La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Cirque & Rue

"Quintessence"… entre terre et ciel, l'Art du Cirque ! - 10/01/2017

Pour la deuxième fois d'affilée, la famille Gruss et la compagnie les Farfadais poursuivent l'aventure ensemble en proposant un spectacle où l'univers du cirque est réinventé dans une approche à la fois artistique et acrobatique. Depuis trois ans, la famille Gruss, qui compte actuellement trois générations, collabore avec la compagnie les Farfadais. Depuis la création par Alexis Gruss du "Cirque...  

Gilles Cailleau… Attention fragile, nouvelle création en cours ! - 14/10/2016

Gilles Cailleau (et la Compagnie Attention Fragile), dans le cadre d'une résidence à la Gare Franche (Marseille), présente "Gilles et Bérénice" et poursuit les répétitions publiques de sa nouvelle création "Le Nouveau Monde". Cette dernière sera présentée en janvier 2017 pour la deuxième biennale des Arts du Cirque de Marseille Creac Archaos. Gilles Cailleau est en gestation d'une nouvelle œuvre...  

Un bouquet éclatant et lumineux d'artistes aux talents avérés pour un cabaret… Extraordinaire ! - 26/02/2016

Pari audacieux que de rassembler dans un même spectacle une palette d'artistes (faisant majoritairement partie de la même maison de production) ayant tous suffisamment de succès pour être à l'affiche dans une salle parisienne ou effectuer une tournée en France ou à l'étranger… C'est pourtant ce qu'a réussi Armelle Hédin (également metteure en scène), directrice de la société de production et de...  

Pégase et Icare… Entre ciel et terre - 10/01/2015

La famille Gruss et les Farfadais présentent un spectacle créé autour des figures mythiques de Pégase et d'Icare dans des numéros équestres et aériens où grâce, force et volupté s'associent avec bonheur. La rencontre a eu lieu il y a plusieurs mois, quand la famille Gruss, écuyers depuis six générations, a contacté les Farfadais pour créer un spectacle pour les Equestriades d'Orange de 2014. D'un...  

Golgota… Scènes de Passion du Flamenco et du Théâtre, entre gravité et légèreté - 28/04/2014

Bartabas construit un puzzle artistique où la Danse et le Théâtre s’allient avec humour au couple homme-cheval dans un drapé où la religion est parfois taquinée avec espièglerie. Avec le danseur chorégraphe Andrés Marín, le spectacle décline différentes scènes où la gravité se dispute à la légèreté. Golgotha est le lieu situé à l’extérieur de Jérusalem où les romains crucifiaient les condamnés....  

"Notes sur le cirque", un laboratoire de recherche inventif et burlesque sur la relation entre réalité et spectacle - 16/12/2013

Entre projet expérimental ludique et nouveau cirque libre et enthousiaste se situe la création du jeune collectif Ivan Mosjoukine... Collectif éphémère (ce sera leur seul et unique spectacle*) glissant sur le fil du "cirque de recherche", privilégiant l’expérimentation à la démonstration... Un regard décalé, très créatif, plein de fougue et un rien burlesque sur le sens des images et l'importance...  

Une danse macabre… Sacre d’une Mort gaie et enjouée - 22/11/2013

Par le biais de l’humour, de la danse, du théâtre et de la musique, Bartabas sacre la mort d’heureuse façon, en s’inspirant d’une tradition mexicaine. Zingaro a fait de "Calacas" un lieu où la Mort est enjouée et sœur de la Vie. Depuis 25 ans, Bartabas se place à la croisée de plusieurs disciplines artistiques. Un spectacle de Zingaro, c’est une mosaïque de danse, de théâtre et de musique avec le...  
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À découvrir

"Barbara amoureuse"… Ah qu'il est doux le temps des amours

Caroline Montier chante "Barbara amoureuse", Essaïon Théâtre, Paris

Chanter l'amour comme une femme, chanter l'amour de toutes les femmes, et interpréter celle qui sut tant aimer les hommes ainsi que son public. Dans une belle et élégante simplicité, Caroline Montier nous offre quelques joyaux mélodiques et poétiques de la grande Barbara, éternelle amoureuse.

Parti-pris judicieux, Caroline Montier a puisé dans le répertoire de jeunesse de la dame en noir, époque L’Écluse, Bobino (en première partie de Félix Marten en 61 et de Brassens en 64, puis en vedette en 65), et des premiers Olympia… Période Barbara jeune, tendre, passionnée ou orageuse amante. Une femme qui, à ses débuts, fut tout aussi timide et réservée que mutine et fougueuse, aimant tant l'amour que les hommes qui souvent l'ont comblée.

