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Lyrique

"Bérénice" à l'Opéra Garnier, un opéra de notre temps ? - 05/10/2018

Création mondiale de "Bérénice" de Michael Jarrell à Garnier, une commande de l'Opéra national de Paris. Surprise : cet ouvrage nous a laissés bien froids malgré l'engagement des chanteurs et l'excellence des musiciens de la maison dirigés par Philippe Jordan. Après la prenante création de "Trompe-la-Mort" de Luca Francesconi la saison dernière, l'Opéra de Paris poursuit son programme de...  

Romeo Castellucci rhabille Mozart à la Monnaie - 24/09/2018

Le Théâtre de la Monnaie a choisi d'ouvrir sa saison avec une nouvelle production de "La Flûte enchantée", un singspiel ici revu et corrigé par Romeo Castellucci. Retour sur une vision roborative qui dérange profondément autant qu'elle interroge le chef-d'œuvre mozartien. Découvrir une nouvelle production du metteur en scène et plasticien Romeo Castellucci, c'est la promesse de jeter un regard...  

"Tristan et Isolde", la nuit transfigurée à Bastille - 17/09/2018

Reprise à l'Opéra national de Paris de la sublime production du "Tristan und Isolde" rêvée par Peter Sellars, avec une superbe distribution masculine que dominent Andreas Schager, René Pape et Matthias Goerne, et un orchestre en fusion sous la baguette inspirée de Philippe Jordan. En ce soir de première, ne se pressent pas seulement les adeptes de "Tristan", en fervents habitués de la secte, mais...  

Une "Carmen" rayonnante de jeunesse au Grand Théâtre de Genève - 13/09/2018

Du 10 au 27 septembre 2018, le Grand Théâtre de Genève offre une nouvelle production du chef-d'œuvre de Bizet. La mezzo Ekaterina Sergeeva et le ténor Sébastien Guèze dans sa prise de rôle de Don José ont brillé par la jeunesse et la fougue, bien secondés par une distribution souvent excellente et par l'énergie du chef John Fiore qui a enflammé les pupitres de l'Orchestre de la Suisse Romande....  

"Kassya" de Delibes, un opéra réinventé au Festival Radio France - 26/07/2018

Le Festival Radio France - Occitanie - Montpellier, fidèle à sa vocation défricheuse de raretés, a programmé la recréation de l'ultime opéra inachevé de Léo Delibes, "Kassya". Grâce à une distribution éblouissante et un Orchestre national Montpellier Occitanie transcendé par son génial chef Michael Schonwandt, le public a vécu un moment enchanteur. L'histoire de "Kassya", opéra inachevé par le...  

"Bohème, notre jeunesse" et notre plaisir à l'Opéra Comique - 13/07/2018

L'Opéra Comique programme jusqu'au 17 juillet 2018 une version en français du chef-d'œuvre de Puccini, "La Bohème", avant une tournée en régions. Réorchestrée avec talent pour treize musiciens et huit chanteurs, cette version intimiste ravit cœurs et esprits grâce à une mise en scène poétique, à une troupe de chanteurs formidables et aux musiciens des Frivolités Parisiennes. Comment intéresser...  

La "Didon" de Purcell, royale migrante au Festival d'Aix - 11/07/2018

Nouvelle production au Festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence de l'opéra de Henry Purcell, "Didon et Enée". Enrichie d'un Prologue commandé à l'écrivaine Maylis de Kerangal replaçant la tragédie de la Reine de Carthage au plus près de l'effroyable actualité et son cortège d'exilés, la production de Vincent Huguet atteint avec une belle sobriété à l'universel. Les circonstances de la composition...  

"La Flûte enchantée" au Festival d'Aix, tout pour la musique ! - 09/07/2018

Magnifique reprise de la production de Simon McBurney de l'ultime chef-d'œuvre opératique de Mozart au Grand Théâtre de Provence. Avec une superbe distribution vocale et l'entrée hautement réussie du chœur et de l'orchestre de l'Ensemble Pygmalion dans l'univers flamboyant de cette "Flûte enchantée", le public a succombé à l'ivresse des grandes soirées aixoises. On se souvient de la genèse d'un...  

"L'Ange de feu" grunge et cinétique de Mariusz Trelinski au Festival d'Aix-en-Provence - 07/07/2018

Le plus dérangeant des opéras de Sergueï Prokofiev est programmé cette année sur la scène du Grand Théâtre de Provence. Cet "Ange de feu" violent, troublant et rare, est porté avec force par la superbe vision du metteur en scène Mariusz Trelinski. La soprano Ausrine Stundyté s'y distingue dans le rôle écrasant de Renata. Quel objet opératique curieux que cet "Ange de feu" ! Prokofiev le compose...  

