La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
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Travelling et zoom sur les "Short Stories" de Thierry Escaich par les Tchalik - 11/10/2019

Les Tchalik, une fratrie de musiciens franco-russes de grand talent, ont gravé cinq œuvres emblématiques de la musique de chambre de Thierry Escaich composées entre 2000 et 2018, en hommage au cinéma. Ils seront en concert lundi 14 octobre à Paris. Thierry Escaich, un des compositeurs contemporains les plus en vue, a depuis longtemps déclaré sa flamme au septième art. Les plus chanceux ont pu...  

"Means of Escape" de Danny Bryant… Le blues britannique a de beaux restes ! - 17/09/2019

Production impressionnante, puissante et incroyablement efficace, réalisée aux Chapel Studios du Lincolshire et mixé à Nashville, le nouvel album de Danny Bryant a la vigueur et l'urgente immédiateté du live… tout en proposant un éventail émotionnel que seul le blues peut offrir… Et sur ce terrain-là, le bluesman britannique est un vrai virtuose, des riffs griffus et solos tonitruants aux...  

"Illuminations", le fascinant voyage offert par les artistes de Resonance - 04/09/2019

Sorti en mai 2019, le second opus de Resonance, "Illuminations", envoûte avec un rare bonheur. Grâce à la complicité d’instrumentistes venus d’horizon différents réunis par le contre-ténor Samuel Cattiau et le guitariste Quentin Dujardin, les compositions par ces derniers de belles mélodies rehaussent des textes très anciens de choix. Superbe enregistrement qui ne devrait pas passer inaperçu en...  

Denis et Aurélien Pascal, la passion en héritage - 12/08/2019

À quelques jours d'intervalle, en avril dernier, deux enregistrements du pianiste Denis Pascal et de son fils le violoncelliste Aurélien Pascal sont parus : "Ravel à Gaveau" et "All'Ungarese - Kodàly, Popper, Dohnànyi". Deux CD gravés sous le label La Musica témoignant d'une belle transmission familiale de la passion de la musique. Premier Grand Prix au concours Feuermann à la philharmonie de...  

"Même pas sommeil"… Tout en blues et beauté mélodique - 03/06/2019

Charlélie Couture nous revient en force avec son dernier album, le vingt-troisième, et la poursuite de sa tournée, avec un blues bien léché où la trompette taquine la mandoline et l'ukulélé, avec des paroles toujours poétiques, souvent d'actualité et parfois autobiographiques. Artiste multiforme comme il en existe peu, il est le "héros" du multisme, un des fondateurs de cet art qui se veut...  

Bazbaz… Dans l'urgence de l'amour… Manu Militari ! - 01/05/2019

Sensualité mélodique ou mélodies délicieusement sensuelles, voix trainante, caressante… entraînante… Rythme langoureux, ondulant, chaloupant sur un groove soul ou reggae, voici quelques-unes des facettes des aubades amoureuses nouvellement concoctées par Bazbaz dans son nouvel opus, comme un appel à l'amour dans l'urgence, et avec force et humour… "Manu Militari" ! Trois ans après "Café", Bazbaz...  

Les Fantaisies oubliées du Second Empire - 11/04/2019

Jérôme Granjon et son complice Emmanuel Pélaprat, de l'Ensemble Double Expression, ont remis en lumière, sur claviers historiques, le duo piano harmonium cher aux salons du XIXe siècle. Dans leur CD "Fantaisies du Second Empire", ils ont enregistré à côté de pièces de César Franck et Camille Saint-Saëns une charmante sonate oubliée d'Alfred Lefébure-Wely. Un duo rare au disque comme au concert ?...  

Djazia Satour, "Aswat"… Pop poétique méditerranéenne - 13/11/2018

Après son premier EP "Klami" (2010) et le LP "Alwâne" (2014), Djazia Satour prend un nouveau virage dans son dernier album en chantant entièrement en arabe dans une musique aux contours autant traditionnels que modernes mêlant des consonances orientales à un univers blues et pop. Venant tout droit d'Algérie et vivant en France depuis 1990, Djazia Satour, avec sa voix chaleureuse à souhait, ne...  

Lucy and the Rats… un rock garage furieusement sixties - 24/05/2018

Selon un témoin, leur musique est apparu lors d'une expérience de laboratoire qui aurait mal tourné… Les hamsters les plus délicats ont été dévorés par les rats d'égouts les plus sales tout en fredonnant la plus douce des mélodies sucrées. Durant l'été 2015, Lucy Spazzy, légende du punk rock australien et nouvellement londonienne, s'ennuie en jouant toute seule chez elle. Elle a terriblement...  

