La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Paroles & Musique

Johnny Hallyday… Souvenirs, souvenirs… Il nous reste… - 09/12/2017

Je n'étais pas personnellement un de ses admirateurs mais j'ai toujours professionnellement reconnu la stature particulière et le charisme de ce "monstre" de scène, la longévité de sa carrière et sa capacité exceptionnelle à rassembler les foules. Le souvenir le plus marquant que j'ai gardé de ses prestations scéniques auxquelles j'ai assisté (toujours dans des festivals) prend sa source lors...  

L'Homme : on a souvent parlé de lui, on l'a rarement aussi justement défini - 24/11/2017

Il est 19 h 30 au Théâtre Les Déchargeurs. Est annoncé : "Pour L'homme inouï s'il vous plaît". Une petite dizaine de personne s'alignent sagement devant le jeune homme qui vérifie les billets et qui indique la porte au fond à gauche. Celle-ci s'ouvre sur un escalier de marches en pierres qui aboutissent à une petite salle dont nous allons partager l'intimité une petite heure durant. Sur ce qui...  

Les Divalala… Délicieusement féminines, un rien féministe et surtout très "Femmes" - 02/11/2017

Reprise Elles sont ravissantes, taquines mais surtout leur art virtuose tient plus aux capacités de leur voix, à celle de réaliser des harmonisations réussies, le tout associées à l'espièglerie et au sérieux de leurs interprétations qu'à une quelconque fonction de cruches chantantes sur plateau télé ! C'est un trio au chœur féminin qui, durant une heure vingt, dans un univers aux reflets parfois...  

"Ivo Livi ou le destin d'Yves Montand"… du petiot au papet - 24/02/2017

Dans une mise en scène, précise et enlevée, tout en couleur, où l'on découvre un Montand sous ses différentes facettes, les comédiens font une belle prestation dans des registres variés où la figure de l'artiste apparaît pleine de vitalité et de vérité. C'est l'histoire d'un homme, chanteur, comédien, acteur et par-dessus tout engagé. Yves Montand (1921-1991) a marqué son époque. La pièce retrace...  

Nouveau spectacle Chanson Plus Bifluorée : Une cuvée spéciale... à fredonner sans modération - 06/01/2017

Issue de la fusion artistique du Gong du Balayeur et du Mécanophone (1985), le quatuor Chanson Plus Bifluorée poursuit depuis 1997* sa belle aventure vocale et musicale en trio. Ainsi, depuis plus de vingt-cinq ans, ils pratiquent à merveille l'art du détournement (qui fut l'apanage à la Belle Époque de nombreux chansonniers), les reprises de classiques et la création de compositions...  

Barber Shop Quartet… L'art sublimé et tellement désopilant de la chansonnette a cappella - 06/10/2016

Reprise ! C'est frais, joyeusement impertinent et gaiement irrespectueux… À la quintessence de l'humour, de l'harmonie vocale et de la gestuelle burlesque. Comme un doux et délicieux nectar, cela se déguste lentement, les oreilles grandes ouvertes, les zygomatiques en parfait état de fonctionnement et le cerveau disponible aux intelligentes mélodies et autres chansonnettes… Le nez est fleuri,...  

Concert exceptionnel et unique des Yeux Noirs pour l'Association Coline en Ré - 30/09/2016

La musique sauve des enfants, tel est la baseline de Coline en Ré. Pour cela, l'association sollicite la musique au plus haut niveau pour sauver des enfants en danger. C'est en soutien aux actions menées que le groupe "Les Yeux Noirs" se produira le 10 octobre aux Folies Bergère pour une soirée caritative. Créé par Éric et Olivier Slabiak en 1992, Les Yeux Noirs associe, depuis le début, un...  

● Avignon Off 2016 ● Petit voyage musical, à la fois festif et intime, dans l'univers de Brel - 27/07/2016

Après avoir connu un joli succès l'année dernière à Avignon, Jef, ses amis Jacky et Pierre, personnages échappés des chansons de Jacques Brel, sont de retour pour cette nouvelle édition du Off. Création de Sebastião Saramago, "J'vous ai apporté des bonbons" est un voyage original et surprenant au pays du poète bruxellois pour une rencontre musicale et théâtrale avec trois "amis" typiquement...  

Voyage au bout de la nuit avec Rodolphe Burger - 17/02/2016

Dans le silence vespéral de la nuit des marécages de Whitefish Lake, un cerf nous regarde majestueux. Ses yeux sont troubles comme l'eau de cette maudite rivière, dans laquelle nous allons peut-être y laisser la peau. "Kid tu sais? The river wants to trap me!". Mon appareil est prêt et moi aussi. Billy surveille les alentours pâteux de la barque. Il y a sûrement des crocodiles dans cette garbure...  