Au Festival d'Aix, une "Ariane à Naxos" sublimée par les voix - 06/07/2018

Richard Strauss est à l'honneur sur le plateau du Théâtre de l'Archevêché pour la dernière saison du directeur du Festival d'Aix-en-Provence, Bernard Foccroulle. Si cette nouvelle production de "Ariadne auf Naxos" ne convainc pas dans la relecture qu'en fait Katie Mitchell, elle est cependant magnifiée par une distribution vocale de très grande classe qui étincelle, stupéfait et ravit. Curieux...  
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À découvrir

Les modèles des artistes sont-elles vraiment des modèles de vie ? À en croire ces "Muses", non, et tant mieux !

La racine étymologique de musée est "temple des Muses", du nom de ces neuf déesses qui président aux arts. Ici, elles ne sont que quatre (mais neuf en alternance, tiens ? Hasard…) et l'histoire qu'elles incarnent se déroule effectivement dans un musée après la fermeture, dans la torpeur de la nuit. Dans ce spectacle très vivant, incarner est le verbe idéal pour définir ces créations de personnages, puisque ceux-ci ne sont faits, au tout début, que des figures faites de pigments, de colle, de toiles et de cire.

© Xavier Cantat.
Des figures suspendues dans leurs cadres et posées sur un socle qui sont des chefs-d'œuvre : la "Joconde" de Léonard de Vinci, la "Naissance de Vénus" de Botticelli, la "Petite danseuse" de Degas et le "Diptyque Marilyn" d'Andy Warhol… Magie du théâtre, lorsque le dernier visiteur sort, suivi par le dernier gardien, ces muses renaissent, reprennent vie, voix et chair. Alors commence une longue nuit qui va révéler les caractères surprenants, parfois volcaniques et débordants de ces personnages si sages le jour.

Besoin de se dérouiller un peu les jambes, de se plaindre de la cohue qu'elles subissent tous les jours, de se rappeler des souvenirs "d'enfance" ou de se réchauffer les nerfs aux rivalités les plus classiques, rivalités de notoriété, de séduction ou d'âge, car ces quatre figures font bien partie des représentations de l'idéal féminin en compétition, telle sera la course qu'elles mènent avec fougue et sensualité.

L'idée de départ aurait pu devenir banale et vaine sans l'inventivité que les autrices, les interprètes et le metteur en scène ont déployé. Le texte de Claire Couture et Mathilde Le Quellec ancre résolument son ton dans la fantaisie, le jeu de répliques et l'humour. Les deux autrices ont laissé libre cours à leur imaginaire en gardant un point de vue moderne. Elles dessinent des tempéraments rugueux, explosifs et inattendus, qui tranchent avec les idées convenues que l'on forme face à ces représentations idéalisées de la femme : ce que cache le visage, l'apparence, l'esthétique.

Bruno Fougniès
18/10/2022
Spectacle à la Une

"Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?

Garcin, Inès et Estelle, un homme et deux femmes, se retrouvent enfermé(es) dans un salon où la lumière ne s'éteint pas et duquel il est impossible de sortir. Ils comprennent qu'ils se trouvent en Enfer et se racontent leurs histoires. Ainsi se noueront entre eux des relations complexes qui ne se révèleront pas toujours réciproques.

© Anthony Dausseur.
Est-ce bien raisonnable de retourner assister à une énième représentation de "Huis clos", ce texte incontournable du théâtre français écrit, fin 1943 - début 1944, par le célèbre philosophe Jean-Paul Sartre ? Une de ses plus belles œuvres et aussi une des plus jouées.
Quand on aime, on ne compte pas, semble-t-il.

Au Laurette Théâtre, une petite salle intimiste de quartier, se joue une nouvelle version de cette célèbre pièce, interprétée par deux comédiennes et un comédien attachant(es) et investi(es) : Sebastian Barrio, Karine Battaglia et Laurence Meini.

La proximité du public avec la scène et, de ce fait, le contact très proche avec les personnages renforcent très largement la thématique de la pièce. Rares ont été les fois où cette sensation d'enfermement a pu nous envahir autant, indépendamment des relations tendues qui se tissent progressivement entre les personnages et qui de ce fait sont décuplées.

Brigitte Corrigou
24/10/2022
Spectacle à la Une

"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal

Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.

© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu "Juste parmi les nations". D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.

Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, "Les Mains du miracle", et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.

Bruno Fougniès
20/09/2022