La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
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La Grande Sophie... La Place du Fantôme - 20/02/2012

Jusqu’à présent je n’avais pas été un grand fan de La Grande Sophie. J’aimais bien, mais sans plus. Or, "La Place du Fantôme", son sixième album, m’a littéralement emballé. Cela faisait déjà quelques semaines que j’entendais le premier extrait, "Ne m’oublie pas", sur France Inter et j’adorais. C’était donc avec curiosité que j’attendais de découvrir le reste de ce nouvel opus. Aujourd’hui, c’est...  

Jean My Truong... The Blue Light - 13/02/2012

Le temps a passé depuis les mythiques groupes de jazz-rock Zao (de Faton Cahen et Jeff Seffer) et l'éphémère Surya (des frères Lockwood) auxquels participa Jean My Truong entre 1971 et 1978. Mais il garda, sans aucun doute, de ces expériences, un goût prononcé pour la diversité musicale qui le conduira à jouer aussi bien avec les plus grands noms du jazz qu'à accompagner des artistes plus...  

Isabelle Lecerf-Dutilloy donne au Classique les images de l'enfance - 07/01/2012

Après "Pièces enfantines pour le piano", "De Musiques en berceuses", "Le voyage de Chouchou", Isabelle Lecerf-Dutilloy, pianiste et auteure, a imaginé et écrit, avec Philippe Pérou, "Julie et les sortilèges", un conte délicatement habillé des "Visions Fugitives" de Serge Prokofiev. Cette histoire "en musique" dédié aux enfants (à partir de 5 ans) est accompagné d’illustrations merveilleusement...  

La tendre virtuosité vocale d’Émilie Simon - 10/12/2011

Comment dire la douleur, le manque, le néant provoqué par la disparition de l'être aimé ? Beaucoup d'artistes ont tissé la toile, la partition d'une œuvre sur cette violence faite au cœur. Le chemin que nous fait parcourir Émilie Simon en 10 chansons fait partie de ces trajectoires particulières, parfois douloureuses, souvent chaleureuses... mais indéniablement organiques. Émilie Simon, avec son...  

Mustang, un nouveau V6 boosté au rockabilly - 09/11/2011

Après le succès de leur premier disque "A71" en 2009, le groupe clermontois revient avec un album attendu, "Tabou". Le groupe a mûrit que ce soit dans la musique ou dans les paroles. Un jeune groupe avec seulement cinq ans de carrière derrière lui mais qui en laisserait paraître vingt de plus avec des chansons recherchées et travaillées. Mustang aurait sa place sur une affiche de "Salut les...  

Tricot Machine... Un univers coloré et déluré venu de la Belle Province - 03/02/2011

Intrigant, "La prochaine étape", le nouvel album de Tricot machine (Catherine Leduc et Matthieu Beaumont), l'est indéniablement. Ce groupe québécois, qui voit le jour en 2005, sort en 2007 un premier disque éponyme qui se révèle un succès autant critique que populaire. Tricot Machine obtiendra avec celui-ci les Félix de la pochette et de la révélation de l’année 2007, le Prix Écho de la chanson...  

Tricot Machine... L'interview ! - 04/02/2011

À l'occasion de leur passage à Paris (à la Boule Noire), nous avons rencontré Catherine Leduc et Matthieu Beaumont. Une bonne occasion d'échanger sur l'héritage de la chanson à textes québécoise et sur la "nouvelle scène montréalaise" dont Tricot Machine fait partie mais qui est également représentée par Josiane Paradis, Bernard Adamus, Cœur de Pirate, Émilie Proulx, Malajube, Mille Monarques,...  

Cocoon : You know what? I'm happy! - 25/10/2007

Premier album de Cocoon, "My Friends all died in a plane crash" dévoile un univers personnel, original, doux et décalé composé par Mark Daumail (chant, guitare, banjo, ukulélé, beatbox) et Morgane Imbeaud (chant, claviers, arrangements). Le duo compose des mélodies folk-pop envoûtantes et délicates, dans une tradition de songwriting épuré et poétique... dans la lignée d'un Nick Drake ou Eliott...  

Hey Hey My My : Les balades aguicheuses made in Merryland - 30/04/2007

Une rencontre estudiantine à Bordeaux et un premier groupe rock, The Migraine Institute, puis la "montée" à Paris et le passage par le punk rock avec la création de British Hawaï... Mais nos deux compères, Julien Garnier et Julien Gauthier, ayant quelques titres pop dans leur besace... décident de créer Hey Hey My My. Une signature plus tard avec le petit label Sober & Gentle et voici leur...  

