La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Théâtre

Pascal Parsat : pour un théâtre accessible à toutes les singularités - 13/07/2011

Au milieu de l'effervescence avignonnaise, des 1 200 spectacles proposés dans le Off du festival, il faut se pencher pour découvrir la présence de Pascal Parsat, directeur artistique et co-fondateur du Centre Ressource Théâtre Handicap (CRTH). Discret mais opiniâtre, il œuvre pour l'accessibilité des pièces de théâtre à tous les publics. Surtout à l'un des plus marginalisés : les personnes...  

Les Tombées de la Nuit ou l'itinéraire des rêveurs éveillés - 11/07/2011

Brouilleur de frontières, le festival des Tombées de la Nuit nous fait découvrir toutes sortes de créations. À côté de spectacles purement réflexifs gît l'onirique, qui offre un parcours merveilleux. Thomas Chaussebourg et la compagnie Circ'Ombelico y occupent une place de choix. Sur le bitume de la dalle Kennedy, dans une alcôve improvisée du parc du Thabor, bien installé dans une loge de...  

Un Hamlet patchwork et baroque au Château de Grignan - 09/07/2011

Dans le cadre des fêtes nocturnes, Jean-Luc Revol met en scène une des pièces les plus connues du répertoire théâtral : "Hamlet" de Shakespeare. Avec Philippe Torreton dans le rôle titre, Jean-Michel Desprats à la traduction et Xavier Simonin comme assistant à la mise en scène, le cocktail s’est transformé en un étrange nectar, superbement applaudi par le public, et aux saveurs explosives mais...  

Salieri retrouve ses lettres de noblesse sur la scène du Lucernaire. - 04/07/2011

Guère besoin d’être un mélomane averti pour au moins avoir entendu parler du compositeur Salieri. Milos Forman en avait fait (dans son film "Amadeus") l’empoisonneur de Mozart. Ici, Jean Hache, certainement plus proche de la réalité historique, dresse le portrait d’un homme en proie à sa solitude et à son passé. Loin d’en faire un monstre jaloux et assassin, il rend le personnage terriblement...  

N°1 : Les bons conseils de Mickaël Duplessis - 05/07/2011

Pendant toute la durée du Festival d’Avignon, nous allons suivre les pas de notre cher rédacteur, Mickaël Duplessis, présent les trois semaines du Festival et déjà sur place. Une aventure qui démarre et un rendez-vous à ne pas manquer ! Ca y est ! Dans la nuit du 3 au 4 juillet, respectant l’arrêté préfectoral, la "ville de province" s’est transformée en "ville du festival", se couvrant...  

N°2 : Les bons conseils de Mickaël Duplessis - 06/07/2011

Suite ! Notre correspondant depuis Avignon ne perd pas de temps. Il continue son périple et nous aimons suivre ses pas... Pour les habitués des rues d’Avignon en juillet, les années se suivent… et se ressemblent un peu. Sans même parler des sempiternelles comédies au goût douteux, accrochées à leur théâtre comme un Harpagon à sa cassette, il est vrai que l’on retrouve de plus en plus les mêmes...  

Hanokh Levin : le duel de l'enfance et du Mal - 28/06/2011

À l'occasion du "Festival des Écoles du théâtre public" à la Cartoucherie, les élèves de l'EDT 91* ont présenté "L'Enfant rêve" de Hanokh Levin. Entre violence et innocence, entre abjection et poésie, cette pièce a permis aux jeunes comédiens d'éprouver toute la complexité du jeu scénique. Une expérience très prometteuse pour le théâtre de demain. Théâtres de l'Aquarium, de l'Epée de bois, de la...  

"Le plus beau lendemain ne nous rend pas la veille" - 21/06/2011

"De beaux lendemains", récit poignant de l’auteur américain Russell Banks porté à la scène si particulière des Bouffes du Nord. L’œuvre avait déjà été adaptée au cinéma par Atom Egoyan. On se souvient peut-être de son énorme succès à Cannes en 1997. Emmanuel Meirieu reprend (pour la deuxième saison consécutive) cette adaptation, mais la distribution est en grande partie changée. On s’accroche aux...  

Le pouvoir est un monstre - 20/06/2011

"Caligula", la célèbre pièce d’Albert Camus dans une mise en scène de Valérie Fruaut est reprise au Petit Saint Martin pour 30 dates exceptionnelles. Un spectacle beau et profond, très réussi ! Le croisement des trois temporalités d’une œuvre théâtrale est toujours intéressant à souligner : l’auteur écrit une pièce dans les années 1940, traitant d’un sujet qui date du premier siècle de notre ère,...  

