La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.

Billet n°2 : C’est grave Docteur ?  29/04/2011

Ce matin, je me suis réveillée avec les oreilles bourdonnantes, le cerveau mâché par une horrible migraine et la bouche pâteuse. J’ai donc appelé mon médecin pour qu’il vienne. Il m’a demandé ce que j’avais mangé la veille… Je lui dis une pièce montée par Mesguich, c’est nouveau, cela s’appelle la Fiancée aux yeux bandés. Ah ? me répondit-il, et le morceau n’était-il pas de choix ? Il était épais, lui dis-je. Alors ne cherchez pas, c’est que vous avez attrapé une belle indigestion…

Ce que je me suis abstenue de dire à mon bon docteur, c’est que le "morceau" comme il dit, je me le suis ingurgité jusqu’au bout… pendant trois bonnes heures. J’ai la dent dure, vous savez, mais tout de même. Il a fallu le mâcher longtemps… Et pas moyen. Je l’ai donc avalé, comme ça, d’une traite, pour qu’il passe plus facilement. Pour sûre, si on m’ faisait une radiographie de l’estomac, on y trouverait un amas informe. Du plomb ! J’ vous dis. J’ai eu beau essayé d’ouvrir grand le gosier, rien à faire, il est encore coincé entre le gros intestin et le colon sigmoïde. La descente est longue…

Pourtant, je me suis renseignée sur la recette. C’est celle d’un grand maître, Hélène Cixous. Il paraît, d’après le chef, Daniel Mesguich, que c’est une pièce unique en son genre, une p'tite "merveille", "un chef-d’œuvre" à ce qu’il dit. Moi, j’veux bien croire que mes papilles ne sont pas assez fines, mais j’ai eu beau renifler dans tous les sens. RIEN. Je n’ai RIEN senti. Même pas une toute petite dose d’émotion. Mais ça, il paraît que c’est la cuisine "post new wave" du Conservatoire… En apparence légère et féerique, en réalité plombante et indigeste.

Mais après tout, s’il y en a qui aime… Il paraît que Johann Cunny et Sterenn Guirriec sont les futurs ingrédients phares des pièces françaises. Moi, je dis que c’étaient les morceaux les moins consommables. Impossible de les déglutir correctement. Mais par respect, comme on dit, j’m’éloigne. Car mon médecin m’a parlé de météorisme. Je me dis donc qu’il va y avoir de l’orage…

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Sheila Louinet

L'Adami indignée par la vente de l'École de la rue Blanche  28/04/2011

Vendu !
L’École de la rue Blanche, sise au 21 de la rue du même nom, a formé des générations de femmes et d’hommes du théâtre (acteurs, décorateurs, techniciens, costumiers, etc.). La Mairie de Paris, propriétaire du lieu, vient de le vendre à un marchand de biens ! C’est un pan entier de la mémoire des professionnels du théâtre qui est englouti sous des considérations mercantiles. Scandaleux !

Ce scandale est d’autant plus grand que l’Adami a été en discussion pendant cinq longues années avec la ville de Paris pour y installer "La Maison de l’artiste". Ce projet d’utilité sociale répond à l’urgence de créer un lieu unique comme repère des artistes-interprètes, lieu d’accueil, de ressources et de services.

Ces discussions ont toujours trainé en longueur alors que le bâtiment, laissé à l’abandon, livré aux squatteurs, se détériorait gravement au fil des années. L’Adami n’a pas ménagé ses efforts rencontrant les conseillers à la culture qui se sont succédés auprès du Maire de Paris, ainsi que les directrices des affaires culturelles. Des visites ont eu lieu et, à la demande des services de la ville, l’Adami a financé des études architecturales qui sont toutes restées lettre morte…

Le plus fort c’est que le 10 mars 2009 le conseil de Paris a émis le vœu "Que la Ville de Paris soutienne activement le projet d’une maison des artistes interprètes (MAI) proposé par l’Adami (société civile d’administration des droits des artistes et musiciens interprètes).

Il est difficile d’en rester là. Face à un tel arbitraire, l’Adami demande à l’ensemble des professionnels du théâtre et de toute la filière d’appuyer la pétition qu’elle lance et adressera au Maire de Paris.

Philippe Ogouz, Président du conseil d’administration de l’Adami.

