La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Danse

Meguri... La beauté claire et sereine du Butô - 28/06/2016

Ushio Amagatsu et sa compagnie Sankai Juku invitent au Butô, jeune danse japonaise, pour découvrir un monde artistique où le difforme fait irruption dans des corps faisant passerelle entre la Mort et la Vie. Assister à une représentation de Butô (1) est comme voir une danse de l'âme avec sa fragilité des mouvements, puisant à l'intérieur des corps, et sa gestuelle qui fait un pacte avec le Temps,...  

Shiganè naï… entre modernité et tradition coréennes - 21/06/2016

Dans le cadre de l'année France Corée et des quatre programmes "Focus Corée" présentés à Chaillot, José Montalvo, avec la "National Dance Company of Korea", allie modernité et tradition dans une approche chorégraphique légère et poétique. "Shiganè naï" (âge du temps)… le titre est suffisamment révélateur. José Montalvo prend le Temps comme pendule pour lier le présent au passé autour de musiques,...  

"Tristan et Isolde"… Danser avec Wagner. - 28/03/2016

La chorégraphe Joëlle Bouvier fait exister la danse dans l'œuvre majeure de Wagner comme une voix de ténor dans un opéra. Les danseurs arrivent à éclipser l'absence des chants dans des chorégraphies où la gestuelle, sobre et précise, incarne une passion amoureuse. "Tristan et Isolde", composé entre 1857 et 1859, est un opéra de Wagner (1813-1883). Le compositeur dut attendre cinq ans avant qu'il...  

"Mass B"… gravité dans l'air - 15/03/2016

Appelée "Belle danse" aux XVIe et XVIIe siècles, elle a été rebaptisée "baroque" seulement dans les années soixante. Louis XIV (1638-1715), très bon danseur, a développé sa professionnalisation en créant une académie de danse royale et en souhaitant qu'elle soit théorisée et perfectionnée par son...  

"L'Étranger"… danse avec Camus - 02/03/2016

Gallotta est un chorégraphe qui aime allier confidences, musique et vidéo. Cette fois-ci, il associe la littérature à la danse en choisissant pour terreau artistique "L'Étranger" de Camus. Le corps d'un récit, tout à la fois intime et littéraire, est mêlé à celui des danseurs. Le chorégraphe,...  

Ballet de l'Opéra de Lyon… Quatre chorégraphies de quatre continents : une quadrature du monde ! - 24/02/2016

Autour de Lucy Guérin, Tânia Carvalho, Emanuel Gat et William Forsythe, la danse contemporaine montre de multiples visages où les mouvements s'enchaînent dans de créatives chorégraphies, où le rapport à l'autre et au monde se décline de différentes façons. Quatre danses de quatre continents, Australie (Océanie), Israël (Asie), Portugal (Europe) et USA (Amérique). Le monde de l'Art est un monde de...  

FLA.CO.MEN… Galván tape du pied et fait musique ! - 08/02/2016

Galván est un chorégraphe qui aime bousculer le flamenco, toujours le reprendre pour en amplifier les traits ou les détourner. Dans ce spectacle, il marie musique et danse sans que l'un n'ait priorité sur l'autre. Ils s'accompagnent, se portent ou se doublent sans jamais se télescoper. Le titre du spectacle est une inversion de syllabes, avec un jeu de mots, montrant le désir du chorégraphe de...  

"Barbe-Neige…", des contes de fées façon hip-hop ! - 21/01/2016

La chorégraphe Laura Scozzi revisite des contes à l'aide du hip-hop. Dans une mise en scène déjantée, l'univers, entre autres, de la Belle au bois dormant et de ses princes charmants est repensé avec gourmandise et beaucoup d'aplomb ! C'est un spectacle vraiment chouette. Chouette car amusant, léger, gracieux, composé de couleurs et de danseurs vifs, de visages tout aussi expressifs que les...  

"Déesses et démones"… la danse au-delà des frontières - 30/12/2015

Blanca Li et Maria Alexandrova se retrouvent sur scène dans un spectacle où les danses, aux gestes amples et bien découpées, se moquent éperdument des frontières… Dans une approche où la grâce des mouvements se lie avec la poésie des corps. Maria Alexandrova, danseuse étoile au Bolchoï, et Blanca Li, danseuse et chorégraphe de renom, sur la même scène, c'est comme avoir le soleil et la lune dans...  

"Répertoire #1"… le Hip-Hop comme vous ne l'avez jamais vu ! - 03/12/2015

Au festival Kalypso, rendez-vous est donné aux chorégraphes qui ont marqué le Hip-Hop. Les frontières artistiques de cette danse sont repoussées pour faire du corps un organe où grâce et rythme cohabitent aussi bien avec de la musique classique que des musiques urbaines et contemporaines. Le festival Kalypso, dans sa troisième édition, nous fait voyager dans le monde du "Street Art" avec pour...  
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À découvrir

Si Louise Michel m'était contée… Cabaret peu orthodoxe sur l'art de la rébellion !

"Cabaret Louise", Théâtre Le Funambule Montmartre, Paris

Reprise Grandes ignorées de nos scolarités boutonneuses, la Commune et sa compagne Louise Michel sont tirées du passé et ici convoquées à une célébration festive et effrontée, bâtie sur un cinquantenaire soixante-huitard bienfaisant, où se réunissent de manière intempestive, ou pas, Rimbaud, Hugo, Léo et Théophile Ferré, Louise Attaque, Johnny Hallyday, Jules Ferry et Adolphe Thiers, etc., prenant vie grâce aux joyeux jeux virtuoses de Charlotte Zotto et Régis Vlachos.

