La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Lyrique

Recréer "Carmen", le défi de l'Orchestre National de Lille - 04/07/2019

La première édition des "Nuits d'été de l'Orchestre National de Lille" s'ouvrira en fanfare le 9 juillet avec le chef-d'œuvre de Bizet revu par le chef Alexandre Bloch. Avec une mise en espace due à l'illustrateur Grégoire Pont, un récitant et une équipe de chanteurs très attendue, cette "Carmen" crée l'événement. Grâce au soutien de la Métropole Européenne de Lille et d'un important mécène, la...  

Ils nous réservent encore des Surprises ! - 29/06/2019

L'ensemble Les Surprises, créé par Juliette Guignard et Louis-Noël Bestion de Camboulas, occupe une place singulière dans le paysage baroque français. Dédié depuis ses débuts à la redécouverte d'œuvres ou de compositeurs français méconnus des XVIIe et XVIIIe siècles, cet ensemble à géométrie variable multiplie désormais les incursions sur d'autres terres. Rencontre avec un très jeune chef et...  

Que lire cet été ? Des livres en musique ! - 27/06/2019

À la montagne, à la campagne, en forêt, sur la plage, dans la savane, quelle que soit notre destination estivale, pas question de se passer de lecture ! Pour les amoureux des livres, mélomanes ou pas, petite revue de détail de Boulez à Mozart. Cet été on pourra lire, par exemple, un roman policier, une déclaration d'amour à Mozart, un recueil d'hommages aux artistes lyriques et aux chefs...  

Un splendide "Don Giovanni" à l'Opéra national de Paris - 20/06/2019

Une nouvelle production du chef-d'œuvre de Mozart, "Don Giovanni", a été confiée à Ivo van Hove pour la scène de Garnier. Une proposition, qui déshabille le Grand Seigneur méchant homme de ses oripeaux romantiques, défendue par une belle équipe de jeunes chanteurs et un orchestre au sommet de son art sous la baguette du grand Philippe Jordan. Comment relire aujourd'hui l'opéra des opéras, créé à...  

Ruggero Raimondi, la classe du Maître au Festival d'Auvers - 12/06/2019

Le monstre sacré de la scène et de l'écran, inoubliables Don Giovanni et Scarpia, donnait une master-class les 8 et 9 juin au Château de Méry à l'invitation du Festival d'Auvers-sur-Oise. Les artistes reconnus au-delà du cercle des lyricophiles ne sont guère nombreux. Mais le baryton-basse Ruggero Raimondi fait évidemment partie de la mémoire collective, aimé entre tous parmi les membres de cet...  

VOCES8 donnera de la voix au Festival VOCO à La Seine Musicale - 07/06/2019

Les 11 et 13 juin, le formidable ensemble vocal britannique donnera deux concerts gratuits, fruit d'un travail d'un an avec 550 jeunes collégiens des Hauts-de-Seine. Le public aura aussi l'occasion de (re)découvrir les huit chanteurs de l'ensemble dans un programme de concert original le 12 juin. Huit chanteurs britanniques dans le vent pour un ensemble vocal a cappella qui a le vent en poupe....  

"Tosca" à Bastille, un beau Traité des Passions - 21/05/2019

Reprise de la production de Pierre Audi du chef-d'œuvre de Puccini à Bastille. Servi par une distribution de haut-vol dominée par Anja Harteros et Vittorio Grigolo, le mélodrame implacable se révèle tout aussi brûlant dans la fosse sous la baguette du chef Dan Ettinger. Il est de certains opéras dont on ne voudrait retrancher ni un mot ni une note, tant leur perfection formelle, dramatique et...  

Les Portes de la perception s'ouvrent à La Monnaie - 09/05/2019

Avec cette nouvelle production du Théâtre Royal de La Monnaie du suprême poème de Wagner - la quatorzième de "Tristan et Isolde" depuis 1894 dans ce haut lieu de ferveur wagnériste -, Ralf Pleger et Alexander Polzin tentent de mettre en scène un monde perméable aux influx cosmiques comme aux états de conscience modifiés. Un spectacle intrigant transcendé par de merveilleux chanteurs et une fosse...  

Une "Lady Macbeth de Mzensk" furieusement clinique à Bastille - 08/04/2019

Une nouvelle production du second opéra de Dmitri Chostakovitch confié au perspicace Krysztof Warlikowski par l'Opéra national de Paris impose son éclatante réussite. Sous la direction magistrale d'Ingo Metzmacher, ce passionnant spectacle est défendu par de remarquables chanteurs. C'est la troisième production à l'Opéra de Paris du chef-d'œuvre grinçant et sulfureux du grand musicien soviétique...  

