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La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Lyrique

Une "Lady Macbeth de Mzensk" furieusement clinique à Bastille - 08/04/2019

Une nouvelle production du second opéra de Dmitri Chostakovitch confié au perspicace Krysztof Warlikowski par l'Opéra national de Paris impose son éclatante réussite. Sous la direction magistrale d'Ingo Metzmacher, ce passionnant spectacle est défendu par de remarquables chanteurs. C'est la troisième production à l'Opéra de Paris du chef-d'œuvre grinçant et sulfureux du grand musicien soviétique...  

Respirez le bon "ayre" près de votre oreille ! - 23/03/2019

L'Ensemble Près de votre oreille dirigé par Robin Pharo propose fin mars un nouveau disque, "Come Sorrow", consacré aux ayres et songs de quatre compositeurs du siècle d'or anglais. Un répertoire élisabéthain que les trois artistes du consort défendront aussi sur la scène du Théâtre de l'Athénée. Jeune talent désormais bien identifié et complice de nombreux consorts en vue (les Ensembles...  

Une "Chauve-souris" dégrisée à la MC93 - 19/03/2019

La perle de l'opérette viennoise, "La Chauve-souris" de Johann Strauss Fils, a été choisie pour le spectacle phare de la saison des jeunes artistes de l'Académie de l'Opéra de Paris. Créée à la MC93 de Bobigny avant une tournée à venir en région, la production de Célie Pauthe convoquant les fantômes de Terezin convie à une fête plus sinistre que grisante. C'est d'une voix (off) blanche et...  

Fabuleux Roberto Alagna et Aleksandra Kurzak à l'Opéra de Paris - 11/03/2019

Reprise de la production d'Andrei Serban de l'avant-dernier opéra de Verdi à l'Opéra de Paris avec une nouvelle distribution que domine le couple incandescent formé par Roberto Alagna et Aleksandra Kurzak en Otello et Desdemona. C'est la rencontre avec le poète et compositeur Arrigo Boito qui donne envie - après un silence de seize ans sur les scènes d'opéra depuis "Aïda" - à un Verdi...  

L'Orchestre de Paris de A(brahamsen) à B(erlioz) ! - 06/03/2019

L'Orchestre de Paris sous la direction de son chef Daniel Harding a donné la création française de "Let's me tell you" de Hans Abrahamsen et la belle deuxième symphonie de Berlioz, "Harold en Italie". Composé en 2013 pour la soprano Barbara Hannigan et le Philharmonique de Berlin, et créé la même année dans la capitale allemande, le cycle de chants "Let's me tell you" (et la première œuvre...  

Charles Dutoit emmène le public au paradis avec "La Damnation de Faust" - 18/02/2019

L'année de commémoration de la disparition d'Hector Berlioz commence très fort avec la superbe soirée donnée à la Philharmonie de Paris. Charles Dutoit, à la tête d'un quatuor de chanteurs talentueux, de l'Orchestre national de France et des forces chorales de Radio France, a enchanté le public. "La Damnation de Faust" en version concert ? Ce n'est pas vraiment un problème pour une œuvre appelée...  

Une merveilleuse troisième de Mahler par Philippe Jordan et les forces de l'Opéra de Paris - 08/02/2019

Après la Quatrième symphonie en 2015 et la Neuvième en 2016, le directeur musical de l'Opéra de Paris remonte le temps avec les musiciens et chœurs de l'orchestre maison sur les terres malhériennes en offrant la fameuse (et viscontienne) Symphonie n° 3 en ré mineur. Parmi les œuvres de la Trilogie qu'il a coutume de réunir sous le titre de la "Passion", sa troisième symphonie est selon Gustav...  

"Il Primo Omicidio" et "Les Troyens" à l'Opéra de Paris - 28/01/2019

À vingt-quatre heures d'intervalle avaient lieu les premières de deux nouvelles productions censées ouvrir avec force l'anniversaire des 350 ans de la Grande Maison (1669-2019). En un effet de contraste étonnant, l'oratorio de Scarlatti, "Il Primo Omicidio", ne trouve grâce que par le génie du metteur en scène Romeo Castellucci quand le superbe opéra de Berlioz, "Les Troyens", résiste malgré tout...  

Concert de gala de l'Académie de l'Opéra de Paris - 24/01/2019

Pour le concert de gala de son Académie, l'Opéra de Paris a une fois encore mis à l'honneur le talent de ses jeunes chanteurs au Palais Garnier. Une soirée charmante qui s'inscrit dans la tradition déjà longue d'une institution où fleurissent les belles promesses. Il serait vain de vouloir nommer ici tous les chanteurs de grand talent qui sont passés par l'école de l'Opéra de Paris, devenue...  

