La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Danse

"The Propelled Heart"… chante, danse ! - 13/03/2018

Rarement dans un spectacle, la voix aura été d'une telle complicité avec le mouvement. Lisa Fischer et Alonzo King réunissent leurs talents respectifs pour proposer une chorégraphie dans laquelle la voix de la chanteuse met en lumière l'émotion du geste. Alonzo King a fondé le Lines Ballet (1982), l'une des compagnies les plus reconnues sur le continent américain. William Forsythe dit de lui que...  

Negotiation… entre hip-hop et khon - 15/02/2018

Pour le festival "Faits d'Hiver", qui se déroule notamment au Tarmac, le khon, danse thaïlandaise, et le hip-hop sont réunis malgré leurs cultures et leurs origines différentes. Olé Khamchanla a réussi avec brio à trouver une assise commune à ces deux univers artistiques pour abattre toutes frontières et toutes distances. Deux silhouettes se détachent de la scène accompagnées d'une musique au...  

Nouvelles pièces courtes… un cocktail d'atmosphères, de poésie et de couleurs - 28/04/2018

Philippe Decouflé, dans des chorégraphies variées et séquencées, propose un monde artistique aux multiples reflets où la scénographie déroule des lieux et des nuances de différents horizons. Tout est ambiance colorée. La scénographie est partie intégrante du spectacle, presque un personnage à lui tout seul dans cette série de "Nouvelles pièces courtes". Musique et théâtre viennent se greffer à la...  

Claquettes jazz… Talons talentueux ! - 09/01/2018

Fabien Ruiz, claquettiste de renom international, après avoir joué avec les plus grands, d'Yehudi Menuhin à Liza Minnelli, nous fait découvrir, dans des chorégraphies envolées et soutenues, l'essence de son art. Les spectacles de "tap dance", dans sa dénomination américaine, ce n'est pas ce qui court les scènes actuellement bien que Fabien Ruiz ait à son actif plus de mille huit cents spectacles...  

Solstice… Quand l'art se met au service de la Nature - 03/10/2017

La chorégraphe, Blanca Li, dans son combat depuis plusieurs années pour promouvoir le respect de l'environnement, présente une trame éco-artistique où la danse devient gardienne, jalouse et respectueuse, de la Nature. Une lumière noire suivie d'un long voile blanc en forme de vague à mi-hauteur se lève sur quatre bocaux rectangulaires. Deux visages ondulent à l'intérieur comme des flammes où deux...  

"Mount Olympus"… orgie en actes ! - 22/09/2017

Le temps d'une journée, Jan Fabre fait appel, dans une dramaturgie revisitée, aux héros grecs des pièces d'Eschyle, de Sophocle et d'Euripide. Le chorégraphe belge rend hommage, au travers de la tragédie, à l'orgie, par l'intermédiaire de ses vingt-huit interprètes. C'est un spectacle marathon qui dure le temps d'une nuit et d'une journée pleines avec l'orgie en reine de cour. Peu surprenant de...  

"We love arabs"… I have a dream - 20/09/2017

C'est un Juif et un Arabe qui arrivent, le temps d'un spectacle, à unir, sans l'ONU, dans une même chapelle de communion, deux populations à l'aide de la danse, du théâtre et d'une bonne dose d'humour. C'est un plaisir de voir l'art utilisé à des fins politiques pour prôner l'ouverture à l'autre et être l'étendard de la paix. Hillel Kogan traite du rapport entre Juifs et Arabes en Israël....  

Alvin Ailey aux étés de la Danse… De la pure élégance technique ! - 22/07/2017

Avec Alvin Ailey, le spectacle est toujours au rendez-vous. Le chorégraphe américain reste toujours aussi présent sur la scène internationale grâce à la compagnie qu'il a créée et à ses œuvres, devenues des classiques pour certaines, où règne une certaine joie artistique. Ils reviennent pour la cinquième fois en treize ans dans le festival. L'Alvin Ailey American Dance Theater continue l'œuvre...  

"Grand finale"… quand le mouvement se fait poésie - 26/06/2017

Hofesh Shechter nous emmène dans un univers chorégraphique, scénographique, théâtral et musical. Le chorégraphe israélien inscrit ainsi son spectacle dans une quadruple dynamique où le corps devient à la fois sujet de lui-même et objet de ses propres convulsions. La scène semble immense avec ses grands blocs géométriques, maquillés de noir, autour de laquelle la lumière fait des apparitions par...  

Le corps sur scène au XXIe siècle - 26/05/2017

La scène est à l'origine le reflet de la société. Les corps handicapés, difformes, différents, les corps en marge des standards esthétiques de leur époque étaient sous-représentés ou alors relégués aux rôles mineurs. Il faut attendre les années 2000 pour voir accepter les physiques atypiques. C'est en montrant ces corps hors normes que l'artiste place le spectateur face à la réalité de la société...  
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À découvrir

"Barbara amoureuse"… Ah qu'il est doux le temps des amours

Caroline Montier chante "Barbara amoureuse", Essaïon Théâtre, Paris

Chanter l'amour comme une femme, chanter l'amour de toutes les femmes, et interpréter celle qui sut tant aimer les hommes ainsi que son public. Dans une belle et élégante simplicité, Caroline Montier nous offre quelques joyaux mélodiques et poétiques de la grande Barbara, éternelle amoureuse.