Pour rappel : L'Adami gère les droits des comédiens et, pour le secteur musical, ceux des artistes interprètes principaux : chanteurs, musiciens solistes, chefs d'orchestre et danseurs pour la diffusion de leur travail enregistré. En 2010, elle a réparti 37,3 millions d'euros à près de 56 000 artistes et a soutenu 870 projets pour un budget total de 11,5 millions d'euros.
www.adami.fr
La Rédaction

Cycle Théâtre et Politique – L'Apostrophe, scène nationale de Cergy-Pontoise  28/04/2011

Pour la deuxième saison consécutive, l’apostrophe (scène nationale de Cergy-Pontoise et du Val-d'Oise) ouvre le cycle "Théâtre & Politique" du 17 au 27 mai 2011. Parce qu’il y a du théâtre en politique et de la politique dans la création théâtrale, ce cycle trouve parfaitement sa place dans la saison artistique de la scène nationale. Cinq spectacles retracent des époques politiquement marquées et les mettent à la scène en offrant un regard caustique, émouvant parfois humoristique. Ce sont des textes engagés, des mises en scène révolutionnaires, en lien avec une époque politiquement marquée. Ce cycle s'inscrit bien dans la programmation de l'Apostrophe et est particulièrement pertinent en cette année 2011.

Calendrier des spectacles
"Le professionnel" : 17 & 18 mai ;
"Suzanne, une femme remarquable" : 19, 21, 23 mai ;
"Didon et Enée" : 20 mai ;
"La ménagerie de verre" 24 & 25 mai ;
"Klaxon, trompettes... et pétarades" : 26 & 27 mai.

Rencontre sur le thème "Vers un nouveau théâtre politique
Samedi 21 mai à 17 h.
Entrée libre sur réservation
En marge du rendez-vous citoyen “Théâtre & Politique” de la scène nationale, L’apostrophe met en place une rencontre-débat sous le thème "Vers un nouveau théâtre politique ?"
Sous la houlette de Dominique Paquet, philosophe et animatrice de la discussion, des artistes du cycle et d’autres, des penseurs, et des professionnels échangeront leurs idées, leurs points de vue et leurs attentes d’un art vivant engagé dans sa société et dans son époque. À l’issue de cette rencontre, le spectacle de Laurence Février, Suzanne, une femme remarquable, illustrera ce thème et clôturera la journée...

L'Apostrophe - Théâtre des Arts : 01 34 20 14 37.
lapostrophe.net
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La Rédaction

Denise Bonal nous a quittés... Hommage de Jean‐Paul Alègre  27/04/2011

Denise Bonal nous a quittés dans la nuit du 24 au 25 avril.
Denise Bonal était à l’image de son théâtre : pleine de talent et d’humanité. C’est dans les années soixante-dix que Denise Bonal a commencé à écrire : "Légère en août", "Les Moutons de la nuit", "Portrait de famille", "Une femme sans conséquence", "Les Pas perdus", "De dimanche en dimanche", "Les tortues viennent toute seules", qui sera créée prochainement au Studio Théâtre d’Asnières.
Elle était aussi comédienne et professeur au Conservatoire national supérieur de Paris et au Cours Florent.
Denise Bonal a siégé au Conseil d’administration de la SACD et a défendu ardemment la création de la Maison des Auteurs.

Hommage de Jean‐Paul Alègre
Denise Bonal vient de nous quitter.
C'est une grande émotion, une grande tristesse pour le monde du théâtre.
Figure majeure de l'écriture dramatique d'aujourd'hui, Denise Bonal était également une comédienne racée et touchante.
Distinguée à de très nombreuses reprises par la SACD et les institutions, elle était aussi très représentée dans le cadre du théâtre des amateurs.
Elle s'est impliquée dans le combat des auteurs, à la SACD, aux Ecrivains Associés du Théâtre, dans ses prises de parole en public, dans le cadre des festivals, des rencontres, des débats, des colloques, ou, tout simplement dans le quotidien de sa vie de femme de théâtre.
Denise Bonal était unanimement respectée par tous ceux qui aiment les planches.
Ses textes faisaient référence, sa voix était écoutée.
Son humour cruel et tendre à la fois, sa gravité souriante, ses inquiétudes teintées d'espoir nous manquent déjà.
Ses magnifiques pièces nous permettront cependant de la garder longtemps à nos côtés.
Jean-Paul Alègre,
Administrateur théâtre de la SACD.

Site de la SACD
La Rédaction

À lire, à écouter : Jean-Claude Berutti. Y a-t-il un avant et un après Saint-Étienne ? - Épisode 1  27/04/2011

Qui est Jean-Claude Berutti ? Nous avons beaucoup entendu parler d’Oliver Py et de la façon dont il se fait débarquer de l’Odéon. Mais rien (ou presque) sur Jean-Claude Berutti. Il est certain que le renvoi (pardon, le non renouvellement de son mandat…) de l’ancien directeur de la Comédie de Saint-Étienne attire moins les curieux. N’est-ce qu’une question de géographie ? Ou de renommée ? Allez savoir ! Une chose est sûre… on n’a pas proposé à Jean-Claude Berutti la direction d’Avignon. Voici le retour d’un comédien et d’un metteur en scène sur sa carrière ainsi que le bilan de neuf années à la Comédie de Saint-Étienne… L’avenir ? Difficile de cacher que ce n'est pas simple à 58 ans.

