La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Lyrique

"Je tire la sonnette d'alarme !" - 23/06/2020

Le ténor Sébastien Guèze, comme beaucoup d'artistes et d'acteurs du monde culturel, a beaucoup réfléchi pendant le confinement. Inquiet de l'absence de perspectives pour tout un pan de la culture à ce jour, il vient de publier un texte de réflexion sur ce que pourrait être l'opéra de demain. Christine Ducq - Comment s'est passé ce confinement ? Où étiez-vous ? Sébastien Guèze - J'étais chez moi à...  

Irrésistible Manon ! - 09/03/2020

L'Opéra de Paris présente une nouvelle production de la "Manon" de Massenet. Avec une distribution de chanteurs remarquables et dans la mise en scène de Vincent Huguet, cette œuvre un peu datée nous charme malgré une fosse décevante. Des vingt-cinq opéras de Massenet, on ne joue guère plus que "Werther" et "Manon". Avec raison. Si l'opéra romantique trouve un de ses plus beaux crépuscules (un...  

Un "Parsifal" retrouvé au Capitole de Toulouse - 06/02/2020

Pépite au sein d'une saison riche, le "Parsifal" d'Aurélien Bory fera date dans la belle histoire wagnériste du Capitole. Avec une distribution de haut vol qu'ont dominée Matthias Goerne et Nikolaï Schukoff, le chef Frank Beermann a porté l'orchestre maison et les chœurs au sommet de l'élévation spirituelle attendue. Dans son "Richard Wagner à Bayreuth" (1) pourtant si ambivalent vis-à-vis du...  

Les Maîtres Chanteurs du "Prince Igor" à Bastille - 30/11/2019

Entrée fracassante au répertoire de l'Opéra national de Paris du "Prince Igor" d'Alexandre Borodine. La belle partition du plus original des membres du Groupe des Cinq se révèle parfaitement défendue par une distribution de très haute volée sous la direction racée et puissante de Philippe Jordan. Il est des soirs historiques telle cette entrée au répertoire de l'unique opéra d'Alexandre Borodine,...  

"Lear" à l'Opéra Garnier, plus Beckett que Shakespeare ? - 26/11/2019

Reprise à l'Opéra national de Paris de la production de Calixto Bieito du "Lear" d'Aribert Reimann. Avec une distribution quasi inchangée des plus talentueuses dans un spectacle qui évoque plus Beckett que Shakespeare, l'opéra de Reimann créé en 1978 à Munich ne convainc pourtant pas. La pièce de Shakespeare qui fit reculer de nombreux compositeurs (dont Verdi, pourtant grand amateur du...  

Romie Estèves nous enchante au Festival de Laon - 22/11/2019

Avec son complice Jérémy Peret à la guitare, la mezzo Romie Estèves a brillamment clos la 31e édition du Festival de Laon avec son spectacle "Vous qui savez ce qu'est l'amour". Ils ne sont pas si nombreux ces spectacles dont on ressort enchanté(e) avec le sentiment, de surcroît, que l'on vient de dénicher la pépite rare. C'est pourtant l'exact état dans lequel nous sortons de ce théâtre musical...  

Une rentrée qui a de la classe pour les jeunes artistes de l'Académie de l'Opéra de Paris - 27/09/2019

Rentrée des classes pour les 23 jeunes artistes et les 13 artisans d'art de l'Académie. Avec un premier concert très prometteur d'une équipe presque entièrement renouvelée, la saison s'ouvre sous de bons auspices. Transmission, formation et création sont les maîtres mots de la mission que s'est donnée l'Académie de l'Opéra de Paris depuis 2015 - poursuivant celle de l'Atelier Lyrique - en...  

Une superbe "Traviata" de notre temps à l'Opéra Garnier - 17/09/2019

Simon Stone réussit brillamment son entrée sur la scène de l'Opéra de Paris avec une "Traviata" ultra contemporaine. Si le chef-d'œuvre de Verdi n'a rien perdu de son acuité, c'est aussi grâce au couple formé par Pretty Yende et Benjamin Bernheim à la tête d'une très belle distribution. Un an après la parution du roman d'Alexandre Dumas fils (1), Verdi signe en 1853 l'un des opéras les plus...  

"Si Hoffmann était conté" à la Salle Gaveau - 15/09/2019

La Croisade Lyrique, créée en 2018 par Thierry Dran, propose un nouveau spectacle, "Si Hoffmann était conté", à la Salle Gaveau le 10 décembre 2019. Un spectacle en forme d'enquête musicale à voir à partir de dix ans. La Croisade Lyrique entend emmener en tournée et populariser des opéras et opérettes revisités pour raconter le monde d'aujourd'hui de façon comique et poétique et, ce, à...  

