La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Festivals

12 au 14/08/2011, Festival Alp’y Latino, Montgenèvre, Hautes-Alpes - 10/08/2011

Depuis près de deux ans, la commune de Montgenèvre (près de la frontière italienne) s’est fixée comme objectif d’étayer sa politique culturelle à travers l’organisation d’événements "phares", populaires et fédérateurs. À l’image de l’audacieux festival Jazz aux Frontières, créé en 2010, Montgenèvre et ses instances travaillent sur une programmation événementielle hétéroclite de plus en plus axée...  

5 au 14 août 2011, Festival Interceltique - "Emvod Ar Gelted", Lorient, Morbihan - 31/07/2011

Au cours de ces quarante dernières années, le Festival Interceltique de Lorient est devenu un carrefour interculturel, une vitrine et un laboratoire de création sur la base d’une idée contemporaine et ouverte de l’identité. Les avatars de l’histoire ont contraint les communautés celtiques des promontoires du bout du monde, ces Finistères atlantiques à laisser partir beaucoup des leurs, sur les...  

Du 1er/07 au 20/08/2011, Fêtes Nocturnes du Château de Grignan, Drôme - 04/07/2011

Grignan et sa correspondance... mais aussi Grignan et son château. Depuis 25 ans, le département de la Drôme produit un spectacle présenté durant deux mois dans la cour située devant la très belle façade du château de Grignan. Après le succès obtenu l'année dernière par la mise en scène de François Rancillac du "Roi s'amuse" de Victor Hugo, c'est au tour de Jean-Luc Revol de mettre en scène l'un...  

Du 19/07 au 2/08/2011, Festival de Théâtre de Figeac, Lot - 01/07/2011

Figeac... une aventure particulière ! Celle d'un homme, Marcel Maréchal, d'une compagnie, Les Tréteaux de France, d'une ville, Figeac, et de la Région Midi-Pyrénées. Dix ans de complicité pour un festival imaginé en 2001, qui a vu passer une quinzaine de créations des Tréteaux et plus d'une centaine de spectacles et de compagnies régionales invitées. 2011, année charnière, avec une nouvelle...  

Du 6/07 au 10/07/2011, Festival de la Correspondance, Grignan, Drôme - 28/06/2011

1996... Année du tricentenaire de la mort de Mme de Sévigné. C'est cette année-là que le maire de Grignan, Bruno Durieux, prend l'initiative de créer le Festival de la Correspondance, célébrant ainsi un genre littéraire jusqu'alors négligé mais qui connaît depuis quelques années un intérêt croissant de la part des lecteurs, auteurs, éditeurs et comédiens. Ainsi, depuis 16 ans, le festival de...  

25, 26 et 27/06/2011, Festival Viva Cité, Sotteville-lès-Rouen, Seine-Maritime - 21/06/2011

22 ans... Comme la RDS ! Eh oui, c'est en 1989 que naît le festival Viva Cité. Depuis, il a marqué de son originalité festive et de sa différence la ville de Sotteville-lès-Rouen, devenant une référence internationale dans le domaine des Arts de la Rue. Chaque dernier week-end de juin, la ville devient un grand terrain d'expérimentation spectaculaire, une immense scène où les plus belles émotions...  

22/06 au 25/06/2011, Tchekhov côté jardins, La Courneuve, Seine-Saint-Denis - 14/06/2011

Le théâtre descend dans la rue : "Coup de théâtre dans les quartiers" de la Courneuve. Cette année, trois petites pièces de Tchekhov feront le régal du public : "La Demande en mariage", "L’Ours" et "Les Méfaits du tabac". Un événement à ne surtout pas manquer et qui se jouera en plein air. À Dominique Brodin, directeur et comédien de la Cie, décédé en 2007. Pour la 6ème édition, le centre...  

23/06 au 3/07/2011, 2e Festival des Écoles du théâtre public, Paris - 13/06/2011

Il sort environ une centaine de jeunes comédiens chaque année des écoles nationales supérieures d’art dramatique réparties sur toute la France. Venant de différents conservatoires ou d'écoles de formation initiale, comme l'EDT 91, ils suivent dans ces ENSAD une formation de trois ans (gratuite et...  

Du 4/06 au 25/06/2011, Festival L'Humour en Capitales, Paris - 05/06/2011

Paris fait sa comédie et écrit l'humour en capitales. Nouveau nom pour le festival parisien qui prend par la même occasion le pluriel et un objectif de déploiement international. Mais la recette qui a fait le succès de cette manifestation depuis quatre ans n'a pas changé. Carte blanche a des artistes de renom et découvertes des talents de demain sont toujours au menu. Fort de quatre années de...  