Dans cette première partie, nous avons tenu à interroger Jean-Claude Berutti sur son parcours et sur sa carrière théâtrale jusqu’à ce qu’il prenne la direction de la Comédie de Saint-Étienne avec François Rancillac en 2002. Comment arrive-t-on aux commandes d'un théâtre ?

Par ailleurs, on connaît la riche histoire des Stéphanois en matière de théâtre : la présence de Jean Dasté et sa politique de démocratisation (un souci constant d’aller à la rencontre du public) et de décentralisation ont permis aux habitants d’avoir une vraie « éducation théâtrale », riche de plus de soixante ans. Jean-Claude Berutti a-t-il réussi à s’inscrire dans cette tradition ?

Les réponses sont prudentes, parfois à demi-mot… Tendez l’oreille…

Musique : Pierre-Yves Plat

À venir : Demain Jean-Claude Berutti dressera un bilan de ses neuf années à la Comédie.
Sheila Louinet

ARTE rend hommage à Alain Bashung  26/04/2011

Deux ans après la disparition d’Alain Bashung (le 14 mars 2009), le documentaire "Bashung, faisons envie" témoigne de l’héritage et de l’influence de cet artiste majeur sur la scène musicale française.

Gaëtan Roussel, Keren Ann, Miossec, les BB Brunes, Dionysos, Christophe, Matthieu Chedid,Vanessa Paradis, Mustang, réinterprètent les titres phares de Bashung et livrent des témoignages vibrants de leurs rencontres avec celui qui fut, pour quelques-uns d'entre eux, un ami, et pour tous un inspirateur.

"Bashung, faisons envie" 
Un documentaire de Thierry Villeneuve.
Coproduction ARTE France, Barclay (France, 2011, 52 minutes).
Diffusion sur ARTE le jeudi 2 juin 2011 à 22 h 10.

Programme disponible sur ARTE+7 puis en VOD sur artevod.com

>> Autre évènement : sort aujourd'hui l'album "Tels Alain Bashung".
1) "Aucun express", Noir Désir.
2) "J’passe pour une caravane", Gaétan Roussel.
3) "Madame rêve", -M-.
4) "Ma petite entreprise", Benjamin Biolay.
5) "Je fume pour oublier que tu bois", Keren Ann.
6) "Angora", Vanessa Paradis.
7) "Volutes", Stephan Eicher.
8) "2043", Dionysos.
9) "Alcaline", Christophe.
10) "Gaby oh Gaby", BB Brunes.
11) "Osez Joséphine", Miossec.
12) "Apiculteur", Raphael.
La Rédaction

Adieu Marie-France Pisier  24/04/2011

Adieu Marie-France Pisier

On avait eu l’occasion de la voir encore au théâtre en 2009 dans une mise en scène de Daniel Benoin (A.D.A. L’Argent des autres de Jerry Sterner) au Théâtre national de Nice. La très belle Marie-France Pisier nous a quittés cette nuit, à l’âge de 66 ans. Elle a été retrouvée inanimée dans sa propriété de Saint-Cyr-sur-Mer (Var).

Cette égérie du cinéma d’auteur, apparaît dans les univers de Robbe-Grillet, Luis Buñuel, Jacques Rivette et du jeune André Téchiné. Elle obtiendra deux fois le César du Meilleur second rôle, pour "Souvenirs d’en France" en 1976 et Barocco en 1977. En 1976, année de la consécration, les Césars récompensent l’actrice pour sa prestation dans "Cousin, cousine" de Jean-Charles Tacchella.

Elle est arrivée au théâtre beaucoup plus tard (en 1993), dans une pièce de Jean-Marie Besset, au Théâtre de la Gaîté-Montparnasse (Ce qui arrive et ce qu’on attend, mis en scène Patrice Kerbrat). Mais la comédienne ne dénote pas de l'actrice. On se souvient tout particulièrement de sa superbe prestation dans le Nouveau Testament de Sacha Guitry (mis en scène par Daniel Benoin). Partie en tournée, la pièce avait été jouée plusieurs saisons consécutives. Une grande comédienne nous a quittés.

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La Rédaction

Des lectures à ne pas manquer au Salon du Livre Ancien et de l’Estampe le week-end prochain…  24/04/2011

Denis Podalydès, Irène Jacob et Alain Doutey vous donnent rendez-vous au Salon du Livre Ancien, de l'Estampe et du Dessin dans le cadre des lectures données dans le cadre d’"Une Saison de Nobel".

