La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Humour

Laurent Gérard : quand un comédien se fait show man ! - 27/06/2011

[Reprise] De Guitry à Tardieu en passant par Boudard, Courteline, Jarry, Labiche, Musset ou Goldoni, Laurent Gérard use ses semelles depuis 1996 sur les planches, passant d’un personnage à l’autre avec une grâce aérienne. Quinze ans de théâtre et, un jour, l’envie d’écrire… Écrire, oui ! Mais un "seul en scène", et le jouer. Un comédien dans l’univers du One Man Show, cela pourrait paraître...  

Désespérés de tous les pays... Réunissez-vous et rions ensemble ! - 15/05/2011

Non... bien sûr, il ne s'agit pas d’un remake décalé du "Cercle des poètes disparus", et c’est tant mieux : on n’était pas venu pour ça. Désespéré... Non ! Joyeux, par contre, c'est sûr en sortant de la Comédie de Paris après avoir vu la "désespérance" passée au rouleau compresseur de l'humour ! Au départ était la rencontre entre Manon et un flux de gaz… de ville ! Issue de la rencontre :...  

Une Anémone en fleur au Théâtre Daunou - 21/05/2011

Anémone et Henri Guybet remportent un joli succès public au Théâtre Daunou. "Grossesses nerveuses" était d’abord en tournée toute la saison. La pièce est maintenant prolongée jusqu’en décembre 2011. Après quatre ans d’absence, on retrouve une Anémone pétillante, qui passe du rôle de la jeune femme coincée en quête de mari à une bourgeoise exubérante à la reconquête de son époux. Un Henry Guibet...  

Arnaud Tsamère, le phénomène - 10/05/2011

Buzz d'Arnaud Tsamère dans l’émission de Ruquier ("On n’demande qu’à en rire"). En ce moment au Théâtre Les Feux de la rampe, son spectacle "chose promise" fait un carton. C’est bien simple, les soirs où il se produit, on y voit une file (interminable) d’aficionados. De notre côté, on se devait de comprendre : était-ce l’effet "vu à la téloche" et mouton de Panurge ? Genre phénomène de mode et...  

Du dépilatoire au désopilant chez les Consensuels ! - 23/04/2011

Se promener dans la vieille ville de Lyon a du bon. Au détour d’une rue pavée, on fait des rencontres auxquelles on ne s’attend pas toujours… Ici, c’est au "Boui Boui", le bien nommé "Café comique" de Stéphane Casez autour d’un duo de choc : Les Consensuels. C’est juste là, sur la gauche, à deux pas du métro "le vieux Lyon" et de quelques très bons bouchons de la rue Saint-Jean… Un tout petit...  

Le sens de la vie... via The Oliver Saint John Gogarty Pub - 10/01/2011

Ne cherchez pas dans le titre un véritable lien réel avec le célèbre pub irlandais (situé au cœur de Temple Bar, le quartier bohème artistique et culturel de Dublin), si ce n'est la "descente" de pintes de bières successives (habituelle dans ce type d'Irish Bar) qui aurait pu éventuellement amener, lors de leur passage à Dublin, les Chiche Capons à aiguiser leur imagination. Mais la rencontre...  

L'irradiante générosité comique de Virginie Hocq - 02/02/2011

En 2007, on avait littéralement craqué pour son spectacle "C'est tout moi" (son premier en France)... et souvent à l'approche de retrouvailles, on se demande si le coup de foudre sera à nouveau au rendez-vous ? Pas d'inquiétude... Virginie Hocq est de retour ! Avec le même "peps", la même énergie et cet incroyable charisme qui instaure entre elle et le public une complicité rarement rencontrée...  

Il a bon dos le Dodo de Yannick ! - 26/01/2011

Il a si bon dos que 50 ans après sa découverte, il avait déjà disparu... Oups ! Au départ, il y avait Dodo le pataud et Momo le badaud... l'un oiseau sur l'île Maurice, l'autre oisif sur l'île aux bons mots. Si l'un a complétement disparu et depuis longtemps (1681), l'autre, personnage de conte (de légendes ?) est en voix d'extinction.. Car, au travers de ces histoires de Dodo, de patois, de...  

