La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
CédéDévédé

Véronique Merveille… "Un joli courant d'air" léger et élégant caresse nos oreilles - 25/05/2020

Artiste aux multiples talents - auteure, compositrice, interprète et comédienne -, elle était restée longtemps sans produire un album de chansons étant fort occupée à jouer ses différentes créations et personnages, dont la Diva Commando, crieuse publique lyrique déjantée pour un spectacle de rue tout terrain. Côté enregistrement, cela est aujourd'hui "réparé" avec la sortie en mars dernier de son...  

Lydia Jardon, infatigable défricheuse du piano - 14/05/2020

Lydia Jardon nous offre un nouvel enregistrement de rares sonates de Nikolaï Miaskovsky gravées pour son label AR RE-SE. On connaît encore assez peu le compositeur Nicolaï Miaskovsky né en 1880 dans la Russie tsariste et mort en 1950 en URSS. Son parcours est à nul autre pareil. Destiné à une carrière d'ingénieur militaire comme son père dans l'armée du tsar - il est d'ailleurs diplômé de...  

Bernard Adamus "C'qui nous reste du Texas"… Blues et beau - 05/05/2020

Pour son quatrième album, Bernard Adamus, avec son style blues très marqué, fricote avec le rock pour nous mener vers le grand nord sur des chansons qui se nourrissent de différents tempos aux paroles truculentes. Bernard Adamus, d'origine polonaise, a débarqué à ses trois ans au Québec. Depuis maintenant plus de dix ans, il trace une ligne artistique saluée par la critique avec ses albums "Brun"...  

"Amours Sorcières" de Julie Lagarrigue… Se laisser envoûter par sa féminine et imaginative plume - 08/09/2020

Avec "Amours Sorcières", Julie Lagarrigue nous entraîne sur des chemins de traverses amoureux et poétiques jonchés de pierres (perles ?) rares, aux franches et revendiquées sensibilités féminines, tantôt anguleuses et piquantes, tantôt lyriques et pleines de gaieté… tantôt tristounes et un rien mélancolique, tantôt effrontées et saillantes de pointes d'humour… Avec talent, elle sait poser son...  

La blessure surmontée, Schumann "L'Hermaphrodite" par Laurianne Corneille - 28/04/2020

La jeune pianiste Laurianne Corneille nous offre un superbe voyage très personnel autour d'œuvres emblématiques de Robert Schumann. C'est le bel "Hermaphrodite", véritable album concept sorti en mars 2020. Voici un objet d'art complet, très original, très pensé, beau, voici "L'Hermaphrodite", le nouveau CD de Laurianne Corneille, soliste mais aussi jeune professeure au conservatoire et à...  

Les "Songes" de Sébastien Guèze - 18/04/2020

À l'automne 2019, le ténor Sébastien Guèze a livré un enregistrement des berceuses de son enfance et certains de ses airs secrètement préférés à l'opéra. Un album que dominent la passion et la volonté de montrer l'étendue de ses moyens. Sébastien Guèze, notre ténor qualité ardéchoise d'origine et né à Lyon, nous livre un séduisant enregistrement produit par lui-même, accompagné d'artistes de...  

Le Vivaldi de grand tonneau d'Ophélie Gaillard et le Pulcinella Orchestra - 19/03/2020

La violoncelliste Ophélie Gaillard et son ensemble sur instruments historiques fondé en 2005, le Pulcinella Orchestra, offrent dans un nouveau double CD à paraître le 20 mars un saisissant aperçu des concertos pour violoncelle d'Antonio Vivaldi. On connaît le talent de la violoncelliste française tant comme soliste que chambriste. Dotée d'un tempérament aussi passionné qu'exigeant, éprise...  

Travelling et zoom sur les "Short Stories" de Thierry Escaich par les Tchalik - 11/10/2019

Les Tchalik, une fratrie de musiciens franco-russes de grand talent, ont gravé cinq œuvres emblématiques de la musique de chambre de Thierry Escaich composées entre 2000 et 2018, en hommage au cinéma. Ils seront en concert lundi 14 octobre à Paris. Thierry Escaich, un des compositeurs contemporains les plus en vue, a depuis longtemps déclaré sa flamme au septième art. Les plus chanceux ont pu...  

"Means of Escape" de Danny Bryant… Le blues britannique a de beaux restes ! - 17/09/2019

Production impressionnante, puissante et incroyablement efficace, réalisée aux Chapel Studios du Lincolshire et mixé à Nashville, le nouvel album de Danny Bryant a la vigueur et l'urgente immédiateté du live… tout en proposant un éventail émotionnel que seul le blues peut offrir… Et sur ce terrain-là, le bluesman britannique est un vrai virtuose, des riffs griffus et solos tonitruants aux...  

