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La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Lyrique

"Hippolyte et Aricie" au Palais Garnier : Catabase, catastrophes et autres complications ! - 29/06/2012

Une catabase ? C’est une descente aux enfers dans le jargon de l’analyse littéraire. C’est un des ingrédients de cet ouvrage musical. C’est aussi mon expérience vendredi soir à l’Opéra de Paris : celle des enfers de l’Ennui pour tout dire. La faute à qui ? Tout d’abord à Jean-Philippe Rameau, dont c’est le premier opéra, communément considéré comme un coup de maître. Ce n’est pas mon avis....  

"La Finta Giardiniera" à la MC93 : Un jardin de délices pour une pépinière de talents - 25/06/2012

Pendant toute une semaine, les très jeunes chanteurs de l’Atelier Lyrique de l’Opéra National de Paris vous donnent l’aubade dans un opéra charmant de Mozart, "La Finta Giardiniera", composé à l’âge de dix-sept ans. Créé sur une scène munichoise en 1775, il met en scène la marquise Violante Onesti, déguisée en jardinière, qui cherche à retrouver son amant le comte Belfiore, en fuite depuis qu’il...  

Le Requiem de Mozart au Festival de Saint-Denis : le jugement et la grâce ! - 06/06/2012

Qui n’a pas une relation spéciale, intime et sacrée avec le Requiem de Mozart ? Qui n’a pas eu un frisson en écoutant pour la énième fois les sept mesures initiales en ré mineur de l’Introitus ? Les chanceux du concert donné dans la basilique de Saint-Denis se souviendront en tout cas longtemps de l’interprétation remarquable qu’en a proposée le chef britannique Sir Colin Davis. Cette création de...  

"Pop’pea" au Châtelet, c'est Monteverdi violé par Lady Gaga ? - 31/05/2012

Sentiments mitigés en sortant de "Pop’pea", cet opéra "barock". Un drôle de spectacle qui se veut hybride : d’un opéra du XVIIe siècle de Claudio Monteverdi, Ian Burton le dramaturge et Michael Torke le compositeur ont créé une œuvre qui prétend sonner inouïe, transgenre, pop rock hip hop, et plus si affinités. À l’arrivée, c’est un bon vieux musical tout droit échappé de Broadway. Ce spectacle...  

"Pop'pea" au Théâtre du Châtelet : un opéra rock'pop qui met le feu ! - 26/05/2012

Au théâtre du Châtelet, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on innove sans cesse. Son directeur Jean-Luc Choplin, toujours à la pointe du hype, a eu une idée ahurissante - que tous les artistes engagés dans cette aventure trouvent maintenant (presque) évidente : adapter l’opéra baroque de Claudio Monteverdi "Le Couronnement de Poppée" (370 ans au compteur quand même) et en faire un "opéra...  

"Au bord de l’eau" à la MC93... Féerie au programme ce soir ! - 24/05/2012

Ô fidèle Lecteur de la Revue, je t’en adjure : cours à la Maison de la Culture de Bobigny et tu seras transporté. Doublement transporté : enthousiaste, tu seras téléporté dans la Chine de la dynastie des Song, dans le roman mythique de Shi Nai-An "Au bord de l’eau" ("Shuihu Zhuan"). Quand tu sortiras de ce magnifique spectacle, tu n’auras qu’une envie : connaître toutes les arcanes de cet art si...  

Tous "Au bord de l'eau" aux couleurs du Printemps de l’École de l'Opéra de Pékin ! - 18/05/2012

Patrick Sommier, le directeur de la MC93 de Bobigny, met en scène quelques tableaux inoubliables d’un roman de 2 300 pages, célébrissime en Chine, "Au bord de l’eau". Œuvre qui a eu l’honneur d’être le premier roman chinois à entrer dans la prestigieuse collection de la Pléiade*. C’est à une féconde rencontre entre cultures que nous sommes conviés dans ce spectacle, par le biais d’une coopération...  

"Cavalleria Rusticana" et "Pagliacci" à Bastille : Vengeance, oreille mordue et soleil sicilien au programme ! - 10/05/2012

Les deux opéras sont souvent représentés ensemble en raison de leur (relative) brièveté. "Cavalleria Rusticana" est un opéra en un acte de Pietro Mascagni et son seul chef d’œuvre. Le livret est tiré d'une nouvelle de Giovanni Verga, le Zola italien. Il a été créé en 1890 et fait cette année son entrée au répertoire de l’Opéra de Paris. L’intrigue a la simplicité des tragédies grecques, et leur...  

