La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Théâtre

Jongleurs de mots, jongleur de balles, de la diva au gymnaste, il n'y a qu'un bond - 12/08/2011

Magie des mots, magie des images, magie des corps, magie de la visualisation numérique, le "Cabaret Spectral" créé par Pierre Guillois donne une nouvelle dimension stellaire et féérique au Théâtre du Peuple de Bussang. L'utopie artistique voulu par Maurice Pottecher entre dans l'ère numérique du XXIe siècle avec une grâce chorégraphique et verbale intemporelle. De cabaret, il est bien évidemment...  

Allo Shakespeare... ou le bruit d'un secret si bien gardé ! - 05/08/2011

Dans le cadre de Paris quartier d’été, le Théâtre Monfort a présenté "Beaucoup de bruit pour rien" de William Shakespeare, interprété par la Cie 26000 Couverts. Le spectacle sera à nouveau en tournée à partir de septembre. Nous avons essayé de joindre (désespérément) le metteur en scène, Philippe Péhenn, ou n’importe qui de la troupe qui aurait accepté de répondre à nos questions. Voici,...  

Le bail de Corneille - 26/07/2011

Valérie Durin (une découverte) présente, au Festival Off d’Avignon, un spectacle piquant et passionnant : "L'Arrangement". Entièrement contemporain, ce dialogue, qui met en scène deux des plus grands dramaturges de la période classique (Corneille et Molière), n’est pas si farfelu. Il révèle au grand jour ce que de nombreux chercheurs affirment depuis plus d’un siècle : Molière ne serait pas...  

Théâtre du Peuple Maurice Pottecher de Bussang, "Par l'art pour l'humanité" - 23/07/2011

Telle est la devise inscrite de part et d'autre du cadre de scène du théâtre de Maurice Pottecher à Bussang, à laquelle on peut ajouter cette autre, qui sera tout aussi fondatrice de l'utopie humaniste et poétique chère à ce jeune poète vosgien qui, en 1895, créa le Théâtre du Peuple : "Pour le Peuple, par le Peuple". Entre Gérardmer et Belfort, au cœur de ce qui est aujourd'hui le Parc naturel...  

Dangereuse ivresse, mais où est le flacon ? - 21/07/2011

Salle comble au Théâtre de L’Oulle pour "La Pitié dangereuse", d’après le célèbre roman de Stefan Zweig. Un spectacle où le texte et l’interprétation se rencontrent dans les hauteurs mais dont la mise en scène, malheureusement, reste la grande absente. Au départ de ce projet-ci, il y a un coup de cœur de la comédienne Élodie Menant pour le roman de Zweig. La volonté de l’adapter pour le théâtre...  

Avec Dreyfus, j’ouïs Devos - 20/07/2011

Ah ! Mon vieux Raymond, si on m’avait dit qu’un jour quelqu’un te rendrait un si bel hommage… Mais quoi, pourrait-il en être autrement avec ce "vieux cochon" de Dreyfus ? Gros nez rouge, mots en accordéon et tours de magie usurpés… Tu l’ois, toi, le cochon au fond des bois ? Grouik grouik, ce que j’ouïs, c’est le spectateur qui reste coi. Veste en pastilles vichy, cravate en tire bouchon, piano à...  

N°3 : Les bons conseils de Mickaël Duplessis - 15/07/2011

Suite des billets de notre correspondant depuis Avignon. À vous, chers internautes, de commenter ce que vous avez vu parmi la sélection de Mickaël... Vos appréciations seront les bienvenues ! Le festival est déjà bien entamé et le 14 juillet est souvent une étape déterminante dans le succès ou non d’un spectacle : si ce dernier arrive à être plein jusqu’au 14, en général cela continuera jusqu’à...  

Il n’y pas qu’Avignon ! À Paris aussi… "Tout baigne !" - 14/07/2011

Oui, c’est cela, "Tout baigne !". C’est en tout cas le titre d’une comédie en ce moment à l’affiche au Théâtre du Temple. Forte de son succès dans les années 1990, adaptée au cinéma, puis reprise en 2004 dans une mise en scène de Cathy Guillemin, elle revient à l’affiche avec deux nouvelles équipes de comédiens qui jouent en alternance. Sans dire qu’il s’agit d’une pièce absolument...  

Pascal Parsat : pour un théâtre accessible à toutes les singularités - 13/07/2011

Au milieu de l'effervescence avignonnaise, des 1 200 spectacles proposés dans le Off du festival, il faut se pencher pour découvrir la présence de Pascal Parsat, directeur artistique et co-fondateur du Centre Ressource Théâtre Handicap (CRTH). Discret mais opiniâtre, il œuvre pour l'accessibilité des pièces de théâtre à tous les publics. Surtout à l'un des plus marginalisés : les personnes...  