Entre autre, Denis Podalydès lira le Premier homme, d’Albert Camus.

Dans une semaine, ce rendez-vous incontournable et unique en son genre ouvrira ses portes pour sa 23e édition.


Salon International du Livre Ancien au Grand Palais, à Paris.

Du 29 avril au 1er mai 2011
Prix de l'entrée : 8 €
Renseignements : http://www.salondulivreancienparis.fr/
La rédaction

Baisse des droits d’auteur en provenance du spectacle vivant  22/04/2011

Pour la deuxième année consécutive, la Sacem a présenté ses indicateurs sur le secteur du spectacle vivant et leurs évolutions lors d’une conférence le vendredi 22 avril au Printemps de Bourges.

>> Un recul des droits perçus
Les droits d’auteur générés par le spectacle vivant en France ont reculé de 3,8 % en 2010, pour s’établir à 75,5 M€ (contre 78,5 M€ en 2009). Il s’agit d’une première dans ce secteur qui avait depuis une dizaine d’années connu une croissance continue, et qui représente 9,2 % de la totalité des droits d’auteur de la Sacem en 2010.

>> Le poids des "grosses productions"
Cette baisse des droits en 2010 s’explique principalement par une forte chute des revenus des tournées : de -14 %. Ces dernières représentent une part très importante des droits (35 %) mais un tout petit nombre de séances (4 %), mettant en exergue la forte concentration qui règne dans ce secteur.
"Le recul des droits en 2010 est la conséquence directe de l’absence de dates de très grandes stars françaises comme Johnny Halliday ou Mylène Farmer", note Claire Giraudin, Responsable des Études à la Sacem, "L’année 2010 est une illustration parfaite de la concentration de ce secteur, et de l’importante volatilité qui en résulte : la présence de certains artistes connus suffit pour modifier les résultats de toute une année !"
Le Top 20 des concerts représente à lui seul en moyenne sur 5 ans 20 % des droits perçus dans le spectacle vivant.

>> Un travail de proximité essentiel
L’étude met également en avant les indicateurs qui permettent de mieux cerner le travail effectué par les équipes de la Sacem chaque jour sur le terrain pour percevoir et répartir les droits issus du spectacle vivant aux auteurs, compositeurs et éditeurs en collant à la réalité des diffusions. C’est ce travail de proximité qui permet de répartir des droits d’auteur aux créateurs dont les œuvres bénéficient d’une diffusion plus modeste, de niveau local par exemple.

"Le spectacle vivant représente seulement 9 % des droits totaux collectés par la Sacem : pour nos équipes ce sont plus de 160 000 séances inventoriées sur tout le territoire, plus de 1,1 millions d’œuvres interprétées lors de ces concerts intégrées dans notre système informatique, et des répartitions au prorata temporis pour 268 000 titres différents. Une méthodologie de la proximité et de la précision", souligne Claire Giraudin.

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La Rédaction

Décès du comédien Daniel Darès, directeur du Théâtre Antoine  22/04/2011

Le comédien et producteur Daniel Darès, directeur du Théâtre Antoine à Paris depuis 1984, est décédé dans la nuit de jeudi à vendredi, à Paris, à l'âge de 80 ans des suites d'une embolie pulmonaire.

De son vrai nom Daniel Zadjman, cet homme de théâtre qui avait été arrêté en juillet 42 dans le cadre de la rafle du Vel d'Hiv, a fait ses débuts sur scène à l'âge de 15 ans en qualité d'élève de Charles Dullin, puis de la rue Blanche dans la classe de Robert Manuel.

Daniel Darès a joué de nombreuses pièces avec Sylvia Monfort, Michel Piccoli, Laurent Terzieff, Tatiana Moukine, Dora Doll, Françoise Fabian...
Dès le milieu des années 60, Daniel Darès s'est investi dans la gestion et la production des spectacles du théâtre Antoine, au côté de Simone Berriau.

En 1969, en tant que producteur indépendant, il a monté la comédie musicale Hair avec Julien Clerc et Gérard Lenorman, Fishing (à Londres), (O'Calcutta), Mort d'un commis voyageur au Théâtre des Variétés, Godspell avec Dave, Britannicus...

Après le départ en 1984 de Simone Berriau, Daniel Darès a pris les commandes du Théâtre Antoine, au côté d'Héléna Bossis qui fut son épouse.
De 1983 à 1986, Daniel Darès a dirigé parallèlement la Comédie et le Studio des Champs-Élysées.

