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Lyrique

Amateurs d’opéra et de ballet … Tous au ciné !

Vous êtes inconsolable car vous ne verrez pas le ténor vedette Jonas Kaufmann cette saison ? Vous êtes désespérément en manque d’entrechats ? Vous êtes ruiné ? Vous avez toujours rêvé d’aller à Covent Garden mais vous êtes allergique au bœuf à la menthe ? Pas d’affolement ! Provinciaux, Parisiens, vous pourrez assouvir votre noble passion en allant au cinéma, et découvrir la saison 2013-2014 du Royal Opera House en direct ou en différé de Londres.



"Parsifal" © Tous droits réservés.
"Parsifal" © Tous droits réservés.
Et elle mérite le détour cette nouvelle saison à Covent Garden ! Pas moins de dix chefs-d’œuvre lyriques et ballets sont diffusés dans plus d’une centaine de cinémas en France, enfin à la portée du plus grand nombre.

Pour l’opéra, un Verdi est retransmis, "Les Vêpres Siciliennes", le 4 novembre avec à la baguette le chef maison (depuis 2002) Antonio Pappano et un cast de luxe dont Bryan Hymel et Erwin Schrott dans les rôles d’Arrigo et Procida. Cette histoire de révolte populaire dans la Sicile du XIIIe siècle contre l’occupation française - avec un livret en français de Eugène Scribe et Charles Duveyrier - devrait ravir les foules. Ne manquez pas également un "Parsifal" le 18 décembre avec des chanteurs wagnériens de haute volée tels Angela Denoke, Simon O’Neill, René Pape et Sir Willard White. Vous pourrez vérifier si votre admiration est aussi "absolue, excessive" que celle du beau-père de Richard Wagner, Franz Liszt, comme il l’écrivit. Le pur Parsifal devrait encore une fois guérir la blessure du roi Amfortas et vous laisser sans voix.

"Giselle" © Tous droits réservés.
"Giselle" © Tous droits réservés.
En février, vous retrouverez le "Don Giovanni" de Mozart avec le jeune baryton Mariusz Kwiecien, déjà applaudi dans le rôle titre au Metropolitan à New York, et notre chère soprano nationale Véronique Gens dirigés par Nicola Luisotti, invité de l’orchestre du Royal Opera House. Et surtout... surtout, vous ne raterez pour rien au monde le divin ténor de notre génération, Jonas Kaufmann, le 24 juin 2014, en Chevalier Des Grieux dans le "Manon" Lescaut de Giacomo Puccini. Avec Kristine Opolais, la soprano lettonne qui monte, pour lui chanter la réplique.

Les amateurs de ballet ne sont pas en reste : est prévu un "Giselle" le 27 janvier, chorégraphié par Marius Petipa avec les étoiles Natalia Osipova et Carlos Acosta, entre autres ballets du répertoire interprétés par le corps maison, le Royal Ballet. Et, enfin, une première mondiale le 28 avril avec une création de Christopher Wheelon, "Le Conte d’Hiver", sur une musique de Joby Talbot : une association déjà remarquée l’an dernier avec son "Alice au pays des Merveilles" sur cette même scène.

Royal Opera House © H. Rone. Tous droits réservés.
Royal Opera House © H. Rone. Tous droits réservés.
Dix retransmissions en direct du Royal Opera House de Londres de septembre 2013 à juin 2014.

Liste des salles, informations et réservations : 01 49 96 54 28.
>> Akuentic, le site des rendez-vous culturels dans les cinémas
>> Royal Opera House

Christine Ducq
Vendredi 25 Octobre 2013

Concerts | Lyrique







À découvrir

"Vies de papier" Un road-movie immobile, une épopée de l'autodérision

Leur tournée passe peut-être pas loin de chez vous. Il faut aller voir Benoît Faivre et Tommy Laszlo et leur manière de rendre palpitant l'examen d'un album-photos anonyme et intrigant trouvé dans une brocante belge…

Dans "Vies de papier", ces documentaristes, ces nouveaux Dupond et Dupont mènent une enquête qui, par étapes, avec ses impasses, ses indices, ses objets déconcertants, toutes ces miettes d'un passé inconnu voit s'ajuster des miettes de mémoire et se constituer en une histoire allemande, une destinée. Celle d'une femme allemande pendant la guerre.

Le scénario développé est improbable et véridique, le récit est haletant. Il a la dimension d'un témoignage de chasseurs de trésors qui tatônnent et se trouvent transformés eux- même par la chasse. Par la résolution de l'énigme, les ressorts secrets de la quête.

