La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Trib'Une

"Tangente" Disparaître, partir sans se retourner… pour vivre une nouvelle vie - 20/10/2022

"Pars, surtout ne te retourne pas. Pars, fais ce que tu dois faire sans moi. Quoi qu'il arrive je serai toujours avec toi. Alors pars et surtout ne te retourne pas." (Le grand) Jacques Higelin. Partir sans se retourner. Qui ne s'est pas posé cette question au moins une fois dans sa vie ? Avec ce monde qui part en vrille totale (tiens !), qui ne se dit pas ? : "Je vais aller voir ailleurs où j'en...  

"Coquelicot" Prisca Demarez Un tourbillon de vie en jupe de tulle rouge - 05/07/2022

Alors que Peter Brook prenait son envol ce samedi 2 juillet, laissant au théâtre un espace définitivement vide, je prenais place au Théâtre de la Contrescarpe en soirée pour assister à un spectacle avec en tête d'affiche Prisa Demarez. Quand son attaché presse - un super mec ! (on ne remercie pas assez les attachés de presse) Passionné - m'a envoyé les infos, j'ai dit : oui ! Sans hésiter. Prisca...  

"Le Bruit des Clés" Tu n'es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis* - 03/03/2022

Anne Goscinny perd son papa à l'âge de 9 ans. Que se passe-t-il dans la tête d'une si jeune enfant lorsqu'un parent, aimant et tant aimé, disparaît brutalement ? Qu'elle s'appelle Anne Goscinny, fille du grand scénariste de bandes dessinées - René Goscinny - ne change rien au choc, à la douleur et au manque affectif qui vient soudain se poser comme une mauvaise herbe dans le jardin de...  

"Dans le cœur de Georges" Hommage délicat et envoûtant de l'artiste Livane pour Monsieur Brassens. - 10/02/2022

Georges Brassens aurait eu cent ans en octobre dernier et des hommages mérités ont déferlé jusqu'aux appels à projets lancés par des collectivités, afin de ne pas oublier celui qui, au-delà de sa pipe, des "copains d'abord" et de sa moustache, a mené une drôle de vie ! Une vie également entourée de femmes à qui il dédicaçait de magnifiques chansons. Les femmes de sa vie dont "Joha" sa muse et...  

"On ne couche pas aux enterrements" Un "du-elles" éclatant sur scène autour d'un enterrement ! - 21/01/2022

J'ai cherché le féminin de duo, ça leur sied bien : "du-elles". Christine Anglio et Laurie Marzougui sont à la fois autrices et comédiennes et ont réussi, hier soir, deux exploits : divertir le public et jouer devant une salle pleine ! Miracle… Y aurait-il un esprit bienveillant à la Comédie des 3 Bornes ? Certainement ! Un esprit, oui ! Ana… enfin ! Ana est la sœur d'Isabelle (Laurie Marzougui)...  

Piquer en plein cœur au théâtre La Flèche, Paris, Jeudi 6 Janvier, 21 heures… - 10/01/2022

Comment démarrer cette chronique ? Par une citation ? "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé", Lamartine. Oui ! Qu'en dirait Laurent Orry ? Ah ! Oui. Laurent Orry, c'est l'acteur impeccable vêtu d'un vieux manteau usé et poussiéreux qui, pendant 1 h 15, déploie toute sa force, son énergie mais surtout sa palette d'émotions au service de ce délicieux texte écrit par Alessandro Baricco :...  

"Cendres sur les mains" La femme qui murmurait à l'oreille des morts - 21/12/2021

Dead Can Dance : "Les morts peuvent danser" ! Beauté, Lisa Gerrard est ma chanteuse préférée… J'ai assisté à la représentation de "Cendres sur les mains" sans avoir pris le temps de me renseigner. Bien m'en a pris ! Par les temps qui courent, j'aurais pu penser que ce spectacle allait ajouter au blues de la saison et au retour des contaminations, encore un peu plus de dépression. Et non ! Ce que...  

"Cosmétique de l'Ennemi" Du théâtre en Corse… comme une gourmandise à partager ! - 22/07/2021

Paris, 19 degrés, 9 juillet. Il paraît que l'été va bientôt arriver… Corse, 29 degrés, 11 juillet. L'été, je l'ai trouvé ! De Santa Reparata à Calvi, de l'île Rousse à Pigna, le soleil est là… le soleil est là et je le prends dans les bras ! Les bras, quelle transition ! Antonella me présente Marie qui, elle, me passe Florence au téléphone après que j'ai salué Jérôme et, soudain, arrive dans la...  

J'ai peur de ne pas renouveler mes droits… Eux en ont la certitude - 19/02/2021

Je suis intermittente du spectacle. Ce n'est pas mon métier, mon métier, c'est comédienne. Intermittente, c'est juste mon régime d'indemnisation du chômage. C'est aussi une pratique d'emploi : je travaille à la mission, souvent avec des contrats très courts, pour différents employeurs. D'où un régime d'indemnisation adapté. J'exerce bien évidemment au théâtre, parfois au cinéma, à la TV ou pour...  

"Ma B.O. en couleurs" Silvano Jo… J'ai la mémoire qui chante… - 05/02/2021

"Et si pour toi, là bas c'est l'paradis Dis-toi qu'dans leur p'tite tête l'paradis C'est ici hum! C'est ici" Jean-Louis Aubert. Le paradis c'est, un dimanche, rejoindre quelques amis. Le paradis, c'est passer quelques instants, masqués, oui ! (Monsieur le président !) À échanger des mots avec quelques invités triés sur le volet. Non pas par prétention, mais par précaution puisque le virus circule...  
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À découvrir

Les modèles des artistes sont-elles vraiment des modèles de vie ? À en croire ces "Muses", non, et tant mieux !