Donzella, le crooner aux grands sentiments - 15/02/2007

Comédien, auteur-compositeur-interprète, Emmanuel Donzella débuta en créant "Collier de Nouilles", duo décalé musical et humoristique, avec Karine Lyachenko. Ce duo connaîtra un véritable succès pendant 10 ans et le mènera sur toutes les scènes francophones du monde pour finir à Paris, à la Comédie Caumartin. Retour à la case musique lorsque, en 2000, il est découvert par Pascal Obispo qui...  
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À découvrir

Les modèles des artistes sont-elles vraiment des modèles de vie ? À en croire ces "Muses", non, et tant mieux !

La racine étymologique de musée est "temple des Muses", du nom de ces neuf déesses qui président aux arts. Ici, elles ne sont que quatre (mais neuf en alternance, tiens ? Hasard…) et l'histoire qu'elles incarnent se déroule effectivement dans un musée après la fermeture, dans la torpeur de la nuit. Dans ce spectacle très vivant, incarner est le verbe idéal pour définir ces créations de personnages, puisque ceux-ci ne sont faits, au tout début, que des figures faites de pigments, de colle, de toiles et de cire.

© Xavier Cantat.
Des figures suspendues dans leurs cadres et posées sur un socle qui sont des chefs-d'œuvre : la "Joconde" de Léonard de Vinci, la "Naissance de Vénus" de Botticelli, la "Petite danseuse" de Degas et le "Diptyque Marilyn" d'Andy Warhol… Magie du théâtre, lorsque le dernier visiteur sort, suivi par le dernier gardien, ces muses renaissent, reprennent vie, voix et chair. Alors commence une longue nuit qui va révéler les caractères surprenants, parfois volcaniques et débordants de ces personnages si sages le jour.

Besoin de se dérouiller un peu les jambes, de se plaindre de la cohue qu'elles subissent tous les jours, de se rappeler des souvenirs "d'enfance" ou de se réchauffer les nerfs aux rivalités les plus classiques, rivalités de notoriété, de séduction ou d'âge, car ces quatre figures font bien partie des représentations de l'idéal féminin en compétition, telle sera la course qu'elles mènent avec fougue et sensualité.

L'idée de départ aurait pu devenir banale et vaine sans l'inventivité que les autrices, les interprètes et le metteur en scène ont déployé. Le texte de Claire Couture et Mathilde Le Quellec ancre résolument son ton dans la fantaisie, le jeu de répliques et l'humour. Les deux autrices ont laissé libre cours à leur imaginaire en gardant un point de vue moderne. Elles dessinent des tempéraments rugueux, explosifs et inattendus, qui tranchent avec les idées convenues que l'on forme face à ces représentations idéalisées de la femme : ce que cache le visage, l'apparence, l'esthétique.

Bruno Fougniès
18/10/2022
Spectacle à la Une

"Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?

Garcin, Inès et Estelle, un homme et deux femmes, se retrouvent enfermé(es) dans un salon où la lumière ne s'éteint pas et duquel il est impossible de sortir. Ils comprennent qu'ils se trouvent en Enfer et se racontent leurs histoires. Ainsi se noueront entre eux des relations complexes qui ne se révèleront pas toujours réciproques.

© Anthony Dausseur.
Est-ce bien raisonnable de retourner assister à une énième représentation de "Huis clos", ce texte incontournable du théâtre français écrit, fin 1943 - début 1944, par le célèbre philosophe Jean-Paul Sartre ? Une de ses plus belles œuvres et aussi une des plus jouées.
Quand on aime, on ne compte pas, semble-t-il.

Au Laurette Théâtre, une petite salle intimiste de quartier, se joue une nouvelle version de cette célèbre pièce, interprétée par deux comédiennes et un comédien attachant(es) et investi(es) : Sebastian Barrio, Karine Battaglia et Laurence Meini.

La proximité du public avec la scène et, de ce fait, le contact très proche avec les personnages renforcent très largement la thématique de la pièce. Rares ont été les fois où cette sensation d'enfermement a pu nous envahir autant, indépendamment des relations tendues qui se tissent progressivement entre les personnages et qui de ce fait sont décuplées.

Brigitte Corrigou
24/10/2022
Spectacle à la Une

"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal

Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.

© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu "Juste parmi les nations". D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.

Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, "Les Mains du miracle", et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.

Bruno Fougniès
20/09/2022