La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Cirque & Rue

FAB 2019 We Can Be Heroes… "Panique Olympique" et "Blue Tired Heroes" : deux performances dont vous êtes le héros - 04/11/2019

Le Festival des Arts de Bordeaux Métropole offre une grande palette de spectacles internationaux - Belgique, Italie, Espagne, Cameroun, Maroc, Australie, Suisse, Burkina Faso, Portugal, Brésil, Allemagne, Royaume-Uni, Grèce - mixés à ceux de compagnies émergentes issues de la Nouvelle-Aquitaine. Autre originalité prisée, celle de faire appel à des volontaires enthousiastes pour créer des...  

"Secret"… c'est à répéter, c'est renversant ! - 14/10/2019

Dans une scénographie très précise, Johann Le Guillerm défie l'espace et les volumes pour porter l'équilibre jusqu'à la brèche. En maître du temps, il déploie un savoir-faire autant artistique que mathématique pour proposer des figures dans toute leur beauté géométrique. Un secret est (ou devrait être) toujours entouré de silences sous le sceau de la confidence. C'est exactement l'atmosphère du...  

FAB 2019 "La Traversée de Bordeaux Métropole" Transhumance artistique en milieu ordinaire ou éloge des déplacements doux sur fond d'urbanités "à dévoiler" - 11/10/2019

Sébastien Renauld et Laurent Boijeot n'ont rien à première vue d'agents subversifs. Propres sur eux (chaque soir, ils acceptent volontiers d'être accueillis chez l'habitant pour une douche rapide), ils présentent la conversation de jeunes gens instruits (architecture, sociologie, arts vivants) désireux de l'antienne "vivre ensemble". Se déplaçant pédestrement accompagnés de leur table, banc et...  

"Fake"… Un "Peer Gynt" pour explorer le monde de l'info et de l'intox - 10/10/2019

L'homme vagabonde sous les toits ferroviaires, au carrefour des âmes voyageuses… il est conteur. Peer Gynt partit aussi à l'aventure, cheminant entre rêve et réalité. Le narrateur s'en inspire pour démêler le vrai du faux… de notre réalité… Extraire le fake à l'ère des news… Spectacle déambulatoire, performance de rues (ici intérieure), Fake convoque un conteur, un concepteur compositeur, des...  

"Fake"… Exploration dans le monde de l'info et de l'intox - 22/05/2019

L'homme vagabonde sous la canopée, sous le toit de verre, il est conteur. Peer Gynt partit aussi à l'aventure, cheminant entre rêve et réalité. Le narrateur s'en inspire pour démêler le vrai du faux… de notre réalité… Extraire le fake à l'ère des news… Spectacle déambulatoire, performance de rues (ici intérieure), Fake convoque un conteur, un concepteur compositeur, des musiciens, pour une...  

"Dans ton cœur"… En plein dans le mille ! - 22/05/2019

Mariage du théâtre avec le cirque… et cette association donne lieu à une fable musicale où les protagonistes vivent une histoire en la racontant au travers d'un langage corporel avec des clins d'œil au cinéma et aux actes, amoureux, violents ou banals, de nos vies quotidiennes. C'est une rencontre entre un écrivain et un homme de théâtre, Pierre Guillois, et la compagnie circassienne Akoréacro....  

"Toruk"… Entre féérie numérique et fantasmagorie circassienne - 10/04/2019

Toruk, l'oiseau flamme, brillant de mille éclats jaunes et rouges, figure emblématique de la planète Pandora... Mais crainte par le peuple Na'vi... L'un des membres des cinq clans, au cœur pur, devra pourtant le chevaucher une première fois et le guider pour sauver l'arbre des âmes des coulées de laves destructrices. Ainsi nous est narrée "Toruk - le premier envol", la nouvelle création du Cirque...  

"Vol d'usage"… Gestique poétique ! - 06/04/2019

C'est un spectacle de précision de la Cie Quotidienne. Les sangles font cause commune avec un vélo acrobatique pour faire du corps un élément autant mû par la gravité que porté par l'espace. Ils sont deux sur scène. Ou plutôt trois. Car le vélo est presque un personnage. Un compagnon de jeu à l'évidence. Jean Charmillot est au guidon. Les rôles sont marqués dès les premiers instants. Celui-ci...  

Cirque ultra électrisé et déjanté pour cabaret en mode 69 auto-reverse ! - 25/03/2019

"I'm a boy, I'm a girl, I'm a queer... Fuck you !"… Quelques mots percutants en forme d'adresse provocatrice pour introduire deux heures d'un cabaret enflammé, endiablé, épicé, sensuel et insolemment travesti… Quand le 6 devient 9, le 9 devient 6, le travestissement met le cirque à l'envers et invertit les polarités électriques, le plus devient moins, l'homme devient femme et vice-versa…...  