La racine étymologique de musée est "temple des Muses", du nom de ces neuf déesses qui président aux arts. Ici, elles ne sont que quatre (mais neuf en alternance, tiens ? Hasard…) et l'histoire qu'elles incarnent se déroule effectivement dans un musée après la fermeture, dans la torpeur de la nuit. Dans ce spectacle très vivant, incarner est le verbe idéal pour définir ces créations de personnages, puisque ceux-ci ne sont faits, au tout début, que des figures faites de pigments, de colle, de toiles et de cire.

© Xavier Cantat.
Des figures suspendues dans leurs cadres et posées sur un socle qui sont des chefs-d'œuvre : la "Joconde" de Léonard de Vinci, la "Naissance de Vénus" de Botticelli, la "Petite danseuse" de Degas et le "Diptyque Marilyn" d'Andy Warhol… Magie du théâtre, lorsque le dernier visiteur sort, suivi par le dernier gardien, ces muses renaissent, reprennent vie, voix et chair. Alors commence une longue nuit qui va révéler les caractères surprenants, parfois volcaniques et débordants de ces personnages si sages le jour.

Besoin de se dérouiller un peu les jambes, de se plaindre de la cohue qu'elles subissent tous les jours, de se rappeler des souvenirs "d'enfance" ou de se réchauffer les nerfs aux rivalités les plus classiques, rivalités de notoriété, de séduction ou d'âge, car ces quatre figures font bien partie des représentations de l'idéal féminin en compétition, telle sera la course qu'elles mènent avec fougue et sensualité.

L'idée de départ aurait pu devenir banale et vaine sans l'inventivité que les autrices, les interprètes et le metteur en scène ont déployé. Le texte de Claire Couture et Mathilde Le Quellec ancre résolument son ton dans la fantaisie, le jeu de répliques et l'humour. Les deux autrices ont laissé libre cours à leur imaginaire en gardant un point de vue moderne. Elles dessinent des tempéraments rugueux, explosifs et inattendus, qui tranchent avec les idées convenues que l'on forme face à ces représentations idéalisées de la femme : ce que cache le visage, l'apparence, l'esthétique.

Bruno Fougniès
18/10/2022
Spectacle à la Une

"Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?

Garcin, Inès et Estelle, un homme et deux femmes, se retrouvent enfermé(es) dans un salon où la lumière ne s'éteint pas et duquel il est impossible de sortir. Ils comprennent qu'ils se trouvent en Enfer et se racontent leurs histoires. Ainsi se noueront entre eux des relations complexes qui ne se révèleront pas toujours réciproques.

© Anthony Dausseur.
Est-ce bien raisonnable de retourner assister à une énième représentation de "Huis clos", ce texte incontournable du théâtre français écrit, fin 1943 - début 1944, par le célèbre philosophe Jean-Paul Sartre ? Une de ses plus belles œuvres et aussi une des plus jouées.
Quand on aime, on ne compte pas, semble-t-il.

Au Laurette Théâtre, une petite salle intimiste de quartier, se joue une nouvelle version de cette célèbre pièce, interprétée par deux comédiennes et un comédien attachant(es) et investi(es) : Sebastian Barrio, Karine Battaglia et Laurence Meini.

La proximité du public avec la scène et, de ce fait, le contact très proche avec les personnages renforcent très largement la thématique de la pièce. Rares ont été les fois où cette sensation d'enfermement a pu nous envahir autant, indépendamment des relations tendues qui se tissent progressivement entre les personnages et qui de ce fait sont décuplées.

Brigitte Corrigou
24/10/2022
Spectacle à la Une

"Das weite Land" d'Arthur Schnitzler à Vienne… Purgatoire collectif et laboratoire des âmes

"Le vaste pays", dans le titre de la pièce d'Arthur Schnitzler, se réfère aux âmes humaines. Barbara Frey saisit cette métaphore à la plénitude dans sa nouvelle mise en scène à l'Akademietheater de Vienne. Une disposition parfaite pour une distribution de premier rang où figure, entre autres, Michael Maertens (Friedrich Hofreiter), Katharina Lorenz (Génia), Itay Tiran (le docteur Mauer), Bibiana Beglau (Aigner) et l'acteur vétéran Branko Samarovsksi (le banquier Natter).

© Matthias Horn.
"Das weite Land" d'Arthur Schnitzler, parut en 1911, a été rapidement apprécié à Paris. Tombé sous le charme de la pièce, le feuilletoniste Henry Bidou a consacré un article pour louer "le talent incisif et net de l'auteur" et encourager une adaptation française. Un projet d'adaptation suivit en 1912, avec le titre traduit "Le Pays mystérieux", qui ne connut malheureusement aucune suite. Qualifiée de tragi-comédie, la pièce présente un portrait d'une société viennoise de la première moitié du XXe siècle qui se trouve dans l'entre-deux entre l'héritage du tournant de siècle et des nouveaux codes socio-culturels émergeant de la modernité.

Le drame se déroule autour du couple Hofreiter, l'industriel Friedrich et sa femme Génia, dont le mariage s'est depuis longtemps refroidi et est marqué par des infidélités mutuelles. Friedrich est récemment sorti d'une liaison avec Adèle, la femme de son banquier Natter et on suspecte Génia d'être la cause du suicide soudain du célèbre pianiste russe Korsakov, fou amoureux d'elle. Après une confrontation, Friedrich décide à l'improviste de rejoindre son ami, le docteur Mauer, dans son voyage.

Vinda Miguna
30/11/2022