La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Paroles & Musique

Andréane Le May… Une québécoise à Paris, ce soir à la Scène du Canal - 24/04/2018

Début de carrière française pour la jeune Andréane Le May qui sortira son premier EP bilingue, intitulé Take me away", en avril. En attendant, on peut la découvrir sur scène, à la Dame de Canton, ce début mars… Ambiance pop soul, pour cette voyageuse qui s'inspire de son enfance à la découverte de l'Amérique du Nord, façon road trip familial, pour créer ses compositions. Marcher dans la neige...  

Lili Cros et Thierry Chazelle… Artistes distillateurs de chansons de vie aux saveurs poétiques et pétillantes - 16/04/2018

Avec la bonne humeur accrochée en bandoulière et le sourire affiché comme une signature, Lili Cros et Thierry Chazelle, dans une harmonie en habit de duettiste, font "Peau neuve" pour unir leur poétique et charmeuse fraîcheur en un vocal et musical duo de music-hall. Dès le début, le ton est donné. On sait qu'on va passer un bon moment, que des éclairs de poésie vont illuminer ce...  

"Al Atlal, chant pour ma mère"… Raconter les ruines, celles d’un amour, d’un pays… - 05/03/2018

S’articulant autour de la chanson "Al-Atlal" (Les ruines) d’Oum Kalsoum, cette création de la comédienne Norah Krief, chantée et parlée, rend hommage à celle que l'on surnommait "l'Astre d'Orient" tout en évoquant l’exil de ses propres parents tunisiens vers la banlieue parisienne et ce qui peut être ressenti en général par chaque enfant d’immigrés. Je revoyais ma mère concasser au mortier son...  

Coffees and Cigarettes "Freak show"… du rock, du hip et du hop ! - 26/02/2018

Toujours dans sa continuité artistique et avec son deuxième LP, Renaud Druel, auteur-compositeur et interprète, puise sa source d'inspiration autant dans le cinéma que dans le hip-hop, le rock "n"roll ; et dans des instruments venus tout droit du Classique. Il est seul dans la création mais toujours en duo, voire plus, dans la composition musicale et ne s'épargne aucune originalité dans son...  

Populaire… Comme une histoire d'amour ! - 26/01/2018

Chansonnettes, ritournelles… pour une amourette qui passait par là… de mots en rimes, de rythmes en refrains, sur une trame aux élans existentiels, des fragments, des petits bouts de chansons populaires construisent, avec un bonheur mélancolique, l'histoire de deux êtres qui passent d'une morne solitude dépressive aux explosives, joyeuses étreintes amoureuses. Un conte de fées… comme une comédie...  

Johnny Hallyday… Souvenirs, souvenirs… Il nous reste… - 09/12/2017

Je n'étais pas personnellement un de ses admirateurs mais j'ai toujours professionnellement reconnu la stature particulière et le charisme de ce "monstre" de scène, la longévité de sa carrière et sa capacité exceptionnelle à rassembler les foules. Le souvenir le plus marquant que j'ai gardé de ses prestations scéniques auxquelles j'ai assisté (toujours dans des festivals) prend sa source lors...  

L'Homme : on a souvent parlé de lui, on l'a rarement aussi justement défini - 24/11/2017

Il est 19 h 30 au Théâtre Les Déchargeurs. Est annoncé : "Pour L'homme inouï s'il vous plaît". Une petite dizaine de personne s'alignent sagement devant le jeune homme qui vérifie les billets et qui indique la porte au fond à gauche. Celle-ci s'ouvre sur un escalier de marches en pierres qui aboutissent à une petite salle dont nous allons partager l'intimité une petite heure durant. Sur ce qui...  

Les Divalala… Délicieusement féminines, un rien féministe et surtout très "Femmes" - 02/11/2017

Reprise Elles sont ravissantes, taquines mais surtout leur art virtuose tient plus aux capacités de leur voix, à celle de réaliser des harmonisations réussies, le tout associées à l'espièglerie et au sérieux de leurs interprétations qu'à une quelconque fonction de cruches chantantes sur plateau télé ! C'est un trio au chœur féminin qui, durant une heure vingt, dans un univers aux reflets parfois...  

"Ivo Livi ou le destin d'Yves Montand"… du petiot au papet - 24/02/2017

Dans une mise en scène, précise et enlevée, tout en couleur, où l'on découvre un Montand sous ses différentes facettes, les comédiens font une belle prestation dans des registres variés où la figure de l'artiste apparaît pleine de vitalité et de vérité. C'est l'histoire d'un homme, chanteur, comédien, acteur et par-dessus tout engagé. Yves Montand (1921-1991) a marqué son époque. La pièce retrace...  