Les obsèques de Daniel Darès seront célébrées jeudi 28 avril, à 16h, cimetière du Montparnasse.
La Rédaction

Ces Molière nous étonnent… enfin presque !  18/04/2011

Étonnant que Julien Sibre soit primé une seconde fois pour le Molière du metteur en scène. Certes le Repas des fauves le mérite très largement. Mais on aurait aimé voir Philippe Adrien cette année pour son Dindon qui n’aura rien reçu ce soir. Et puis, comme dit Sibre, étonnant quand il y a Chéreau dans la même cour… Allez, on est heureux pour lui !

Mais tout de même…

Même si on est persuadé que le Repas des Fauves soit un très bon spectacle, nous restons étonnés que Diplomatie (avec André Dussolier et Niels Arestrup) et le Dindon (mis en scène par Philippe Adrien) repartent bredouille. Cela nous attriste. À croire qu’il n’y ait que cela à voir… Dommage que les Molière ne se diversifient pas plus. Ne nous étonnons donc pas si le public s’en désintéresse quelque peu. Trois prix pour un même spectacle… Tout de même !
la Rédaction

Au fil des Molière…  17/04/2011

Peter Brook n’a pas manqué de saluer la mémoire de Sotigui Kouyaté, celui qui fut pendant longtemps son comédien préféré. Aujourd’hui, cela fera un an qu’il est décédé. Le discours de ce grand monsieur est donc très émouvant. Ancien directeur des Bouffes du Nord, nous sommes heureux d’apprendre qu’il reçoit ce soir le Molière d’honneur. Nous ne pouvons que regretter son absence des Bouffes et saluer l’immense talent ! Merci Peter Brook.
La Rédaction

La montée des marches des Molière est calme comparée à celle de Cannes…  17/04/2011

Mais certaines personnalités méritent qu’on s’y attarde. Quelques surprises auxquelles on ne s’attendait pas forcément :

Brigitte Fossey, d’abord, qu’on n’a pas vu au théâtre depuis La Nuit de l'audience au Petit Montparnasse en 2009. C’est vrai que la beauté ne vieillit pas et Brigitte Fossey fait partie de ces icônes qu’on aimerait voir plus souvent sur les planches.

Quand on aperçoit Annie Dupérey monter les marches, on ne peut s’empêcher de se rappeler son « poum poum pidou », dans le film mémorable de Yves Robert (Un Éléphant ça trompe énormément). On a pu la voir cette saison dans la pièce de Bertrand Blier, Désolé pour la moquette. Un rôle surprenant, celui d’une bourgeoise métamorphosée en clocharde. Mais on avait surtout été ému dans Oscar et la dame rose qui avait été joué au Théâtre Montparnasse. La pièce de Blier n’est pas en compétition, mais on est heureux de cette apparition.

Enfin, la présence de Jean-Paul Farré qui avait reçu en 2010 le Molière du théâtre musical pour les Douze Pianos d'Hercule. On regrette qu’il ne soit pas nominé pour Louis Jouvet-Romain Gary 1945-1951, joué cette saison au Théâtre de la Commune. Même si la mise en scène de Gabriel Garran n’avait pas été applaudie unanimement, l’interprétation de ce grand bonhomme de la scène française dans le personnage de Tulipe était remarquable.

Pour le reste, c’est à suivre…
Sheila Louinet

Une Soirée pour "l’Humanité", lundi 2 mai au Cabaret Sauvage  14/04/2011

Un concert de soutien est organisé pour le pluralisme de la presse et le développement du journal l’Humanité le lundi 2 mai au Cabaret Sauvage. Il réunira des artistes pour lesquels la sauvegarde et le développement de ce journal "historique", en ces temps difficiles de crise, sont essentiels. Ils et elles dédieront notamment des créations originales.

Au-delà de l’aspect festif, ce concert de soutien s’inscrit dans le cadre des Assises du journal l’Humanité qui proposent jusqu’au 14 mai débats, initiatives et mobilisations sur l’avenir de ce journal et sur les enjeux du pluralisme de la presse (Université populaire, débat à l’Assemblée nationale, initiatives éditoriales, rencontres avec les lecteurs, marchands de journaux, etc.).