"La Ville morte" superbe et mortifère au Théâtre du Capitole - 28/11/2018

Perle parmi les belles œuvres au programme de la première saison de Christophe Ghristi au Capitole de Toulouse, l'opéra d'Erich Korngold dispense ses noirs sortilèges dans la production de Philipp Himmelmann. Avec une distribution homogène dominée par les éblouissants Torsten Kerl et Evgenia Muraveva et un orchestre souvent troublant, le chef-d'œuvre du compositeur autrichien ravit et captive....  
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À découvrir

"Ma B.O. en couleurs" Silvano Jo… J'ai la mémoire qui chante…

"Et si pour toi, là bas c'est l'paradis Dis-toi qu'dans leur p'tite tête l'paradis C'est ici hum! C'est ici" Jean-Louis Aubert.
Le paradis c'est, un dimanche, rejoindre quelques amis.

© Laurence Guenoun.
Le paradis, c'est passer quelques instants, masqués, oui ! (Monsieur le président !) À échanger des mots avec quelques invités triés sur le volet. Non pas par prétention, mais par précaution puisque le virus circule et qu'il est, paraît-il, plus virulent, en petit comité.
Le paradis c'est, un dimanche pluvieux, se retrouver pour soutenir un artiste talentueux qui, l'espace d'un instant, transforme son loft en café-théâtre pour partager un spectacle bien vivant.

L'artiste s'appelle Sylvain mais son nom de scène est "Silvano". Et il nous offre, sur une heure, un show truffé de bons mots, de chansons d'aujourd'hui et d'avant, puis de costumes délirants.

Quel plaisir d'assister, presque clandestinement, au bonheur d'un comédien désireux de jouer, de se montrer, et de partager ; le tout accompagné par un musicien charmant et classieux.

Le paradis, pour lui, pour les deux, serait de se retrouver dans un théâtre. Vous savez, le théâtre, ce lieu où des individus de tous les horizons, le soir ou la matinée venus, se rejoignent pour entendre, écouter, savourer des textes d'auteurs, morts ou vivants ? Ces lieux dont on ne sait peu de choses en ce moment, excepté les grands… et encore… on se demande parfois qui ils intéressent vraiment ?

Isabelle Lauriou
05/02/2021
Spectacle à la Une

"Hamlet", encore et toujours dans une "mise en je" de Gérard Watkins

L'ombre fantomatique du vieux Roi légendaire n'est pas prête à laisser en paix les générations qui se suivent, tant les interrogations posées par William Shakespeare sont d'une historicité atemporelle. Désirs de pouvoir et de sexe intimement reliés l'un à l'autre pour les rendre consanguins, trahison et fidélité à un moi idéal déposé en soi par les vœux des pères, guerres des sexes et guerres intestines ou intracommunautaires se recouvrant à l'envi, ce magma incandescent parle en nous comme une matière en fusion à jamais constitutive de l'humain.

© Alexandre Pupkins.
L'auteur et metteur en scène d'"Ysteria", présentée naguère sur ce même plateau du TnBA, s'attaque avec une frénésie palpable à ce monument de littérature. Après avoir minutieusement traduit le texte original pour, tout en en préservant l'authenticité, y injecter dans les plis du discours ses propres motifs, Gérard Watkins propose trois heures et plus d'effervescence permanente. Endossant lui-même le rôle du fratricide et régicide Claudius, il donne le tempo de sa scansion décalée présidant à sa manière si particulière de faire "entendre" le vers shakespearien retraduit.

Collant sinon à la lettre du moins à l'esprit de son illustre prédécesseur, il s'affranchit de la loi des genres pour proposer indistinctement à des femmes les rôles d'hommes et vice-versa. Ainsi le rôle-titre est-il confié non sans un certain bonheur à la tragédienne née qu'est Anne Alvaro, usant avec subtilité des gammes de sa sensibilité à fleur de peau, à la fois hardie et fragile, pour réifier les affres vengeresses du jeune Hamlet. À ceci près cependant que la grande différence d'âge qui la sépare de son personnage peut rendre moins crédible le statut d'Hamlet dont le jeune âge n'est pas étranger à sa problématique au lien paternel et maternel.

Yves Kafka
15/01/2021
Sortie à la Une

J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

Rébecca Dereims, Comédienne
19/02/2021