La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Théâtre

La cellule familiale selon Lars Norén : Du risible au pathétique... jusqu’à l’humain - 29/01/2013

Dans le propos de la pièce "Calme", Lars Norén ne propose rien tant que d’approcher au plus près la cellule familiale et d’en suivre, à travers la chute d’un hôtel de tourisme et les comportements des uns et des autres, les circuits névrosants. La pièce ausculte et suit les symptômes du père, de la mère, des deux fils, de la serveuse. Infantilisés, les personnages connaissent un retour périodique...  

"La grande et fabuleuse histoire du commerce"… dans les coulisses de la vente ! - 26/01/2013

Pommerat délaisse le conte pour entrer de plain-pied dans la vente et le commerce. Dans un style à la fois direct et corrosif, l’histoire du commerce, aussi fabuleuse qu’elle aurait pu être, est restée quelque peu à la porte. L’histoire se déroule en deux parties, dans les années 1960 et dans les années 2000 avec Franck, la vingtaine, jeune vendeur sans expérience. Il est entouré par des vendeurs...  

Un Pays natal... Rafraîchissant, plein d’une paradoxale vitalité - 24/01/2013

Au pays de Hellènes, le blanc de la brume unit le bleu du ciel et de la mer dans l’éternité d’une mythologie. Elle est celle du récit des amours et des épopées heureuses, celle de l’équilibre fragile des hommes et de la nature, et qui a la longue durée pour horizon. Celle des tempêtes aussi. Brusques, brutales, violentes comme actuellement devant le parlement à Athènes. Le spectacle "Pays natal"...  

La nuit tombe… ou les mystères de la chambre aux fantasmes - 17/01/2013

La pièce, mystérieuse dans l’écriture et la conception scénographique, plante une atmosphère presque irréelle. La mise en scène allie scènes théâtrales et vues cinématographiques dans un ensemble où le fantasme se conjugue à la réalité. La scénographie découvre une fenêtre légèrement ouverte laissant entrer un filet de vent dans une demi-obscurité. L’atmosphère est étrange comme celle d’un...  

Un Protée dans un monde d’opérette, quelque part entre Offenbach et Georges Méliès - 16/01/2013

Œuvre satirique, farcesque, Protée est pure comédie. L’auteur, Paul Claudel, diplomate et écrivain, ouvrier de la restauration chrétienne, reconstitue, de manière toute hypothétique, la dernière partie comique des tragédies grecques. Il entraîne le spectateur dans une tradition de l’illusion comique et dévoile un sens profond d’un théâtre populaire. Une érudition affichée lui permet de le faire...  

Sous les masques de la dureté battent encore les mouvements du cœur - 09/01/2013

Maitre Puntila ? Quand il est ivre, il est bon, quand il est à jeun, il est ignoble. Quand il est ivre, il veut marier sa fille à Matti son chauffeur, son intendant, son homme à tout faire, son ami. Quand il est à jeun ? Il crie, menace et congédie son valet. La pièce de Bertolt Brecht s’appuie sur les alternances d’humeur de Puntila et les évitements de Matti. Ce qui fait rire. Le schéma renvoie...  

Il était une fois dans l'ouest... Shakespeare ! - 08/01/2013

Comment faire découvrir et apprécier Shakespeare de manière ludique aux ados ? C'est l'un des paris "involontairement" réussi par Vincent Caire et Gaël Colin, les metteurs en scène de "Beaucoup de bruit pour rien".* Pour cela, prenez une des meilleurs comédies de William, bien dosée en situations burlesques, en bons mots d'esprit populaires, en tirades à tiroirs et en tensions amoureuses,...  

Carmen… ou l’ombre planante d’Antonio Gades - 03/01/2013

Dans des scènes de groupe très bien agencées autour de chants et de musiques flamenco, c’est une Carmen qui a été reprise avec superbe et authenticité... rendant hommage à la grandeur d’Antonio Gades. La compagnie Gades a été créée en 2004 car Gades ne souhaitait pas, à l’approche d’une mort certaine, que ses spectacles soient montées et repris de façon "hasardeuse". Il voulait créer une...  

"La Pepa"… ou la fabuleuse histoire espagnole du Flamenco ! - 02/01/2013

Théâtre, Art et Danse se donnent la répartie dans le spectacle de Sara Baras où elle déploie une maestria de toute beauté. Guarija, Farruca, Buleria, Alegria, autant de danses aux rythmes différents et qui donnent au spectacle un aperçu de la richesse du Flamenco. Lumière tamisée sur scène où apparaît en mouvement dans une diagonale scénique un groupe de danseurs/danseuses drapé tel des fées ou...  

S Druge Strane… l’humour et la solitude au quotidien - 17/12/2012

"S Druge Strane", signifiant en français "de l’autre côté", est une œuvre écrite par deux auteurs croates qui mêle quotidienneté et tragique dans les univers noirs et timorés des personnages. Dans une mise en scène simple avec un décor presque nu, les auteurs réussissent à créer un univers à la fois subtil d’humour et étouffant de solitude. Ils sont quatre, deux hommes et deux femmes, assis sur...  
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À découvrir

Ah le foot, le foot, le foot… Oui, mais en version féminine, pour une étonnante aventure humaine

Ça commence limite "foutage de gueule", genre numéro de cirque en guise d'attraction préambulaire… Après le combat de catch de nains, pourquoi un match de foot féminin pour ouvrir la kermesse annuelle du journal L'Union à Reims ! Sauf que… les choses vont prendre une tournure inattendue… Avec une coupe du monde à la clé ! C'est la nouvelle et formidable histoire de femmes que nous racontent Pauline Bureau et sa compagnie.