Au programme :
Exaltant duo Tony Gatlif/Didier Lockwood (le cinéaste lira le poème "Étrange étranger" de Prévert, porté par l'improvisation du violoniste jazz) ; le groupe reggae Danakil qui vient de clôturer un Zénith torride ; la nouvelle pasionaria de la chanson Melissmell ; le duo inédit de Serge Teyssot-Gay/Joëlle Léandre (l’emblématique guitariste de Noir Désir et cofondeur du trio free-rock Zone Libre échangera avec la grande contrebassiste de jazz et improvisatrice) ; le groupe de chanson française Les Yeux D’la Tête (qui a fait un tabac aux Francofolies 2010 offrira une rencontre avec Danakil) ; le célèbre rappeur Disiz la Peste aka Disiz Peter Punk ; la chanteuse engagée Agnès Bihl ; le mythique groupe d’exilés chiliens Quilapayun ; le Psycho Bop Trio de Rodolphe Lauretta (saxophoniste jazz) ; le rappeur qui monte HK (lequel, entre autres, lira, sur une impro réactive du Psycho Bop Trio, un extrait de "Indignez-vous", de Stéphane Hessel) ; The Serge Gainsbourg Experience en hommage aux 20 ans de la mort de l’artiste ("Chanson de Prévert") ; Samira Brahmia (pour une chanson dédiée aux femmes) ; le clarinettiste de jazz Sylvain Kassap (extrait de sa superbe création "The World Is Too Small For Walls", sur les photos d'Alexandra Novosseloff qui montrent, à travers le monde, les murs séparant les humains : Murs de Berlin, Mexique/États-Unis, Israël/Palestine, etc.) et des invités "Surprise" !

Informations pratiques :
Lundi 2 mai 2011.
19 h : ouverture des portes et 19 h 30 : début des festivités.
Le Cabaret Sauvage Parc de la Villette, Paris 19e.
Plus d’informations et bulletin de réservation sur : www.humanite.fr
La Rédaction

Attraction pour les petits et pour les grands au centquatre !  13/04/2011

Le Manège Carré Sénart, en tournée européenne s'est arrimé dans la halle Aubervilliers où son univers enchanté et ses dimensions hors normes lui valent un tel succès qu'il joue les prolongations jusqu'à la venue de l'été. Cette attraction (au double sens du terme) happe petits et grands pour un drôle de voyage. A bord de ce manège (carré, et non rond!) - imaginé et conçu par François Delarozière, fondateur de la Machine et artisan des machines du Royal de Luxe - les heureux passagers chevaucheront un des buffles géants, insectes grimpeurs, têtes de poissons - qui mènent les plus audacieux sous le chapiteau - et autres facéties poétiques rêveuses...

jusqu'au 26 juin / halle Aubervilliers
- Hors vacances scolaires :
mercredi, de 14h à 18h / samedi, de 12h à 20h / dimanche, de 12h à 18h (20h, après les vacances de Pâques)
- Durant les vacances de Pâques
mercredi, jeudi, vendredi, de 14h à 18h / samedi et dimanche, de 12h à 20h.


Tarifs
tour de manège: 4 € / 3 €*
carnet de 6 tours: 20 € / 15 €*
réservation possible en semaine pour les groupes (les jours d'ouverture excepté le week-end)
Renseignements / réservations: 01 53 35 50 00
Plus d’informations : www.104.fr
La Rédaction

Le CNCS nous invite à explorer l’étrange univers des costumes de scène...  13/04/2011

Le Centre National du Costume et de la Scénographie à Moulins présente, jusqu'au 15 mai 2011, une exposition de costumes dans des matières bien éloignées des brocarts, dentelles, soies et satins de notre mémoire collective.

Ces costumes sont nés des recherches de formes et de matières poursuivies par les avant-gardes du début du XXème siècle – constructivisme, Bauhaus, futurisme - où s’expérimentèrent le carton, le bois, le métal, la toile cirée, le rhodoïd. Ils nous immergent dans un monde de matières où, des plus simples aux plus composites, toutes se prêtent au jeu du rêve et de l’imaginaire, au pouvoir de la suggestion et à l’imitation décalée du vrai.

"Les insolites", Centre National du Costume et de la scène,
exposition, tous les jours,
du 29 janvier au 15 mai 2011, de 10h à 18h
Plus d'info sur : www.cncs.fr
La Rédaction

Les hommes sont toujours des enfants... Jonasz aussi !  13/04/2011

Six ans s'étaient écoulés depuis son précédent album studio de chansons inédites... intitulé tout simplement "Michel Jonasz" ! En 2007, c'est un album de "reprises" (Brel, Brassens, Ferré, Nougaro, etc.) portant à juste titre le nom de "Chanson Française" qui fut dans les bacs. Puis le théâtre se mêla de la partie avec "Abraham", une pièce écrite autour de l'histoire de son grand-père qu'il interprétera au Petit Montparnasse, puis à la Gaîté Montparnasse, et ensuite en tournée. Mais la chanson et le blues ont repris le dessus, Mister Swing est de retour sur une "galette"... "Les hommes sont toujours des enfants" est sorti le 28 février ! Fidèle à ses passions musicales, le groove est toujours présent et ce n'est que du bonheur... La voix est toujours là, superbe... évoquant les rêves d'enfance ou d'adolescence... une nouvelle balade... le nez dans les étoiles... À suivre !
La Rédaction

