La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Lyrique

Le superbe "Château de Barbe-Bleue" de Bartók à La Monnaie - 18/06/2018

Le Théâtre de la Monnaie programme jusqu'au 24 juin un diptyque de Béla Bartók "Le Château de Barbe-Bleue", son unique opéra suivi d'un ballet "Le Mandarin merveilleux". Dans la belle production de Christophe Coppens, le duo de chanteurs et l'orchestre de La Monnaie se distinguent, transcendés par leur directeur musical Alain Altinoglu. Depuis sa réouverture après travaux, le joli Théâtre de la...  

"La Nonne sanglante", un sombre divertissement à l'Opéra Comique - 12/06/2018

Pour le bicentenaire de la naissance de Charles Gounod, l'Opéra Comique donne pour la première fois, depuis sa création (et sa disparition de la scène) en 1854, "La Nonne sanglante". Dans cette production de David Bobée donnée dans le cadre du Festival Palazetto Bru Zane à Paris, et dont la jeunesse actualise avec bonheur une œuvre quelque peu datée, les chanteurs et le chœur Accentus brillent...  

VOCES8, la musique au chœur ! - 31/05/2018

Le chœur VOCES8, ambassadeur de l'excellence du chant britannique, est à nouveau invité à participer à divers festivals et événements en France. En préambule au Festival de la Vézère, on pourra vérifier cette semaine son engagement pour l'éducation du jeune public puisqu'il accueillera sur scène pour deux concerts trois cents enfants qu'il a formés tout au long de l'année. Qu'est-ce qu'une...  

Un "Cosi fan tutte" irradiant de jeunesse au Saarländisches Staatstheater - 30/05/2018

Le théâtre national sis à Sarrebruck met à l'affiche "Cosi fan tutte", un des trois derniers opéras de Mozart et "Dramma giocoso" au livret écrit par Lorenzo da Ponte. La comédie cruelle, joliment mise en scène par Jean Renshaw, brille grâce à une troupe de jeunes chanteurs de très bonne tenue et à la direction raffinée du chef Stefan Neubert, à la tête du Saarländische Staatsorchester. Créé à...  

Le trivial "Parsifal" de Richard Jones à Bastille - 18/05/2018

Après quelques jours de fermeture pour une mise en sécurité du plateau, l'Opéra Bastille programme pour quatre représentations (au lieu de huit) une nouvelle production de "Parsifal" confiée à Richard Jones et dirigée par Philippe Jordan. Seuls de magnifiques solistes, tels Andreas Schager et Anja Kampe, et l'orchestre sauvent cette triviale vision du chef-d'œuvre de Richard Wagner. C'est...  

"Lohengrin", une superbe Fugue de Mort à la Monnaie - 26/04/2018

Le Théâtre de la Monnaie présente une nouvelle et passionnante production du "Lohengrin" de Richard Wagner jusqu'au 6 mai 2018. Première incursion fortement méditée du metteur en scène Olivier Py dans l'œuvre, elle permet aussi à de talentueux chanteurs d'y faire leurs débuts sous la direction génialement inspirée du chef Alain Altinoglu. Richard Wagner découvre la légende de Lohengrin vers 1840...  

"Benvenuto Cellini" à l'Opéra de Paris, garnement ou génie ? - 26/03/2018

L'Opéra de Paris ajoute un nouvel opus à son cycle "Berlioz" avec "Benvenuto Cellini" en adoptant la production du Terry Gilliam, créée en 2014 à Londres. La vision délirante et bouffonne du réalisateur de "Brazil" éclipse quelque peu les enjeux du premier opéra achevé du compositeur et ne s'accorde guère avec la direction raffinée du chef Philippe Jordan. De retour de Rome en 1832, Hector...  

Les Art'Scènes opus 7, "Les Murs s'envolent" avec Julie Fuchs - 22/03/2018

Pour le deuxième acte de l'édition 2018, du 15 au 29 mars, récitals, master-classes et rencontres avec tous les publics sont encore programmés au festival des Art'Scènes. Une manifestation qui exalte tous les arts de la scène (théâtre, opéra, musique) en créant des liens privilégiés avec le public de Nantes et alentour. Interview de la soprano Julie Fuchs, marraine de cet événement. Après le...  

"Parsifal" ou la généalogie de l'immoral à l'Opéra de Zurich - 07/03/2018

Reprise de l'intéressante et polémique production de Claus Guth à l'Opéra de Zurich avec une nouvelle distribution quasi idéale où brillent les excellents Nina Stemme, Lauri Vasar, Christof Fischesser et Pavel Daniluk. L'histoire de la conception de "Parsifal" est peut-être celle de l'entreprise la plus significative du grand Œuvre wagnérien dans le temps d'une vie. Si Richard Wagner lit dès 1845...  

Le chef Alain Altinoglu à la Monnaie… "Je me suis engagé pour rester longtemps" - 04/03/2018

À la veille de l'annonce mi-mars de la prochaine saison de l'Opéra sis à Bruxelles, rouvert depuis septembre 2017 après d'importants travaux de rénovation, nous avons rencontré son directeur musical depuis 2016. L'excellent chef français a entrepris avec Peter de Caluwe de redonner à la maison lyrique une des premières places en Europe. Avec succès. Christine Ducq - Revenons sur votre nomination...  
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À découvrir

Entendre le théâtre… Un voyage sonore dans le théâtre français au XXe siècle

Le théâtre, au-delà de la scène, du plateau, de l'expression et des mouvements de ses protagonistes, de la représentation imagée, symbolique, imaginée des décors, c'est le texte, les sons, la musique et la voix, les voix… Le théâtre peut donc être écouté… et a été écouté ! Dans l'exercice de son rôle patrimonial, la BnF (associée au CNRS) crée un site et une série de podcasts dédiés à la dimension acoustique de cet art.

