La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Théâtre

Comment ai-je pu entrer là-dedans ? (Enfants à partir de 7 ans) - 02/05/2011

En ce moment, au Théâtre National de Chaillot, "Comment ai-je pu tenir là-dedans ?", d’après la Chèvre de Monsieur Seguin, d’Alphonse Daudet. Un spectacle qui étonne les petits autant qu’il déroute les grands. Avec Jean-Lambert Wild et Stéphane Blanquet (illustrateur et plasticien) à la scénographie, le Théâtre National de Chaillot prend des allures de scène expérimentale. Entre musique...  

Pierre et Jean sont sur un bateau... Qui est-ce qui reste ? - 27/04/2011

Jean Renoir l’avait fait au cinéma. Vica Zagreba l’ose au théâtre. Adapter Maupassant et réussir à faire passer toute l’ironie (mordante) de l’auteur n’est pas aisé. Pour y arriver, il faut même une pointe de culot, une bonne dose de talent et une troupe qui tient la route… C’est le cas ! Laissons-nous embarquer avec "Pierre et Jean" à la Folie Théâtre, le temps d’un voyage atypique... Vica...  

Le cirque aux mille mirages… fascinant ! - 25/04/2011

Rythme frénétique, énergie quasi démoniaque, on regarde, écoute, admire le duo Yanowski-Parker. Le geste fascine, la voix séduit, la musique captive. Ces diables d’illusionnistes nous embarquent littéralement dans l’antre de leur "Cirque des Mirages". En tournée dans toute la France jusqu’au mois de juillet, leur dernière escale se fera au Festival d’Avignon. Pour les définir, on fait appel au...  

Une femme (drôlement !) seule au Guichet Montparnasse - 23/04/2011

Aujourd’hui Dario Fo est partout. Ce dramaturge italien est même entré au répertoire de la Comédie Française (depuis 2010)… C’est tout dire ! Et quand l’éclectique Bernard Pisani quitte Anouilh ou ses chaussons de danse pour la mise en scène d’"Une femme seule" au Guichet Montparnasse, le résultat est détonant… de rire ! Qui est Bernard Pisani ? Un danseur étoilé, un chanteur d’opéra, un...  

Témoignages et moments forts pendant les Molière... - 22/04/2011

Quelques interviews audio, agrémentées de petites confidences des primés. Confusions et brouhaha, mais petites perles interceptées à la volée… À commencer par Zabou Breitman qui sortait tout juste de la représentation Jeux de scène de Victor Haïm. À ce moment-là, Lea et Zabou portaient toutes les deux leur perruque de la représentation. L’une jouait Gertrude, la metteuse en scène, l’autre...  

À vouloir trop bien faire... - 17/02/2011

"Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée"... "On ne saurait pensait à tout"... Le premier proverbe incite au choix. Indéniablement, Frédérique Plain aurait dû faire le sien... Entre la production d'un spectacle se hissant au niveau d'une simple mais honorable troupe de théâtre amateur ou celui, plus ambitieux, d'une réalisation rigoureuse et exigeante, pour aller au bout de son projet et...  

Marivaux et Lazarini font-ils bon ménage ? - 16/04/2011

La metteuse en scène, comédienne, traductrice et co-directrice du Théâtre Artistic Athévains, Anne-Marie Lazarini, se lance dans le marivaudage. Avec « les Serments indiscrets », elle signe une mise en scène aux allures très puristes. On se croirait dans une miniature de Fragonard… enfin presque ! Marivaux ou l’art de la contradiction : Lucile refuse d’épouser Damis. Fierté de bonne femme d’un...  

C'est swing, c'est binaire... c'est le rock'n roll de Molière ! - 20/06/2012

[Reprise.] Il fallait l'impétuosité et la folie créatrice d'une jeune compagnie pour se lancer dans une adaptation "rock'n roll" d'une comédie de Molière. Tant de metteurs en scène* se sont risqués à transposer les grands classiques sans toujours rencontrer la réussite que l'initiative de la toute jeune Cie La Savaneskise de proposer cette version rock des "Précieuses ridicules" paraissait encore...  

Quand la voix se fait l'écho de l'âme... - 05/04/2011

Quand la parole devient, mot après mot, maux après maux, le subtil sculpteur du labyrinthe des non-dits, des absences, du manque... et des espérances, de celles qui forment la trame de nos rêves, qui bâtissent peu à peu nos vies, nous faisant avancer... "Aimez-vous la nuit ?", une question leitmotiv, fil conducteur... portant "sombre" mais vite désamorcée par la rengaine chantée avec légèreté par...  

Sur un air de jazz, la java des cœurs amoureux... - 30/03/2011

[Reprise] Pour sûr, en 1722, le jazz n'était pas là... mais la java oui ! La java des cœurs amoureux, ceux qui se dévoilent et ceux qui se voilent, d'où naissent les passions qui se disent ou celles encore indécises que l'on voudrait taire... C'est là toute "La Surprise de l'Amour" ! Aude Macé et la Cie le Fil a Tissé ne s'y sont pas trompées en s'emparant, avec une jubilation toute jazzy, du...  
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À découvrir

"Cendres sur les mains" La femme qui murmurait à l'oreille des morts

Dead Can Dance : "Les morts peuvent danser" ! Beauté, Lisa Gerrard est ma chanteuse préférée… J'ai assisté à la représentation de "Cendres sur les mains" sans avoir pris le temps de me renseigner. Bien m'en a pris ! Par les temps qui courent, j'aurais pu penser que ce spectacle allait ajouter au blues de la saison et au retour des contaminations, encore un peu plus de dépression. Et non !

