La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Lyrique

Amateurs d’opéra et de ballet … Tous au ciné ! - 25/10/2013

Vous êtes inconsolable car vous ne verrez pas le ténor vedette Jonas Kaufmann cette saison ? Vous êtes désespérément en manque d’entrechats ? Vous êtes ruiné ? Vous avez toujours rêvé d’aller à Covent Garden mais vous êtes allergique au bœuf à la menthe ? Pas d’affolement ! Provinciaux, Parisiens, vous pourrez assouvir votre noble passion en allant au cinéma, et découvrir la saison 2013-2014 du...  

À Dijon... Un Ring qui va faire grimper au Walhalla - 02/10/2013

"L’Anneau du Nibelung" de Richard Wagner et ses quatre journées données en deux jours, vous en rêviez ? L’Opéra de Dijon le fait du 5 au 15 octobre 2013 et à un prix pour les spectateurs défiant toute concurrence. Pas la peine de brandir la lance de Wotan, tous les publics sont conviés grâce à une production condensée de la fameuse tétralogie. Mais attention ! Condensation du maître ouvrage du...  

Le Détachement féminin rouge attaque le Châtelet - 27/09/2013

Le Ballet national de Chine revient à Paris pour deux spectacles : "Le lac des Cygnes", un ballet classique, jusqu’au 29 septembre et "Le Détachement féminin rouge", un ballet populaire chinois des années Mao, du 1er au 3 octobre au Théâtre du Châtelet. Fidèle du Théâtre du Châtelet et sensation de ce début d’automne, c’est le retour du Ballet national de Chine à Paris. Réputé pour son exigence...  

"Une soirée chez Rossini" avec l’Ensemble Justiniana - 15/09/2013

Après une tournée dans les villages de Franche-Comté cet été, la nouvelle production de l’Ensemble Justiniana sera créée en salle à l’Opéra de Vichy le 20 septembre 2013. Cette "Soirée chez Rossini" nous propose une version totalement originale de sa "Petite messe solennelle"… dans le salon du compositeur au XIXe siècle ! En effet, les défis ne font pas peur à l’Ensemble Justiniana, compagnie...  

Un voyage déjanté dans "Le Monde de la Lune" - 20/06/2013

Pour sa sixième collaboration avec la MC 93, l’Atelier Lyrique de l’Opéra de Paris, vivier des chanteurs de demain, s’attaque à un opéra (méconnu) de Franz Joseph Haydn, "Il Mondo della Luna", d’après un livret de Carlo Goldoni. Et comme la mise en scène est de surcroît confiée à l’iconoclaste David Lescot, nous n’allons pas être déçu(e)s du voyage ! Le directeur de la MC 93, Patrick Sommier, a...  

"Mârouf, savetier du Caire"… Vous reprendrez bien un peu de désert ! - 29/05/2013

Le plus grand succès de l’Opéra Comique du début de l’autre siècle fait son retour salle Favart jusqu’au 3 juin dans une mise en scène drôlissime de Jérôme Deschamps, avec un plateau d’artistes à se damner ! On ne connaît plus le compositeur, ce Henri Rabaud qui fit les grandes heures de l’Opéra Comique au début du XXe siècle avec son "Mârouf", à l’époque où l’Orient et l’Asie fournissaient en...  

Des "notes qui parlent plus haut" : le "Capriccio" génial de David Marton à l’Opéra de Lyon - 12/05/2013

Bonnes gens, sans tarder, courez à Lyon pour découvrir le "Capriccio" de Richard Strauss, révélé brillamment par la mise en scène de David Marton et l’impeccable direction de Bernhard Kontarsky ! Eh oui, je me présente à vous bien repentante et mangeant mon chapeau, qui osais mettre en doute le travail du jeune metteur en scène tchèque ! À l’opéra, les enfants turbulents du Regie Theater sont il...  

À l’Opéra de Lyon, on se fait un "Capriccio" des Dieux ! - 03/05/2013

Remarquez bien, c’est ce genre de question qui donne envie de courir au spectacle ! David Marton, que ce soit clair, on se l’arrache sur toutes les scènes "hype" d’opéra. Et rappelons que ce metteur en scène-là est pianiste, qu’il a appris les rudiments de la direction d’orchestre en Allemagne, à...  

Opera Fuoco met le feu à la Fondation Mona Bismarck ! - 22/04/2013

Les jeunes artistes de l’ensemble Opera Fuoco se produisent le 26 avril à la Fondation Mona Bismarck dans un programme de mélodies américaines. Une performance - rencontre sur la première grande école de composition outre-Atlantique. Après une master class donnée du 22 au 25 avril, les jeunes interprètes de l’Atelier lyrique de Opera Fuoco chanteront pour nous, accompagnés par le pianiste Jeff...  

