La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Danse

"Alegoría (El limite y sus mapas)"… Un flamenco à l'allure contemporaine - 08/02/2022

Pour la cinquième biennale d'art flamenco, qui se déroule du 3 au 18 février, en partenariat avec la biennale de Séville, le théâtre national de Chaillot accueille six spectacles. Ce rendez-vous, qui a lieu tous les deux ans, ouvre ses portes cette année à, entre autres, Paulo Comitre. En compagnie de Lorena Nogal, elles donnent à cet art un accent très contemporain. La lumière se lève sur un...  

"Boxe Boxe Brasil"… Sport, hip-hop et musique classique sous le soleil du Brésil - 01/02/2022

Créée en 2010, la pièce "Boxe boxe" devient, pour cette deuxième édition, brésilienne avec les danseurs de Rio de Janeiro. Différents univers sont aussi intégrés. Le sport se marie avec le cirque et le hip-hop et Mourad Merzouki a aussi convié sur scène le quatuor Debussy. La lumière se lève sur un ring aux cordes un peu distendues cachées par un voile. Le quatuor Debussy, composé de deux...  

"Wo-Man/Point Zéro"… Hip-hop et contemporain en justes noces - 28/01/2022

Autour des créations d'Amala Dianor, il y a plusieurs rencontres, celle d'abord du contemporain et du hip-hop, celle aussi d'une artiste avec son expressivité autant physique que poétique et celle ensuite de trois interprètes qui se cherchent pour se trouver ou se retrouver. Lumière un peu éteinte puis apparaît Nangaline Gomis, vive et rapide pour prendre possession de la scène. Dans "Wo-Man",...  

"Crowd" Foule sentimentale en mode techno nineties - 25/01/2022

En ce début des années quatre-vingt-dix, pendant qu'avec douceur Alain Souchon suscitait la ferveur populaire autour de son tube "Foule sentimentale" ("Avec soif d'idéal/Attirées par les étoiles, les voiles/Du ciel dévale/Un désir qui nous emballe"), la jeunesse déclinait ses propres mantras pour réaliser, hors-sol, son besoin d'exaltation. Ainsi naîtrait la déferlante des free parties ou autres...  

"3 works for 12"… Robotique et poétique - 20/01/2022

Alban Richard, autour des musiques de Louis Andriessen, Brian Eno et David Tudor, fait trois propositions chorégraphiques dans lesquels l'humain devient machine, l'organique, robotique. La liberté gestuelle se marie avec des automatismes faisant de cette création un visage à la Janus. C'est d'abord une musique entraînante, entêtante, celle de "Hoketus" de Louis Andriessen (1939-2021). Ressemblant...  

"A passage to Bollywood"… Un art chorégraphique et conté propre au cinéma indien - 16/12/2021

Depuis cinq ans, le spectacle du chorégraphe Ashley Lobo avec le Navdhara India Dance Theatre poursuit sa tournée dans différentes villes du monde. C'est l'une des rares compagnies indiennes qui tournent à l'international et Ashley Lobo nous fait découvrir cet art cinématographique indien très coloré avec ses codes. Bollywood, contraction de Bombay et Hollywood, a son propre univers tissé autour...  

"Zéphyr"… Soufflé de talents ! - 31/12/2021

Compagnon de route depuis trente ans de La Villette, Mourad Merzouki nous emmène au large, avec ses artistes, à la rencontre de Zéphyr, luttant contre, au-dehors ou dans une cale de bateau. Au travers de différentes musiques, l'ailleurs est à l'horizon avec sa force, ses espoirs, sa résistance physique et parfois ses tragédies. Zéphyr, dans la mythologie grecque, est la personnification du vent...  

"Car/Men"… Seuls, sans opéra et avec facétie - 12/01/2022

Accompagné de sa troupe Chicos Mambo créée en 1994 à Barcelone, le directeur et chorégraphe Philippe Lafeuille, fidèle à sa tradition créatrice, mélange les genres et fait de Carmen une figure portée uniquement par des hommes. Délaissant l'histoire et son opéra, elle devient une composition centrée autour du personnage éponyme avec quelques facilités. Après "Tutu", créé en 2014 et qui continue à...  

"Liber" Exploration musicale et chorégraphique à fleur de peau aux frontières de nos vibrations intérieures - 14/12/2021

Au croisement des champs artistiques s'élaborent des relations singulières émanant de dialogues inédits, poétiques et sensoriels, entre le corps et le son. Des échanges entre une compositrice, musicienne, performeuse, Maguelone Vidal, et une artiste chorégraphique, danseuse aux volutes organiques, Hanna Hedman, naît une partition d'un genre nouveau, à la mystérieuse aura, créant une composition...  

"Inventions"… Création inventive ! - 27/11/2021

Mal Pelo, la compagnie créée par Marìa Muñoz et Pep Ramis, s'immisce dans les différents rayons artistiques de la création. Autour de Bach, appuyé par des instruments à cordes, alternent théâtre, chants d'opéra, poésie et vidéo autour de chorégraphies où les corps s'allient et se rencontrent, se séparent et s'empoignent dans des rythmes aussi vifs que soutenus. Vaste scène où une vidéo en noir et...  
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À découvrir

"Cendres sur les mains" La femme qui murmurait à l'oreille des morts

Dead Can Dance : "Les morts peuvent danser" ! Beauté, Lisa Gerrard est ma chanteuse préférée… J'ai assisté à la représentation de "Cendres sur les mains" sans avoir pris le temps de me renseigner. Bien m'en a pris ! Par les temps qui courent, j'aurais pu penser que ce spectacle allait ajouter au blues de la saison et au retour des contaminations, encore un peu plus de dépression. Et non !