De titres connus ("Dis, quand reviendras-tu", 1ère version 1962 ou "La Solitude", 1965) à ceux qui le sont moins ("Pierre", 1964 ou "Gare de Lyon", 1964), Caroline Montier a construit un récital sur ces aventures qui ont jalonné sa vie, mais ici avec un choix de chansons enregistrées par Barbara entre 1962 et 1968, avec une prédilection pour des compositions de 64 ("Toi l'homme", "Je ne sais pas dire", "Septembre"…) ou de 68 ("Du bout des lèvres", "Amoureuse", "Le Testament", "Tu sais"…).

Dans cette exploration originale, Caroline Montier fait le choix d'aller croquer un rayon de soleil dans les amours de Barbara, apportant, avec subtilité et talent, une touche de grâce à l'ensemble.

Gil Chauveau
12/12/2018
Spectacle à la Une

"Adieu Monsieur Haffmann"… Rire et émotions mêlés dans une pièce toute en délicatesse… comme une sonate des cœurs purs

Reprise de la pièce aux quatre "Molière 2018", Théâtre Rive Gauche, Paris

La pièce est dessinée en traits purs, comme une esquisse, une encre fine qui laisse autant de place à l'imaginaire dans les espaces laissés vides que dans les tracés. Une sorte de stylisation mêlée à une extrême pudeur pour permettre à cette histoire de briller malgré la noirceur de l'époque où elle se déroule.

1942, les nazis instaurent le port obligatoire de l'étoile jaune pour les Juifs, monsieur Haffmann décide de se cacher dans la cave de sa bijouterie et d'en confier la direction (ainsi que sa propre sécurité) à son employé goy Pierre Vigneau.

Le décor sobre de Caroline Mexme, tout en déclinaisons de gris, sert de fond à cette époque aux couleurs vert-de-gris. D'un côté la cave où se cache Joseph Haffmann, de l'autre l'appartement à l'étage où s'installent Pierre et sa femme, jeune couple en attente d'un enfant qui ne vient pas. Dehors, les persécutions contre les Juifs s'intensifient, dénonciations, expropriations, et puis la rafle du Vél d'Hiv…

C'est dans ce huis clos que va se dérouler la pièce. Une vie à trois qui s'organise sur la base d'un double contrat : donnant-donnant. L'employé-modèle accepte de cacher son patron et de diriger la boutique à condition que celui-ci veuille bien tenter de mettre enceinte sa femme - car lui-même est stérile et monsieur Haffmann si fertile que sa descendance est déjà au nombre de quatre. Contrat aux allures diaboliques dans une époque où l'intégrité est soumise à toutes sortes de tentations, où toutes les trahisons sont possibles.

Bruno Fougniès
09/10/2018
Sortie à la Une

"Crocodiles"… Comme l'histoire d'un d'Ulysse, épuisé, recueilli par Nausicaa

"Crocodiles", en tournée 2018/2019

C'était, il y a, une fois. Un petit garçon qui aimait les étoiles et les arbres fruitiers. Enaiat est son nom. Sa mère, parce qu'elle l'aimait, l'a confié au destin, en l'abandonnant au-delà de la frontière alors qu'il approchait de ses dix ans.

C'est qu'à dix ans, là-bas en Afghanistan, on devient un homme et qu'un homme, quand il est hazāra, quand il appartient à une ethnie persécutée, ne va pas à l'école. Il est esclave. Pendant cinq ans, peut-être, il va avancer vers l'Ouest, de nuit. Se cachant, travaillant le jour, amassant un pécule, des rencontres et des chances.

Afghanistan, Pakistan, Iran, Turquie, Grèce, jusqu'à cette Italie joyeuse et merveilleuse qui l'accueille et recueille son récit.

Cendre Chassane dans "Crocodiles" condense le récit du véritable Enaiat (publié en 2011 chez Liana Levi), et en fait un conte à deux voix dans lequel un écrivain journaliste plein d'empathie interviewe le réfugié.

Sa pièce est un concentré de théâtre. Sa simplicité narrative, l'économie de ses accessoires (un bout de ficelle, un cerf-volant, un ballon, un t-shirt, un livre illustré, un gâteau, un lé de tissu métallisé, des images d'infini de sable ou de ciel) suffisent à capter l'imaginaire et rendent l'histoire lisible et sensible.

Jean Grapin
23/04/2018