"Illuminations", le fascinant voyage offert par les artistes de Resonance - 04/09/2019

Sorti en mai 2019, le second opus de Resonance, "Illuminations", envoûte avec un rare bonheur. Grâce à la complicité d’instrumentistes venus d’horizon différents réunis par le contre-ténor Samuel Cattiau et le guitariste Quentin Dujardin, les compositions par ces derniers de belles mélodies rehaussent des textes très anciens de choix. Superbe enregistrement qui ne devrait pas passer inaperçu en...  
1 2 3 4 5 » ... 13






À découvrir

"Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain

"La vie, elle a passé, on a comme pas vécu…", ainsi parlait Firs, le vieux valet de chambre de "La Cerisaie" d'Anton Tchekhov, pièce écrite dans le domaine de son ami comédien et metteur en scène Constantin Stanislavski… C'est ce même Constantin Stanislavski, auteur en son temps d'une "Notre vie dans l'art", qui se retrouve au cœur de la pièce éponyme écrite et mise en scène par Richard Nelson, auteur, metteur en scène américain et tchékhovien dans l'âme. Et si l'argument – "Conversations entre acteurs du Théâtre d'Art de Moscou pendant leur tournée à Chicago, 1923" – n'a pas changé d'un iota, ses échos contemporains sont eux particulièrement troublants.

© Vahid Amampour.
Quand, dans le cadre du Festival d'Automne, le Théâtre du Soleil ouvre grand ses portes monumentales de la Cartoucherie à cette nouvelle version de "Notre vie dans l'art", on se dit que ce choix ne peut rien devoir à un quelconque hasard… Et quand on découvre que c'est à Ariane Mnouchkine que l'on doit la traduction de la pièce, et que ce sont ses propres comédiens formés selon les canons artistiques animant son travail que dirige ici Richard Nelson, on n'est nullement surpris de reconnaître là le mantra commun à leurs deux univers : faire du théâtre une caisse de résonances de l'histoire en cours.

Dominant le plateau, comme dans un amphithéâtre antique, des rangées de gradins se font face. Entre une troupe de comédiens en costume de ville. Ils s'affairent à remettre en place les chaises renversées sur la longue table rectangulaire occupant l'espace central, ainsi qu'on peut le faire lorsque l'on revient dans une maison après absence. Il y a là Kostia (Constantin Stanislavski, directeur et acteur du Théâtre de Moscou), Vania, Richard (ancien acteur du même théâtre, exilé lui aux États-Unis), Olga (veuve d'Anton Tchekhov), Vassia et Nina (couple en proie aux tourments de la jalousie amoureuse), Lev et Varia, Masha et Lida, et Petia (jeune acteur soupçonné d'accointances avec les dirigeants de l'Union Soviétique).

Yves Kafka
29/12/2023
Spectacle à la Une

"L'Effet Papillon" Se laisser emporter au fil d'un simple vol de papillon pour une fascinante expérience

Vous pensez que vos choix sont libres ? Que vos pensées sont bien gardées dans votre esprit ? Que vous êtes éventuellement imprévisibles ? Et si ce n'était pas le cas ? Et si tout partait de vous… Ouvrez bien grands les yeux et vivez pleinement l'expérience de l'Effet Papillon !

© Pics.
Vous avez certainement entendu parler de "l'effet papillon", expression inventée par le mathématicien-météorologue Edward Lorenz, inventeur de la théorie du chaos, à partir d'un phénomène découvert en 1961. Ce phénomène insinue qu'il suffit de modifier de façon infime un paramètre dans un modèle météo pour que celui-ci s'amplifie progressivement et provoque, à long terme, des changements colossaux.

Par extension, l'expression sous-entend que les moindres petits événements peuvent déterminer des phénomènes qui paraissent imprévisibles et incontrôlables ou qu'une infime modification des conditions initiales peut engendrer rapidement des effets importants. Ainsi, les battements d'ailes d'un papillon au Brésil peuvent engendrer une tornade au Mexique ou au Texas !

C'est à partir de cette théorie que le mentaliste Taha Mansour nous invite à nouveau, en cette rentrée, à effectuer un voyage hors du commun. Son spectacle a reçu un succès notoire au Sham's Théâtre lors du Festival d'Avignon cet été dernier.

Impossible que quiconque sorte "indemne" de cette phénoménale prestation, ni que nos certitudes sur "le monde comme il va", et surtout sur nous-mêmes, ne soient bousculées, chamboulées, contrariées.

"Le mystérieux est le plus beau sentiment que l'on peut ressentir", Albert Einstein. Et si le plus beau spectacle de mentalisme du moment, en cette rentrée parisienne, c'était celui-là ? Car Tahar Mansour y est fascinant à plusieurs niveaux, lui qui voulait devenir ingénieur, pour qui "Centrale" n'a aucun secret, mais qui, pourtant, a toujours eu une âme d'artiste bien ancrée au fond de lui. Le secret de ce spectacle exceptionnel et époustouflant serait-il là, niché au cœur du rationnel et de la poésie ?

Brigitte Corrigou
08/09/2023
Spectacle à la Une

"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal

Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.

© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu "Juste parmi les nations". D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.

Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, "Les Mains du miracle", et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.

Bruno Fougniès
15/10/2023