La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.



Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Humour

Arnaud Tsamère, le phénomène

Buzz d'Arnaud Tsamère dans l’émission de Ruquier ("On n’demande qu’à en rire"). En ce moment au Théâtre Les Feux de la rampe, son spectacle "chose promise" fait un carton. C’est bien simple, les soirs où il se produit, on y voit une file (interminable) d’aficionados. De notre côté, on se devait de comprendre : était-ce l’effet "vu à la téloche" et mouton de Panurge ? Genre phénomène de mode et autres flammèches de pacotilles ? Il fallait donc qu’on aille voir… de nos propres oreilles. Disons que nous n’avons pas été déçus par l’artiste !



Arnaud Tsamère, le phénomène
Comme dans tous les One man show, le pitch est archi simple : Patrice Valenton, c’est le genre de prof un peu psycho-rigide sur le retour. Mais Patrice, c’est aussi un chic type. Car il a eu un meilleur ami (Rémi), mort dans un accident de voiture pour cause d’éthylisme aggravé (version Les petits mouchoirs encore plus sirupeux). Avant de crever, il lui a légué un carnet sur lequel il a gribouillé quelques rêves de gosses : des anecdotes du Balto, une histoire de ventriloquie, un souvenir de film (et pas des moindres : Les Tontons flingueurs)… que Patrice raconte uniquement pour lui rendre hommage. Le paquet est maison, limite rudimentaire, mais il bien ficelé. Il n’y a plus qu’à attraper le fil et à tirer dessus pour que s’en échappe une explosion de rires, d’idées et de personnages… Et hop, nous voilà partis pour près d’une heure trente de banane… à se fendre la poire, limite à se taper le cul par terre…

Alors Patrice, ça fait quoi de se retrouver sur le devant de la scène ?

Avant d’entendre ta réponse ("chose promise" !), je t’ai écrit une p’tite bafouille. Je voudrais bien que tu la lises… attentivement !

Très cher prof. d’Économie,

Voilà, il faut que je te dise… Je n’ai jamais été ton élève (Dieu m’en préserve, tu dois être chiant à mourir dans une salle de classe). En revanche, si un jour tu dois changer de métier, suis les pas de ton défunt ami : deviens farceur, railleur, ironiste, ventriloque (si si même ça !), humoral, fantaisiste, chansonnier, caricaturiste, surréaliste, burlesque, amuseur… Mais enfin, quitte cette casquette de prof, et deviens n’importe quoi, même comique de foire si ça te chante. Tout, SAUF fonctionnaire de morveux !
Je ne dis pas, tu dois être un type très sympa avec ta petite moustache et ta cravate en forme de tige. Mais bon, je te préfère avec ta tronche de noix de cajou quand tu te mets à causer avec "Falzouille", que tu "branles la nouille" du proviseur/producteur ou que tu te mets tout bonnement à turlupiner la connerie humaine (d’ailleurs, pas encore assez à mon goût). Alors, s’il te plait, ta rengaine de "shui pas comédien", tu te la fous dans ta poche et tu continues à "procéder à ton rappel", parce que moi, je reviendrai pour te serrer la pince. Et puis, je pense vraiment qu’en continuant à rendre hommage à ton ami mort, tu donnes une sacrée banane au spectacle vivant.

Alors comme dit l’autre (mort d’ailleurs !), salut ma poule, et bonne bourre avec Dino !


P.S. : Si les autres comprennent pas ma lettre, ils ont cas aller voir ton spectacle ! "Pouet".

"Chose promise"

Arnaud Tsamère © Alexandra Verniest.
Arnaud Tsamère © Alexandra Verniest.
(Vu le mercredi 4 mai 2011)

Texte : François Rollin, Arnaud Joyet et Arnaud Tsamère.
Mise en scène : François Rollin et Arnaud Joyet.

Les mardi et mercredi à 21 h 30.
Du 5 janvier 2011 au 26 juin 2011.
Théâtre Les Feux de la rampe
Réservations : 01 42 46 26 19
www.theatre-lesfeuxdelarampe.com

Du 8 au 31 juillet au Festival Off d'Avignon.
Nous vous signalons que le spectacle d'Arnaud Tsamere, "Chose promise", au Théâtre du Monte Charge étant quasi complet jusqu'à la fin du festival, des dates supplémentaires ont été rajoutées au Palace du 14 au 19 juillet à 12 h.

>> À écouter dans la rubrique RDV du jour, l'interview en trois épisodes de Arnaud Tsamère.

Mardi 10 Mai 2011

Nouveau commentaire :

Théâtre | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | À l'affiche bis | Cirque & Rue | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | Avignon 2017 | Avignon 2018 | Avignon 2019 | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives | Avignon 2021




    Aucun événement à cette date.
Vidéos les plus récentes



À découvrir

"Les femmes de la maison" L'épopée des luttes féminines sous le prisme d'une maison très spéciale

Voici la dernière pièce de Pauline Sales (écriture et mise en scène) qui a été présentée au Théâtre Paul Scarron du Mans devant un public professionnel restreint. Un privilège que d'assister à cette histoire que l'on sent chevillée au corps de sa créatrice. Il y est question de femmes artistes. Question également des femmes non artistes. Question de la liberté que les femmes ont peu à peu conquis depuis bientôt un siècle. Arrachant bribe après bribe le droit d'agir, de s'exprimer, le droit sur leur corps, leur sexualité, leurs choix. Et trouver enfin la puissance pour se détacher du diktat masculin si bien bétonné.