Ah le foot, le foot, le foot… Oui, mais en version féminine, pour une étonnante aventure humaine
Reims, été 68. Dans la perspective d'un événement footballistique important, coach et cadres de l'équipe locale cherche une attraction en préambule de la confrontation sportive… Et pourquoi pas des femmes courant après un ballon, c'est original et rigolo, du jamais vu !* Des filles sur un terrain de foot, voilà un divertissement apte à régaler les mâles… majoritaires sur les gradins.

S'ensuit un appel à candidates qui, à la grande surprise de l'initiateur (Nicolas Chupin), répondent présentes. Mais son étonnement est total quand il les voit taper dans le ballon ; et jouer avec enthousiasme, aisance, rapidité et une immense liberté, sans retenue. Elles ont entre 16 et 32 ans, venant d'horizons différents, et sont bien décidées à faire de cette mauvaise plaisanterie divertissante l'aventure de leur vie.

Et, ici, Pauline Bureau nous rappelle que l'histoire du football féminin est indissociable de l'évolution de la société et de ses luttes. Femmes footballeuses, femmes ouvrières, l'un peut être l'échappatoire de l'autre, enquête historique, en quête d'histoire… Plusieurs aspects de la condition de la femme sont abordés, montrés. Et dans les années soixante, de la famille à l'usine, les exemples ne manquent pas, actualités sociales sur fond de rendement à la chaîne, de taux horaires, flagrantes et énormes disparités de salaires entre les hommes et les femmes (ça a changé ?), etc.

Gil Chauveau
06/12/2019
Spectacle à la Une

"Le Pas Grand Chose" Un regard de côté pour illuminer le monde

Subvertir la pensée commune par des postures intellectuelles radicales, propres à faire passer ce pseudo conférencier circassien pour un autiste Asperger des plus performants, semble le crédo existentiel de cet artiste hors normes. Par le biais de son regard décalé, il recrée sous nos yeux un monde fabuleux, enchantant notre imaginaire et stimulant nos neurones assoupis.

Johann Le Guillerm, dès son apparition sur le plateau, poussant une improbable carriole-bureau à tiroirs, en impose. Son costume, sa cravate, sa tresse impeccable, sa voix monocorde… tout en lui dégage une inquiétante étrangeté mâtinée d'une sérénité au-dessus de tout soupçon. Comme si cet homme d'un autre temps, d'une autre époque, avait accumulé dans les plis de son être un savoir qui nous faisait défaut, nous les prisonniers de la caverne platonicienne condamnés à ne voir en toutes choses que le pâle reflet de nos vies formatées.

"Est-ce que quelqu'un dans la salle pourrait m'indiquer le chemin qui n'irait pas à Rome ?"… Dès sa première adresse au public, le ton est donné : si quelqu'un d'aventure, fort de ses nouveaux savoirs, s'était égaré là, conforté dans l'idée que la terre est ronde (suprême révélation datant d'à peine cinq cents ans) et que l'homme n'est pas maître en sa demeure (Freud, et la découverte de l'inconscient au début des années 1900), il pourrait illico "battre en retraite". Copernic, Galilée, Freud n'ont fait qu'ouvrir la voie… à nous de la poursuivre.

"La science de l'idiot" chevillée au corps, Johann Le Guillerm va faire exploser littéralement le prêt-à-penser confortant des idées manufacturées, fussent-elles actualisées, dupliquées à l'envi par la nécessité d'une reproduction sociale garante de l'ordre décliné par le savoir officiel. Penser autrement le monde, c'est ce qu'il fut amené à faire, d'abord à son corps défendant. Diagnostiqué enfant dys+++ (dyslexique, dysorthographique, etc.), il fut conduit à la rébellion de l'esprit en dessinant d'autres épures. Réflexe de survie.

Yves Kafka
21/12/2019
Sortie à la Une

"À mon bel amour"… Urbain, classique, éclectique et artistique

C'est sous le prisme des danses urbaines, contemporaine et classique que la chorégraphe Anne Nguyen interroge les identités au travers du corps et de son rapport à l'espace où le waacking, le popping, le voguing, le locking et le krump portent leurs signatures au détour de pointes, de balancés, de lock et de bounce.

Noir sur scène, puis un groupe se détache dans une lumière tamisée qui vient dessiner les creux de leurs silhouettes. La musique démarre à un rythme effréné. Au début, tout est homogène, ils forment une seule et même entité dans une intimité qui est balayée par le tempo musical. Comme un pied-de-nez à la sensation scénique d'un sentiment intime qui s'extériorise violemment.

À tour de rôle, comme une réminiscence des années soixante, soixante-dix, quatre-vingt, le waacking, le popping, le voguing, le locking, le krump, en appui des danses contemporaine et classique, apparaissent autour d'un socle artistique commun dans lequel chacun vient se nourrir au même humus. Des différences ? Oui, bien sûr, dans le tempo, la gestique, le rapport au corps, à la scène et à l'autre, mais tout ceci puise dans un même objectif, celle de faire communiquer une sensation, un état d'âme, une volonté farouche ou timide de montrer quelque chose sur le plateau, un ce je-ne-sais-quoi qui fait de l'artiste un buvard aux émotions qui a besoin, pour notre plus grand plaisir, de s'épancher.

Safidin Alouache
10/12/2019