La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Festivals

Festival de La Ruche #2 Épisode 1 Immersion in situ dans les créations à venir, une invitation à un work in progress transgressif - 27/05/2022

Choisir "La Ruche" comme rôle-titre de ce festival initié par le TnBA est tout sauf un hasard tant la colonie d'artistes qui y trouve refuge entend faire son miel de cet espace voué à la création artistique. Pour sa deuxième édition, sept collectifs d'artistes - jeunes pour certains, moins pour d'autres - prennent le risque d'exposer une étape de leur travail au long cours, dans un esprit de...  

Parade(s) Quarante compagnies des arts de la rue investissent Nanterre du 3 au 5 juin - 24/05/2022

Après deux éditions annulées, Nanterre renoue avec son événement devenu institutionnel, Parades(s), pour cette 32e année. Une édition qui, comme les précédentes, invite des dizaines de compagnies des arts de rue, dans tous les domaines, cirque, théâtre, musique, danse, installations, performances, marionnettes… De jour comme de nuit, en tous lieux de la ville et au-delà. Ce sera donc un weekend...  

Et tel un Phénix, il renaît de ses lumineuses et ardentes cendres… Spectaculaire et unique, le Phénix Festival est de retour ! - 23/05/2022

C'est parti ! Après le succès remporté par la première édition en 2021, le Phénix Festival, premier "pré-festival d'Avignon organisé à Paris", revient en force cette année avec une sélection riche et variée. C'est dans quelques jours, plus précisément le 27 mai avec "Le jour où mon père m'a tué" au Lavoir Moderne Parisien (Paris 18e) que va commencer cette deuxième édition. Du 27 mai au 20 juin...  

Musiques au pays de Pierre Loti, un passage de témoin pour cette 18e édition - 09/05/2022

"La Musique et les mots" (titre de cette édition) retentiront à nouveau sur l'Île d'Oléron et à Rochefort fin mai 2022 pour le 18e festival "Musiques au pays de Pierre Loti" lancé en 2004 par Julien Masmondet. Directeur artistique du festival depuis 2004, le chef d'orchestre et directeur de l'ensemble Les Apaches, Julien Masmondet passe cette année le relais au magnifique baryton Victor Sicard,...  

Eldorado, un festival pour et par les adolescents de Lorient - 04/05/2022

C'est la sixième édition de ce festival organisé par le Centre Dramatique National de Lorient. Après deux années d'absence pour la raison que vous connaissez, le rendez-vous annuel a pu avoir lieu du 26 au 30 avril. Un rendez-vous entièrement tourné à ce vaste âge qu'est le passage de l'enfant à l'adulte qui propose une programmation dédiée, mais qui est aussi l'occasion de présenter la...  

Komidi, le pari réussi de la découverte, de la jeunesse, de la rencontre et de la création - 02/05/2022

La quatorzième édition du festival Komidi débutera le 4 mai pour douze jours de spectacles proposés la journée aux élèves réunionnais de Saint-Joseph, Petite-Île, Saint-Pierre et, en soirée, pour des spectateurs venus de toute l'Île de la Réunion. Impro, théâtre, clown, musique, humour, jonglerie musicale, marionnettes… soit 38 spectacles proposés tant par des troupes locales que par des...  

Les Musicales de Colmar pour quelques jours encore - 12/04/2022

Le Festival de Pâques des Musicales de Colmar, qui revient après trois ans d'absence, est à redécouvrir depuis le 8 avril. On peut encore assister à de beaux concerts pour quelques jours. L'excellent violoncelliste Marc Coppey, né à Strasbourg, est le directeur artistique des Musicales de Colmar. Il a décidé (après trois ans de silence contraint) que ce festival de la renaissance après crise...  

Festival Trente Trente "Nartiste", "En Outre", "I.O", "Lontano", des circassiens en recherche… et une roue Cyr flamboyante en guise de point final - 24/02/2022

Pour conclure la 19e édition des Rencontres de la forme courte en Nouvelle-Aquitaine, un bus avait été affrété reliant Bordeaux à L'Agora-Pôle National Cirque de Boulazac en Dordogne. Là, nous attendaient quatre performances toutes frappées du sceau d'une recherche échappant aux attendus du genre, l'une d'entre elles cependant se détachant du lot… Bouquet final d'un festival ayant ménagé une...  

Festival Trente Trente "Love me tomorrow", "Derviche", "De la Sainte Face à la Tête Viande", des tentatives appliquées… au plaisir du délire pur - 12/02/2022

Ce Festival n'est jamais si fantastique… que lorsqu'il ose le risque artistique. Ainsi de "De la Sainte Face à la Tête Viande", un duo incongru, pétri de qualités comme l'argile qu'il malaxe, succédant sous le chapiteau de Bègles au trop lisse "Derviche" qui, malgré son titre, ne nous a pas tourneboulé… Quant à "Love me tomorrow", présenté lui à la BAG (Bakery Art Gallery), il tend lentement à...  

