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Paroles & Musique

"Barbara amoureuse"… Ah qu'il est doux le temps des amours

Caroline Montier chante "Barbara amoureuse", Essaïon Théâtre, Paris

Chanter l'amour comme une femme, chanter l'amour de toutes les femmes, et interpréter celle qui sut tant aimer les hommes ainsi que son public. Dans une belle et élégante simplicité, Caroline Montier nous offre quelques joyaux mélodiques et poétiques de la grande Barbara, éternelle amoureuse.



© Lionel Blancafort.
© Lionel Blancafort.
Parti-pris judicieux, Caroline Montier a puisé dans le répertoire de jeunesse de la dame en noir, époque L’Écluse, Bobino (en première partie de Félix Marten en 61 et de Brassens en 64, puis en vedette en 65), et des premiers Olympia… Période Barbara jeune, tendre, passionnée ou orageuse amante. Une femme qui, à ses débuts, fut tout aussi timide et réservée que mutine et fougueuse, aimant tant l'amour que les hommes qui souvent l'ont comblée.

De titres connus ("Dis, quand reviendras-tu", 1ère version 1962 ou "La Solitude", 1965) à ceux qui le sont moins ("Pierre", 1964 ou "Gare de Lyon", 1964), Caroline Montier a construit un récital sur ces aventures qui ont jalonné sa vie, mais ici avec un choix de chansons enregistrées par Barbara entre 1962 et 1968, avec une prédilection pour des compositions de 64 ("Toi l'homme", "Je ne sais pas dire", "Septembre"…) ou de 68 ("Du bout des lèvres", "Amoureuse", "Le Testament", "Tu sais"…).

Dans cette exploration originale, Caroline Montier fait le choix d'aller croquer un rayon de soleil dans les amours de Barbara, apportant, avec subtilité et talent, une touche de grâce à l'ensemble.

© Paul Evrard.
© Paul Evrard.
Son phrasé est délié, souple, sans jamais d'exagération. Les intonations, précises, justes, apportent une légèreté qui se dégage, se libère, s'affranchit, des interprétations habituelles. On sent ici la formation lyrique - maîtrise sans peine des montées dans des registres aériens avec des aigus cristallins -, l'expérience du jazz, les compétences pianistiques… et les pratiques vocales et harmoniques exercées dans le trio vocal féminin "Les Swinging Poules" dont elle est une des membres.

Pas d'imitation, l'interprétation est personnelle avec un jeu très fluide au piano, un doigté souple, glissant sur les touches, dans un élégant respect des harmonies des morceaux choisies, laissant les trames mélodiques se développer, prendre leurs aises. Cette fidélité aux arrangements d'origine n'efface pas les délicats apports créatifs et les pointes d'improvisation pianistique qui nourrissent l'interprétation tant vocale que musicale de Caroline Montier. Celle-ci met en lumière l'universalité des chansons de Barbara.

Reprenant certaines affirmations de Barbara ainsi que quelques anecdotes… des choix judicieux et pertinents qui mettent en évidence le profil singulier d'une Barbara jeune et éternellement amoureuse… mais impatiente, avec cet aspect peu connu de vouloir croquer la vie à pleines dents… tout en étant une femme libre - sa revendication féministe appliquée à l'amour - et exigeante dans ses relations (voir le dernier couplet de "Dis, quand reviendras-tu")… qui, in fine, affirmait : "Je n'ai pas le talent de vivre à deux".

Caroline Montier chante "Barbara amoureuse"

Caroline Montier chante "Barbara amoureuse"
Collaboration artistique : Caroline Loeb.
Lumières : Anne Coudret.

Du 29 mars au 28 avril 2018.
Du jeudi au samedi à 21 h 30.
Essaïon Théâtre, Paris 4e, 01 42 78 46 42.
>> essaion.com

•Avignon Off 2018•
Du 6 au 29 juillet 2018.
Tous les jours à 21 h.
L'Atypik Théâtre,
95, rue de la Bonneterie, Avignon.
Tél. : 04 86 34 27 27.
>> atypik-theatre.fr

● Caroline Montier chante Barbara amoureuse.
Label : Vocation Records.
Production : Les Jardins d'Aédé.
Sortie : 2018.

Gil Chauveau
Vendredi 20 Avril 2018

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Jean Grapin
28/06/2018
Spectacle à la Une

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Dans cette exploration originale, Caroline Montier fait le choix d'aller croquer un rayon de soleil dans les amours de Barbara, apportant, avec subtilité et talent, une touche de grâce à l'ensemble.

Gil Chauveau
22/06/2018
Sortie à la Une

"Dévaste-moi"… Persuasion et précision artistique… Pour une nouvelle façon de percevoir un spectacle

"Dévaste-moi", International Visual Theatre, Paris

Airs célèbres d'opéra, chansons rock, romances populaires. Dans son dernier spectacle "Dévaste moi"*, Emmanuelle Laborit chante et danse, livre des confidences à son public, elle fait le show. Avec ses musicos, (ses boys), tout le tralala et ses effets, les surtitrages qui ponctuent avec humour le tour de chant.

Elle met en place avec le soutien de Johanny Bert (qui met en scène) une forme éclectique de théâtre-danse et de music-hall mêlés. Le spectacle est à bien des égards vertigineux.

C'est que, au cas présent, l'artiste ne peut parler ni entendre les sons. Les mots et le sens ne peuvent pas sortir de la bouche. Tout le spectacle est en langage des signes. Interprété, pas traduit. En chantsigne.

Ce qui donne quelque chose de déroutant d'étonnamment maîtrisé qui dépasse très largement la notion de mimodrame et oblige le spectateur qui fait parti des "entendants" à reconsidérer sa manière de percevoir un spectacle.

Car à l'inverse des repères traditionnels qui élaborent un espace scénique dans lequel le sens circule entre les deux bornes de l'indicible : celles de l'obscène et du sublime, la prestation d'Emmanuelle Laborit passe par le bout des doigts et se transmet à tout le corps sans tabous avec la seule force de la persuasion et de la précision artistique. C'est toute la personne qui exprime le poids des sensations, la raison des sentiments ainsi que les effets de style.

Jean Grapin
15/11/2017