Si Louise Michel m'était contée… Cabaret peu orthodoxe sur l'art de la rébellion !
En une forme de cabaret drolatique, foutraque, jouissif et impertinent, est rendu hommage à la révolte, à l'espérance d'une toujours future révolution, au souvenir de celles qui ont eu lieu - sans malheureusement toujours beaucoup d'efficience -, à celles et ceux - communards ou soixante-huitards - qui les imaginèrent sur le terreau de folles utopies. Régis Vlachos nous offre à nouveau un insolent et hilarant éloge d'une nouvelle rébellion à inventer, nous incitant, dans le respect de nos libertés individuelles, à nous indigner encore et toujours.

Cet hommage audacieux et - forcément - libertaire est associé subtilement, dans un intelligent second plan et en un judicieux contrepoint, à nos désespérantes actualités. Et, tour de force réussi, est généré, en complément inattendu et croustillant, une approche de mise en abyme conjugale du couple tentant de représenter le spectacle tout en l'interrompant de tempétueuses disputes, de tentatives de réconciliation… ou de négociation de définitive séparation... Instillant ainsi dans tous les tiroirs narratifs, une revendication féminine et féministe émanant historiquement de Louise Michel et, dans une contemporanéité militante, celle de la femme d'aujourd'hui que sont les comédiennes Charlotte Zotto et Johanna Garnier.

Gil Chauveau
22/01/2019
Spectacle à la Une

"Cassandra", cruauté et infinie tendresse pour conter le métier de comédienne

La chronique d'Isa-belle L

"Cassandra", C majuscule s'il vous plaît. Pas uniquement parce que c'est un prénom qui, aussi, introduit une phrase ou parce que c'est le titre du spectacle, mais parce que Cassandra, qu'elle soit moderne ici, mythique là-bas, mérite en capitale (C) cette jolie troisième lettre de l'alphabet à chaque recoin de mon papier. La lettre "C" comme Cassandra et comme le nom de famille de l'auteur. Rodolphe Corrion.

Deux C valent pour un troisième : Coïncidence. L'auteur, masculin, très habile répondant au nom de "Corrion" a écrit pour une comédienne à multiples facettes ce seul(e) en scène. Nous voilà à 3 C et trois bonnes raisons d'aller découvrir et applaudir ce spectacle mené de main de maîtresse par la comédienne Dorothée Girot. Jolie blonde explosive, sincère et talentueuse.

Inspiré du mythe de Cassandre, Rodolphe Corrion nous propose aujourd'hui, dans son texte à l'humour finement brodé, un personnage - Théodora -, comédienne enchaînant les castings avec peine, se retrouvant d'ailleurs en intro de spectacle, face à une conseillère Pôle Emploi. Excellent moment et monologue réjouissant. Théodora sent que quelque chose va se produire dans la vie de cette conseillère, quelque chose de… bah ! Oui. Il va se passer quelque chose… elle l'avait sentie, on ne l'a pas écoutée puis… la conseillère, elle ne l'a plus jamais revue.

Isabelle Lauriou
27/03/2019
Sortie à la Une

À écouter : Anémone mange ses frites, mais ce qu’elle "préfère le plus au monde, c’est rien foutre"

Difficile d’interviewer Anémone. Elle sortait de son spectacle "Grossesses nerveuses" qu’elle joue en ce moment au Théâtre Daunou (voir article) et nous l’avons rejoint à la brasserie du coin. Elle y mangeait ses frites et manifestement l’interview ne l’intéressait pas. Malgré les efforts de l’interviewer (moi !) dont les gouttes de sueur perlaient sur le visage en décomposition au fur et à mesure de l’entretien, Anémone nous a répondu de façon claire, nette et expéditive.


À écouter : Anémone mange ses frites, mais ce qu’elle
Au passage, voici la définition de "contre-emploi" au théâtre ou au cinéma : assumer des rôles différents de celui joué habituellement et non par rapport à ce qu’on est dans la "vraie" vie. Ce qu’on a, entre autres, essayé (je dis bien "essayer" !) de demander à Anémone était de savoir pour quelle raison elle ne s'est pas plus mise en danger pour jouer autre chose que le personnage qu'elle a toute sa vie incarnée, c’est-à-dire celui d'une bourgeoise ou une vieille fille un peu coincée. Un "contre-emploi" véritable qu’elle a tenu (et justement pour lequel elle a été récompensée par le César de la meilleure actrice) est celui du Grand chemin.

Possible que l'on s'y soit très mal pris. Peut-être aurait-il fallu parler d'autres choses que de "spectacle" ?

Cet entretien reste tout de même un moment (court mais...) mémorable. À écouter absolument !

Musique : Pierre-Yves Plat

À lire >> Une Anémone en fleur au Théâtre Daunou

À venir : Interview exclusive de Pierre Santini suite à son annonce de départ du Théâtre Mouffetard.
interview_d_anemone.mp3 Interview d'Anémone.mp3  (3.33 Mo)


Sheila Louinet
23/05/2011