Nouveau spectacle Chanson Plus Bifluorée : Une cuvée spéciale... à fredonner sans modération - 06/01/2017

Issue de la fusion artistique du Gong du Balayeur et du Mécanophone (1985), le quatuor Chanson Plus Bifluorée poursuit depuis 1997* sa belle aventure vocale et musicale en trio. Ainsi, depuis plus de vingt-cinq ans, ils pratiquent à merveille l'art du détournement (qui fut l'apanage à la Belle Époque de nombreux chansonniers), les reprises de classiques et la création de compositions...  
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À découvrir

"Notre vie dans l'art", 1923-2023, "le siècle, il a passé"… et rien de nouveau à l'est… Un flamboyant Tchekhov contemporain

"La vie, elle a passé, on a comme pas vécu…", ainsi parlait Firs, le vieux valet de chambre de "La Cerisaie" d'Anton Tchekhov, pièce écrite dans le domaine de son ami comédien et metteur en scène Constantin Stanislavski… C'est ce même Constantin Stanislavski, auteur en son temps d'une "Notre vie dans l'art", qui se retrouve au cœur de la pièce éponyme écrite et mise en scène par Richard Nelson, auteur, metteur en scène américain et tchékhovien dans l'âme. Et si l'argument – "Conversations entre acteurs du Théâtre d'Art de Moscou pendant leur tournée à Chicago, 1923" – n'a pas changé d'un iota, ses échos contemporains sont eux particulièrement troublants.

© Vahid Amampour.
Quand, dans le cadre du Festival d'Automne, le Théâtre du Soleil ouvre grand ses portes monumentales de la Cartoucherie à cette nouvelle version de "Notre vie dans l'art", on se dit que ce choix ne peut rien devoir à un quelconque hasard… Et quand on découvre que c'est à Ariane Mnouchkine que l'on doit la traduction de la pièce, et que ce sont ses propres comédiens formés selon les canons artistiques animant son travail que dirige ici Richard Nelson, on n'est nullement surpris de reconnaître là le mantra commun à leurs deux univers : faire du théâtre une caisse de résonances de l'histoire en cours.

Dominant le plateau, comme dans un amphithéâtre antique, des rangées de gradins se font face. Entre une troupe de comédiens en costume de ville. Ils s'affairent à remettre en place les chaises renversées sur la longue table rectangulaire occupant l'espace central, ainsi qu'on peut le faire lorsque l'on revient dans une maison après absence. Il y a là Kostia (Constantin Stanislavski, directeur et acteur du Théâtre de Moscou), Vania, Richard (ancien acteur du même théâtre, exilé lui aux États-Unis), Olga (veuve d'Anton Tchekhov), Vassia et Nina (couple en proie aux tourments de la jalousie amoureuse), Lev et Varia, Masha et Lida, et Petia (jeune acteur soupçonné d'accointances avec les dirigeants de l'Union Soviétique).

Yves Kafka
29/12/2023
Spectacle à la Une

"L'Effet Papillon" Se laisser emporter au fil d'un simple vol de papillon pour une fascinante expérience

Vous pensez que vos choix sont libres ? Que vos pensées sont bien gardées dans votre esprit ? Que vous êtes éventuellement imprévisibles ? Et si ce n'était pas le cas ? Et si tout partait de vous… Ouvrez bien grands les yeux et vivez pleinement l'expérience de l'Effet Papillon !

© Pics.
Vous avez certainement entendu parler de "l'effet papillon", expression inventée par le mathématicien-météorologue Edward Lorenz, inventeur de la théorie du chaos, à partir d'un phénomène découvert en 1961. Ce phénomène insinue qu'il suffit de modifier de façon infime un paramètre dans un modèle météo pour que celui-ci s'amplifie progressivement et provoque, à long terme, des changements colossaux.

Par extension, l'expression sous-entend que les moindres petits événements peuvent déterminer des phénomènes qui paraissent imprévisibles et incontrôlables ou qu'une infime modification des conditions initiales peut engendrer rapidement des effets importants. Ainsi, les battements d'ailes d'un papillon au Brésil peuvent engendrer une tornade au Mexique ou au Texas !

C'est à partir de cette théorie que le mentaliste Taha Mansour nous invite à nouveau, en cette rentrée, à effectuer un voyage hors du commun. Son spectacle a reçu un succès notoire au Sham's Théâtre lors du Festival d'Avignon cet été dernier.

Impossible que quiconque sorte "indemne" de cette phénoménale prestation, ni que nos certitudes sur "le monde comme il va", et surtout sur nous-mêmes, ne soient bousculées, chamboulées, contrariées.

"Le mystérieux est le plus beau sentiment que l'on peut ressentir", Albert Einstein. Et si le plus beau spectacle de mentalisme du moment, en cette rentrée parisienne, c'était celui-là ? Car Tahar Mansour y est fascinant à plusieurs niveaux, lui qui voulait devenir ingénieur, pour qui "Centrale" n'a aucun secret, mais qui, pourtant, a toujours eu une âme d'artiste bien ancrée au fond de lui. Le secret de ce spectacle exceptionnel et époustouflant serait-il là, niché au cœur du rationnel et de la poésie ?

Brigitte Corrigou
08/09/2023
Spectacle à la Une

"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal

Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.

© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu "Juste parmi les nations". D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.

Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, "Les Mains du miracle", et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.

Bruno Fougniès
15/10/2023