"Garden-Party", une cantate de la cruauté pour caste obsolète - 14/03/2019

Dans un monde qui part en vrille, où les "vraies" valeurs foutent le camp, où les classes sociales majoritaires fricotent avec la révolte… pourquoi ne pas essayer la secrète et discrète aristocratie… ses délicieuses, précieuses et rieuses parties de campagne… agrémentées de succulents buffets, de sanglantes scènes de chasse à courre ou de sautillantes danses médiévales, de ludiques...  
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À découvrir

Les modèles des artistes sont-elles vraiment des modèles de vie ? À en croire ces "Muses", non, et tant mieux !

La racine étymologique de musée est "temple des Muses", du nom de ces neuf déesses qui président aux arts. Ici, elles ne sont que quatre (mais neuf en alternance, tiens ? Hasard…) et l'histoire qu'elles incarnent se déroule effectivement dans un musée après la fermeture, dans la torpeur de la nuit. Dans ce spectacle très vivant, incarner est le verbe idéal pour définir ces créations de personnages, puisque ceux-ci ne sont faits, au tout début, que des figures faites de pigments, de colle, de toiles et de cire.

© Xavier Cantat.
Des figures suspendues dans leurs cadres et posées sur un socle qui sont des chefs-d'œuvre : la "Joconde" de Léonard de Vinci, la "Naissance de Vénus" de Botticelli, la "Petite danseuse" de Degas et le "Diptyque Marilyn" d'Andy Warhol… Magie du théâtre, lorsque le dernier visiteur sort, suivi par le dernier gardien, ces muses renaissent, reprennent vie, voix et chair. Alors commence une longue nuit qui va révéler les caractères surprenants, parfois volcaniques et débordants de ces personnages si sages le jour.

Besoin de se dérouiller un peu les jambes, de se plaindre de la cohue qu'elles subissent tous les jours, de se rappeler des souvenirs "d'enfance" ou de se réchauffer les nerfs aux rivalités les plus classiques, rivalités de notoriété, de séduction ou d'âge, car ces quatre figures font bien partie des représentations de l'idéal féminin en compétition, telle sera la course qu'elles mènent avec fougue et sensualité.

L'idée de départ aurait pu devenir banale et vaine sans l'inventivité que les autrices, les interprètes et le metteur en scène ont déployé. Le texte de Claire Couture et Mathilde Le Quellec ancre résolument son ton dans la fantaisie, le jeu de répliques et l'humour. Les deux autrices ont laissé libre cours à leur imaginaire en gardant un point de vue moderne. Elles dessinent des tempéraments rugueux, explosifs et inattendus, qui tranchent avec les idées convenues que l'on forme face à ces représentations idéalisées de la femme : ce que cache le visage, l'apparence, l'esthétique.

Bruno Fougniès
18/10/2022
Spectacle à la Une

"Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?

Garcin, Inès et Estelle, un homme et deux femmes, se retrouvent enfermé(es) dans un salon où la lumière ne s'éteint pas et duquel il est impossible de sortir. Ils comprennent qu'ils se trouvent en Enfer et se racontent leurs histoires. Ainsi se noueront entre eux des relations complexes qui ne se révèleront pas toujours réciproques.

© Anthony Dausseur.
Est-ce bien raisonnable de retourner assister à une énième représentation de "Huis clos", ce texte incontournable du théâtre français écrit, fin 1943 - début 1944, par le célèbre philosophe Jean-Paul Sartre ? Une de ses plus belles œuvres et aussi une des plus jouées.
Quand on aime, on ne compte pas, semble-t-il.

Au Laurette Théâtre, une petite salle intimiste de quartier, se joue une nouvelle version de cette célèbre pièce, interprétée par deux comédiennes et un comédien attachant(es) et investi(es) : Sebastian Barrio, Karine Battaglia et Laurence Meini.

La proximité du public avec la scène et, de ce fait, le contact très proche avec les personnages renforcent très largement la thématique de la pièce. Rares ont été les fois où cette sensation d'enfermement a pu nous envahir autant, indépendamment des relations tendues qui se tissent progressivement entre les personnages et qui de ce fait sont décuplées.

Brigitte Corrigou
24/10/2022
Spectacle à la Une

"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal

Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.

© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu "Juste parmi les nations". D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.

Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, "Les Mains du miracle", et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.

Bruno Fougniès
20/09/2022