Entendre le théâtre… Un voyage sonore dans le théâtre français au XXe siècle
Le théâtre est bien évidemment un art évolutif, en perpétuelle mutation. La manière dont on le perçoit a changé quand lui-même bouleverse en permanence ses manières de représentation, ses codes, ses modes internes d'expression. Mais quel était-il au XXe siècle ? Comment l'a-t-on écouté ? Comment l'entendait-on ? Comment y parlait-on ?

La Bibliothèque nationale de France et le CNRS s'associent donc pour explorer, grâce à des archives exceptionnelles et souvent inédites, la diversité des voix et des sons du théâtre, ainsi que leurs évolutions dans la seconde moitié du XXe siècle. De Jean Vilar à Rosy Varte, en passant par Habib Benglia, Antoine Vitez ou encore Maria Casarès, on y découvre ou redécouvre les voix puissantes, profondes et singulières de celles et ceux qui ont marqué les différentes scènes françaises.

Sous l'influence de la radio, du cinéma, ou encore du cabaret, les scènes françaises se sont mises, dans les années cinquante-soixante, à exposer de nouvelles façons, plus accessibles, de dire les textes dramatiques, tandis qu'étaient explorés de nouveaux territoires de l'oralité. Ce sont ces différents aspects, novateurs à l'époque, que permet de découvrir le site "Entendre le théâtre".

Gil Chauveau
25/02/2020
Spectacle à la Une

"Vies de papier" Un road-movie immobile, une épopée de l'autodérision

Leur tournée passe peut-être pas loin de chez vous. Il faut aller voir Benoît Faivre et Tommy Laszlo et leur manière de rendre palpitant l'examen d'un album-photos anonyme et intrigant trouvé dans une brocante belge…

Dans "Vies de papier", ces documentaristes, ces nouveaux Dupond et Dupont mènent une enquête qui, par étapes, avec ses impasses, ses indices, ses objets déconcertants, toutes ces miettes d'un passé inconnu voit s'ajuster des miettes de mémoire et se constituer en une histoire allemande, une destinée. Celle d'une femme allemande pendant la guerre.

Le scénario développé est improbable et véridique, le récit est haletant. Il a la dimension d'un témoignage de chasseurs de trésors qui tatônnent et se trouvent transformés eux- même par la chasse. Par la résolution de l'énigme, les ressorts secrets de la quête.

Scéniquement, tous les codes convergent vers la réalité avec, en prime dans la présence des comédiens, cette dimension de passion délivrée par des enquêteurs devenus de magnifiques conférenciers. Qui, dans leur manière de faire la liaison entre les images et les objets, cèdent à une touchante tendance à l'auto-célébration. Comme une joie, une satisfaction, une fierté à faire partager.

"Vies de papier" est un road-movie immobile, une épopée avec ce sens de l'autodérision qui fait douter jusqu'au bout et tiens les rennes du rire. Alors cet album-photos ? Cette femme, on y croit ou on n'y croit pas ? C'est la question d'un spectateur comblé.

Jean Grapin
08/01/2020
Sortie à la Une

"Macbeth" Deux clowns donnent un éclat de rire à Shakespeare

C'est un petit bijou que ce spectacle. Le mariage réussi de deux grandes écoles apparemment éloignées : la tragédie élisabéthaine et l'art du clown. Politiques, conflits historiques, guerres et meurtres d'un côté, dérision, naïveté lumineuse, enfance et poésie de l'autre. Les deux mêlés font exploser le drame de Macbeth en feu d'artifice, entre rire et effroi.

"Macbeth", faut-il le rappeler, ce sont les trois célèbres sorcières surgies des brumes de la lande écossaise qui prédisent l'avenir royal au noble Macbeth, l'assassinat d'un roi pendant son sommeil, l'exil de ses fils, le meurtre de Banco, le rival désigné dans les prédictions, des apparitions et, enfin, une guerre sanglante. Aux manettes de cette machine, un couple : Macbeth et sa femme, lady Macbeth. Pas vraiment de quoi rire face à ces passions violentes : cupidité, trahison, remords. Seulement, lorsque les regards de clowns se posent sur la triste saleté de l'existence humaine, la perception des événements les plus noirs se transfigure.

Les deux clowns, Francis (Louis-Jean Corti) et Carpatte (Maria Zachenska), incarnent tous les personnages essentiels de la tragédie. Aucune partie de l'histoire ne manque. Chaque épisode est raconté, joué, et offert avec cette distance capable à la fois de percevoir le grave et d'en retirer dans le même temps le rire grandiose de la truculence. C'est du théâtre de clowns où le mime alterne avec le jeu issu de la comédie et la narration.

Mais comment s'étonner que cette manière de mettre en scène l'écriture de Shakespeare, lui qui n'a jamais cessé d'introduire dans la plupart de ses pièces, un fou, un bouffon, un clown ou un personnage tiré de la simplicité du peuple qui avec ses mots simples, ose dire ce que les autres n'osent pas. En cela, les deux clowns de cette histoire sont des passeurs entre ces héros tragiques et le public.

Bruno Fougniès
11/02/2020