Au Lucernaire : La sorcière du placard aux balais - Dès 4 ans  12/04/2011

Un jour, en fouillant dans sa poche, Monsieur Pierre trouve un billet. Devenu riche, il s’empresse d’acheter une petite maison qui se révèle, gentiment, hantée. Une habitante singulière, tapie au creux de son placard, lui proposera un étrange défi…
Une histoire écrite pour les enfants par les enfants, La sorcière du placard aux balais puise dans le quotidien et l’imaginaire. Un univers où l’on apprend que dans un jardin tout simple peut pousser un arbre à macaroni, que les grenouilles ont des cheveux et que les souris savent parler aux poissons. Apparitions, disparitions, la scène se transforme en lanterne magique, où le noir se fait rythme, où le faisceau de lumière s’attarde sur un visage, créant l’ombre ou la transparence.

Auteur : Pierre Gripari
Mise en scène : les Asticoteurs
Distribution : Alexandra Malcouronne, Valérie Gille et Thierry Desvignes
Durée : 50 minutes

Du 9 avril au 4 juin 2011
Les mercredis et samedis à 15h
Et du mardi au samedi pendant les vacances scolaires
La Rédaction

La SACD stupéfaite par la révocation d'Olivier Py  12/04/2011

Communiqué : La SACD fait part de sa stupéfaction face à l’annonce par le Ministère de la Culture et de la Communication de la révocation surprise et brutale d’Olivier Py de la direction de l’Odéon-Théâtre de l’Europe.

Elle estime que la non‐reconduction d’Olivier Py, qui devra toutefois être officialisée par le Président de la République, ne repose pas aujourd’hui sur une procédure claire, transparente et indiscutable, tant le bilan de l’auteur et metteur en scène semblait mettre en exergue une programmation exigeante, une adhésion forte du public et une réelle ambition européenne.

La SACD juge, à cet égard, très étonnant que le Ministre de la Culture et de la Communication reconnaisse "le remarquable travail accompli par le metteur en scène" et recommande, dans le même temps, de ne pas renouveler son mandat.

Pour la SACD, les révocations dans les théâtres nationaux peuvent naturellement se justifier dès lors qu’elles sont soumises à des règles justes, connues à l’avance et basées sur des critères vérifiables. À défaut, la légitimité même des décisions prises par les pouvoirs publics n’aura de cesse d’être questionnée, pour ne pas dire diminuée.

SACD/Société des Auteurs Compositeurs Dramatiques : www.sacd.fr

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La Rédaction

Billet n°1 : Vous êtes indigne Monsieur le Ministre !  12/04/2011

On vous nomme Ministre de la Culture,
Or, vous en faites de la confiture.
Hier vous remerciiez Monsieur Py,
Demain vous gracierez le sieur Bondy.

Mais puisqu’il est d’accord, quelle importance ?

Le grand Théâtre de l’Europe est,
À la toute fin de son Excellence.
Là sont vos prérogatives, débarquez,
M’sieur le Ministre, c’est dans l’air du temps.

Puisque Adagio agace, Votre Eminence.

Attention, méfions-nous, Lagarce plane,
Il risque bien de secouer les ânes.
Quelle importance Monsieur le Ministre,
Quand on opine du chef comme un cuistre

Et puis, Barrault ou Py, quelle différence ?

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Sheila Louinet

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•Off 2024• "Momentos" Créativité à l'honneur avec des chorégraphies où s'exprime parfois une poésie intime et universelle

Le Flamenco est une force brute et pure qui nous touche en plein cœur, car il est l'art dans lequel le chant, la musique et la danse se questionnent, se répondent et se mêlent dans une totale intimité. Pour l'essentiel, le répertoire du flamenco a été codifié au cours du dernier tiers du XIXe siècle et du premier tiers du XXe. De cette époque, la guitare est son instrument emblématique, à la fois pour l'accompagnement du chant, de la danse et pour le concert soliste. Depuis, son évolution a été marquée par quelques grandes tendances esthétiques.

© Sandrine Cellard.
La musique et la danse flamencas sont basées sur des "palos" (formes) prescrivant pour chacune un mode et un cycle métrique avec accents ou "compas" (accents obligés) spécifiques. Une mécanique de précision qui convoque malgré tout une dimension artistique forte et étourdissante.

Sur scène, une danseuse, deux danseurs, trois musiciens et un chanteur-musicien envoûtant le public dès les premiers instants du spectacle. Que vous soyez novice ou aficionado du flamenco, vous vous laisserez embarquer dès les premiers instants du spectacle et impossible de ressortir déçu de cette éblouissante prestation flamenca de Valérie Ortiz.

