La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
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La tendre virtuosité vocale d’Émilie Simon - 10/12/2011

Comment dire la douleur, le manque, le néant provoqué par la disparition de l'être aimé ? Beaucoup d'artistes ont tissé la toile, la partition d'une œuvre sur cette violence faite au cœur. Le chemin que nous fait parcourir Émilie Simon en 10 chansons fait partie de ces trajectoires particulières, parfois douloureuses, souvent chaleureuses... mais indéniablement organiques. Émilie Simon, avec son...  

Mustang, un nouveau V6 boosté au rockabilly - 09/11/2011

Après le succès de leur premier disque "A71" en 2009, le groupe clermontois revient avec un album attendu, "Tabou". Le groupe a mûrit que ce soit dans la musique ou dans les paroles. Un jeune groupe avec seulement cinq ans de carrière derrière lui mais qui en laisserait paraître vingt de plus avec des chansons recherchées et travaillées. Mustang aurait sa place sur une affiche de "Salut les...  

Tricot Machine... Un univers coloré et déluré venu de la Belle Province - 03/02/2011

Intrigant, "La prochaine étape", le nouvel album de Tricot machine (Catherine Leduc et Matthieu Beaumont), l'est indéniablement. Ce groupe québécois, qui voit le jour en 2005, sort en 2007 un premier disque éponyme qui se révèle un succès autant critique que populaire. Tricot Machine obtiendra avec celui-ci les Félix de la pochette et de la révélation de l’année 2007, le Prix Écho de la chanson...  

Tricot Machine... L'interview ! - 04/02/2011

À l'occasion de leur passage à Paris (à la Boule Noire), nous avons rencontré Catherine Leduc et Matthieu Beaumont. Une bonne occasion d'échanger sur l'héritage de la chanson à textes québécoise et sur la "nouvelle scène montréalaise" dont Tricot Machine fait partie mais qui est également représentée par Josiane Paradis, Bernard Adamus, Cœur de Pirate, Émilie Proulx, Malajube, Mille Monarques,...  

Cocoon : You know what? I'm happy! - 25/10/2007

Premier album de Cocoon, "My Friends all died in a plane crash" dévoile un univers personnel, original, doux et décalé composé par Mark Daumail (chant, guitare, banjo, ukulélé, beatbox) et Morgane Imbeaud (chant, claviers, arrangements). Le duo compose des mélodies folk-pop envoûtantes et délicates, dans une tradition de songwriting épuré et poétique... dans la lignée d'un Nick Drake ou Eliott...  

Hey Hey My My : Les balades aguicheuses made in Merryland - 30/04/2007

Une rencontre estudiantine à Bordeaux et un premier groupe rock, The Migraine Institute, puis la "montée" à Paris et le passage par le punk rock avec la création de British Hawaï... Mais nos deux compères, Julien Garnier et Julien Gauthier, ayant quelques titres pop dans leur besace... décident de créer Hey Hey My My. Une signature plus tard avec le petit label Sober & Gentle et voici leur...  

Donzella, le crooner aux grands sentiments - 15/02/2007

Comédien, auteur-compositeur-interprète, Emmanuel Donzella débuta en créant "Collier de Nouilles", duo décalé musical et humoristique, avec Karine Lyachenko. Ce duo connaîtra un véritable succès pendant 10 ans et le mènera sur toutes les scènes francophones du monde pour finir à Paris, à la Comédie Caumartin. Retour à la case musique lorsque, en 2000, il est découvert par Pascal Obispo qui...  
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À découvrir

"Barbara amoureuse"… Ah qu'il est doux le temps des amours

Caroline Montier chante "Barbara amoureuse", Essaïon Théâtre, Paris

Chanter l'amour comme une femme, chanter l'amour de toutes les femmes, et interpréter celle qui sut tant aimer les hommes ainsi que son public. Dans une belle et élégante simplicité, Caroline Montier nous offre quelques joyaux mélodiques et poétiques de la grande Barbara, éternelle amoureuse.

Parti-pris judicieux, Caroline Montier a puisé dans le répertoire de jeunesse de la dame en noir, époque L’Écluse, Bobino (en première partie de Félix Marten en 61 et de Brassens en 64, puis en vedette en 65), et des premiers Olympia… Période Barbara jeune, tendre, passionnée ou orageuse amante. Une femme qui, à ses débuts, fut tout aussi timide et réservée que mutine et fougueuse, aimant tant l'amour que les hommes qui souvent l'ont comblée.