© Jon. D Photographie.
Ce que je retiens, c'est d'abord une voix, celle de Prisca Lona. Envoûtante et habitée. Comme celle de Lisa Gerrard que je cite plus haut et à qui, un temps, elle m'a fait penser. Prisca Lona, la silhouette fine, le costume taillé sur mesure et la beauté lumineuse rattrapée par la bougie dans une semi-obscurité. Une "survivante" revenue des morts… de la mort.

Puis, progressivement, le plateau s'ouvre et s'éclaire juste un peu plus devant nous. Des sacs portés par deux hommes. Un duo. Ils pourraient être frères tant leur ressemblance physique est frappante. Ils portent la même tenue, ils sont fossoyeurs. Ils transportent des corps et les entassent. Tous deux côtoient les cadavres, manipulent des bidons d'essence et se retrouvent dans une marée de cendres. Une mer d'horreur ! Ils font ce qu'on leur demande de faire sans aucun autre retour que de devoir appliquer sans broncher ce "travail" insoutenable, monstrueux qui va s'attaquer à leur propre corps et à leur âme.

Isabelle Lauriou
06/05/2022
Spectacle à la Une

"Monte-Cristo" Grande Épopée pour une grande narration : Monte-Cristo en lumière

Au Quai des Rêves, la bien nommée salle de spectacle de Lamballe, la Compagnie La Volige a présenté l'histoire merveilleuse, palpitante et instructive du Comte de Monte-Cristo. Il s'agit d'un exploit que de restituer sur scène en une heure trente les trois tomes du roman d'Alexandre Dumas. Non seulement par l'étendue du texte, mais également par la multiplicité des lieux où se déroule l'action et par le nombre des personnages impliqués dans cette saga qui se déroule sur plus d'un quart de siècle. Un exploit qui sera cet été au festival d'Avignon Off.

© Frédéric Ferranti.
C'est là qu'entre en jeu la spécificité de la compagnie La Voltige et plus particulièrement celle de l'un de ses créateurs, Nicolas Bonneau. C'est un conteur, original moderne, dont les spectacles s'inscrivent en général dans notre époque, se sourçant au terroir ou à sa propre histoire (citons "Sortie d'usine", "Le combat du siècle", "Qui va garder les enfants ?" ou encore "Mes ancêtres les Gaulois" : tous extraits de notre époque, de notre réalité). "Monte-Cristo" dévie en apparence de ces inspirations. En apparence, car les thèmes qu'il développe et le monde dont il parle ne sont pas si éloignés des nôtres. En cette période trouble du début du XIXe siècle naissait le capitalisme qui nous berce toujours de ses rêves et de ses dévastations. "Il y a dans Le Comte de Monte-Cristo une pertinence philosophique et un esprit de revanche sur la naissance du capitalisme qui résonne avec notre monde actuel", dixit Nicolas Bonneau.

Voici pour le fond de l'histoire. Mais quand il s'agit de raconter cette épopée dantesque (oui, le héros s'appelle Edmond Dantès… mais rien à voir ?), qui mieux qu'un habile conteur comme Nicolas Bonneau pour prendre Edmond et la verve furieuse de Dumas à bras le corps et nous la faire vivre ? Toujours avec douceur, précautions, fluidité et surtout art du langage, c'est ainsi que procède ce conteur moderne, jamais dans l'intention d'imposer sa vision, mais toujours sur une intensité qui fait jaillir de ses mots les images. Ce qui ne l'empêche pas de jeter son habit de conteur dans l'ombre pour se glisser dans la peau de certains personnages, donnant la vie à certaines scènes.

Bruno Fougniès
05/05/2022
Spectacle à la Une

"Vies de papier" Road-movie immobile entre enquête et conférence passionnées

Leur nouvelle tournée passe peut-être pas loin de chez vous. Il faut aller voir Benoît Faivre et Tommy Laszlo et leur manière de rendre palpitant l'examen d'un album-photos anonyme et intrigant trouvé dans une brocante belge…

© Thomas Faverjon.
Dans "Vies de papier", ces documentaristes, ces nouveaux Dupond et Dupont mènent une enquête qui, par étapes, avec ses impasses, ses indices, ses objets déconcertants, toutes ces miettes d'un passé inconnu voit s'ajuster des miettes de mémoire et se constituer en une histoire allemande, une destinée. Celle d'une femme allemande pendant la guerre.

Le scénario développé est improbable et véridique, le récit est haletant. Il a la dimension d'un témoignage de chasseurs de trésors qui tatônnent et se trouvent transformés eux- même par la chasse. Par la résolution de l'énigme, les ressorts secrets de la quête.

Scéniquement, tous les codes convergent vers la réalité avec, en prime dans la présence des comédiens, cette dimension de passion délivrée par des enquêteurs devenus de magnifiques conférenciers. Qui, dans leur manière de faire la liaison entre les images et les objets, cèdent à une touchante tendance à l'auto-célébration. Comme une joie, une satisfaction, une fierté à faire partager.

"Vies de papier" est un road-movie immobile, une épopée avec ce sens de l'autodérision qui fait douter jusqu'au bout et tiens les rennes du rire. Alors cet album-photos ? Cette femme, on y croit ou on n'y croit pas ? C'est la question d'un spectateur comblé.

Jean Grapin
24/03/2022