Certes, le flamenco est sensiblement ancré dans la culture espagnole et d'aucuns diront que ce dernier ne les interpelle pas, qu'ils n'en perçoivent pas les codes, n'en mesurent aucunement les mouvements dansés à leur juste valeur. Ça peut être exigeant, en effet, de suivre "à la lettre" une prestation flamenca, comme le jazz aussi, par exemple, et ça demande une certaine phase d'initiation. Ceci n'est pas faux. Difficile d'entendre cette possible réticence, néanmoins… le flamenco revêt une portée universelle réunissant à lui seul un large éventail de situations allant de la tristesse à la joie, en passant par l'amour ou la souffrance. Alors, comment y rester indifférent ?

Brigitte Corrigou
27/05/2024
Spectacle à la Une

•Off 2024• Lou Casa "Barbara & Brel" À nouveau un souffle singulier et virtuose passe sur l'œuvre de Barbara et de Brel

Ils sont peu nombreux ceux qui ont une réelle vision d'interprétation d'œuvres d'artistes "monuments" tels Brel, Barbara, Brassens, Piaf et bien d'autres. Lou Casa fait partie de ces rares virtuoses qui arrivent à imprimer leur signature sans effacer le filigrane du monstre sacré interprété. Après une relecture lumineuse en 2016 de quelques chansons de Barbara, voici le profond et solaire "Barbara & Brel".

© Betül Balkan.
Comme dans son précédent opus "À ce jour" (consacré à Barbara), Marc Casa est habité par ses choix, donnant un souffle original et unique à chaque titre choisi. Évitant musicalement l'écueil des orchestrations "datées" en optant systématiquement pour des sonorités contemporaines, chaque chanson est synonyme d'une grande richesse et variété instrumentales. Le timbre de la voix est prenant et fait montre à chaque fois d'une émouvante et artistique sincérité.

On retrouve dans cet album une réelle intensité pour chaque interprétation, une profondeur dans la tessiture, dans les tonalités exprimées dont on sent qu'elles puisent tant dans l'âme créatrice des illustres auteurs que dans les recoins intimes, les chemins de vie personnelle de Marc Casa, pour y mettre, dans une manière discrète et maîtrisée, emplie de sincérité, un peu de sa propre histoire.

"Nous mettons en écho des chansons de Barbara et Brel qui ont abordé les mêmes thèmes mais de manières différentes. L'idée est juste d'utiliser leur matière, leur art, tout en gardant une distance, en s'affranchissant de ce qu'ils sont, de ce qu'ils représentent aujourd'hui dans la culture populaire, dans la culture en général… qui est énorme !"

Gil Chauveau
19/06/2024
Spectacle à la Une

•Off 2024• "Un Chapeau de paille d'Italie" Une version singulière et explosive interrogeant nos libertés individuelles…

… face aux normalisations sociétales et idéologiques

Si l'art de générer des productions enthousiastes et inventives est incontestablement dans l'ADN de la compagnie L'Éternel Été, l'engagement citoyen fait aussi partie de la démarche créative de ses membres. La présente proposition ne déroge pas à la règle. Ainsi, Emmanuel Besnault et Benoît Gruel nous offrent une version décoiffante, vive, presque juvénile, mais diablement ancrée dans les problématiques actuelles, du "Chapeau de paille d'Italie"… pièce d'Eugène Labiche, véritable référence du vaudeville.

© Philippe Hanula.
L'argument, simple, n'en reste pas moins source de quiproquos, de riantes ficelles propres à la comédie et d'une bonne dose de situations grotesques, burlesques, voire absurdes. À l'aube d'un mariage des plus prometteurs avec la très florale Hélène – née sans doute dans les roses… ornant les pépinières parentales –, le fringant Fadinard se lance dans une quête effrénée pour récupérer un chapeau de paille d'Italie… Pour remplacer celui croqué – en guise de petit-déj ! – par un membre de la gent équestre, moteur exclusif de son hippomobile, ci-devant fiacre. À noter que le chapeau alimentaire appartenait à une belle – porteuse d'une alliance – en rendez-vous coupable avec un soldat, sans doute Apollon à ses heures perdues.

N'ayant pas vocation à pérenniser toute forme d'adaptation académique, nos deux metteurs en scène vont imaginer que cette histoire absurde est un songe, le songe d'une nuit… niché au creux du voyage ensommeillé de l'aimable Fadinard. Accrochez-vous à votre oreiller ! La pièce la plus célèbre de Labiche se transforme en une nouvelle comédie explosive, électro-onirique ! Comme un rêve habité de nounours dans un sommeil moelleux peuplé d'êtres extravagants en doudounes orange.

Gil Chauveau
26/03/2024