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Bernard Adamus "C'qui nous reste du Texas"… Blues et beau

Pour son quatrième album, Bernard Adamus, avec son style blues très marqué, fricote avec le rock pour nous mener vers le grand nord sur des chansons qui se nourrissent de différents tempos aux paroles truculentes.



© Louis Pelchat Labelle.
© Louis Pelchat Labelle.
Bernard Adamus, d'origine polonaise, a débarqué à ses trois ans au Québec. Depuis maintenant plus de dix ans, il trace une ligne artistique saluée par la critique avec ses albums "Brun" (2009), "No2" (2012) et "Sorel soviet so what" (2015). Du premier jusqu'au dernier LP, "C'qui nous reste du Texas", la qualité est toujours chevillée aux accords.

Avec ses dix titres, cet opus a une allure toujours foncièrement blues aux relents parfois rock. L'artiste a laissé très majoritairement son harmonica dans son étui. Sa voix, caractéristique, traînante, presque criarde, est utilisée comme effet multiplicateur de ses émotions.

Les chœurs sont discrets bien que parfois appuyés comme pour "Chipotle". Certaines compositions telle que "L'erreur" excelle dans un blues avec la contrebasse de Simon Pagé très présente, accompagnée de quelques notes de piano pour rendre un son plus clair quand celui-ci est, à dessein, légèrement étouffé par des percussions. La voix monte haut perchée au refrain où claironne un saxophone donnant un tournis musical, tel le reflet d'un état d'âme où la tristesse se berce d'incompréhension. C'est dans ces cassures de rythme que se mêlent d'autres éléments musicaux et vocaux donnant une tessiture aboutie. Le début d'une chanson peut ainsi être décharné à dessein comme celui d'un désert, d'un seul à seul avec l'artiste.

© DR.
© DR.
Pour "Entre les lignes", le rythme est pêchu, presque rock avec une guitare ténor bien léchée accompagnée d'une batterie à la frappe rapide et le saxophone étourdissant de Benjamin Deschamps tenant la chanson jusqu'à presque essoufflement avant qu'un "amen" finisse le tout quand "Le boudin libré" est dans un tempo imprimé par une contrebasse ressemblant à celui d'un moteur ronronnant, taquiné par un banjo à la sonorité beaucoup plus joyeuse, suivi de chœurs.

Le superbe "Fuck you mon amour", au titre passablement poétique et bien inspiré, est de toute beauté avec une voix portée par une clarinette basse comme en écho à une douleur sourde.

"Le bleu pis l'vert" démarre comme un film de western, avec quelques accords à la guitare appuyés par un brin d'harmonica, des chœurs discrets et un trombone tel un vent qui siffle dans les broussailles.

Nous aurions pu nous arrêter à chaque composition tant elles sont de qualité et les rythmes de différentes tonalités. Les percussions, en toile de fond, marquent une présence discrète et très efficace avec des instruments à vent qui interviennent comme pour un hold-up musical où des paroles truculentes et fraîchement audacieuses donnent leur pleine mesure. Un bien bel album qui confirme encore et toujours le talent de l'artiste.

● Bernard Adamus "C'qui nous reste du Texas".
Label : Grosse Boîte.
Distribution : Les Distributions Select (Québécor Média).
Sortie : 2019.
>> bernardadamus.com

Réalisation : Tonio Morin Vargas.
Prise de son : Francis Bélanger Lacas.
Mastering : Ryan Morey.
Album enregistré au Breakglass Studio, Montréal.

Tournée
1er mai 2020 (reporté au 9 août) : Vieux clocher de Magog, Magog, Québec.
14 mai 2020 (reporté) : Théâtre Gilles-Vigneault, Saint-Jérôme, Québec.
29 mai 2020 : Club Dix30, Brossard, Québec.
5 juin 2020 : Zénith Promutuel Assurance, Saint-Eustache, Québec.
27 juin 2020 (reporté au 4 juillet) : Chez Maurice, St-Lazare, Québec.
3 juillet 2020 : La p'tite grenouille, Rivières-du-Loup, Québec (Report du spectacle du 25 avril 2020)
4 juillet 2020 : La pointe sec, Mont-Louis, Québec (Report du spectacle du 23 avril 2020)
13 juillet 2020 : Festival d'été de Québec, ville de Québec.
19 septembre 2020 : Cabaret BMO, Sainte-Thérèse, Québec.
3 octobre 2020 : Théâtre Le Patriote, Sainte-Agathe des Monts, Québec.
9 octobre 2020 : La Saguenéenne, Saguenay, Québec.
19 novembre 2020 : Cabaret André-H.-Gagnon, Saint-Hyacinthe, Québec.

Safidin Alouache
Mardi 5 Mai 2020

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