La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Lyrique

Une journée particulière avec "Don Giovanni" ? Prenez la direction Dijon ! - 14/03/2013

Depuis quelques années, à l’Opéra de Dijon, les choix opérés comme les coopérations artistiques nouées s’attachent à redonner à la capitale de la Bourgogne sa place de carrefour culturel européen d’antan. Après une programmation autour de Vienne et un hommage à Debussy - entre autres nombreux...  

"Elektra" à l’Opéra de Marseille : règlements de compte sanglants chez les Atrides ! - 31/01/2013

L’Opéra de Marseille produit une nouvelle "Elektra", le chef d’œuvre de Richard Strauss, du 7 au 16 février avec Jeanne-Michèle Charbonnet dans le rôle-titre. Un événement majeur parmi les nombreux rendez-vous de la ville, Capitale européenne de la Culture 2013. C’est donc à Mycènes et dans l’Antiquité que le sang va couler ! Et dans la fosse aussi. Ce quatrième opéra du compositeur autrichien -...  

"La Khovantchina" : un complot russe magistral à Bastille ! - 28/01/2013

L’opéra parisien redonne quasiment à l’identique la production de 2001 d’une œuvre de Modeste Moussorgski, "La Khovantchina" - du nom donné par le tsar Pierre le Grand à la révolte des Princes Khovanski au XVIIe siècle. Une épopée lyrique jusque dans sa conception ! À l’origine, cet opéra - inachevé - du compositeur russe devait figurer dans un triptyque consacré aux moments charnières de...  

Le retour de "L'Anneau du Nibelung" à l’Opéra Bastille : quatre Wagner sinon rien ! - 21/01/2013

Pour fêter dignement le bicentenaire de la naissance de Richard Wagner en 2013, l’Opéra de Paris déroule le tapis rouge au "magicien noir"* de Leipzig et organise une série d’événements à ne pas rater ! Pour bien commencer cette nouvelle année, peut-on rêver mieux que de plonger dans les flots parfaits de la musique de "L'Or du Rhin" ? C’est le "Prologue en quatre scènes" de la fameuse tétralogie...  

Amoureux de "Virtuosités baroques" ? À la découverte du nouveau Carestini : Franco Fagioli ! - 07/01/2013

Tel le légendaire castrat du XVIIIe siècle Carestini, le jeune contre-ténor argentin Franco Fagioli est la nouvelle sensation hot de la musique baroque ! Son premier récital français salle Gaveau le 10 janvier prochain est un événement très attendu. Ce jeune contre-ténor, ayant brillé dans les principaux rôles des opéras de Haendel en Europe, a été révélé en France il y a peu dans une production...  

Avec les "filles" d’Ariane, une mise en scène réussie à l’Opéra de Dijon - 18/12/2012

Une belle mise en scène de Lilo Baur, pour ce chef d’œuvre réputé redoutable à produire de Paul Dukas, "Ariane et Barbe-Bleue", et des seconds rôles très talentueux ont sauvé la soirée à l’Opéra de Dijon ! Les décors stylisés et les lumières savantes créent l’ambiance onirique du conte sur cette belle scène de l’Auditorium de Dijon - ce magnifique vaisseau dédié à l’opéra et aux concerts. On...  

Qu'y a-t-il derrière la septième porte du château de Barbe-Bleue ? - 03/12/2012

La réponse de Paul Dukas est dans son magnifique opéra en trois actes, "Ariane et Barbe-Bleue" à l’Opéra de Dijon. Ce "conte lyrique" est le seul opéra du compositeur français, Paul Dukas (1865 - 1935), composé au début du XXe siècle sur un livret de Maurice Maeterlinck. Un opéra créé à l’Opéra Comique en 1907, dans lequel la femme de l’écrivain symboliste, Georgette Leblanc, est la première à...  

Amour, révolution anglaise et bel canto à l’Opéra de Lyon avec "Les Puritains" de Vincenzo Bellini ! - 12/11/2012

L’opera seria en trois actes est donné en version concert sous la direction de l’incontournable Evelino Pido à partir du 13 novembre : un rendez-vous annuel avec le répertoire bel cantiste auquel nous a habitués l’Opéra de Lyon ! En effet, le chef italien, invité régulier à Lyon, s’est imposé dans ce répertoire au cours d’une riche carrière internationale, du Festival d’Aix en Provence au...  

Création française de "Der Ferne Klang" à l’Opéra national du Rhin : un son résolument européen - 19/10/2012

Pour l’ouverture de sa saison d’opéra, l’excellente maison strasbourgeoise dirigée par Marc Clémeur, propose "Der Ferne Klang" ("Le Son lointain") du compositeur austro-hongrois Franz Schreker, commémorant ainsi le centenaire de sa création à Francfort en 1912. Cette nouvelle production est l’occasion de faire connaître le compositeur le plus célèbre de son temps - avec Richard Strauss - de la...  

"Tristan et Isolde" à Pleyel : "Désirer au sein de la mort et non mourir de désir"* - 18/10/2012

Donc ce fut un jeune chef finlandais de trente-trois ans, Mikko Franck, en remplacement du directeur de l’orchestre Myung-Whun Chung ce samedi 13 octobre, et on comprend pourquoi. Les relations entre le jeune chef finlandais et l’Orchestre de Radio France sont étroites : ils ont enregistré en 2009 un CD consacré à Claude Debussy et ont donné "Tosca" aux Chorégies d’Orange en 2010. L’osmose est...  
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À découvrir

Ah le foot, le foot, le foot… Oui, mais en version féminine, pour une étonnante aventure humaine

Ça commence limite "foutage de gueule", genre numéro de cirque en guise d'attraction préambulaire… Après le combat de catch de nains, pourquoi un match de foot féminin pour ouvrir la kermesse annuelle du journal L'Union à Reims ! Sauf que… les choses vont prendre une tournure inattendue… Avec une coupe du monde à la clé ! C'est la nouvelle et formidable histoire de femmes que nous racontent Pauline Bureau et sa compagnie.

