la réussite de sa nouvelle prise de rôle avec un Werther charismatique et bouleversant à l'Opéra de Massy, après Metz et avant Reims, le jeune ténor Sébastien Guèze a bien voulu répondre à nos questions. Le ténor ardéchois - comme il aime à le rappeler lui-même - est un chanteur au charisme et au charme vocal évidents, que de nombreuses scènes internationales...  

La Jeanne d'Arc de Honegger et le spectateur au bûcher - 31/01/2017

Jusqu'au 3 février 2017, le public peut découvrir la nouvelle production de "Jeanne d'Arc au bûcher", l'oratorio d'Arthur Honegger, à l'Opéra de Lyon dans la mise en scène radicale de Romeo Castellucci. Une lecture en forme de refus de la dimension spirituelle de l'œuvre que transcendent avec talent chanteurs et orchestre sous la direction de Kazushi Ono. En décembre 1935, Arthur Honegger, membre...  

"Iphigénie en Tauride" à Garnier ou le miroir de nos songes - 09/12/2016

Jusqu'au 25 décembre, l'Opéra national de Paris programme le dernier succès français de Gluck avec la reprise de la belle et foisonnante mise en scène de Krzysztof Warlikowski, le scandale de la saison 2006. Encore six représentations pour aller entendre un superbe duo de chanteurs, Étienne Dupuis et Stanislas de Barbeyrac, ainsi que d'excellents seconds rôles issus de l'Académie. Invité à Paris...  

Rapprocher "Cavalleria Rusticana" et "Sancta Susanna", le défi réussi de Mario Martone à Bastille - 05/12/2016

Rapprocher en une soirée des opéras en un acte tels que ceux de Pietro Mascagni et Paul Hindemith constitue un beau défi qu'a réussi le réalisateur Mario Martone, à l'invitation de l'Opéra national de Paris. Deux œuvres, deux esthétiques, deux univers défendus par un admirable duo de chanteuses, Elina Garanca et Anna Caterina Antonacci. Comment éclairer de façon originale une œuvre populaire...  

"Owen Wingrave" à Bastille, l'adieu aux armes - 22/11/2016

Les artistes en résidence à l'Académie de l'Opéra de Paris ont choisi, pour cinq représentations, un opéra trop rare de Benjamin Britten, le superbe "Owen Wingrave", jusqu'au 28 novembre 2016. Une nouvelle production chambriste et percutante qui exalte le génie du compositeur britannique et, grâce à l'orchestre, ses mystères ambigus. Avant-dernier opéra du plus grand compositeur anglais du XXe...  

"L'Ombre de Venceslao", dans la lumière cruelle et fantasque du duo Matalon/Lavelli - 15/11/2016

Créé en octobre à l'Opéra de Rennes, "L'Ombre de Venceslao", un opéra commandé par le Centre Français de Promotion Lyrique, est une œuvre baroque et grinçante, fidèle à l'esprit de la pièce du dramaturge Copi, sa source. Sur une partition du compositeur Martin Matalon, Jorge Lavelli, librettiste aussi, met habilement en scène les tribulations d'une famille argentine dans les années quarante....  

"Samson et Dalila", un drame charmeur à Bastille - 17/10/2016

Après plus de deux décennies d'absence, le plus célèbre des douze opéras de Camille Saint-Saëns revient sur la scène de l'Opéra national de Paris dans une nouvelle production de Damiano Michieletto. Alors que la mise en scène se signale surtout par sa banalité, les chanteurs - singulièrement la Dalila d'Anita Rachvelishvili - les chœurs et la direction enflammée de Philippe Jordan impressionnent....  

Les ArtScènes, la belle saison des jeunes talents à Nantes - 05/10/2016

Pour cette sixième édition des ArtScènes, son directeur artistique Thierry Pillon a choisi un thème tragiquement d'actualité en donnant à voir et à entendre au public ces "Voies et voix des migrations". Un thème décliné dans douze master-classes et de nombreux concerts donnés dans divers lieux...  

Bernarda Fink chante Mahler et Wolf à Royaumont - 15/09/2016

Le Festival de Royaumont a accueilli pour la première fois la grande Bernarda Fink pour son édition 2016. Dans un récital intitulé "Une vie en lieder", la mezzo argentine accompagnée au piano par son vieux complice Anthony Spiri a chanté magnifiquement des extraits de recueils de Gustav Mahler et de son contemporain et malheureux rival, Hugo Wolf. Alors même qu'elle encadrerait une formation...  
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À découvrir

•Off 2019• Antioche… Contradictions contemporaines… entre confort matérialiste et exaltation romantique

L'histoire se passe au Québec. Dans "Antioche" de Sarah Berthiaume, Antigone est une adolescente un peu foutrac, qui fait un peu n'importe nawak avec son djin troué et sa toga praetexta. Normal, elle voudrait jouer Anouilh et son Antigone, et articuler parfaitement le Français standard plutôt que jouer les fièvres du samedi soir…

•Off 2019• Antioche… Contradictions contemporaines… entre confort matérialiste et exaltation romantique
… Quant à sa copine Jade, elle ne vaut pas mieux qui s'emmure dans les toiles d'Internet, universelle araigne maléfique, pendant que sa mère qui a fui la Syrie fait des listes de mots pour les mémoriser.