Sanseverino prend un nouvel envol du côté du bluegrass, façon "Papillon"… - 11/01/2016

"Papillon", tel est le titre du nouvel album de Sanseverino et de sa tournée. Un spectacle musical tout droit inspiré de ses souvenirs d'enfance en matière de lecture. En effet, "Papillon", alias Henri Charrière, est le surnom d'un forçat du bagne de Cayenne, né en 1906 en Ardèche. Son récit d'aventures et d'évasion autobiographique fut un best-seller en librairie en 1969. Sanseverino, après...  
1 2 3 4 5 » ... 6



Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.






À découvrir

Les modèles des artistes sont-elles vraiment des modèles de vie ? À en croire ces "Muses", non, et tant mieux !

La racine étymologique de musée est "temple des Muses", du nom de ces neuf déesses qui président aux arts. Ici, elles ne sont que quatre (mais neuf en alternance, tiens ? Hasard…) et l'histoire qu'elles incarnent se déroule effectivement dans un musée après la fermeture, dans la torpeur de la nuit. Dans ce spectacle très vivant, incarner est le verbe idéal pour définir ces créations de personnages, puisque ceux-ci ne sont faits, au tout début, que des figures faites de pigments, de colle, de toiles et de cire.

© Xavier Cantat.
Des figures suspendues dans leurs cadres et posées sur un socle qui sont des chefs-d'œuvre : la "Joconde" de Léonard de Vinci, la "Naissance de Vénus" de Botticelli, la "Petite danseuse" de Degas et le "Diptyque Marilyn" d'Andy Warhol… Magie du théâtre, lorsque le dernier visiteur sort, suivi par le dernier gardien, ces muses renaissent, reprennent vie, voix et chair. Alors commence une longue nuit qui va révéler les caractères surprenants, parfois volcaniques et débordants de ces personnages si sages le jour.

Besoin de se dérouiller un peu les jambes, de se plaindre de la cohue qu'elles subissent tous les jours, de se rappeler des souvenirs "d'enfance" ou de se réchauffer les nerfs aux rivalités les plus classiques, rivalités de notoriété, de séduction ou d'âge, car ces quatre figures font bien partie des représentations de l'idéal féminin en compétition, telle sera la course qu'elles mènent avec fougue et sensualité.

L'idée de départ aurait pu devenir banale et vaine sans l'inventivité que les autrices, les interprètes et le metteur en scène ont déployé. Le texte de Claire Couture et Mathilde Le Quellec ancre résolument son ton dans la fantaisie, le jeu de répliques et l'humour. Les deux autrices ont laissé libre cours à leur imaginaire en gardant un point de vue moderne. Elles dessinent des tempéraments rugueux, explosifs et inattendus, qui tranchent avec les idées convenues que l'on forme face à ces représentations idéalisées de la femme : ce que cache le visage, l'apparence, l'esthétique.

Bruno Fougniès
18/10/2022
Spectacle à la Une

"Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?

Garcin, Inès et Estelle, un homme et deux femmes, se retrouvent enfermé(es) dans un salon où la lumière ne s'éteint pas et duquel il est impossible de sortir. Ils comprennent qu'ils se trouvent en Enfer et se racontent leurs histoires. Ainsi se noueront entre eux des relations complexes qui ne se révèleront pas toujours réciproques.

© Anthony Dausseur.
Est-ce bien raisonnable de retourner assister à une énième représentation de "Huis clos", ce texte incontournable du théâtre français écrit, fin 1943 - début 1944, par le célèbre philosophe Jean-Paul Sartre ? Une de ses plus belles œuvres et aussi une des plus jouées.
Quand on aime, on ne compte pas, semble-t-il.

Au Laurette Théâtre, une petite salle intimiste de quartier, se joue une nouvelle version de cette célèbre pièce, interprétée par deux comédiennes et un comédien attachant(es) et investi(es) : Sebastian Barrio, Karine Battaglia et Laurence Meini.

La proximité du public avec la scène et, de ce fait, le contact très proche avec les personnages renforcent très largement la thématique de la pièce. Rares ont été les fois où cette sensation d'enfermement a pu nous envahir autant, indépendamment des relations tendues qui se tissent progressivement entre les personnages et qui de ce fait sont décuplées.

Brigitte Corrigou
24/10/2022
Spectacle à la Une

"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal

Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.

© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu "Juste parmi les nations". D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.

Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, "Les Mains du miracle", et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.

Bruno Fougniès
20/09/2022