Tempête dans un verre d’eau à la MC93 … ou presque ! - 08/04/2013

Ce n’est pas un jeu de mots facile… c’est effectivement ce que j’ai vu dans le nouveau spectacle musical de la compagnie Teatro Praga, "The Tempest", à l’affiche le week-end dernier à la MC 93 de Bobigny. Avis aux professionnels, cette véritable performance mérite d’être invitée dans vos théâtres (1) ! Tout commence dans la grande salle Oleg Efremov quand le public entre enfin, un peu étonné...  
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À découvrir

Les modèles des artistes sont-elles vraiment des modèles de vie ? À en croire ces "Muses", non, et tant mieux !

La racine étymologique de musée est "temple des Muses", du nom de ces neuf déesses qui président aux arts. Ici, elles ne sont que quatre (mais neuf en alternance, tiens ? Hasard…) et l'histoire qu'elles incarnent se déroule effectivement dans un musée après la fermeture, dans la torpeur de la nuit. Dans ce spectacle très vivant, incarner est le verbe idéal pour définir ces créations de personnages, puisque ceux-ci ne sont faits, au tout début, que des figures faites de pigments, de colle, de toiles et de cire.

© Xavier Cantat.
Des figures suspendues dans leurs cadres et posées sur un socle qui sont des chefs-d'œuvre : la "Joconde" de Léonard de Vinci, la "Naissance de Vénus" de Botticelli, la "Petite danseuse" de Degas et le "Diptyque Marilyn" d'Andy Warhol… Magie du théâtre, lorsque le dernier visiteur sort, suivi par le dernier gardien, ces muses renaissent, reprennent vie, voix et chair. Alors commence une longue nuit qui va révéler les caractères surprenants, parfois volcaniques et débordants de ces personnages si sages le jour.

Besoin de se dérouiller un peu les jambes, de se plaindre de la cohue qu'elles subissent tous les jours, de se rappeler des souvenirs "d'enfance" ou de se réchauffer les nerfs aux rivalités les plus classiques, rivalités de notoriété, de séduction ou d'âge, car ces quatre figures font bien partie des représentations de l'idéal féminin en compétition, telle sera la course qu'elles mènent avec fougue et sensualité.

L'idée de départ aurait pu devenir banale et vaine sans l'inventivité que les autrices, les interprètes et le metteur en scène ont déployé. Le texte de Claire Couture et Mathilde Le Quellec ancre résolument son ton dans la fantaisie, le jeu de répliques et l'humour. Les deux autrices ont laissé libre cours à leur imaginaire en gardant un point de vue moderne. Elles dessinent des tempéraments rugueux, explosifs et inattendus, qui tranchent avec les idées convenues que l'on forme face à ces représentations idéalisées de la femme : ce que cache le visage, l'apparence, l'esthétique.

Bruno Fougniès
18/10/2022
Spectacle à la Une

"Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?

Garcin, Inès et Estelle, un homme et deux femmes, se retrouvent enfermé(es) dans un salon où la lumière ne s'éteint pas et duquel il est impossible de sortir. Ils comprennent qu'ils se trouvent en Enfer et se racontent leurs histoires. Ainsi se noueront entre eux des relations complexes qui ne se révèleront pas toujours réciproques.

© Anthony Dausseur.
Est-ce bien raisonnable de retourner assister à une énième représentation de "Huis clos", ce texte incontournable du théâtre français écrit, fin 1943 - début 1944, par le célèbre philosophe Jean-Paul Sartre ? Une de ses plus belles œuvres et aussi une des plus jouées.
Quand on aime, on ne compte pas, semble-t-il.

Au Laurette Théâtre, une petite salle intimiste de quartier, se joue une nouvelle version de cette célèbre pièce, interprétée par deux comédiennes et un comédien attachant(es) et investi(es) : Sebastian Barrio, Karine Battaglia et Laurence Meini.

La proximité du public avec la scène et, de ce fait, le contact très proche avec les personnages renforcent très largement la thématique de la pièce. Rares ont été les fois où cette sensation d'enfermement a pu nous envahir autant, indépendamment des relations tendues qui se tissent progressivement entre les personnages et qui de ce fait sont décuplées.

Brigitte Corrigou
24/10/2022
Spectacle à la Une

"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal

Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.

© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu "Juste parmi les nations". D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.

Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, "Les Mains du miracle", et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.

Bruno Fougniès
20/09/2022