Dans cette terre d'exil et d'accueil, dans cette terre d'immigration qui mêle réfugiés du Proche-Orient et descendants des acadiens entourés d'Anglais, cette terre qui veut échapper au globish et se pose la question de sa présence au monde, les deux copines rêvent de fugues, vivent intensément le sentiment de la liberté ou de l'enfermement. C'est que le confort matérialiste ou l'exaltation romantique sont autant de pièges à éviter. Pour elles le retour aux origines est problématique. La pièce noue les contradictions contemporaines.

Le langage est populaire, direct et inventif. Et le spectacle évolue de la comédie populaire et farcesque au drame suspendu au dessus des têtes. Les personnages connaissent des paroxysmes et dans les allers et les retours de leurs rêves, dans leurs errances, leurs désirs de fugues se lit la construction d'une mémoire et d'une identité. Jusqu'à ce que les deux héroïnes, en bordure du danger, croisent le chemin de la fatalité et du destin. Le retour aux origines devient tentation de l'intégrisme, du terrorisme.

Jean Grapin
29/06/2019
Spectacle à la Une

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !

Quand du noir complet, le faisceau de lumière de l'ampoule tombant des cintres coiffe le crâne dégarni et blanchi de Denis Lavant, hiératique derrière un bureau métallique fatigué, les yeux aimantés par un magnétophone à bande posé devant lui et absorbant dans la nuit magnétique toute son énergie, on se dit que la magie du théâtre est un leurre qui nous ravit au double sens…

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !
Plus rien n'existe alors que ce fabuleux homme né pour le théâtre qui s'apprête devant nous à renouer avec l'univers insolite de Samuel Beckett, dont il a interprété sur cette même scène des Halles, "Cap au pire" (2017), mis en jeu par le même Jacques Osinski.

Et le (très) long silence qui s'ensuit instille, dans le droit fil du choc liminaire, une étrangeté en osmose avec l'univers du dramaturge irlandais. Puis, émergeant de sa torpeur contemplative, "il" rapproche à quelques millimètres de son œil, que l'on devine à moitié aveugle, une clé extraite du fouillis de son veston loqueteux. Si le premier tiroir ouvert contenant une bobine ne l'intéresse pas dans l'immédiat, l'autre dans lequel il plonge à nouveau sa tête lui offre… une banane ! Épluchée soigneusement, elle va être tenue en bouche avant d'être mangée. La peau jetée sur le sol, lui vaudra une glissade digne d'un Buster Keaton sorti d'un film muet.

Yves Kafka
07/07/2019
Sortie à la Une

•Off 2019• Le dernier Ogre Conte slamé et "bio-éthique" à dévorer tout cru

D'abord dire le choc artistique lié au mix d'un slam magnétique, d'une voix parlée aux résonances philosophiques, d'une musique live et de live painting se répondant l'une et l'autre, le tout réuni sur le même plateau pour créer l'univers poétique où deux histoires différentes - quoique… - se rencontrent au point de chute. Les contes partagent cela en commun, ils "parlent" au-delà de leur contenu et réservent des surprises "sans fin" qui nous mettent en appétit (d'ogre).

•Off 2019• Le dernier Ogre Conte slamé et
Ensuite, dire que l'on ne doit pas se laisser abuser par le mot conte… Comme beaucoup de contes, il n'est pas destiné aux enfants même s'il peut être vu avec intérêt par eux aussi… ne serait-ce que pour qu'ils expliquent aux adultes que leur faim de bien faire - rêve d'une vie bio et écologique à tous crins - peut s'avérer à la fin, "une vraie tuerie"…

(Il était une fois) un ogre dont i["À [son] retour [sa] douce avait dressé la table/Préparée comme jamais des mets gorgés d'odeur"]i (il parle, l'ogre, en alexandrins slamés) et qui aimait ses sept filles plus que tout au monde, les bisoutant, les cajolant et veillant à ce que rien ne leur manquât de nourriture raffinée et autres conforts domestiques. Un père de famille au-dessus de tout soupçon…

Certes, les mets gorgés d'odeurs mijotés par sa femme ogresse étaient exquis à son goût mais ogre il était, et son penchant "naturel" pour la chair fraîche humaine ne pouvait longtemps rester au garde-manger.

Yves Kafka
27/07/2019