Les Tombées de la Nuit ou l'itinéraire des rêveurs éveillés - 11/07/2011

Brouilleur de frontières, le festival des Tombées de la Nuit nous fait découvrir toutes sortes de créations. À côté de spectacles purement réflexifs gît l'onirique, qui offre un parcours merveilleux. Thomas Chaussebourg et la compagnie Circ'Ombelico y occupent une place de choix. Sur le bitume de la dalle Kennedy, dans une alcôve improvisée du parc du Thabor, bien installé dans une loge de...  
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À découvrir

•Off 2019• Antioche… Contradictions contemporaines… entre confort matérialiste et exaltation romantique

L'histoire se passe au Québec. Dans "Antioche" de Sarah Berthiaume, Antigone est une adolescente un peu foutrac, qui fait un peu n'importe nawak avec son djin troué et sa toga praetexta. Normal, elle voudrait jouer Anouilh et son Antigone, et articuler parfaitement le Français standard plutôt que jouer les fièvres du samedi soir…

•Off 2019• Antioche… Contradictions contemporaines… entre confort matérialiste et exaltation romantique
… Quant à sa copine Jade, elle ne vaut pas mieux qui s'emmure dans les toiles d'Internet, universelle araigne maléfique, pendant que sa mère qui a fui la Syrie fait des listes de mots pour les mémoriser.

Dans cette terre d'exil et d'accueil, dans cette terre d'immigration qui mêle réfugiés du Proche-Orient et descendants des acadiens entourés d'Anglais, cette terre qui veut échapper au globish et se pose la question de sa présence au monde, les deux copines rêvent de fugues, vivent intensément le sentiment de la liberté ou de l'enfermement. C'est que le confort matérialiste ou l'exaltation romantique sont autant de pièges à éviter. Pour elles le retour aux origines est problématique. La pièce noue les contradictions contemporaines.

Le langage est populaire, direct et inventif. Et le spectacle évolue de la comédie populaire et farcesque au drame suspendu au dessus des têtes. Les personnages connaissent des paroxysmes et dans les allers et les retours de leurs rêves, dans leurs errances, leurs désirs de fugues se lit la construction d'une mémoire et d'une identité. Jusqu'à ce que les deux héroïnes, en bordure du danger, croisent le chemin de la fatalité et du destin. Le retour aux origines devient tentation de l'intégrisme, du terrorisme.

Jean Grapin
29/06/2019
Spectacle à la Une

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !

Quand du noir complet, le faisceau de lumière de l'ampoule tombant des cintres coiffe le crâne dégarni et blanchi de Denis Lavant, hiératique derrière un bureau métallique fatigué, les yeux aimantés par un magnétophone à bande posé devant lui et absorbant dans la nuit magnétique toute son énergie, on se dit que la magie du théâtre est un leurre qui nous ravit au double sens…

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !
Plus rien n'existe alors que ce fabuleux homme né pour le théâtre qui s'apprête devant nous à renouer avec l'univers insolite de Samuel Beckett, dont il a interprété sur cette même scène des Halles, "Cap au pire" (2017), mis en jeu par le même Jacques Osinski.

Et le (très) long silence qui s'ensuit instille, dans le droit fil du choc liminaire, une étrangeté en osmose avec l'univers du dramaturge irlandais. Puis, émergeant de sa torpeur contemplative, "il" rapproche à quelques millimètres de son œil, que l'on devine à moitié aveugle, une clé extraite du fouillis de son veston loqueteux. Si le premier tiroir ouvert contenant une bobine ne l'intéresse pas dans l'immédiat, l'autre dans lequel il plonge à nouveau sa tête lui offre… une banane ! Épluchée soigneusement, elle va être tenue en bouche avant d'être mangée. La peau jetée sur le sol, lui vaudra une glissade digne d'un Buster Keaton sorti d'un film muet.

Yves Kafka
07/07/2019
Sortie à la Une

•Off 2019• Le dernier Ogre Conte slamé et "bio-éthique" à dévorer tout cru

D'abord dire le choc artistique lié au mix d'un slam magnétique, d'une voix parlée aux résonances philosophiques, d'une musique live et de live painting se répondant l'une et l'autre, le tout réuni sur le même plateau pour créer l'univers poétique où deux histoires différentes - quoique… - se rencontrent au point de chute. Les contes partagent cela en commun, ils "parlent" au-delà de leur contenu et réservent des surprises "sans fin" qui nous mettent en appétit (d'ogre).

•Off 2019• Le dernier Ogre Conte slamé et
Ensuite, dire que l'on ne doit pas se laisser abuser par le mot conte… Comme beaucoup de contes, il n'est pas destiné aux enfants même s'il peut être vu avec intérêt par eux aussi… ne serait-ce que pour qu'ils expliquent aux adultes que leur faim de bien faire - rêve d'une vie bio et écologique à tous crins - peut s'avérer à la fin, "une vraie tuerie"…

(Il était une fois) un ogre dont i["À [son] retour [sa] douce avait dressé la table/Préparée comme jamais des mets gorgés d'odeur"]i (il parle, l'ogre, en alexandrins slamés) et qui aimait ses sept filles plus que tout au monde, les bisoutant, les cajolant et veillant à ce que rien ne leur manquât de nourriture raffinée et autres conforts domestiques. Un père de famille au-dessus de tout soupçon…

Certes, les mets gorgés d'odeurs mijotés par sa femme ogresse étaient exquis à son goût mais ogre il était, et son penchant "naturel" pour la chair fraîche humaine ne pouvait longtemps rester au garde-manger.

Yves Kafka
27/07/2019