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Danse

"Botéro en Orient"… tout en rondeur !

C'est un voyage où le physique et l'esthétisme ont une place prépondérante et dans laquelle les rondeurs sont revendiquées et montrées. Autour d'une création picturale qui l'a guidé, Taoufiq Izeddiou place l'identité au centre de sa création.



© Dorothea Tuch.
© Dorothea Tuch.
Le titre du spectacle est dû au fait que Taoufiq Izeddiou a été inspiré par l'œuvre autour d'Abou Ghraïb (Irak) de Fernando Botero, peintre et sculpteur colombien, où l'artiste s'était insurgé. Il avait en effet dessiné de superbes planches où la torture, l'humiliation et la violence s'étalaient. Les personnages des œuvres de Botero sont toujours des êtres ronds et épais. C'est dans ce rapport aux volumes que le chorégraphe a bâti son spectacle.

À l'entame de la représentation, le silence habille le plateau puis des ombres se détachent d'une demi-obscurité. Les déplacements sont séparés, la gestuelle des trois danseurs est propre à chacun, ceux-ci perchés sur un bloc de bois. La scénographie est déplacée tout au long du spectacle, les blocs changeant de lieu, bousculés et balancés sur scène. C'est une œuvre de construction et de reconstruction où les chorégraphies se suivent dans des thématiques où l'identité de chaque interprète est posée par rapport à son corps, rond, "volumétrique" selon les propos de Taoufiq Izeddiou.

© Dorothea Tuch.
© Dorothea Tuch.
Un moment, les trois interprètes sur leur podium de bois ont une gestualité très énergique pour un premier danseur, tournant comme des roues avec ses membres supérieurs. Ou planant avec un tronc en équilibre et des bras qui forment un équilibre avec celui-ci pour un autre.

Puis ce sont des solos à tour de rôle qui sont exécutés avec des paroles jetées presque en sourdine. Les mouvements des membres inférieurs et supérieurs sont appuyés et lancés vers l'extérieur comme pour créer un univers plus étendu. Ils viennent "casser" le rythme des premières chorégraphies qui restaient cantonnées à un lieu limité et s'ouvrent à une gestique beaucoup plus élaborée, dans laquelle la continuité de celle-ci est dans un espace-temps restreint, car toujours à une même place, sans déplacement mais avec une richesse de l'expression des corps étendus.

Les danseurs se déshabillent, se rhabillent, se déguisent. L'apparat vestimentaire est comme un travestissement derrière lequel ils disparaissent. Ce qui fait leur vérité est leur mobilité corporelle, leur rapport à l'espace. Différentes séquences le montrent soit en mettant l'interprète face à lui-même, à sa propre gestique, à son propre corps qu'il "expose" en le mettant à nu, soit avec les autres partenaires où chacun garde son individualité. Les chorégraphies sont en effet du ressort de l'identité de chacun.

Les bras s'élancent du bas vers le haut sans qu'une coordination précise soit affichée à dessein même si la maîtrise est là. Ce qui ressort est cette poétique des corps qui se délaisse de ses téguments et qui montre son allure esthétique soit sur une planche de bois, soit sur toute la scène. La totalité de l'espace est investie autour de la marche. La gestuelle n'a qu'un rapport limité à celle-ci avec un corps qui utilise très peu de déplacements dansés.

Le thème de cette création est l'opulence dans sa chair. Taoufiq Izeddiou en déplace les contours en le limitant à un lieu réduit, prêt à le décharger de sa scénographie quand les interprètes jettent leur podium par terre. On se cache, on se déshabille, c'est un perpétuel mouvement vers le caché/découvert poussant les limites de l'intime vers l'extime.

"Botéro en Orient"

© Dorothea Tuch.
© Dorothea Tuch.
Conception et chorégraphie : Taoufiq Izeddiou.
Avec : Essiane Kaisha, Karine Girard, Marouane Mezouar, Taoufiq Izeddiou.
Chant (enregistrée) : Fatima Ezzahra Nadifi.
Documentation dramaturgique : Nedjma H. Benchelabi.
Créateur costumes : Noureddine Amir.
Créateurs son : Saïd Ait El Moumen, Taoufiq Izeddiou.
Créatrice lumière : Léa Schneidermann.
Production : Anania-Danses/Taoufiq Izeddiou.
Durée : 1 h.

Tournée

© Dorothea Tuch.
© Dorothea Tuch.
Mars 2019 : Festival Internationale de Danse Contemporaine de Marrakech (Maroc).
12 avril 2019 : Festival les transversales, Théâtre Jean Vilar le à Vitry-sur-Seine (94).
24 au 28 avril 2019 : C'est Central - Théâtre de La Louvière, La Louvière - Hainaut (Belgique).
3-4 juillet 2019 : Festival de Marseille (13).
Saison 2019-2020 (en cours) : HAU Hebbel am Ufer Berlin - Centre international de spectacles, Berlin (Allemagne).
Saison 2019-2020 (en cours) : Théâtre national de Bruxelles (Belgique).

Safidin Alouache
Jeudi 28 Février 2019

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© Sandrine Cellard.
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© Betül Balkan.
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On retrouve dans cet album une réelle intensité pour chaque interprétation, une profondeur dans la tessiture, dans les tonalités exprimées dont on sent qu'elles puisent tant dans l'âme créatrice des illustres auteurs que dans les recoins intimes, les chemins de vie personnelle de Marc Casa, pour y mettre, dans une manière discrète et maîtrisée, emplie de sincérité, un peu de sa propre histoire.

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