La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Lyrique

VOCES8, la musique au chœur ! - 31/05/2018

Le chœur VOCES8, ambassadeur de l'excellence du chant britannique, est à nouveau invité à participer à divers festivals et événements en France. En préambule au Festival de la Vézère, on pourra vérifier cette semaine son engagement pour l'éducation du jeune public puisqu'il accueillera sur scène pour deux concerts trois cents enfants qu'il a formés tout au long de l'année. Qu'est-ce qu'une...  

Un "Cosi fan tutte" irradiant de jeunesse au Saarländisches Staatstheater - 30/05/2018

Le théâtre national sis à Sarrebruck met à l'affiche "Cosi fan tutte", un des trois derniers opéras de Mozart et "Dramma giocoso" au livret écrit par Lorenzo da Ponte. La comédie cruelle, joliment mise en scène par Jean Renshaw, brille grâce à une troupe de jeunes chanteurs de très bonne tenue et à la direction raffinée du chef Stefan Neubert, à la tête du Saarländische Staatsorchester. Créé à...  

Le trivial "Parsifal" de Richard Jones à Bastille - 18/05/2018

Après quelques jours de fermeture pour une mise en sécurité du plateau, l'Opéra Bastille programme pour quatre représentations (au lieu de huit) une nouvelle production de "Parsifal" confiée à Richard Jones et dirigée par Philippe Jordan. Seuls de magnifiques solistes, tels Andreas Schager et Anja Kampe, et l'orchestre sauvent cette triviale vision du chef-d'œuvre de Richard Wagner. C'est...  

"Lohengrin", une superbe Fugue de Mort à la Monnaie - 26/04/2018

Le Théâtre de la Monnaie présente une nouvelle et passionnante production du "Lohengrin" de Richard Wagner jusqu'au 6 mai 2018. Première incursion fortement méditée du metteur en scène Olivier Py dans l'œuvre, elle permet aussi à de talentueux chanteurs d'y faire leurs débuts sous la direction génialement inspirée du chef Alain Altinoglu. Richard Wagner découvre la légende de Lohengrin vers 1840...  

"Benvenuto Cellini" à l'Opéra de Paris, garnement ou génie ? - 26/03/2018

L'Opéra de Paris ajoute un nouvel opus à son cycle "Berlioz" avec "Benvenuto Cellini" en adoptant la production du Terry Gilliam, créée en 2014 à Londres. La vision délirante et bouffonne du réalisateur de "Brazil" éclipse quelque peu les enjeux du premier opéra achevé du compositeur et ne s'accorde guère avec la direction raffinée du chef Philippe Jordan. De retour de Rome en 1832, Hector...  

Les Art'Scènes opus 7, "Les Murs s'envolent" avec Julie Fuchs - 22/03/2018

Pour le deuxième acte de l'édition 2018, du 15 au 29 mars, récitals, master-classes et rencontres avec tous les publics sont encore programmés au festival des Art'Scènes. Une manifestation qui exalte tous les arts de la scène (théâtre, opéra, musique) en créant des liens privilégiés avec le public de Nantes et alentour. Interview de la soprano Julie Fuchs, marraine de cet événement. Après le...  

"Parsifal" ou la généalogie de l'immoral à l'Opéra de Zurich - 07/03/2018

Reprise de l'intéressante et polémique production de Claus Guth à l'Opéra de Zurich avec une nouvelle distribution quasi idéale où brillent les excellents Nina Stemme, Lauri Vasar, Christof Fischesser et Pavel Daniluk. L'histoire de la conception de "Parsifal" est peut-être celle de l'entreprise la plus significative du grand Œuvre wagnérien dans le temps d'une vie. Si Richard Wagner lit dès 1845...  

Le chef Alain Altinoglu à la Monnaie… "Je me suis engagé pour rester longtemps" - 04/03/2018

À la veille de l'annonce mi-mars de la prochaine saison de l'Opéra sis à Bruxelles, rouvert depuis septembre 2017 après d'importants travaux de rénovation, nous avons rencontré son directeur musical depuis 2016. L'excellent chef français a entrepris avec Peter de Caluwe de redonner à la maison lyrique une des premières places en Europe. Avec succès. Christine Ducq - Revenons sur votre nomination...  

"Eugène Onéguine", un cœur en hiver à l'Opéra de Vienne - 28/02/2018

L'Opéra de Vienne remet à l'affiche la production de Falk Richter pour trois représentations. Sous la direction brûlante de Louis Langrée et avec la remarquable Tatiana d'Olga Bezsmertna, l'opéra de Tchaïkovski survit au cercueil de glace que lui a réservé le metteur en scène allemand. Quel opéra plus personnel que ces "Scènes lyriques" en trois actes de Piotr Ilitch Tchaïkovski ? Refusant la...  

De poignants "Dialogues des Carmélites" au Théâtre des Champs-Élysées - 14/02/2018

Jusqu'au 16 février 2018, reprise au TCE de la production d'Olivier Py du chef-d'œuvre de Francis Poulenc avec une superbe distribution dominée par Patricia Petibon. Un spectacle de haut lignage où ont aussi leur part un Orchestre national de France souverain, les chœurs du TCE et de l'Ensemble Aedes dirigés par Jérémie Rhorer. Entre la découverte du dialogue cinématographique de Georges Bernanos...  
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À découvrir

"Barbara amoureuse"… Ah qu'il est doux le temps des amours

Caroline Montier chante "Barbara amoureuse", Essaïon Théâtre, Paris

Chanter l'amour comme une femme, chanter l'amour de toutes les femmes, et interpréter celle qui sut tant aimer les hommes ainsi que son public. Dans une belle et élégante simplicité, Caroline Montier nous offre quelques joyaux mélodiques et poétiques de la grande Barbara, éternelle amoureuse.

