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La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Lyrique

"L'Ange de feu" grunge et cinétique de Mariusz Trelinski au Festival d'Aix-en-Provence - 07/07/2018

Le plus dérangeant des opéras de Sergueï Prokofiev est programmé cette année sur la scène du Grand Théâtre de Provence. Cet "Ange de feu" violent, troublant et rare, est porté avec force par la superbe vision du metteur en scène Mariusz Trelinski. La soprano Ausrine Stundyté s'y distingue dans le rôle écrasant de Renata. Quel objet opératique curieux que cet "Ange de feu" ! Prokofiev le compose...  

Au Festival d'Aix, une "Ariane à Naxos" sublimée par les voix - 06/07/2018

Richard Strauss est à l'honneur sur le plateau du Théâtre de l'Archevêché pour la dernière saison du directeur du Festival d'Aix-en-Provence, Bernard Foccroulle. Si cette nouvelle production de "Ariadne auf Naxos" ne convainc pas dans la relecture qu'en fait Katie Mitchell, elle est cependant magnifiée par une distribution vocale de très grande classe qui étincelle, stupéfait et ravit. Curieux...  

Un splendide "Boris Godounov" retrouvé - 26/06/2018

Jusqu'au 12 juillet 2018, l'Opéra de Paris met à l'affiche la très rare première version de l'opéra de Modeste P. Moussorgski sur la figure du tsar de la fin du seizième siècle. Dans la vision intimiste et stylisée de Ivo van Hove, le drame s'affirme dans sa densité shakespearienne ; celle d'une méditation sur le pouvoir que transcendent une superbe distribution vocale et un orchestre à l'âpreté...  

Le superbe "Château de Barbe-Bleue" de Bartók à La Monnaie - 18/06/2018

Le Théâtre de la Monnaie programme jusqu'au 24 juin un diptyque de Béla Bartók "Le Château de Barbe-Bleue", son unique opéra suivi d'un ballet "Le Mandarin merveilleux". Dans la belle production de Christophe Coppens, le duo de chanteurs et l'orchestre de La Monnaie se distinguent, transcendés par leur directeur musical Alain Altinoglu. Depuis sa réouverture après travaux, le joli Théâtre de la...  

"La Nonne sanglante", un sombre divertissement à l'Opéra Comique - 12/06/2018

Pour le bicentenaire de la naissance de Charles Gounod, l'Opéra Comique donne pour la première fois, depuis sa création (et sa disparition de la scène) en 1854, "La Nonne sanglante". Dans cette production de David Bobée donnée dans le cadre du Festival Palazetto Bru Zane à Paris, et dont la jeunesse actualise avec bonheur une œuvre quelque peu datée, les chanteurs et le chœur Accentus brillent...  

VOCES8, la musique au chœur ! - 31/05/2018

Le chœur VOCES8, ambassadeur de l'excellence du chant britannique, est à nouveau invité à participer à divers festivals et événements en France. En préambule au Festival de la Vézère, on pourra vérifier cette semaine son engagement pour l'éducation du jeune public puisqu'il accueillera sur scène pour deux concerts trois cents enfants qu'il a formés tout au long de l'année. Qu'est-ce qu'une...  

Un "Cosi fan tutte" irradiant de jeunesse au Saarländisches Staatstheater - 30/05/2018

Le théâtre national sis à Sarrebruck met à l'affiche "Cosi fan tutte", un des trois derniers opéras de Mozart et "Dramma giocoso" au livret écrit par Lorenzo da Ponte. La comédie cruelle, joliment mise en scène par Jean Renshaw, brille grâce à une troupe de jeunes chanteurs de très bonne tenue et à la direction raffinée du chef Stefan Neubert, à la tête du Saarländische Staatsorchester. Créé à...  

Le trivial "Parsifal" de Richard Jones à Bastille - 18/05/2018

Après quelques jours de fermeture pour une mise en sécurité du plateau, l'Opéra Bastille programme pour quatre représentations (au lieu de huit) une nouvelle production de "Parsifal" confiée à Richard Jones et dirigée par Philippe Jordan. Seuls de magnifiques solistes, tels Andreas Schager et Anja Kampe, et l'orchestre sauvent cette triviale vision du chef-d'œuvre de Richard Wagner. C'est...  

"Lohengrin", une superbe Fugue de Mort à la Monnaie - 26/04/2018

Le Théâtre de la Monnaie présente une nouvelle et passionnante production du "Lohengrin" de Richard Wagner jusqu'au 6 mai 2018. Première incursion fortement méditée du metteur en scène Olivier Py dans l'œuvre, elle permet aussi à de talentueux chanteurs d'y faire leurs débuts sous la direction génialement inspirée du chef Alain Altinoglu. Richard Wagner découvre la légende de Lohengrin vers 1840...  

"Benvenuto Cellini" à l'Opéra de Paris, garnement ou génie ? - 26/03/2018

L'Opéra de Paris ajoute un nouvel opus à son cycle "Berlioz" avec "Benvenuto Cellini" en adoptant la production du Terry Gilliam, créée en 2014 à Londres. La vision délirante et bouffonne du réalisateur de "Brazil" éclipse quelque peu les enjeux du premier opéra achevé du compositeur et ne s'accorde guère avec la direction raffinée du chef Philippe Jordan. De retour de Rome en 1832, Hector...  
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À découvrir

Fred Pallem et Le Sacre du Tympan racontent les Fables de La Fontaine

Excellente idée que celle de Fred Pallem, musicien compositeur aux multiples talents et goûts musicaux, de revisiter avec quelques belles notes revigorantes "Les Fables de La Fontaine", quatorze plus précisément, qui sont racontées par une belle "brochette" d'artistes, des fidèles parmi les fidèles ou des - nouvellement ! - copains et copines.