Scéniquement, tous les codes convergent vers la réalité avec, en prime dans la présence des comédiens, cette dimension de passion délivrée par des enquêteurs devenus de magnifiques conférenciers. Qui, dans leur manière de faire la liaison entre les images et les objets, cèdent à une touchante tendance à l'auto-célébration. Comme une joie, une satisfaction, une fierté à faire partager.

"Vies de papier" est un road-movie immobile, une épopée avec ce sens de l'autodérision qui fait douter jusqu'au bout et tiens les rennes du rire. Alors cet album-photos ? Cette femme, on y croit ou on n'y croit pas ? C'est la question d'un spectateur comblé.

Jean Grapin
08/01/2020
Spectacle à la Une

Ah le foot, le foot, le foot… Oui, mais en version féminine, pour une étonnante aventure humaine

Ça commence limite "foutage de gueule", genre numéro de cirque en guise d'attraction préambulaire… Après le combat de catch de nains, pourquoi un match de foot féminin pour ouvrir la kermesse annuelle du journal L'Union à Reims ! Sauf que… les choses vont prendre une tournure inattendue… Avec une coupe du monde à la clé ! C'est la nouvelle et formidable histoire de femmes que nous racontent Pauline Bureau et sa compagnie.

Ah le foot, le foot, le foot… Oui, mais en version féminine, pour une étonnante aventure humaine
Reims, été 68. Dans la perspective d'un événement footballistique important, coach et cadres de l'équipe locale cherche une attraction en préambule de la confrontation sportive… Et pourquoi pas des femmes courant après un ballon, c'est original et rigolo, du jamais vu !* Des filles sur un terrain de foot, voilà un divertissement apte à régaler les mâles… majoritaires sur les gradins.

S'ensuit un appel à candidates qui, à la grande surprise de l'initiateur (Nicolas Chupin), répondent présentes. Mais son étonnement est total quand il les voit taper dans le ballon ; et jouer avec enthousiasme, aisance, rapidité et une immense liberté, sans retenue. Elles ont entre 16 et 32 ans, venant d'horizons différents, et sont bien décidées à faire de cette mauvaise plaisanterie divertissante l'aventure de leur vie.

Et, ici, Pauline Bureau nous rappelle que l'histoire du football féminin est indissociable de l'évolution de la société et de ses luttes. Femmes footballeuses, femmes ouvrières, l'un peut être l'échappatoire de l'autre, enquête historique, en quête d'histoire… Plusieurs aspects de la condition de la femme sont abordés, montrés. Et dans les années soixante, de la famille à l'usine, les exemples ne manquent pas, actualités sociales sur fond de rendement à la chaîne, de taux horaires, flagrantes et énormes disparités de salaires entre les hommes et les femmes (ça a changé ?), etc.

Gil Chauveau
06/12/2019
Sortie à la Une

"Macbeth" Deux clowns donnent un éclat de rire à Shakespeare

C'est un petit bijou que ce spectacle. Le mariage réussi de deux grandes écoles apparemment éloignées : la tragédie élisabéthaine et l'art du clown. Politiques, conflits historiques, guerres et meurtres d'un côté, dérision, naïveté lumineuse, enfance et poésie de l'autre. Les deux mêlés font exploser le drame de Macbeth en feu d'artifice, entre rire et effroi.

"Macbeth", faut-il le rappeler, ce sont les trois célèbres sorcières surgies des brumes de la lande écossaise qui prédisent l'avenir royal au noble Macbeth, l'assassinat d'un roi pendant son sommeil, l'exil de ses fils, le meurtre de Banco, le rival désigné dans les prédictions, des apparitions et, enfin, une guerre sanglante. Aux manettes de cette machine, un couple : Macbeth et sa femme, lady Macbeth. Pas vraiment de quoi rire face à ces passions violentes : cupidité, trahison, remords. Seulement, lorsque les regards de clowns se posent sur la triste saleté de l'existence humaine, la perception des événements les plus noirs se transfigure.

Les deux clowns, Francis (Louis-Jean Corti) et Carpatte (Maria Zachenska), incarnent tous les personnages essentiels de la tragédie. Aucune partie de l'histoire ne manque. Chaque épisode est raconté, joué, et offert avec cette distance capable à la fois de percevoir le grave et d'en retirer dans le même temps le rire grandiose de la truculence. C'est du théâtre de clowns où le mime alterne avec le jeu issu de la comédie et la narration.

Mais comment s'étonner que cette manière de mettre en scène l'écriture de Shakespeare, lui qui n'a jamais cessé d'introduire dans la plupart de ses pièces, un fou, un bouffon, un clown ou un personnage tiré de la simplicité du peuple qui avec ses mots simples, ose dire ce que les autres n'osent pas. En cela, les deux clowns de cette histoire sont des passeurs entre ces héros tragiques et le public.

Bruno Fougniès
11/02/2020