Barcella… "Soleil"… rayonnant ! - 18/04/2018

Le dernier album de Barcella est un morceau de bravoure musicale enjouée dans une période où la tristesse colle parfois un peu trop aux basques. Dans des compositions colorées, le slameur-poète récidive dans une création où la qualité n'est pas un vain mot. C'est son quatrième album et il tient toutes ses promesses avec des compositions musicales allègres, presque enfantines comme ces comptines...  
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À découvrir

"Underground" Éloge du risque amoureux

L'amour comme les angelots n'a pas de sexe. Même les amours les plus charnels, les plus dévastateurs, les plus profonds, les plus troublants. Oui, c'est étrange d'énoncer cela. Mais c'est ici le propos central d'"Underground". Underground, le métro en anglais, et plus symboliquement ici, telle l'image des entrailles sinueuses et enfouies de l'être intime, là où dorment les désirs cachés, indiscrets, inavouables, mais surtout les désirs inconnus et les peurs.

"Underground" explore cette faille des êtres humains, que l'ordre établi, la conscience et la puissance de l'éducation morale dissimulent pour que les normes sociales dominent. La jeune femme, interprétée avec une sensibilité troublante par Clémentine Bernard, seule sur scène, semble pourtant extrêmement classique, anodine, assise dans sa rame de métro. Mais c'est son discours intérieur qu'elle nous partage alors, une voix grâce à laquelle elle va nous emporter vers l'histoire qui l'attend et l'émotion qui va faire résonner son corps, de sa peau jusqu'au plus profond de son être.

Le début du texte la saisit au moment de sa rupture avec l'homme convenable et convenu que la vie lui destinait. Une vie normale, faite de projets d'enfants et de vacances, faite d'un quotidien bien balisé, d'un ordinaire applaudi par tous : familles, amis, rencontres. Une ouverture qui semble comme le début d'un exil obligé. Elle a perdu ce conventionnel qui l'habillait comme une armure. Elle est égarée dans ce métro comme dans un dédale sans issue.

Bruno Fougniès
11/01/2022
Spectacle à la Une

Piquer en plein cœur au théâtre La Flèche, Paris, Jeudi 6 Janvier, 21 heures…

Comment démarrer cette chronique ? Par une citation ? "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé", Lamartine. Oui ! Qu'en dirait Laurent Orry ?

© Fabien Montes.
Ah ! Oui. Laurent Orry, c'est l'acteur impeccable vêtu d'un vieux manteau usé et poussiéreux qui, pendant 1 h 15, déploie toute sa force, son énergie mais surtout sa palette d'émotions au service de ce délicieux texte écrit par Alessandro Baricco : "Novecento".

Il interprète Tim Tooney, trompettiste, qui pendant plusieurs années jouera aux côtés de son grand ami Novecento, pianiste génial et hallucinant dont les notes dépasseront même l'océan !

Novecento est donc le héros. C'est dans un carton à chaussures déposé sur le piano de la salle de bal d'un paquebot que Novecento commence sa vie, recueilli par un homme d'équipage… et c'est là que démarre l'histoire.

Et ! Quand Novencento rencontre Tim Tooney, comme une tempête en pleine mer, la secousse est grande, les oreilles agitées et le regard fixe pour ne rien manquer de ce spectacle de vague… à l'âme…

Si ! Car le cœur de Tim Tooney est lourd de peine quand il repense à son ami disparu qui jamais n'avait de son vécu touché la terre ferme. Novecento, sa vie, c'était le paquebot, la mer, les visages des voyageurs entre l'Europe et l'Amérique qui l'inspiraient et ont fait de lui un virtuose mais aussi un homme perdu au milieu de l'océan qui n'a jamais su d'où il venait, qui il était et, de la terre ferme, en a développé une vraie névrose.

Isabelle Lauriou
10/01/2022
Spectacle à la Une

"Fragments" d'Hannah Arendt Du 5 au 8 février 2022 à l'Espace Rachi

Bérengère Warluzel et Charles Berling nous invitent, à travers les mots d'Hannah Arendt, à aimer cette faculté inhérente à la nature humaine : penser. Non, penser n'est pas réservé à une élite, bien au contraire. Penser peut être une aventure joyeuse pour chacun, en plus d'être une jubilation et un enthousiasme qui se partagent.

© Vincent Berenger/Châteauvallon-Liberté - Scène Nationale.
"L'essentiel pour moi, c'est de comprendre : je dois comprendre", dit Hannah Arendt. Au fil de ses textes philosophiques et politiques, mais aussi, et c'est moins connu, ses escapades poétiques, Hannah Arendt a construit une œuvre singulière et inclassable. Bérengère Warluzel y a plongé, en a choisi ces Fragments qui résonnent particulièrement aujourd'hui.

Une table, des chaises, les notes d'un piano… ce n'est pas une biographie, mais un parcours ludique, une traversée partagée et qui ouvre l'accès à la liberté de penser pour soi-même autant qu'à une volonté de comprendre en tant que citoyen et citoyenne dans le monde que nous habitons.

Celle qui voulait avant tout "penser sans entraves" s'adresse à nous et nous invite à penser avec elle.

"La pensée (…), conçue comme un besoin naturel de la vie (…) n'est pas la prérogative d'une minorité, mais une faculté constamment présente en chacun de nous."
François Rodinson.

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14/01/2022