© Jean-Louis Fernandez.
L'histoire des "femmes de la maison" commence dans les années cinquante et se termine de nos jours. Elle va mettre en jeu une dizaine de personnages féminins sur trois périodes symboliques : les années cinquante, les années soixante-dix et 2022. Pour cela, Pauline Sales invente une maison qui sera le moyen de traverser le temps et l'espace. Cette maison est celle de Joris, un amoureux, par ailleurs cinéaste militant contre les méfaits des guerres. Il achète cette maison par amour pour une photographe, l'amour s'en va, il ne sait qu'en faire, alors il la prête à des artistes. Le hasard veut au départ que ce ne soit que des femmes - peintres, poètes, sculptrices… et cela se transforme en règle : seules des femmes artistes pourront venir un temps pour créer ici.

Première période, maison fermée entourée de bois. C'est l'après-guerre et l'artiste que Joris installe dans la maison dessine. Dessine en mode combat contre elle-même. Contre la pensée que chez elle, son mari, sa fille sont là comme une destinée de femme au foyer qu'elle refuse. Combat contre le mal que cela peut faire.

Bruno Fougniès
25/08/2021
Spectacle à la Une

"Marilyn Inside" Dévoiler Marilyn pour tenter de retrouver l'intimité secrète de Norma Jean

Qui était-elle, réellement ? Être dual, aux structures intimes complexes, celles d'une âme en quête de sérénité, de sincérité. D'un côté Marilyn, sex-symbol fabriqué par le cinéma hollywoodien des années cinquante, ou Norma Jeane, femme-enfant à la vie chaotique, ballotée entre une mère atteinte de troubles psychologiques graves et les placements dans de multiples familles d'accueil. Confrontation ou rencontre imaginaire entre ces deux fantômes, souvenirs de ces deux réalités successives, tentative de traversée du miroir, c'est ce que nous propose l'étonnant et réussi "Marylin Inside".

© Clarisse Bianco.
Incarnation féminine idéalisée jusqu'à en devenir une icône planétaire, tempête sensuelle à la robe blanche virevoltante, blonde écervelée à la jeunesse intemporelle… Elle fut tout cela tout en restant une femme mystérieuse, secrète que seules la captation de regards fugaces, la perception de fragiles coups d'œil éphémères laissaient deviner. Actrice quasi vénérée malgré ses extravagances conjugales, ses dépressions et, parfois, ses excès de consommation d'alcool et/ou de médicaments, elle était à la fois saisissante et insaisissable.

L'auteure, Céline Barcaroli, nous propose une traversée intérieure dans la dualité d'une femme publique où se confronte et se rencontre les deux faces de celle qui bouleversa à jamais la représentation cinématographique féminine - registre "blonde incendiaire" - tout en exposant involontairement, puis volontairement, ce que peuvent être les fragilités et les failles d'un être sublimé. Son propos, fondé sur du réel, nous emporte dans le fictionnel pour effleurer, parfois approcher, ce qu'ont pu être les mystères, les fêlures indicibles, les tourments naissant d'une continuelle et insatiable quête d'amour.

Gil Chauveau
01/10/2021
Spectacle à la Une

"L'âne et la carotte"… Siège de chaises !

Dans un spectacle qui mêle l'humour à la réflexion, Lucho Smit se livre à une série de numéros circassiens où, autour d'un récit, l'artiste raconte ses doutes, sa vision du monde et celle du cirque.

© František Ortmann - Letní Letná.
L'un des nombreux attraits du nouveau cirque, nommé aussi cirque contemporain, est sa capacité à surprendre et à faire découvrir aux spectateurs des arts de la scène aussi différents que du théâtre, de la chanson et/ou de la musique en plus des acrobaties. Le décor est aussi très important. Dans "L'âne & la carotte", le plateau découvre une colonne de chaises, ce dernier élément étant la matrice même de la scénographie. Ionesco aurait pu se retrouver dans celle-ci où leur amoncellement tient lieu d'œuvres de construction.

Lucho Smit tient l'équilibre pour un art, mais aussi pour une compagne du déséquilibre, les deux sont sœurs d'armes à chaque instant dans sa création. Cela démarre en trombe dans une course sur des chaises où celles-ci s'écroulent bien que l'artiste finisse assis sur la dernière de la rangée. Ce pourrait être le résumé de la représentation. Tout est en équilibre au travers des déséquilibres et s'il ne devait en restait qu'un, ce serait une et elle aurait quatre pieds et un dossier.

La voix off de Lucho Smit accompagne le spectacle pour raconter ses états d'âme, sa vision du monde et du cirque. On peut aimer cette narration comme en être agacé. J'ai eu les deux sentiments, agacé au début puis intéressé par le récit à la fin avec quelques longueurs toutefois. Les choses sont dites avec humour, même si ce n'est pas là où il excelle le plus, l'acrobatie du trait d'esprit n'étant pas celui du corps.

Safidin Alouache
05/10/2021