Concert
En ces temps si particuliers, où nous sommes coincés - petits et grands - dans nos lieux de vie, notre disponibilité pour lire, écouter, songer, affabuler, s'évader sur des histoires anciennes ou nouvelles, est grande. C'est l'occasion aussi de redécouvrir nos classiques, mais en mode inédit, portés par des phrasés mélodiques et des conteurs aux personnalités affirmées et talentueuses.

S'il y a bien un compositeur à qui l'on ne peut pas reprocher de raconter des fables, c'est bien Fred Pallem. En plus de vingt ans de compositions et de concerts, jamais il ne se répète. Depuis son premier album avec sa formation "Le Sacre du Tympan" (en 2002) jusqu'à sa dernière "Odyssée" en 2018, en passant par ses passions cinématographiques - "Soundtrax" (2010), "Soul Cinéma" (2017) -, voire celles aux dessins animés de son enfance - Cartoons (2017) - et à des compositeurs comme François de Roubaix, jamais il n'a cessé d'innover, de créer.

Mais ce que l'on sait moins, c'est que Fred Pallem est également un amoureux des mots. On peut le constater avec les multiples collaborations qu'il a eues avec des chanteurs et chanteuses comme Lavilliers, Barbara Carlotti, MC Solaar, Clarika, etc. Mais aujourd'hui, avec ce nouvel album, les mots prennent le devant. "Tout d'abord, j'avais envie de composer de la musique autour d'une voix parlée ; m'imprégner du rythme des mots et de leurs sons, ressentir le tempo de la diction, puis écrire de la musique à partir de cela. Nous avons donc enregistré les voix en premier et les musiques ensuite."

Gil Chauveau
15/11/2020
Spectacle à la Une

"Rabudôru, poupée d'amour" Une expérience intime de théâtre filmé, diffusée en direct via le web

L'incidence de la mise en sommeil de tous les spectacles, en ce mol novembre 2020, n'est pas la seule raison de cette représentation destinée aux internautes à laquelle nous à conviée la Compagnie La Cité Théâtre. Dès la conception du spectacle, Olivier Lopez, auteur et metteur, envisageait une double vision du spectacle : une en contact direct avec le public de la salle, l'autre en streaming par captation en temps réel.

© Julien Hélie.
"Le "ciné live stream" est un autre regard sur l'histoire de "Rabudôru". Accessible en ligne, cette "dématérialisation" interroge l'expérience théâtrale, la place du(de la) comédien(ne), entre l'image et le plateau. (Olivier Lopez/Dossier de presse).

Le plateau de théâtre devient également plateau de cinéma, avec cadreurs, techniciens et cabine de réalisation intégrée. Le but est de rechercher d'autres rapports à la scène que cet éphémère "ici et maintenant" dont le spectacle vivant a toujours été fier et dépendant. C'est un ici au ailleurs que propose Olivier Lopez mais pas seulement.

Le filmage en direct apporte, dans certaines scènes, une proximité, une intimité avec les personnages sans le filtre de la déclamation théâtrale. Les expressions en plans rapprochés semblent plus fortes. Les cadrages permettent d'oublier un temps le reste du décor plateau et s'immerger plus profondément dans la scène, passer d'un lieu à un autre avec souplesse et précision.

Bruno Fougniès
16/11/2020
Sortie à la Une

"Zaï Zaï Zaï Zaï" Road movie déjanté… Tout ça pour un poireau !

Ne devoir son salut qu'à un légume à bulbe blanc et à longues feuilles vertes, brandi sous le nez d'un vigile expert en roulade arrière dissuasive, marque le point de bascule de ce jeune homme - peu recommandable, il est auteur de BD - venant de commettre l'impensable : ne pas avoir été en mesure de présenter sa carte de fidélité à la caissière ! Telle est l'origine de la folle cavale du "héros" échappé de l'album éponyme de Fabcaro pour être porté sur la scène par Angélique Orvain, réalisant là une prouesse propre à rendre lumineuse toute grisaille.

© Romain Dumazer.
Dans un dispositif immergeant le spectateur au cœur de l'action effrénée - pas moins de quatre podiums disposés en cercle, éclairés tour à tour, incluent le public dans des tableaux vivants -, l'épopée du fuyard décrété ennemi numéro 1 par la vox populi reprenant en chœur les voix des médias et des représentants de l'ordre va être vécue de manière haletante. L'occasion pour l'auteur et la metteure en scène, fins observateurs des travers contemporains, de croquer à pleines dents les errements hilarants des conduites dites "ordinaires".

En effet ces "arrêts sur images", joués superbement par huit acteurs tirant parti avec intelligence des ressorts du théâtre de tréteaux et des ralentis cinématographiques, passent au scanner les dérives de la pensée commune érigée en système de pensée. Aucun milieu n'y échappe. Pas moins les complotistes avachis devant leur téloche, les bobos contents d'eux-mêmes lisant Les Inrocks ou Le Monde Diplomatique, les artistes charitables réalisant un album de soutien à l'auteur de BD à la dérive, les forces de l'ordre au képi bas, et encore moins les journalistes des chaînes d'infos en continu commentant en boucle l'absence d'infos.

Éberlué par tant de perspicacité bienveillante mais non moins mordante, on jubile… Rien ne nous est épargné du grotesque qui sous-tend les comportements de la meute de ces (braves) gens commentant avidement la cavale du dangereux mécréant ayant bravé l'interdit suprême des fidèles du "Temple de la consumation". Et si le trait est grossi à l'envi, il déforme à peine la réalité des travers.

Yves Kafka
29/10/2020