© Jon. D Photographie.
Ce que je retiens, c'est d'abord une voix, celle de Prisca Lona. Envoûtante et habitée. Comme celle de Lisa Gerrard que je cite plus haut et à qui, un temps, elle m'a fait penser. Prisca Lona, la silhouette fine, le costume taillé sur mesure et la beauté lumineuse rattrapée par la bougie dans une semi-obscurité. Une "survivante" revenue des morts… de la mort.

Puis, progressivement, le plateau s'ouvre et s'éclaire juste un peu plus devant nous. Des sacs portés par deux hommes. Un duo. Ils pourraient être frères tant leur ressemblance physique est frappante. Ils portent la même tenue, ils sont fossoyeurs. Ils transportent des corps et les entassent. Tous deux côtoient les cadavres, manipulent des bidons d'essence et se retrouvent dans une marée de cendres. Une mer d'horreur ! Ils font ce qu'on leur demande de faire sans aucun autre retour que de devoir appliquer sans broncher ce "travail" insoutenable, monstrueux qui va s'attaquer à leur propre corps et à leur âme.

Isabelle Lauriou
06/05/2022
Spectacle à la Une

"Monte-Cristo" Grande Épopée pour une grande narration : Monte-Cristo en lumière

Au Quai des Rêves, la bien nommée salle de spectacle de Lamballe, la Compagnie La Volige a présenté l'histoire merveilleuse, palpitante et instructive du Comte de Monte-Cristo. Il s'agit d'un exploit que de restituer sur scène en une heure trente les trois tomes du roman d'Alexandre Dumas. Non seulement par l'étendue du texte, mais également par la multiplicité des lieux où se déroule l'action et par le nombre des personnages impliqués dans cette saga qui se déroule sur plus d'un quart de siècle. Un exploit qui sera cet été au festival d'Avignon Off.

© Frédéric Ferranti.
C'est là qu'entre en jeu la spécificité de la compagnie La Voltige et plus particulièrement celle de l'un de ses créateurs, Nicolas Bonneau. C'est un conteur, original moderne, dont les spectacles s'inscrivent en général dans notre époque, se sourçant au terroir ou à sa propre histoire (citons "Sortie d'usine", "Le combat du siècle", "Qui va garder les enfants ?" ou encore "Mes ancêtres les Gaulois" : tous extraits de notre époque, de notre réalité). "Monte-Cristo" dévie en apparence de ces inspirations. En apparence, car les thèmes qu'il développe et le monde dont il parle ne sont pas si éloignés des nôtres. En cette période trouble du début du XIXe siècle naissait le capitalisme qui nous berce toujours de ses rêves et de ses dévastations. "Il y a dans Le Comte de Monte-Cristo une pertinence philosophique et un esprit de revanche sur la naissance du capitalisme qui résonne avec notre monde actuel", dixit Nicolas Bonneau.

Voici pour le fond de l'histoire. Mais quand il s'agit de raconter cette épopée dantesque (oui, le héros s'appelle Edmond Dantès… mais rien à voir ?), qui mieux qu'un habile conteur comme Nicolas Bonneau pour prendre Edmond et la verve furieuse de Dumas à bras le corps et nous la faire vivre ? Toujours avec douceur, précautions, fluidité et surtout art du langage, c'est ainsi que procède ce conteur moderne, jamais dans l'intention d'imposer sa vision, mais toujours sur une intensité qui fait jaillir de ses mots les images. Ce qui ne l'empêche pas de jeter son habit de conteur dans l'ombre pour se glisser dans la peau de certains personnages, donnant la vie à certaines scènes.

Bruno Fougniès
05/05/2022
Spectacle à la Une

"Vies de papier" Road-movie immobile entre enquête et conférence passionnées

Leur nouvelle tournée passe peut-être pas loin de chez vous. Il faut aller voir Benoît Faivre et Tommy Laszlo et leur manière de rendre palpitant l'examen d'un album-photos anonyme et intrigant trouvé dans une brocante belge…

© Thomas Faverjon.
Dans "Vies de papier", ces documentaristes, ces nouveaux Dupond et Dupont mènent une enquête qui, par étapes, avec ses impasses, ses indices, ses objets déconcertants, toutes ces miettes d'un passé inconnu voit s'ajuster des miettes de mémoire et se constituer en une histoire allemande, une destinée. Celle d'une femme allemande pendant la guerre.

Le scénario développé est improbable et véridique, le récit est haletant. Il a la dimension d'un témoignage de chasseurs de trésors qui tatônnent et se trouvent transformés eux- même par la chasse. Par la résolution de l'énigme, les ressorts secrets de la quête.

Scéniquement, tous les codes convergent vers la réalité avec, en prime dans la présence des comédiens, cette dimension de passion délivrée par des enquêteurs devenus de magnifiques conférenciers. Qui, dans leur manière de faire la liaison entre les images et les objets, cèdent à une touchante tendance à l'auto-célébration. Comme une joie, une satisfaction, une fierté à faire partager.

"Vies de papier" est un road-movie immobile, une épopée avec ce sens de l'autodérision qui fait douter jusqu'au bout et tiens les rennes du rire. Alors cet album-photos ? Cette femme, on y croit ou on n'y croit pas ? C'est la question d'un spectateur comblé.

Jean Grapin
24/03/2022