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R.Wan "La Gouache" La tchatche lucide d'un poète rappeur toujours indigné

Il y a vingt ans naissait le rap musette inventé par le groupe Java et son chanteur R.Wan*. Ce dernier, également co-leader de Soviet Suprem, sort "La Gouache", son cinquième album solo... L'œuvre d'un poète chanteur, nourri de ses différentes aventures musicales et toujours fort de ses convictions, qui retourne aux sources et dénonce, met en lumière, avec humour, rage et poésie les maux du monde, les aberrations et les injustices des actes humains et le besoin urgent d'un retour à une plus grande humanité.



© Baghir.
© Baghir.
R.Wan revient à ses premières amours en se référant à nouveau aux vies fragiles, en péril, des marginaux, des saltimbanques, de tous ceux considérés comme hors normes ("Printemps merveilleux"). L'écriture est ciselé, précise, souvent rageuse, sait associer l'amour et l'humour en usant de l'art de la contrepèterie, évoquer la mort ("Asticot"), parler subtilement d'environnement, de tendances écolo ("Coule cool"), ou encore suggérer tout en poésie les rêves oubliés, les pays perdus ("Nos mille et une nuits"). Une petite pointe de légèreté insolente est aussi présente ("Ukulélé").

Avec un flow de rage, "La Gouache" nous rappelle que R.Wan n'a rien sacrifié à son énergie, sa colère, qu'il est toujours un rappeur qui a "la gouache", qui est toujours là pour "faire trembler les murs". Une prise de parole que l'on retrouve toujours révoltée mais en mode imagé et indigné en compagnie du Malien Salif Keita dans "Des HUmAiNs"… sur la déshumanisation du monde.

Parmi les titres qui requinquent, qui secouent en mode révolutionnaire les neurones, "Contrepitre" est un essentiel, rappelant ce qu'est la substantifique moelle de l'univers de R.Wan…

© Baghir.
© Baghir.
"Ni dieu ni maître,/Moi je contre-pète/T’es qu’un contrepitre.
Ni dieu, ni maître,/C’est au coeur du bouillon/Qu’on réveille la bête.
Ni dieu Ni maître,/Moi je contre-pète/T’es qu’un contrepitre.
Ni dieu Ni maître/C’est en touchant le fond/Que naissent les plus grandes quêtes.


Et c'est aussi le premier morceau de l'histoire du rap entièrement écrit en contrepèteries : "J'aimais les nippons, elle adorait la Chine…" ou "Bah, j’lui ai remis un marc après la dînette…". À vous de trouver !

Riche de sonorités colorées et de rythmes variés, l'album a été réalisé et mixé par Jean Lampot (Salif Keita, Noir Désir, Brigitte Fontaine, Alain Bashung, Java, etc.). Les amis(es) sont là aussi et on note la participation, entre autres, de Salif Keita, Vincent Allard (Zoufris Maracas), Nadia et Yamina Nid El Mourid (Lo’jo), Albin de La Simone, Toma Feterman (La Caravane Passe, Soviet Suprem). Et de, bien sûr, Fixi (Java, Winston Mc Anuff) qui donne à nouveau la mesure de son talent d'accordéoniste sur deux titres en mode musette (dont l'excellent "Padrino du rap musette").

* Java a été créé par Erwan Seguillon (R.Wan aujourd'hui) et Fixi (François Xavier Bossard).

● R.Wan "La Gouache".
Production : Blue Line.
Label : Poupaprod.
Distribution : Modulor Music.
Sortie : 30 octobre 2020.

Gil Chauveau
Jeudi 19 Novembre 2020

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© Alexandre Pupkins.
L'auteur et metteur en scène d'"Ysteria", présentée naguère sur ce même plateau du TnBA, s'attaque avec une frénésie palpable à ce monument de littérature. Après avoir minutieusement traduit le texte original pour, tout en en préservant l'authenticité, y injecter dans les plis du discours ses propres motifs, Gérard Watkins propose trois heures et plus d'effervescence permanente. Endossant lui-même le rôle du fratricide et régicide Claudius, il donne le tempo de sa scansion décalée présidant à sa manière si particulière de faire "entendre" le vers shakespearien retraduit.

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Yves Kafka
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J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté.

© DR.
J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour la pub, souvent dans l'événementiel. Je travaille aussi régulièrement dans un lieu culturel important qui n'est pas un lieu de spectacle. Pas mal de mes collègues artistes travaillent aussi dans les parcs d'attractions et de loisir.

Pourquoi ce constat ? Parce que quel que soit le secteur où j'exerce, je travaille régulièrement avec des collègues "extras" de la restauration et de l'événementiel, des professionnels du "catering", des agents d'accueil, de sécurité, et des salariés du tourisme, embauchés à la mission, en CDDU, exactement comme moi. Comme pour moi, leurs secteurs d'activité sont à l'arrêt total. Or, eux, n'ont pas de régime spécifique. Ou plutôt, n'en ont plus (1).

Avec la crise que nous vivons, j'ai bénéficié d'une mesure de maintien de mes droits. Elle est ce qu'elle est, elle est imparfaite, mais l'"année blanche" me garde la tête hors de l'eau jusqu'en août 2021.

Eux, comptent les jours sans travail, pas simplement pour "refaire leurs heures", mais parce que chaque jour qui passe est un capital (2) qui s'effrite - quand ils n'ont pas déjà eu la malchance de perdre leurs indemnités avant la crise, suite à la réforme monstrueuse de 2019 (3). Leur indemnité chômage s'épuise sans se recharger depuis 10 mois. Pour beaucoup d'entre eux, c'est déjà le RSA.

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