Respirez le bon "ayre" près de votre oreille ! - 23/03/2019

L'Ensemble Près de votre oreille dirigé par Robin Pharo propose fin mars un nouveau disque, "Come Sorrow", consacré aux ayres et songs de quatre compositeurs du siècle d'or anglais. Un répertoire élisabéthain que les trois artistes du consort défendront aussi sur la scène du Théâtre de l'Athénée. Jeune talent désormais bien identifié et complice de nombreux consorts en vue (les Ensembles...  
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À découvrir

"Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain

"La vie, elle a passé, on a comme pas vécu…", ainsi parlait Firs, le vieux valet de chambre de "La Cerisaie" d'Anton Tchekhov, pièce écrite dans le domaine de son ami comédien et metteur en scène Constantin Stanislavski… C'est ce même Constantin Stanislavski, auteur en son temps d'une "Notre vie dans l'art", qui se retrouve au cœur de la pièce éponyme écrite et mise en scène par Richard Nelson, auteur, metteur en scène américain et tchékhovien dans l'âme. Et si l'argument – "Conversations entre acteurs du Théâtre d'Art de Moscou pendant leur tournée à Chicago, 1923" – n'a pas changé d'un iota, ses échos contemporains sont eux particulièrement troublants.

© Vahid Amampour.
Quand, dans le cadre du Festival d'Automne, le Théâtre du Soleil ouvre grand ses portes monumentales de la Cartoucherie à cette nouvelle version de "Notre vie dans l'art", on se dit que ce choix ne peut rien devoir à un quelconque hasard… Et quand on découvre que c'est à Ariane Mnouchkine que l'on doit la traduction de la pièce, et que ce sont ses propres comédiens formés selon les canons artistiques animant son travail que dirige ici Richard Nelson, on n'est nullement surpris de reconnaître là le mantra commun à leurs deux univers : faire du théâtre une caisse de résonances de l'histoire en cours.

Dominant le plateau, comme dans un amphithéâtre antique, des rangées de gradins se font face. Entre une troupe de comédiens en costume de ville. Ils s'affairent à remettre en place les chaises renversées sur la longue table rectangulaire occupant l'espace central, ainsi qu'on peut le faire lorsque l'on revient dans une maison après absence. Il y a là Kostia (Constantin Stanislavski, directeur et acteur du Théâtre de Moscou), Vania, Richard (ancien acteur du même théâtre, exilé lui aux États-Unis), Olga (veuve d'Anton Tchekhov), Vassia et Nina (couple en proie aux tourments de la jalousie amoureuse), Lev et Varia, Masha et Lida, et Petia (jeune acteur soupçonné d'accointances avec les dirigeants de l'Union Soviétique).

Yves Kafka
29/12/2023
Spectacle à la Une

"L'Effet Papillon" Se laisser emporter au fil d'un simple vol de papillon pour une fascinante expérience

Vous pensez que vos choix sont libres ? Que vos pensées sont bien gardées dans votre esprit ? Que vous êtes éventuellement imprévisibles ? Et si ce n'était pas le cas ? Et si tout partait de vous… Ouvrez bien grands les yeux et vivez pleinement l'expérience de l'Effet Papillon !

© Pics.
Vous avez certainement entendu parler de "l'effet papillon", expression inventée par le mathématicien-météorologue Edward Lorenz, inventeur de la théorie du chaos, à partir d'un phénomène découvert en 1961. Ce phénomène insinue qu'il suffit de modifier de façon infime un paramètre dans un modèle météo pour que celui-ci s'amplifie progressivement et provoque, à long terme, des changements colossaux.

Par extension, l'expression sous-entend que les moindres petits événements peuvent déterminer des phénomènes qui paraissent imprévisibles et incontrôlables ou qu'une infime modification des conditions initiales peut engendrer rapidement des effets importants. Ainsi, les battements d'ailes d'un papillon au Brésil peuvent engendrer une tornade au Mexique ou au Texas !

C'est à partir de cette théorie que le mentaliste Taha Mansour nous invite à nouveau, en cette rentrée, à effectuer un voyage hors du commun. Son spectacle a reçu un succès notoire au Sham's Théâtre lors du Festival d'Avignon cet été dernier.

Impossible que quiconque sorte "indemne" de cette phénoménale prestation, ni que nos certitudes sur "le monde comme il va", et surtout sur nous-mêmes, ne soient bousculées, chamboulées, contrariées.

"Le mystérieux est le plus beau sentiment que l'on peut ressentir", Albert Einstein. Et si le plus beau spectacle de mentalisme du moment, en cette rentrée parisienne, c'était celui-là ? Car Tahar Mansour y est fascinant à plusieurs niveaux, lui qui voulait devenir ingénieur, pour qui "Centrale" n'a aucun secret, mais qui, pourtant, a toujours eu une âme d'artiste bien ancrée au fond de lui. Le secret de ce spectacle exceptionnel et époustouflant serait-il là, niché au cœur du rationnel et de la poésie ?

Brigitte Corrigou
08/09/2023
Spectacle à la Une

"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal

Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.

© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu "Juste parmi les nations". D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.

Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, "Les Mains du miracle", et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.

Bruno Fougniès
15/10/2023