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Paroles & Musique

"L'affaire Moussorgsky" Comment les "Tableaux d'une exposition" deviennent une conte fantastique…

Sur scène, ils sont quatre instrumentistes. Un pianiste, un contrebassiste, un batteur-percussionniste et un saxophoniste-bruiteur. Une formation de jazz. Mais ce n'est pas un concert auquel vous allez assister. Au-dessus d'eux, un vaste écran sur lequel vont être projetés les dessins et les dessins animés. Puis un gardien de musée va entrer : casquette, veste galonnée, air bonace. Il va être votre guide et le héros de cette aventure extraordinaire qui s'ouvre, au piano, sur un air de musique classique.



© Vincent d'Eaubonne.
© Vincent d'Eaubonne.
On y reviendra régulièrement à cet air, cette pièce pour piano composée en 1874 par Modest Petrovich Mussorgsky. On l'entendra au fil du spectacle, sous sa forme originale mais aussi avec les accents et les tempos de son adaptation en jazz. C'est l'idée musicale de ce spectacle : adapter l'œuvre de Moussorgsky pour un quartet de jazz.

Au départ, les dix morceaux des "Tableaux d'une exposition" avaient été écrits par Moussorgsky en hommage à un ami peintre, Viktor Hartman, disparu prématurément à 39 ans. Il s'inspire alors de certaines toiles et croquis du peintre et compose ces dix pièces pour piano. En naît cette œuvre colorée qui semble raconter dix paysages différents, un peu rêvés, un peu fantasmagoriques.

Le spectacle présenté ici utilise les moyens scéniques et visuels pour faire de ce voyage musical une épopée à travers le monde et le siècle. Alain Pierre, à l'écriture et aux arrangements, a inventé une histoire qui prend sa source aux différents thèmes des tableaux : l'histoire d'un gardien de musée, à Saint-Pétersbourg, qui se réveille soudain dans une salle où tous les tableaux de l'exposition ont été dérobés. Il se penche alors au-dessus d'un cadre et tombe, telle Alice, de l'autre côté.

© Vincent d'Eaubonne.
© Vincent d'Eaubonne.
L'histoire fantastique commence alors, racontée avec talent par Olivier Clenet qui incarne ce pauvre gardien, mais aussi par toute la composition musicale réorchestrée sur des rythmes jazz et également par les projections d'œuvres graphiques sur l'écran qui domine la scène. Trois modes narratifs pour une aventure vive et imagée.

Les créateurs du spectacle ont fait appel à quatre dessinateurs pour la partie graphique. De très belles animations qui ne sont pas seulement des illustrations mais des moments complets de narrations soutenus par l'orchestre. Et l'on glisse ainsi avec souplesse et virtuosité des sons, aux visuels et aux mots, ce qui fait de ce spectacle un moment complet pour les sens. Sans oublier la part d'imaginaire et la part d'histoire puisque cette course à la poursuite des tableaux disparus nous entraîne de la Russie prérévolutionnaire, au Paris des années folles, jusqu'à New York et l'Ellis Island qui a vu débarquer la plupart des migrants européens vers les États-Unis au siècle dernier.

On y croise également Mephisto, Baba Yaga et d'autres personnages aussi hauts en couleur que l'est ce spectacle vif, musical, inventif à la fois, d'une très belle qualité et totalement accessible pour tous, petits ou grands.

C'est dans l'orchestration symphonique réalisée par Maurice Ravel en 1922 que l'œuvre est la plus jouée et enregistrée.

"L'affaire Moussorgsky"

Conte musical jazz.
D'après "Tableaux d'une exposition" de Modest Moussorgski.
Direction musicale, flûte, saxophones, compositions et arrangements : Alain Pierre.
Avec Olivier Clenet, conteur et comédien.
Arrangements, piano, orgue : Thomas Mayeras.
Contrebasse : Jean-François Vincendeau.
Batterie : Bertrand Dabo.
Avec la participation : Moussia Sacré, voix de Baba Yaga.
Dessinateurs : Charlie Cuif, Sébastien Danguy des Déserts, Christophe Fauconnet, Raphaël Lerays.
Direction d'acteur : Florence Joubert.
Costumes : Martine Ritz.
Orchestre Les 5000 doigts du docteur K - Compagnie À toute vapeur.
Durée : 1 heure.
Tout public à partir de 8 ans.

A été représenté les 21 et 22 septembre 2019 à l'Amphithéâtre de la Cité de la Musique - Philharmonie de Paris.

Tournée 2019/2020.
23 octobre 2019 : Festival Jazz pour tous, Théâtre d'Angers, Angers (49).
7 février 2020 (14 h 30 et 20 h 30) : Festival Jazz en Phase, Espace Capellia, La Chapelle-sur-Erdre (44).
Le spectacle venant de se créer, d'autres dates sont en cours de construction.
>> cieatoutevapeur.com

© Vincent d'Eaubonne.
© Vincent d'Eaubonne.

