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Lyrique

"Vivian : Clicks and Pics", un opéra d'aujourd'hui

L'opéra de chambre inspiré de l'œuvre de la photographe Vivian Maier sera créé au Théâtre de Caen le 13 octobre avant une tournée dans toute la France.



Le livret de "Vivian : Clicks and Pics", adapté de "Toute entière" de Guillaume Poix, est sans aucun doute l'argument d'une création des plus originales entre opéra, concert photographique et performance argentique. Une œuvre qui se veut l'évocation poétique, visuelle et musicale d'une femme au parcours hors norme, une artiste découverte seulement après sa mort : la photographe Vivian Maier.

Disparue en 2009 alors que personne ne sait qui elle est, Vivian Maier, née en 1926, a mené de front une carrière de photographe amateur et de gouvernante (ou nourrice suivant les époques) entre New York et Chicago. Elle devient ainsi le témoin humaniste (en les immortalisant) des travailleurs comme des élites bourgeoises et des marginaux dans les rues des métropoles où elle a vécu - ou qu'elle traverse en voyageant parfois (par exemple en Afrique du Nord). Découverte par hasard en 2007 dans une vente aux enchères par un amateur de vieux clichés, John Maloof (qui ne put l'identifier ni la rencontrer avant sa mort survenue deux ans plus tard), la réputation de Vivian Maier n'a cessé de grandir comme son travail d'être montré partout dans le monde.

Nul de son vivant, parmi ses proches ou ses patrons, n'a su qu'elle avait pris plus de cent vingt mille images avec son Rolleiflex, puis son Kodak ou son Leica. L'opéra, une production de la compagnie de Benjamin Dupé, "Comme je l'entends", entend ainsi redonner vie à cette figure unique dans un dispositif sonore et plastique novateur, dans lequel s'enchevêtrent clins d'œil à son oeuvre (souvent développée dans sa salle de bains-chambre noire par manque d'argent), interprétations musicales des images et méditations chantées sur la puissance de l'art photographique.

Cette femme et son regard unique sera rappelée du royaume des ombres par une soprano, Léa Trommenschlager, une photographe, Agnès Mellon, accompagnées au piano par Caroline Cren sur une partition d'électronique musicale de Benjamin Dupé, qui cumule les fonctions de créateur, compositeur et dramaturge pour ce spectacle. L'invention de l'opéra moderne ? À vérifier à Caen en octobre.

Création au Théâtre de Caen.
13, 14 et 15 octobre 2020.
>> theatre.caen.fr

Tournée 2020-2021
24 novembre 2020 : Lux - scène nationale, Valence (26).
Du 1er au 5 décembre 2020 : Théâtre des Bernardines, Marseille.
14 janvier 2021 : Théâtre des Quatre Saisons, Gradignan (33).
1er et 2 avril 2021 : La Passerelle - scène nationale de Gap (05).
11 et 12 mai 2021 : Comédie de Clermont, Clermont-Ferrand (63).

Christine Ducq
Mardi 29 Septembre 2020

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© Alexandre Pupkins.
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Yves Kafka
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J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

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