Recréer "Carmen", le défi de l'Orchestre National de Lille - 04/07/2019

La première édition des "Nuits d'été de l'Orchestre National de Lille" s'ouvrira en fanfare le 9 juillet avec le chef-d'œuvre de Bizet revu par le chef Alexandre Bloch. Avec une mise en espace due à l'illustrateur Grégoire Pont, un récitant et une équipe de chanteurs très attendue, cette "Carmen" crée l'événement. Grâce au soutien de la Métropole Européenne de Lille et d'un important mécène, la...  
1 2 3 4 5 » ... 23



Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.






À découvrir

Les modèles des artistes sont-elles vraiment des modèles de vie ? À en croire ces "Muses", non, et tant mieux !

La racine étymologique de musée est "temple des Muses", du nom de ces neuf déesses qui président aux arts. Ici, elles ne sont que quatre (mais neuf en alternance, tiens ? Hasard…) et l'histoire qu'elles incarnent se déroule effectivement dans un musée après la fermeture, dans la torpeur de la nuit. Dans ce spectacle très vivant, incarner est le verbe idéal pour définir ces créations de personnages, puisque ceux-ci ne sont faits, au tout début, que des figures faites de pigments, de colle, de toiles et de cire.

© Xavier Cantat.
Des figures suspendues dans leurs cadres et posées sur un socle qui sont des chefs-d'œuvre : la "Joconde" de Léonard de Vinci, la "Naissance de Vénus" de Botticelli, la "Petite danseuse" de Degas et le "Diptyque Marilyn" d'Andy Warhol… Magie du théâtre, lorsque le dernier visiteur sort, suivi par le dernier gardien, ces muses renaissent, reprennent vie, voix et chair. Alors commence une longue nuit qui va révéler les caractères surprenants, parfois volcaniques et débordants de ces personnages si sages le jour.

Besoin de se dérouiller un peu les jambes, de se plaindre de la cohue qu'elles subissent tous les jours, de se rappeler des souvenirs "d'enfance" ou de se réchauffer les nerfs aux rivalités les plus classiques, rivalités de notoriété, de séduction ou d'âge, car ces quatre figures font bien partie des représentations de l'idéal féminin en compétition, telle sera la course qu'elles mènent avec fougue et sensualité.

L'idée de départ aurait pu devenir banale et vaine sans l'inventivité que les autrices, les interprètes et le metteur en scène ont déployé. Le texte de Claire Couture et Mathilde Le Quellec ancre résolument son ton dans la fantaisie, le jeu de répliques et l'humour. Les deux autrices ont laissé libre cours à leur imaginaire en gardant un point de vue moderne. Elles dessinent des tempéraments rugueux, explosifs et inattendus, qui tranchent avec les idées convenues que l'on forme face à ces représentations idéalisées de la femme : ce que cache le visage, l'apparence, l'esthétique.

Bruno Fougniès
18/10/2022
Spectacle à la Une

"Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?

Garcin, Inès et Estelle, un homme et deux femmes, se retrouvent enfermé(es) dans un salon où la lumière ne s'éteint pas et duquel il est impossible de sortir. Ils comprennent qu'ils se trouvent en Enfer et se racontent leurs histoires. Ainsi se noueront entre eux des relations complexes qui ne se révèleront pas toujours réciproques.

© Anthony Dausseur.
Est-ce bien raisonnable de retourner assister à une énième représentation de "Huis clos", ce texte incontournable du théâtre français écrit, fin 1943 - début 1944, par le célèbre philosophe Jean-Paul Sartre ? Une de ses plus belles œuvres et aussi une des plus jouées.
Quand on aime, on ne compte pas, semble-t-il.

Au Laurette Théâtre, une petite salle intimiste de quartier, se joue une nouvelle version de cette célèbre pièce, interprétée par deux comédiennes et un comédien attachant(es) et investi(es) : Sebastian Barrio, Karine Battaglia et Laurence Meini.

La proximité du public avec la scène et, de ce fait, le contact très proche avec les personnages renforcent très largement la thématique de la pièce. Rares ont été les fois où cette sensation d'enfermement a pu nous envahir autant, indépendamment des relations tendues qui se tissent progressivement entre les personnages et qui de ce fait sont décuplées.

Brigitte Corrigou
24/10/2022
Spectacle à la Une

"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal

Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.

© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu "Juste parmi les nations". D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.

Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, "Les Mains du miracle", et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.

Bruno Fougniès
20/09/2022