Ah le foot, le foot, le foot… Oui, mais en version féminine, pour une étonnante aventure humaine
Reims, été 68. Dans la perspective d'un événement footballistique important, coach et cadres de l'équipe locale cherche une attraction en préambule de la confrontation sportive… Et pourquoi pas des femmes courant après un ballon, c'est original et rigolo, du jamais vu !* Des filles sur un terrain de foot, voilà un divertissement apte à régaler les mâles… majoritaires sur les gradins.

S'ensuit un appel à candidates qui, à la grande surprise de l'initiateur (Nicolas Chupin), répondent présentes. Mais son étonnement est total quand il les voit taper dans le ballon ; et jouer avec enthousiasme, aisance, rapidité et une immense liberté, sans retenue. Elles ont entre 16 et 32 ans, venant d'horizons différents, et sont bien décidées à faire de cette mauvaise plaisanterie divertissante l'aventure de leur vie.

Et, ici, Pauline Bureau nous rappelle que l'histoire du football féminin est indissociable de l'évolution de la société et de ses luttes. Femmes footballeuses, femmes ouvrières, l'un peut être l'échappatoire de l'autre, enquête historique, en quête d'histoire… Plusieurs aspects de la condition de la femme sont abordés, montrés. Et dans les années soixante, de la famille à l'usine, les exemples ne manquent pas, actualités sociales sur fond de rendement à la chaîne, de taux horaires, flagrantes et énormes disparités de salaires entre les hommes et les femmes (ça a changé ?), etc.

Gil Chauveau
06/12/2019
Spectacle à la Une

"Le Pas Grand Chose" Un regard de côté pour illuminer le monde

Subvertir la pensée commune par des postures intellectuelles radicales, propres à faire passer ce pseudo conférencier circassien pour un autiste Asperger des plus performants, semble le crédo existentiel de cet artiste hors normes. Par le biais de son regard décalé, il recrée sous nos yeux un monde fabuleux, enchantant notre imaginaire et stimulant nos neurones assoupis.

Johann Le Guillerm, dès son apparition sur le plateau, poussant une improbable carriole-bureau à tiroirs, en impose. Son costume, sa cravate, sa tresse impeccable, sa voix monocorde… tout en lui dégage une inquiétante étrangeté mâtinée d'une sérénité au-dessus de tout soupçon. Comme si cet homme d'un autre temps, d'une autre époque, avait accumulé dans les plis de son être un savoir qui nous faisait défaut, nous les prisonniers de la caverne platonicienne condamnés à ne voir en toutes choses que le pâle reflet de nos vies formatées.

"Est-ce que quelqu'un dans la salle pourrait m'indiquer le chemin qui n'irait pas à Rome ?"… Dès sa première adresse au public, le ton est donné : si quelqu'un d'aventure, fort de ses nouveaux savoirs, s'était égaré là, conforté dans l'idée que la terre est ronde (suprême révélation datant d'à peine cinq cents ans) et que l'homme n'est pas maître en sa demeure (Freud, et la découverte de l'inconscient au début des années 1900), il pourrait illico "battre en retraite". Copernic, Galilée, Freud n'ont fait qu'ouvrir la voie… à nous de la poursuivre.

"La science de l'idiot" chevillée au corps, Johann Le Guillerm va faire exploser littéralement le prêt-à-penser confortant des idées manufacturées, fussent-elles actualisées, dupliquées à l'envi par la nécessité d'une reproduction sociale garante de l'ordre décliné par le savoir officiel. Penser autrement le monde, c'est ce qu'il fut amené à faire, d'abord à son corps défendant. Diagnostiqué enfant dys+++ (dyslexique, dysorthographique, etc.), il fut conduit à la rébellion de l'esprit en dessinant d'autres épures. Réflexe de survie.

Yves Kafka
21/12/2019
Sortie à la Une

"À mon bel amour"… Urbain, classique, éclectique et artistique

C'est sous le prisme des danses urbaines, contemporaine et classique que la chorégraphe Anne Nguyen interroge les identités au travers du corps et de son rapport à l'espace où le waacking, le popping, le voguing, le locking et le krump portent leurs signatures au détour de pointes, de balancés, de lock et de bounce.

Noir sur scène, puis un groupe se détache dans une lumière tamisée qui vient dessiner les creux de leurs silhouettes. La musique démarre à un rythme effréné. Au début, tout est homogène, ils forment une seule et même entité dans une intimité qui est balayée par le tempo musical. Comme un pied-de-nez à la sensation scénique d'un sentiment intime qui s'extériorise violemment.

À tour de rôle, comme une réminiscence des années soixante, soixante-dix, quatre-vingt, le waacking, le popping, le voguing, le locking, le krump, en appui des danses contemporaine et classique, apparaissent autour d'un socle artistique commun dans lequel chacun vient se nourrir au même humus. Des différences ? Oui, bien sûr, dans le tempo, la gestique, le rapport au corps, à la scène et à l'autre, mais tout ceci puise dans un même objectif, celle de faire communiquer une sensation, un état d'âme, une volonté farouche ou timide de montrer quelque chose sur le plateau, un ce je-ne-sais-quoi qui fait de l'artiste un buvard aux émotions qui a besoin, pour notre plus grand plaisir, de s'épancher.

Safidin Alouache
10/12/2019