Gauthier Fourcade, tel un Don Quichotte, pourfend le réalisme, le déterminisme et la logique d'un monde idiot - 17/12/2018

Voilà la question. Liberté ! Au singulier et avec un point d'exclamation. Et avant tout, la liberté de choisir. C'est ce qui vient immédiatement à l'esprit face aux propositions de nos sociétés surconsommatrice, et pas seulement consommatrices en denrées, en produits manufacturés mais aussi en pensées, en pensées prêt-à-porter, en gens, en relations. En humains. Alors voilà le personnage...  
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À découvrir

Les modèles des artistes sont-elles vraiment des modèles de vie ? À en croire ces "Muses", non, et tant mieux !

La racine étymologique de musée est "temple des Muses", du nom de ces neuf déesses qui président aux arts. Ici, elles ne sont que quatre (mais neuf en alternance, tiens ? Hasard…) et l'histoire qu'elles incarnent se déroule effectivement dans un musée après la fermeture, dans la torpeur de la nuit. Dans ce spectacle très vivant, incarner est le verbe idéal pour définir ces créations de personnages, puisque ceux-ci ne sont faits, au tout début, que des figures faites de pigments, de colle, de toiles et de cire.

© Xavier Cantat.
Des figures suspendues dans leurs cadres et posées sur un socle qui sont des chefs-d'œuvre : la "Joconde" de Léonard de Vinci, la "Naissance de Vénus" de Botticelli, la "Petite danseuse" de Degas et le "Diptyque Marilyn" d'Andy Warhol… Magie du théâtre, lorsque le dernier visiteur sort, suivi par le dernier gardien, ces muses renaissent, reprennent vie, voix et chair. Alors commence une longue nuit qui va révéler les caractères surprenants, parfois volcaniques et débordants de ces personnages si sages le jour.

Besoin de se dérouiller un peu les jambes, de se plaindre de la cohue qu'elles subissent tous les jours, de se rappeler des souvenirs "d'enfance" ou de se réchauffer les nerfs aux rivalités les plus classiques, rivalités de notoriété, de séduction ou d'âge, car ces quatre figures font bien partie des représentations de l'idéal féminin en compétition, telle sera la course qu'elles mènent avec fougue et sensualité.

L'idée de départ aurait pu devenir banale et vaine sans l'inventivité que les autrices, les interprètes et le metteur en scène ont déployé. Le texte de Claire Couture et Mathilde Le Quellec ancre résolument son ton dans la fantaisie, le jeu de répliques et l'humour. Les deux autrices ont laissé libre cours à leur imaginaire en gardant un point de vue moderne. Elles dessinent des tempéraments rugueux, explosifs et inattendus, qui tranchent avec les idées convenues que l'on forme face à ces représentations idéalisées de la femme : ce que cache le visage, l'apparence, l'esthétique.

Bruno Fougniès
18/10/2022
Spectacle à la Une

"Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?

Garcin, Inès et Estelle, un homme et deux femmes, se retrouvent enfermé(es) dans un salon où la lumière ne s'éteint pas et duquel il est impossible de sortir. Ils comprennent qu'ils se trouvent en Enfer et se racontent leurs histoires. Ainsi se noueront entre eux des relations complexes qui ne se révèleront pas toujours réciproques.

© Anthony Dausseur.
Est-ce bien raisonnable de retourner assister à une énième représentation de "Huis clos", ce texte incontournable du théâtre français écrit, fin 1943 - début 1944, par le célèbre philosophe Jean-Paul Sartre ? Une de ses plus belles œuvres et aussi une des plus jouées.
Quand on aime, on ne compte pas, semble-t-il.

Au Laurette Théâtre, une petite salle intimiste de quartier, se joue une nouvelle version de cette célèbre pièce, interprétée par deux comédiennes et un comédien attachant(es) et investi(es) : Sebastian Barrio, Karine Battaglia et Laurence Meini.

La proximité du public avec la scène et, de ce fait, le contact très proche avec les personnages renforcent très largement la thématique de la pièce. Rares ont été les fois où cette sensation d'enfermement a pu nous envahir autant, indépendamment des relations tendues qui se tissent progressivement entre les personnages et qui de ce fait sont décuplées.

Brigitte Corrigou
24/10/2022
Spectacle à la Une

"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal

Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.

© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu "Juste parmi les nations". D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.

Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, "Les Mains du miracle", et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.

Bruno Fougniès
20/09/2022