Festival Trente Trente "Heartbreaker(s)" et "Sola Gratia", deux performances bouleversantes où l'on voit "l'auto-fiction" transcender le réel pour en faire matière - 06/02/2022

Pour clore le parcours du samedi 22 janvier axé autour des identités "à découvrir", L'Atelier des Marches de Jean-Luc Terrade et l'ancienne fabrique de chaussures de La Manufacture CDCN accueillent deux performances théâtrales à couper le souffle… Trempant leur plume dans l'intime, elles font matière artistique de blessures à jamais à vif. Non pour faire pleurer Margot - ce n'est pas le genre -...  
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À découvrir

Les modèles des artistes sont-elles vraiment des modèles de vie ? À en croire ces "Muses", non, et tant mieux !

La racine étymologique de musée est "temple des Muses", du nom de ces neuf déesses qui président aux arts. Ici, elles ne sont que quatre (mais neuf en alternance, tiens ? Hasard…) et l'histoire qu'elles incarnent se déroule effectivement dans un musée après la fermeture, dans la torpeur de la nuit. Dans ce spectacle très vivant, incarner est le verbe idéal pour définir ces créations de personnages, puisque ceux-ci ne sont faits, au tout début, que des figures faites de pigments, de colle, de toiles et de cire.

© Xavier Cantat.
Des figures suspendues dans leurs cadres et posées sur un socle qui sont des chefs-d'œuvre : la "Joconde" de Léonard de Vinci, la "Naissance de Vénus" de Botticelli, la "Petite danseuse" de Degas et le "Diptyque Marilyn" d'Andy Warhol… Magie du théâtre, lorsque le dernier visiteur sort, suivi par le dernier gardien, ces muses renaissent, reprennent vie, voix et chair. Alors commence une longue nuit qui va révéler les caractères surprenants, parfois volcaniques et débordants de ces personnages si sages le jour.

Besoin de se dérouiller un peu les jambes, de se plaindre de la cohue qu'elles subissent tous les jours, de se rappeler des souvenirs "d'enfance" ou de se réchauffer les nerfs aux rivalités les plus classiques, rivalités de notoriété, de séduction ou d'âge, car ces quatre figures font bien partie des représentations de l'idéal féminin en compétition, telle sera la course qu'elles mènent avec fougue et sensualité.

L'idée de départ aurait pu devenir banale et vaine sans l'inventivité que les autrices, les interprètes et le metteur en scène ont déployé. Le texte de Claire Couture et Mathilde Le Quellec ancre résolument son ton dans la fantaisie, le jeu de répliques et l'humour. Les deux autrices ont laissé libre cours à leur imaginaire en gardant un point de vue moderne. Elles dessinent des tempéraments rugueux, explosifs et inattendus, qui tranchent avec les idées convenues que l'on forme face à ces représentations idéalisées de la femme : ce que cache le visage, l'apparence, l'esthétique.

Bruno Fougniès
18/10/2022
Spectacle à la Une

"Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?

Garcin, Inès et Estelle, un homme et deux femmes, se retrouvent enfermé(es) dans un salon où la lumière ne s'éteint pas et duquel il est impossible de sortir. Ils comprennent qu'ils se trouvent en Enfer et se racontent leurs histoires. Ainsi se noueront entre eux des relations complexes qui ne se révèleront pas toujours réciproques.

© Anthony Dausseur.
Est-ce bien raisonnable de retourner assister à une énième représentation de "Huis clos", ce texte incontournable du théâtre français écrit, fin 1943 - début 1944, par le célèbre philosophe Jean-Paul Sartre ? Une de ses plus belles œuvres et aussi une des plus jouées.
Quand on aime, on ne compte pas, semble-t-il.

Au Laurette Théâtre, une petite salle intimiste de quartier, se joue une nouvelle version de cette célèbre pièce, interprétée par deux comédiennes et un comédien attachant(es) et investi(es) : Sebastian Barrio, Karine Battaglia et Laurence Meini.

La proximité du public avec la scène et, de ce fait, le contact très proche avec les personnages renforcent très largement la thématique de la pièce. Rares ont été les fois où cette sensation d'enfermement a pu nous envahir autant, indépendamment des relations tendues qui se tissent progressivement entre les personnages et qui de ce fait sont décuplées.

Brigitte Corrigou
24/10/2022
Spectacle à la Une

"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal

Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.

© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu "Juste parmi les nations". D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.

Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, "Les Mains du miracle", et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.

Bruno Fougniès
20/09/2022