Bruno Fougniès
Mardi 1 Octobre 2019

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"La petite fille de monsieur Linh" Tenter de donner une raison à la vie… à l'exil

Après déjà plusieurs années d'exploitation et de succès, Sylvie Dorliat reprend le très touchant conte de Philippe Claudel, "La petite fille de monsieur Linh", qu'elle a adapté pour la scène et qu'elle interprète. Une bonne occasion de découvrir ou de revoir ce spectacle lumineux et délicat parlant avec humanité tant de l'exil, de la mort, de la folie que de l'amitié et de l'espoir d'une nouvelle vie.

De la guerre, de la fuite, de l'exil peut naître la folie. Lorsque l'on a vu sa famille, tous ceux que l'on aime se faire tuer, quand on a tout perdu, perdre la raison peut devenir un refuge, un acte de survie, une tentative désespérée de renaissance en s'inventant une nouvelle histoire…

Guerre, mort, fuite inéluctable pour un espoir de survie, triviale association caractérisant chaque jour toujours plus notre monde… Bateau, exil, nouvelle contrée inconnue, centre d'hébergement, accueil pour vieil homme et petite fille. Pays nouveau, pays sans odeur, sans les odeurs colorées et épicées de son Asie natale, peut-être le Vietnam ou le Cambodge.

Tout commença un matin où son fils, sa belle-fille et sa petite fille s'étaient rendus dans les rizières. Cette année-là, la guerre faisait rage. Ils sont tués durant leur travail. Tao Linh récupère sa petite fille, Sang diû (Matin doux) 10 mois - elle a les yeux de son père (son fils), dit-il - et entreprend une épuisante traversée, à l'horizon une terre occidentale. Apprivoiser ce nouveau pays, ces gens inconnus, cette promiscuité dans ce centre d'accueil pour émigrés. Puis, au bout d'un moment, se résoudre, se décider à sortir pour découvrir cette ville qui l'accueille.

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Gil Chauveau
09/09/2020
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"Les Dodos" Virtuoses aux agrès comme aux guitares… pour des envolées poétiques et musicales, sensibles et rebelles !

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Fondé en mars 2004 sur les projets de Danielle Le Pierrès (Archaos, Turbulence, Cie Goudard, Rmi-Rayazone, Cirque Plume, etc.) et de Christophe Lelarge (Cirque du Soleil, Turbulence, Cie Goudard, Rmi-Rayazone, etc.)*, le P'tit Cirk est basé dès sa création à Lannion en Bretagne. Cette implantation correspond à une démarche artistique volontaire de long terme afin d'être acteur de la vie culturelle du Trégor, de partager et de transmettre leur passion, et d'aller à la rencontre d'un public qui n'a pas forcément l'occasion ou la demande de découvrir cette forme d'approche de travail envers le cirque. Le spectacle "Les Dodos" est la sixième proposition de la compagnie.

Cette dernière création (en tournée depuis trois ans) confirme, si besoin était, leur statut de compagnie majeure dans le paysage du cirque de création à l'échelle européenne… et leur ouverture permanente à différentes pistes… de cirque. Chez les membres du P'tit Cirk, le sens du collectif, le côté pur, brut et extra-ordinaire de l'exploit sont aussi importants et incontournables que le jeu d'acteur, la mise en piste, la lumière et la scénographie. La performance est là mais n'occulte en rien la trame poétique présente à chaque instant.

Gil Chauveau
17/09/2020
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"Cabaret Louise" Cabaret foutraque et jouissif pour s'indigner encore et toujours !

Grandes ignorées de nos scolarités boutonneuses, la Commune et l'une de ses figures majeures, Louise Michel, sont tirées du passé et ici convoquées à une célébration festive et effrontée, bâtie sur des fondations soixante-huitardes bienfaisantes, où se réunissent de manière intempestive, ou pas, Rimbaud, Hugo, Léo et Théophile Ferré, Louise Attaque, Johnny Hallyday, Jules Ferry et Adolphe Thiers, etc., prenant vie grâce aux joyeux jeux virtuoses de Charlotte Zotto et Régis Vlachos.

En une forme de cabaret drolatique, foutraque, jouissif et impertinent, est rendu hommage à la révolte, à l'espérance d'une toujours future révolution, au souvenir de celles qui ont eu lieu - sans malheureusement toujours beaucoup d'efficience -, à celles et ceux - communards ou soixante-huitards - qui les imaginèrent sur le terreau de folles utopies. Régis Vlachos nous offre à nouveau un insolent et hilarant éloge d'une nouvelle rébellion à inventer, nous incitant, dans le respect de nos libertés individuelles, à nous indigner encore et toujours.

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Gil Chauveau
31/08/2020