La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Théâtre

Instants Critiques... Un cinéma néo paradiso - 07/10/2011

Jean Louis Bory et Georges Charensol étaient critiques de cinéma ; Du duo, ils avaient la complicité, la complémentarité : chacun son rôle ; Du duel, ils avaient le combat franc, sans merci, les passes d’armes : chacun sa botte. Ils étaient les duettistes de légende de l'émission radiophonique "Le Masque et de La Plume" : le moderne et l’ancien. Comme d’autres de la cape et de l’épée, ils...  

Claude Rich vend son âme au diable - 06/10/2011

À la Comédie des Champs-Élysées, "L’Intrus" a du mal à nous convaincre. Le texte d’Antoine Rault est raté, alambiqué, plutôt prétentieux… La mise en scène de Christophe Lidon, qui travaille à la chaîne, est carrément de mauvais goût… Reste cependant deux comédiens exceptionnels et un sujet qui aurait pu être passionnant. Pour sa troisième collaboration avec Claude Rich, après les très réussis Le...  

Entre surcharge et sobriété, les Francos balancent - 05/10/2011

Écriture simple, brutale, ou récit labyrinthique ? Pour dire la violence, la littérature francophone oscille entre ces deux pôles. Parfait observatoire de l'évolution des thèmes et du langage de la dramaturge africaine, les Francophonies en Limousin soulèvent chaque année leur lot de questions. En cette 28e édition, la pièce-phare de Dieudonné Niangouna, "Le Socle des vertiges", pose avec force...  

Quand les maux des mots sont les maux du monde - 30/09/2011

[Reprise] Au théâtre, le spectateur retrouve (ou découvre) les héroïnes des chroniques "Déshabillez mots" diffusées sur France Inter de 2008 à 2010 : Flor Lurienne et Léonore Chaix. Toutes deux auteures et interprètes partagent un sens de l’observation aigu et un goût immodéré pour le langage. Leur présence sur scène, assurément, égale leurs sensuelles et sensationnalistes voix de radio. Dans une...  

Sur le mince fil de l'errance anorexique... l'espoir joue l'équilibriste - 29/09/2011

Seul en scène, Annabelle M est dans sa cuisine, heureuse. De ce bonheur radieux issu de ces combats gagnés, de ceux dont on sort rarement victorieux, mais dont, plutôt, habituellement on meurt. Ce combat victorieux ? Contre l'anorexie mentale, cette maladie qui barre si souvent l'adolescence d'un maigre trait définitif. Mais, elle, Annabelle M, s'en est sorti... elle nous raconte, et nous parle...  

Quand la voix se fait l'écho de l'âme... - 28/09/2011

[Reprise et tournée] Quand la parole devient, mot après mot, maux après maux, le subtil sculpteur du labyrinthe des non-dits, des absences, du manque... et des espérances, de celles qui forment la trame de nos rêves, qui bâtissent peu à peu nos vies, nous faisant avancer... "Aimez-vous la nuit ?", une question leitmotiv, fil conducteur... portant "sombre" mais vite désamorcée par la rengaine...  

Les mots du peintre comme empreinte, comme parfum - 26/09/2011

Jean O’Cottrell, qui crée "Van Gogh, autoportrait", est un comédien qui sait raconter. À sa manière. Dans une forme de distance chaleureuse avec les mots, il dit Van Gogh ; et le spectateur, avec bonheur, rencontre le peintre qui converse, en toute liberté, franchise et affection, avec son frère. Le comédien délivre des signes discrets pour fixer le cadre. Pour lui, une barbe taillée un peu...  

"On peut tout fuir, sauf sa conscience", Zweig - 24/09/2011

Le Théâtre des Variétés se pare d’une bien belle affiche en cette rentrée : la rencontre au sommet de Michel Aumont (Richard Strauss) et Didier Sandre (Stefan Zweig), sur fond de montée du nazisme. Si l’on passe outre les habituelles facilités propres aux mises en scène du théâtre privé, c’est surtout à l’étonnante pauvreté du texte que l’on doit notre semi-déception. Le titre de la pièce joue...  

Le roi Lear... spectacle pour acteur seul... Quand le récit devient légende ! - 20/09/2011

C’était à Charleville-Mézières un des nombreux bijoux théâtraux à découvrir et, pour le spectateur, rendu attentif aux seuls gestes et à l’intonation (le spectacle est en langue turkmène), un des plus puissants "Lear" auquel il lui ait été donné d’assister. C’est en premier regard un comédien qui entre : un comédien ambulant en cote de maille de coton qui lui sert à la fois de haillons ou...  