Parti-pris judicieux, Caroline Montier a puisé dans le répertoire de jeunesse de la dame en noir, époque L’Écluse, Bobino (en première partie de Félix Marten en 61 et de Brassens en 64, puis en vedette en 65), et des premiers Olympia… Période Barbara jeune, tendre, passionnée ou orageuse amante. Une femme qui, à ses débuts, fut tout aussi timide et réservée que mutine et fougueuse, aimant tant l'amour que les hommes qui souvent l'ont comblée.

De titres connus ("Dis, quand reviendras-tu", 1ère version 1962 ou "La Solitude", 1965) à ceux qui le sont moins ("Pierre", 1964 ou "Gare de Lyon", 1964), Caroline Montier a construit un récital sur ces aventures qui ont jalonné sa vie, mais ici avec un choix de chansons enregistrées par Barbara entre 1962 et 1968, avec une prédilection pour des compositions de 64 ("Toi l'homme", "Je ne sais pas dire", "Septembre"…) ou de 68 ("Du bout des lèvres", "Amoureuse", "Le Testament", "Tu sais"…).

Dans cette exploration originale, Caroline Montier fait le choix d'aller croquer un rayon de soleil dans les amours de Barbara, apportant, avec subtilité et talent, une touche de grâce à l'ensemble.

Gil Chauveau
12/12/2018
Spectacle à la Une

"Adieu Monsieur Haffmann"… Rire et émotions mêlés dans une pièce toute en délicatesse… comme une sonate des cœurs purs

Reprise de la pièce aux quatre "Molière 2018", Théâtre Rive Gauche, Paris

La pièce est dessinée en traits purs, comme une esquisse, une encre fine qui laisse autant de place à l'imaginaire dans les espaces laissés vides que dans les tracés. Une sorte de stylisation mêlée à une extrême pudeur pour permettre à cette histoire de briller malgré la noirceur de l'époque où elle se déroule.

1942, les nazis instaurent le port obligatoire de l'étoile jaune pour les Juifs, monsieur Haffmann décide de se cacher dans la cave de sa bijouterie et d'en confier la direction (ainsi que sa propre sécurité) à son employé goy Pierre Vigneau.

Le décor sobre de Caroline Mexme, tout en déclinaisons de gris, sert de fond à cette époque aux couleurs vert-de-gris. D'un côté la cave où se cache Joseph Haffmann, de l'autre l'appartement à l'étage où s'installent Pierre et sa femme, jeune couple en attente d'un enfant qui ne vient pas. Dehors, les persécutions contre les Juifs s'intensifient, dénonciations, expropriations, et puis la rafle du Vél d'Hiv…

C'est dans ce huis clos que va se dérouler la pièce. Une vie à trois qui s'organise sur la base d'un double contrat : donnant-donnant. L'employé-modèle accepte de cacher son patron et de diriger la boutique à condition que celui-ci veuille bien tenter de mettre enceinte sa femme - car lui-même est stérile et monsieur Haffmann si fertile que sa descendance est déjà au nombre de quatre. Contrat aux allures diaboliques dans une époque où l'intégrité est soumise à toutes sortes de tentations, où toutes les trahisons sont possibles.

Bruno Fougniès
09/10/2018
Sortie à la Une

"Crocodiles"… Comme l'histoire d'un d'Ulysse, épuisé, recueilli par Nausicaa

"Crocodiles", en tournée 2018/2019

C'était, il y a, une fois. Un petit garçon qui aimait les étoiles et les arbres fruitiers. Enaiat est son nom. Sa mère, parce qu'elle l'aimait, l'a confié au destin, en l'abandonnant au-delà de la frontière alors qu'il approchait de ses dix ans.

C'est qu'à dix ans, là-bas en Afghanistan, on devient un homme et qu'un homme, quand il est hazāra, quand il appartient à une ethnie persécutée, ne va pas à l'école. Il est esclave. Pendant cinq ans, peut-être, il va avancer vers l'Ouest, de nuit. Se cachant, travaillant le jour, amassant un pécule, des rencontres et des chances.

Afghanistan, Pakistan, Iran, Turquie, Grèce, jusqu'à cette Italie joyeuse et merveilleuse qui l'accueille et recueille son récit.

Cendre Chassane dans "Crocodiles" condense le récit du véritable Enaiat (publié en 2011 chez Liana Levi), et en fait un conte à deux voix dans lequel un écrivain journaliste plein d'empathie interviewe le réfugié.

Sa pièce est un concentré de théâtre. Sa simplicité narrative, l'économie de ses accessoires (un bout de ficelle, un cerf-volant, un ballon, un t-shirt, un livre illustré, un gâteau, un lé de tissu métallisé, des images d'infini de sable ou de ciel) suffisent à capter l'imaginaire et rendent l'histoire lisible et sensible.

Jean Grapin
23/04/2018