Un vent de liberté souffle sur le Théâtre de la Ville - 15/06/2011

Dans le cadre de "Chantiers Europe 2011", Patrice Chéreau a investi le Théâtre de la Ville d’un fantasme… celui de Jon Fosse, ou le sien peut-être ? Il avait commencé cette saison dans un musée imaginaire avec "Rêve d’automne"… Il se prolonge ici sur une mer morte avec "I am the wind"… Mais jusqu’où iront donc ces corps à la dérive ? En entrant, le spectateur voit se déployer devant lui un...  
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À découvrir

•Off 2019• Antioche… Contradictions contemporaines… entre confort matérialiste et exaltation romantique

L'histoire se passe au Québec. Dans "Antioche" de Sarah Berthiaume, Antigone est une adolescente un peu foutrac, qui fait un peu n'importe nawak avec son djin troué et sa toga praetexta. Normal, elle voudrait jouer Anouilh et son Antigone, et articuler parfaitement le Français standard plutôt que jouer les fièvres du samedi soir…

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… Quant à sa copine Jade, elle ne vaut pas mieux qui s'emmure dans les toiles d'Internet, universelle araigne maléfique, pendant que sa mère qui a fui la Syrie fait des listes de mots pour les mémoriser.

Dans cette terre d'exil et d'accueil, dans cette terre d'immigration qui mêle réfugiés du Proche-Orient et descendants des acadiens entourés d'Anglais, cette terre qui veut échapper au globish et se pose la question de sa présence au monde, les deux copines rêvent de fugues, vivent intensément le sentiment de la liberté ou de l'enfermement. C'est que le confort matérialiste ou l'exaltation romantique sont autant de pièges à éviter. Pour elles le retour aux origines est problématique. La pièce noue les contradictions contemporaines.

Le langage est populaire, direct et inventif. Et le spectacle évolue de la comédie populaire et farcesque au drame suspendu au dessus des têtes. Les personnages connaissent des paroxysmes et dans les allers et les retours de leurs rêves, dans leurs errances, leurs désirs de fugues se lit la construction d'une mémoire et d'une identité. Jusqu'à ce que les deux héroïnes, en bordure du danger, croisent le chemin de la fatalité et du destin. Le retour aux origines devient tentation de l'intégrisme, du terrorisme.

Jean Grapin
29/06/2019
Spectacle à la Une

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !

Quand du noir complet, le faisceau de lumière de l'ampoule tombant des cintres coiffe le crâne dégarni et blanchi de Denis Lavant, hiératique derrière un bureau métallique fatigué, les yeux aimantés par un magnétophone à bande posé devant lui et absorbant dans la nuit magnétique toute son énergie, on se dit que la magie du théâtre est un leurre qui nous ravit au double sens…

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !
Plus rien n'existe alors que ce fabuleux homme né pour le théâtre qui s'apprête devant nous à renouer avec l'univers insolite de Samuel Beckett, dont il a interprété sur cette même scène des Halles, "Cap au pire" (2017), mis en jeu par le même Jacques Osinski.

Et le (très) long silence qui s'ensuit instille, dans le droit fil du choc liminaire, une étrangeté en osmose avec l'univers du dramaturge irlandais. Puis, émergeant de sa torpeur contemplative, "il" rapproche à quelques millimètres de son œil, que l'on devine à moitié aveugle, une clé extraite du fouillis de son veston loqueteux. Si le premier tiroir ouvert contenant une bobine ne l'intéresse pas dans l'immédiat, l'autre dans lequel il plonge à nouveau sa tête lui offre… une banane ! Épluchée soigneusement, elle va être tenue en bouche avant d'être mangée. La peau jetée sur le sol, lui vaudra une glissade digne d'un Buster Keaton sorti d'un film muet.

Yves Kafka
07/07/2019
Sortie à la Une

•Off 2019• Le dernier Ogre Conte slamé et "bio-éthique" à dévorer tout cru

D'abord dire le choc artistique lié au mix d'un slam magnétique, d'une voix parlée aux résonances philosophiques, d'une musique live et de live painting se répondant l'une et l'autre, le tout réuni sur le même plateau pour créer l'univers poétique où deux histoires différentes - quoique… - se rencontrent au point de chute. Les contes partagent cela en commun, ils "parlent" au-delà de leur contenu et réservent des surprises "sans fin" qui nous mettent en appétit (d'ogre).

•Off 2019• Le dernier Ogre Conte slamé et
Ensuite, dire que l'on ne doit pas se laisser abuser par le mot conte… Comme beaucoup de contes, il n'est pas destiné aux enfants même s'il peut être vu avec intérêt par eux aussi… ne serait-ce que pour qu'ils expliquent aux adultes que leur faim de bien faire - rêve d'une vie bio et écologique à tous crins - peut s'avérer à la fin, "une vraie tuerie"…

(Il était une fois) un ogre dont i["À [son] retour [sa] douce avait dressé la table/Préparée comme jamais des mets gorgés d'odeur"]i (il parle, l'ogre, en alexandrins slamés) et qui aimait ses sept filles plus que tout au monde, les bisoutant, les cajolant et veillant à ce que rien ne leur manquât de nourriture raffinée et autres conforts domestiques. Un père de famille au-dessus de tout soupçon…

Certes, les mets gorgés d'odeurs mijotés par sa femme ogresse étaient exquis à son goût mais ogre il était, et son penchant "naturel" pour la chair fraîche humaine ne pouvait longtemps rester au garde-manger.

Yves Kafka
27/07/2019