N°4 : Les bons conseils de Mickaël Duplessis. - 12/09/2011

Les reprises… Dans le théâtre privé, les années se suivent et se ressemblent un peu : grosses comédies et grosses têtes d’affiches. Voilà certaines reprises dont on se passerait bien… Celle de La Vérité au Théâtre Montparnasse, par exemple, dont son auteur Florian Zeller a été porté aux nues comme...  
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À découvrir

•Off 2019• Antioche… Contradictions contemporaines… entre confort matérialiste et exaltation romantique

L'histoire se passe au Québec. Dans "Antioche" de Sarah Berthiaume, Antigone est une adolescente un peu foutrac, qui fait un peu n'importe nawak avec son djin troué et sa toga praetexta. Normal, elle voudrait jouer Anouilh et son Antigone, et articuler parfaitement le Français standard plutôt que jouer les fièvres du samedi soir…

•Off 2019• Antioche… Contradictions contemporaines… entre confort matérialiste et exaltation romantique
… Quant à sa copine Jade, elle ne vaut pas mieux qui s'emmure dans les toiles d'Internet, universelle araigne maléfique, pendant que sa mère qui a fui la Syrie fait des listes de mots pour les mémoriser.

Dans cette terre d'exil et d'accueil, dans cette terre d'immigration qui mêle réfugiés du Proche-Orient et descendants des acadiens entourés d'Anglais, cette terre qui veut échapper au globish et se pose la question de sa présence au monde, les deux copines rêvent de fugues, vivent intensément le sentiment de la liberté ou de l'enfermement. C'est que le confort matérialiste ou l'exaltation romantique sont autant de pièges à éviter. Pour elles le retour aux origines est problématique. La pièce noue les contradictions contemporaines.

Le langage est populaire, direct et inventif. Et le spectacle évolue de la comédie populaire et farcesque au drame suspendu au dessus des têtes. Les personnages connaissent des paroxysmes et dans les allers et les retours de leurs rêves, dans leurs errances, leurs désirs de fugues se lit la construction d'une mémoire et d'une identité. Jusqu'à ce que les deux héroïnes, en bordure du danger, croisent le chemin de la fatalité et du destin. Le retour aux origines devient tentation de l'intégrisme, du terrorisme.

Jean Grapin
29/06/2019
Spectacle à la Une

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !

Quand du noir complet, le faisceau de lumière de l'ampoule tombant des cintres coiffe le crâne dégarni et blanchi de Denis Lavant, hiératique derrière un bureau métallique fatigué, les yeux aimantés par un magnétophone à bande posé devant lui et absorbant dans la nuit magnétique toute son énergie, on se dit que la magie du théâtre est un leurre qui nous ravit au double sens…

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !
Plus rien n'existe alors que ce fabuleux homme né pour le théâtre qui s'apprête devant nous à renouer avec l'univers insolite de Samuel Beckett, dont il a interprété sur cette même scène des Halles, "Cap au pire" (2017), mis en jeu par le même Jacques Osinski.

Et le (très) long silence qui s'ensuit instille, dans le droit fil du choc liminaire, une étrangeté en osmose avec l'univers du dramaturge irlandais. Puis, émergeant de sa torpeur contemplative, "il" rapproche à quelques millimètres de son œil, que l'on devine à moitié aveugle, une clé extraite du fouillis de son veston loqueteux. Si le premier tiroir ouvert contenant une bobine ne l'intéresse pas dans l'immédiat, l'autre dans lequel il plonge à nouveau sa tête lui offre… une banane ! Épluchée soigneusement, elle va être tenue en bouche avant d'être mangée. La peau jetée sur le sol, lui vaudra une glissade digne d'un Buster Keaton sorti d'un film muet.

Yves Kafka
07/07/2019
Sortie à la Une

•Off 2019• Le dernier Ogre Conte slamé et "bio-éthique" à dévorer tout cru

D'abord dire le choc artistique lié au mix d'un slam magnétique, d'une voix parlée aux résonances philosophiques, d'une musique live et de live painting se répondant l'une et l'autre, le tout réuni sur le même plateau pour créer l'univers poétique où deux histoires différentes - quoique… - se rencontrent au point de chute. Les contes partagent cela en commun, ils "parlent" au-delà de leur contenu et réservent des surprises "sans fin" qui nous mettent en appétit (d'ogre).

•Off 2019• Le dernier Ogre Conte slamé et
Ensuite, dire que l'on ne doit pas se laisser abuser par le mot conte… Comme beaucoup de contes, il n'est pas destiné aux enfants même s'il peut être vu avec intérêt par eux aussi… ne serait-ce que pour qu'ils expliquent aux adultes que leur faim de bien faire - rêve d'une vie bio et écologique à tous crins - peut s'avérer à la fin, "une vraie tuerie"…

(Il était une fois) un ogre dont i["À [son] retour [sa] douce avait dressé la table/Préparée comme jamais des mets gorgés d'odeur"]i (il parle, l'ogre, en alexandrins slamés) et qui aimait ses sept filles plus que tout au monde, les bisoutant, les cajolant et veillant à ce que rien ne leur manquât de nourriture raffinée et autres conforts domestiques. Un père de famille au-dessus de tout soupçon…

Certes, les mets gorgés d'odeurs mijotés par sa femme ogresse étaient exquis à son goût mais ogre il était, et son penchant "naturel" pour la chair fraîche humaine ne pouvait longtemps rester au garde-manger.

Yves Kafka
27/07/2019