Le Don Giovanni de Michael Haneke : l'enfer du cloaque 40 ! - 18/04/2012

Au dernier étage impersonnel d’un building de verre, quelque part dans une métropole moderne sans âme, Don Giovanni, jeune directeur général d’une multinationale, viole la fille de son patron, Donna Anna, avant d’être obligé de le tuer (le patron) en se sauvant. C’est alors que le séducteur va entraîner tous les personnages dans une ronde infernale et désespérée : celle des affects brutaux et des...  

"Nixon in China" au Châtelet : une rencontre Est-Ouest au sommet ! - 13/04/2012

Une des plus excitantes productions de cette année est à découvrir impérativement au Théâtre du Châtelet jusqu’au 18 avril : "Nixon in China" un opéra de John Adams (créé en 1987). Nous avons annoncé ici-même le spectacle et écrit tout le bien que nous pensons des œuvres du compositeur américain John Adams. Reste à féliciter l’ensemble de l’équipe artistique pour l’excellente première à laquelle...  
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À découvrir

"Ma B.O. en couleurs" Silvano Jo… J'ai la mémoire qui chante…

"Et si pour toi, là bas c'est l'paradis Dis-toi qu'dans leur p'tite tête l'paradis C'est ici hum! C'est ici" Jean-Louis Aubert.
Le paradis c'est, un dimanche, rejoindre quelques amis.

© Laurence Guenoun.
Le paradis, c'est passer quelques instants, masqués, oui ! (Monsieur le président !) À échanger des mots avec quelques invités triés sur le volet. Non pas par prétention, mais par précaution puisque le virus circule et qu'il est, paraît-il, plus virulent, en petit comité.
Le paradis c'est, un dimanche pluvieux, se retrouver pour soutenir un artiste talentueux qui, l'espace d'un instant, transforme son loft en café-théâtre pour partager un spectacle bien vivant.

L'artiste s'appelle Sylvain mais son nom de scène est "Silvano". Et il nous offre, sur une heure, un show truffé de bons mots, de chansons d'aujourd'hui et d'avant, puis de costumes délirants.

Quel plaisir d'assister, presque clandestinement, au bonheur d'un comédien désireux de jouer, de se montrer, et de partager ; le tout accompagné par un musicien charmant et classieux.

Le paradis, pour lui, pour les deux, serait de se retrouver dans un théâtre. Vous savez, le théâtre, ce lieu où des individus de tous les horizons, le soir ou la matinée venus, se rejoignent pour entendre, écouter, savourer des textes d'auteurs, morts ou vivants ? Ces lieux dont on ne sait peu de choses en ce moment, excepté les grands… et encore… on se demande parfois qui ils intéressent vraiment ?

Isabelle Lauriou
05/02/2021
Spectacle à la Une

"Hamlet", encore et toujours dans une "mise en je" de Gérard Watkins

L'ombre fantomatique du vieux Roi légendaire n'est pas prête à laisser en paix les générations qui se suivent, tant les interrogations posées par William Shakespeare sont d'une historicité atemporelle. Désirs de pouvoir et de sexe intimement reliés l'un à l'autre pour les rendre consanguins, trahison et fidélité à un moi idéal déposé en soi par les vœux des pères, guerres des sexes et guerres intestines ou intracommunautaires se recouvrant à l'envi, ce magma incandescent parle en nous comme une matière en fusion à jamais constitutive de l'humain.

© Alexandre Pupkins.
L'auteur et metteur en scène d'"Ysteria", présentée naguère sur ce même plateau du TnBA, s'attaque avec une frénésie palpable à ce monument de littérature. Après avoir minutieusement traduit le texte original pour, tout en en préservant l'authenticité, y injecter dans les plis du discours ses propres motifs, Gérard Watkins propose trois heures et plus d'effervescence permanente. Endossant lui-même le rôle du fratricide et régicide Claudius, il donne le tempo de sa scansion décalée présidant à sa manière si particulière de faire "entendre" le vers shakespearien retraduit.

Collant sinon à la lettre du moins à l'esprit de son illustre prédécesseur, il s'affranchit de la loi des genres pour proposer indistinctement à des femmes les rôles d'hommes et vice-versa. Ainsi le rôle-titre est-il confié non sans un certain bonheur à la tragédienne née qu'est Anne Alvaro, usant avec subtilité des gammes de sa sensibilité à fleur de peau, à la fois hardie et fragile, pour réifier les affres vengeresses du jeune Hamlet. À ceci près cependant que la grande différence d'âge qui la sépare de son personnage peut rendre moins crédible le statut d'Hamlet dont le jeune âge n'est pas étranger à sa problématique au lien paternel et maternel.

Yves Kafka
15/01/2021
Sortie à la Une

J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

Rébecca Dereims, Comédienne
19/02/2021