La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Théâtre

Tornade et éructations de "chonchons" au Rond-Point - 14/06/2011

Remue-ménage, cris, règlements de compte... Le Théâtre du Rond-Point est sens dessus dessous avec "Orgueil, poursuite et décapitation" de Marion Aubert. Le spectateur aussi... Disons qu’un tourbillon de bêtises l’abrutit et un vent de mauvais goût ravage la scène ! L'amorce, efficace, promettait pourtant une immersion dans un savoureux univers décalé, tout en fantaisie. Le ressort principal : la...  

Feydeau sème la "tziganie" - 12/06/2011

La Cie Guépard échappée présente, au Festival Premiers Pas, "le Dindon", revisité (par la metteuse en scène Vica Zagreba) sur un air tzigane. Même si la musique donne une allure enjouée et festive à l’ensemble, nous ne sommes pas certains que ce parti pris rythme de façon suffisamment pertinente le texte de Feydeau et comble les nombreux couacs d’un jeu encore un peu fragile. Comme toujours chez...  

Stefan Zweig, ou l’étonnante loquacité d’un pessimiste né - 13/06/2011

Reprise au Petit Hébertot de "la Femme silencieuse", biopic classico-classique d’un écrivain mythique. Ce spectacle (très académique, un peu vieillot et parfois trop pathétique) nous interroge finalement sur l’intérêt artistique du théâtre historique. Cette pièce, écrite par Monique Esther Rotemberg, désire nous plonger dans le Londres des années trente, où le célèbre auteur autrichien (Stefan...  

Monotone dérèglement des sens - 08/06/2011

Avec à l'affiche "Une liaison pornographique" de Philippe Blasband, le Guichet Montparnasse se donne un air aguicheur. Appel au voyeurisme, à la vulgarité : par le seul titre, la part la plus douteuse du spectateur est sollicitée. Mais annonce plus mensongère, il n'y a pas. Qui était venu pour observer dans l'ombre une relation torride, violente et dénuée de sentiments sera bien déçu de ne...  

Une chasse à l’homme saisissante au Théâtre du Nord-Ouest - 04/06/2011

Chaque saison, le Théâtre du Nord-Ouest offre une programmation autour d’un thème précis. Cette fois, il s’intitule : "Camus, Sartre, De Gaulle et la politique". La metteuse en scène, Nicole Gros, y présente une pièce poignante et remarquablement bien jouée : "Scènes de chasse en Bavière" de Martin Sperr. Le sujet a de quoi nous faire réfléchir… Si parfois on a pu s’interroger sur la qualité de...  

Irina Brook et Shakespeare... Comme on aime ! - 03/06/2011

Un joli pari que fait là Irina Brook en créant "En attendant le songe". Adaptation cocasse et drôlissime de "Songe d’une nuit d’été" (de Shakespeare) qui mise avant tout sur le talent de ses comédiens. Cette pièce, qui se veut au plus proche du public, connaît un franc succès depuis 2007. On comprend pourquoi… et c’est largement mérité ! Voilà du théâtre comme on adore ! Trois bouts de ficelle,...  

Les "Amnésiques" au Paradis - 31/05/2011

Un petit bijou drôle et touchant se niche au dernier étage du Lucernaire : "Les Amnésiques n’ont rien vécu d’inoubliable". Ce spectacle nous transporte pour un bref séjour au "Paradis". Attention, le plaisir est court (mais savoureux !)… Il ne dure que cinquante minutes. "À quoi tu penses ?" Dis…"à quoi tu penses ?" Mmm…"à quoi tu penses?" Et là, "à quoi tu penses ?"...  

La SACD au Festival d'Avignon 2011... dans le vif du sujet ! - 30/05/2011

La SACD, grâce à la Copie privée, perçoit une rémunération pour les auteurs. Un quart de cet argent est alloué aux Actions culturelles pour être investi dans la création, la diffusion et la formation. C’est pourquoi, chaque été, la SACD explore, en collaboration avec les plus grands festivals, les formes d’écritures les plus diverses et les plus inventives du spectacle vivant, en créant des...  

"Fin de partie", "l’indévoilable" dévoilé - 28/05/2011

Difficile de parler d’une pièce quand on arrive à un tel niveau de jeu et de scénographie. "Fin de partie" de Samuel Beckett, en ce moment au Théâtre de la Madeleine, est mis en scène par un des plus grands de notre génération : Alain Françon. La distribution est de haute volée, le critique va tenter de faire honneur à ce beau travail. Une chose de sûre, c’est à voir. Absolument ! Comme Godot,...  