7/07 au 24/07/2011, Festival International "Teatro a Corte", Turin, Italie - 04/06/2011

Oyé, oyé, pendant 20 jours, la ville de Turin vous ouvre en grand ses splendides demeures royales de la Région du Piémont : Rivoli, Moncalieri, Pollenzo, La Veneria Reale, Druento… Comment ne pas rêver ? "Teatro a Corte", c’est 20 jours de fête dans un des plus beaux lieux du monde. Ce festival offre la possibilité de venir découvrir 29 compagnies, provenant de 11 pays différents… 2011 est une...  
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À découvrir

Les modèles des artistes sont-elles vraiment des modèles de vie ? À en croire ces "Muses", non, et tant mieux !

La racine étymologique de musée est "temple des Muses", du nom de ces neuf déesses qui président aux arts. Ici, elles ne sont que quatre (mais neuf en alternance, tiens ? Hasard…) et l'histoire qu'elles incarnent se déroule effectivement dans un musée après la fermeture, dans la torpeur de la nuit. Dans ce spectacle très vivant, incarner est le verbe idéal pour définir ces créations de personnages, puisque ceux-ci ne sont faits, au tout début, que des figures faites de pigments, de colle, de toiles et de cire.

© Xavier Cantat.
Des figures suspendues dans leurs cadres et posées sur un socle qui sont des chefs-d'œuvre : la "Joconde" de Léonard de Vinci, la "Naissance de Vénus" de Botticelli, la "Petite danseuse" de Degas et le "Diptyque Marilyn" d'Andy Warhol… Magie du théâtre, lorsque le dernier visiteur sort, suivi par le dernier gardien, ces muses renaissent, reprennent vie, voix et chair. Alors commence une longue nuit qui va révéler les caractères surprenants, parfois volcaniques et débordants de ces personnages si sages le jour.

Besoin de se dérouiller un peu les jambes, de se plaindre de la cohue qu'elles subissent tous les jours, de se rappeler des souvenirs "d'enfance" ou de se réchauffer les nerfs aux rivalités les plus classiques, rivalités de notoriété, de séduction ou d'âge, car ces quatre figures font bien partie des représentations de l'idéal féminin en compétition, telle sera la course qu'elles mènent avec fougue et sensualité.

L'idée de départ aurait pu devenir banale et vaine sans l'inventivité que les autrices, les interprètes et le metteur en scène ont déployé. Le texte de Claire Couture et Mathilde Le Quellec ancre résolument son ton dans la fantaisie, le jeu de répliques et l'humour. Les deux autrices ont laissé libre cours à leur imaginaire en gardant un point de vue moderne. Elles dessinent des tempéraments rugueux, explosifs et inattendus, qui tranchent avec les idées convenues que l'on forme face à ces représentations idéalisées de la femme : ce que cache le visage, l'apparence, l'esthétique.

Bruno Fougniès
18/10/2022
Spectacle à la Une

"Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?

Garcin, Inès et Estelle, un homme et deux femmes, se retrouvent enfermé(es) dans un salon où la lumière ne s'éteint pas et duquel il est impossible de sortir. Ils comprennent qu'ils se trouvent en Enfer et se racontent leurs histoires. Ainsi se noueront entre eux des relations complexes qui ne se révèleront pas toujours réciproques.

© Anthony Dausseur.
Est-ce bien raisonnable de retourner assister à une énième représentation de "Huis clos", ce texte incontournable du théâtre français écrit, fin 1943 - début 1944, par le célèbre philosophe Jean-Paul Sartre ? Une de ses plus belles œuvres et aussi une des plus jouées.
Quand on aime, on ne compte pas, semble-t-il.

Au Laurette Théâtre, une petite salle intimiste de quartier, se joue une nouvelle version de cette célèbre pièce, interprétée par deux comédiennes et un comédien attachant(es) et investi(es) : Sebastian Barrio, Karine Battaglia et Laurence Meini.

La proximité du public avec la scène et, de ce fait, le contact très proche avec les personnages renforcent très largement la thématique de la pièce. Rares ont été les fois où cette sensation d'enfermement a pu nous envahir autant, indépendamment des relations tendues qui se tissent progressivement entre les personnages et qui de ce fait sont décuplées.

Brigitte Corrigou
24/10/2022
Spectacle à la Une

"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal

Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.

© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu "Juste parmi les nations". D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.

Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, "Les Mains du miracle", et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.

Bruno Fougniès
20/09/2022