De titres connus ("Dis, quand reviendras-tu", 1ère version 1962 ou "La Solitude", 1965) à ceux qui le sont moins ("Pierre", 1964 ou "Gare de Lyon", 1964), Caroline Montier a construit un récital sur ces aventures qui ont jalonné sa vie, mais ici avec un choix de chansons enregistrées par Barbara entre 1962 et 1968, avec une prédilection pour des compositions de 64 ("Toi l'homme", "Je ne sais pas dire", "Septembre"…) ou de 68 ("Du bout des lèvres", "Amoureuse", "Le Testament", "Tu sais"…).

Dans cette exploration originale, Caroline Montier fait le choix d'aller croquer un rayon de soleil dans les amours de Barbara, apportant, avec subtilité et talent, une touche de grâce à l'ensemble.

Gil Chauveau
12/12/2018
Spectacle à la Une

"Adieu Monsieur Haffmann"… Rire et émotions mêlés dans une pièce toute en délicatesse… comme une sonate des cœurs purs

Reprise de la pièce aux quatre "Molière 2018", Théâtre Rive Gauche, Paris

La pièce est dessinée en traits purs, comme une esquisse, une encre fine qui laisse autant de place à l'imaginaire dans les espaces laissés vides que dans les tracés. Une sorte de stylisation mêlée à une extrême pudeur pour permettre à cette histoire de briller malgré la noirceur de l'époque où elle se déroule.

1942, les nazis instaurent le port obligatoire de l'étoile jaune pour les Juifs, monsieur Haffmann décide de se cacher dans la cave de sa bijouterie et d'en confier la direction (ainsi que sa propre sécurité) à son employé goy Pierre Vigneau.

Le décor sobre de Caroline Mexme, tout en déclinaisons de gris, sert de fond à cette époque aux couleurs vert-de-gris. D'un côté la cave où se cache Joseph Haffmann, de l'autre l'appartement à l'étage où s'installent Pierre et sa femme, jeune couple en attente d'un enfant qui ne vient pas. Dehors, les persécutions contre les Juifs s'intensifient, dénonciations, expropriations, et puis la rafle du Vél d'Hiv…

C'est dans ce huis clos que va se dérouler la pièce. Une vie à trois qui s'organise sur la base d'un double contrat : donnant-donnant. L'employé-modèle accepte de cacher son patron et de diriger la boutique à condition que celui-ci veuille bien tenter de mettre enceinte sa femme - car lui-même est stérile et monsieur Haffmann si fertile que sa descendance est déjà au nombre de quatre. Contrat aux allures diaboliques dans une époque où l'intégrité est soumise à toutes sortes de tentations, où toutes les trahisons sont possibles.

Bruno Fougniès
09/10/2018
Sortie à la Une

"Crocodiles"… Comme l'histoire d'un d'Ulysse, épuisé, recueilli par Nausicaa

"Crocodiles", en tournée 2018/2019

C'était, il y a, une fois. Un petit garçon qui aimait les étoiles et les arbres fruitiers. Enaiat est son nom. Sa mère, parce qu'elle l'aimait, l'a confié au destin, en l'abandonnant au-delà de la frontière alors qu'il approchait de ses dix ans.

C'est qu'à dix ans, là-bas en Afghanistan, on devient un homme et qu'un homme, quand il est hazāra, quand il appartient à une ethnie persécutée, ne va pas à l'école. Il est esclave. Pendant cinq ans, peut-être, il va avancer vers l'Ouest, de nuit. Se cachant, travaillant le jour, amassant un pécule, des rencontres et des chances.

Afghanistan, Pakistan, Iran, Turquie, Grèce, jusqu'à cette Italie joyeuse et merveilleuse qui l'accueille et recueille son récit.

Cendre Chassane dans "Crocodiles" condense le récit du véritable Enaiat (publié en 2011 chez Liana Levi), et en fait un conte à deux voix dans lequel un écrivain journaliste plein d'empathie interviewe le réfugié.

Sa pièce est un concentré de théâtre. Sa simplicité narrative, l'économie de ses accessoires (un bout de ficelle, un cerf-volant, un ballon, un t-shirt, un livre illustré, un gâteau, un lé de tissu métallisé, des images d'infini de sable ou de ciel) suffisent à capter l'imaginaire et rendent l'histoire lisible et sensible.

Jean Grapin
23/04/2018