Embarquons-nous au Festival Premiers Pas - 20/05/2011

Sous le petit chapiteau du Festival Premiers Pas, ambiance festive et goût d’antan, teintés de notes contemporaines. On se croirait presque revenu chez Mnouchkine il y a quelques décennies, quand la troupe du Soleil avait encore un abri de fortune. L’ordre du jour ? le Collectif du K au rapport avec une jolie création : "La Nef des fous" de Simon Falguières. À vous brigadier, faites résonner...  
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À découvrir

•Off 2019• Antioche… Contradictions contemporaines… entre confort matérialiste et exaltation romantique

L'histoire se passe au Québec. Dans "Antioche" de Sarah Berthiaume, Antigone est une adolescente un peu foutrac, qui fait un peu n'importe nawak avec son djin troué et sa toga praetexta. Normal, elle voudrait jouer Anouilh et son Antigone, et articuler parfaitement le Français standard plutôt que jouer les fièvres du samedi soir…

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… Quant à sa copine Jade, elle ne vaut pas mieux qui s'emmure dans les toiles d'Internet, universelle araigne maléfique, pendant que sa mère qui a fui la Syrie fait des listes de mots pour les mémoriser.

Dans cette terre d'exil et d'accueil, dans cette terre d'immigration qui mêle réfugiés du Proche-Orient et descendants des acadiens entourés d'Anglais, cette terre qui veut échapper au globish et se pose la question de sa présence au monde, les deux copines rêvent de fugues, vivent intensément le sentiment de la liberté ou de l'enfermement. C'est que le confort matérialiste ou l'exaltation romantique sont autant de pièges à éviter. Pour elles le retour aux origines est problématique. La pièce noue les contradictions contemporaines.

Le langage est populaire, direct et inventif. Et le spectacle évolue de la comédie populaire et farcesque au drame suspendu au dessus des têtes. Les personnages connaissent des paroxysmes et dans les allers et les retours de leurs rêves, dans leurs errances, leurs désirs de fugues se lit la construction d'une mémoire et d'une identité. Jusqu'à ce que les deux héroïnes, en bordure du danger, croisent le chemin de la fatalité et du destin. Le retour aux origines devient tentation de l'intégrisme, du terrorisme.

Jean Grapin
29/06/2019
Spectacle à la Une

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !

Quand du noir complet, le faisceau de lumière de l'ampoule tombant des cintres coiffe le crâne dégarni et blanchi de Denis Lavant, hiératique derrière un bureau métallique fatigué, les yeux aimantés par un magnétophone à bande posé devant lui et absorbant dans la nuit magnétique toute son énergie, on se dit que la magie du théâtre est un leurre qui nous ravit au double sens…

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !
Plus rien n'existe alors que ce fabuleux homme né pour le théâtre qui s'apprête devant nous à renouer avec l'univers insolite de Samuel Beckett, dont il a interprété sur cette même scène des Halles, "Cap au pire" (2017), mis en jeu par le même Jacques Osinski.

Et le (très) long silence qui s'ensuit instille, dans le droit fil du choc liminaire, une étrangeté en osmose avec l'univers du dramaturge irlandais. Puis, émergeant de sa torpeur contemplative, "il" rapproche à quelques millimètres de son œil, que l'on devine à moitié aveugle, une clé extraite du fouillis de son veston loqueteux. Si le premier tiroir ouvert contenant une bobine ne l'intéresse pas dans l'immédiat, l'autre dans lequel il plonge à nouveau sa tête lui offre… une banane ! Épluchée soigneusement, elle va être tenue en bouche avant d'être mangée. La peau jetée sur le sol, lui vaudra une glissade digne d'un Buster Keaton sorti d'un film muet.

Yves Kafka
07/07/2019
Sortie à la Une

•Off 2019• Le dernier Ogre Conte slamé et "bio-éthique" à dévorer tout cru

D'abord dire le choc artistique lié au mix d'un slam magnétique, d'une voix parlée aux résonances philosophiques, d'une musique live et de live painting se répondant l'une et l'autre, le tout réuni sur le même plateau pour créer l'univers poétique où deux histoires différentes - quoique… - se rencontrent au point de chute. Les contes partagent cela en commun, ils "parlent" au-delà de leur contenu et réservent des surprises "sans fin" qui nous mettent en appétit (d'ogre).

•Off 2019• Le dernier Ogre Conte slamé et
Ensuite, dire que l'on ne doit pas se laisser abuser par le mot conte… Comme beaucoup de contes, il n'est pas destiné aux enfants même s'il peut être vu avec intérêt par eux aussi… ne serait-ce que pour qu'ils expliquent aux adultes que leur faim de bien faire - rêve d'une vie bio et écologique à tous crins - peut s'avérer à la fin, "une vraie tuerie"…

(Il était une fois) un ogre dont i["À [son] retour [sa] douce avait dressé la table/Préparée comme jamais des mets gorgés d'odeur"]i (il parle, l'ogre, en alexandrins slamés) et qui aimait ses sept filles plus que tout au monde, les bisoutant, les cajolant et veillant à ce que rien ne leur manquât de nourriture raffinée et autres conforts domestiques. Un père de famille au-dessus de tout soupçon…

Certes, les mets gorgés d'odeurs mijotés par sa femme ogresse étaient exquis à son goût mais ogre il était, et son penchant "naturel" pour la chair fraîche humaine ne pouvait longtemps rester au garde-manger.

Yves Kafka
27/07/2019