Parti-pris judicieux, Caroline Montier a puisé dans le répertoire de jeunesse de la dame en noir, époque L’Écluse, Bobino (en première partie de Félix Marten en 61 et de Brassens en 64, puis en vedette en 65), et des premiers Olympia… Période Barbara jeune, tendre, passionnée ou orageuse amante. Une femme qui, à ses débuts, fut tout aussi timide et réservée que mutine et fougueuse, aimant tant l'amour que les hommes qui souvent l'ont comblée.

De titres connus ("Dis, quand reviendras-tu", 1ère version 1962 ou "La Solitude", 1965) à ceux qui le sont moins ("Pierre", 1964 ou "Gare de Lyon", 1964), Caroline Montier a construit un récital sur ces aventures qui ont jalonné sa vie, mais ici avec un choix de chansons enregistrées par Barbara entre 1962 et 1968, avec une prédilection pour des compositions de 64 ("Toi l'homme", "Je ne sais pas dire", "Septembre"…) ou de 68 ("Du bout des lèvres", "Amoureuse", "Le Testament", "Tu sais"…).

Dans cette exploration originale, Caroline Montier fait le choix d'aller croquer un rayon de soleil dans les amours de Barbara, apportant, avec subtilité et talent, une touche de grâce à l'ensemble.

Gil Chauveau
12/12/2018
Spectacle à la Une

"Adieu Monsieur Haffmann"… Rire et émotions mêlés dans une pièce toute en délicatesse… comme une sonate des cœurs purs

Reprise de la pièce aux quatre "Molière 2018", Théâtre Rive Gauche, Paris

La pièce est dessinée en traits purs, comme une esquisse, une encre fine qui laisse autant de place à l'imaginaire dans les espaces laissés vides que dans les tracés. Une sorte de stylisation mêlée à une extrême pudeur pour permettre à cette histoire de briller malgré la noirceur de l'époque où elle se déroule.

1942, les nazis instaurent le port obligatoire de l'étoile jaune pour les Juifs, monsieur Haffmann décide de se cacher dans la cave de sa bijouterie et d'en confier la direction (ainsi que sa propre sécurité) à son employé goy Pierre Vigneau.

Le décor sobre de Caroline Mexme, tout en déclinaisons de gris, sert de fond à cette époque aux couleurs vert-de-gris. D'un côté la cave où se cache Joseph Haffmann, de l'autre l'appartement à l'étage où s'installent Pierre et sa femme, jeune couple en attente d'un enfant qui ne vient pas. Dehors, les persécutions contre les Juifs s'intensifient, dénonciations, expropriations, et puis la rafle du Vél d'Hiv…

C'est dans ce huis clos que va se dérouler la pièce. Une vie à trois qui s'organise sur la base d'un double contrat : donnant-donnant. L'employé-modèle accepte de cacher son patron et de diriger la boutique à condition que celui-ci veuille bien tenter de mettre enceinte sa femme - car lui-même est stérile et monsieur Haffmann si fertile que sa descendance est déjà au nombre de quatre. Contrat aux allures diaboliques dans une époque où l'intégrité est soumise à toutes sortes de tentations, où toutes les trahisons sont possibles.

Bruno Fougniès
09/10/2018
Sortie à la Une

"Crocodiles"… Comme l'histoire d'un d'Ulysse, épuisé, recueilli par Nausicaa

"Crocodiles", en tournée 2018/2019

C'était, il y a, une fois. Un petit garçon qui aimait les étoiles et les arbres fruitiers. Enaiat est son nom. Sa mère, parce qu'elle l'aimait, l'a confié au destin, en l'abandonnant au-delà de la frontière alors qu'il approchait de ses dix ans.

C'est qu'à dix ans, là-bas en Afghanistan, on devient un homme et qu'un homme, quand il est hazāra, quand il appartient à une ethnie persécutée, ne va pas à l'école. Il est esclave. Pendant cinq ans, peut-être, il va avancer vers l'Ouest, de nuit. Se cachant, travaillant le jour, amassant un pécule, des rencontres et des chances.

Afghanistan, Pakistan, Iran, Turquie, Grèce, jusqu'à cette Italie joyeuse et merveilleuse qui l'accueille et recueille son récit.

Cendre Chassane dans "Crocodiles" condense le récit du véritable Enaiat (publié en 2011 chez Liana Levi), et en fait un conte à deux voix dans lequel un écrivain journaliste plein d'empathie interviewe le réfugié.

Sa pièce est un concentré de théâtre. Sa simplicité narrative, l'économie de ses accessoires (un bout de ficelle, un cerf-volant, un ballon, un t-shirt, un livre illustré, un gâteau, un lé de tissu métallisé, des images d'infini de sable ou de ciel) suffisent à capter l'imaginaire et rendent l'histoire lisible et sensible.

Jean Grapin
23/04/2018