La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Théâtre

"L'Avant-dernier des Hommes"… Au carrefour du théâtre et du rêve, des mots et du langage, l'énigme du plaisir recouvre tout - 29/11/2018

Lorsque Claude Merlin entre en scène, joignant tout son être au geste, quitte la lecture silencieuse d'un livre, extirpe d'un havre-sac tout un fatras innommable d'hétéroclites fragments d'objets sans nom, en en faisant un tas instable et informe, il semble s'extraire d'une gangue… Celle d'un homme sans particularité. Le comédien, déjà personnage, semble atteint d'un profond état d'ébahissement....  

"Variations sur le rire", un exercice de haute école qui polit le public dans le sens du plaisir - 28/11/2018

Pierre Trapet fait partie de ces comédiens discrets et familiers, infatigables passeurs du plaisir du théâtre qui, par-delà toutes les modes, persévère dans l'art d'un humour primordial et multi séculaire. Celui de la farce qui ligote tout le monde dans les réseaux d'un rire libérateur et commun. En éducateur sensible, bon enfant mais lucide, le comédien joue avec la virtuosité d'un bonimenteur...  

"Mahabharata - Nalacharitam"… mythe et fabuleux conte - 23/11/2018

Le metteur en scène japonais Satoshi Miyagi reprend à la Grande Halle de la Villette sa création "Mahabharata - Nalacharitam" qu'il avait présentée au festival d'Avignon en 2014. L'expressivité, la musique et les éléments vocaux sont les composantes majeures du spectacle faisant de celui-ci un véritable conte. Le Mahabharata (littéralement "La grande guerre des Bharata" ou "La grande histoire des...  

"Les Hérétiques"… Évoquer les intolérances religieuses envers les femmes et les incroyants - 22/11/2018

Depuis la nuit des temps, on voit les religions (surtout monothéistes) s'affronter, s'opposer et pour finir se faire la guerre avec la volonté de détruire l'autre (ce qui n'est pas vraiment dans leurs discours mais qui est certainement dans la moelle même de leurs existences). Une guerre donc, qui semble frontale, chacun son dieu, sa foi, son camp, ennemis pour toujours ! Comme les conquérants...  

"L'Attentat"… Comprendre, pénétrer l'indicible et intime intériorité de l'être aimé - 21/11/2018

Au-delà de l'acte innommable, comprendre pourquoi… Pourquoi l'être cher, adoré, élément indissociable de notre vie, a donné la mort… aux autres et à elle-même. Au-delà même du fait religieux extrémiste. Adaptant le roman de l'écrivain algérien Yasmina Khadra, Vincent Hennebicq emmène le spectateur dans un voyage, entre fiction et réalité, questionnant la cause palestinienne avec une crudité...  

"Fais que les étoiles me considèrent davantage"… De l'or et des morts ! - 20/11/2018

C'est une création forte, taillée dans le bronze autour de la thématique de l'être et de l'avoir. L'auteur guinéen, Hakim Bah, livre une nouvelle pièce aux contours philosophiques sous une trame d'aventures, de mort et d'or. Cela démarre sur les chapeaux de roue. Non que l'action ou la trame soit rocambolesque, la première scène étant même dans un tempo posé mais celle-ci est intense dans les...  

Les scrutateurs des comportements humains mis à la question - 14/11/2018

Une équipe de trois sociologues français part en Afrique de l'Ouest pour une mission d'évaluation et d'analyse du travail des ONG sur place et leur impact sur les populations locales. Elles sont deux femmes… et un homme, ce dernier, chef du projet. Nous les suivons depuis le départ de Paris jusqu'à la fin de leur voyage et l'éclatement progressif de leur groupe face aux réalités externes mais...  

"Ivanov"… Tristesse, mélancolie… Dans sa proposition, Benedetti tente de soigner ces affections - 12/11/2018

"Ivanov" est la première pièce jouée de Tchekhov. Une œuvre de jeunesse qui subit différentes réécritures suite aux critiques que l'auteur reçut à la création. À l'Athénée, c'est la version originale qui est montée : celle que Tchekhov intitula "Comédie" ; et c'est en prenant ce parti pris que Christian Benedetti construit sa mise en scène. La pièce raconte la dernière année de la vie d'Ivanov,...  

"Vipère au poing"… Une partie d'échecs guerrière où s'affrontent d'archaïques relations familiales - 06/11/2018

Œuvre quasi autobiographique, "Vipère au poing" d'Hervé Bazin est adaptée pour la première fois au théâtre dans une mise en scène de Victoria Ribeiro. Récit au vitriol d'une relation en forme de guérilla permanente entre une mère détestable et ses enfants rebelles, sa transcription en un seul en scène tient notamment par l'étonnante performance d'Aurélien Houver. Relatant l'adolescence à peine...  

"Après la répétition", laisser apparaître ce point des relations humaines où tout n'est que mystère de l'être - 31/10/2018

Soit, à jardin, une comédienne dans le rôle de la jeune première et, à cour, un comédien dans le rôle du metteur en scène. Ils répètent la pièce d'Ingmar Bergman intitulée  "Après la répétition". Entre table de travail, canapé, fauteuils et rideau de fond, Georgia Scalliet* et Frank Vercruyssen entreprennent un petit joyau de virtuosité dans lequel interfèrent les situations dramatiques d'Ibsen,...  
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À découvrir

"Barbara amoureuse"… Ah qu'il est doux le temps des amours

Caroline Montier chante "Barbara amoureuse", Essaïon Théâtre, Paris

Chanter l'amour comme une femme, chanter l'amour de toutes les femmes, et interpréter celle qui sut tant aimer les hommes ainsi que son public. Dans une belle et élégante simplicité, Caroline Montier nous offre quelques joyaux mélodiques et poétiques de la grande Barbara, éternelle amoureuse.

Parti-pris judicieux, Caroline Montier a puisé dans le répertoire de jeunesse de la dame en noir, époque L’Écluse, Bobino (en première partie de Félix Marten en 61 et de Brassens en 64, puis en vedette en 65), et des premiers Olympia… Période Barbara jeune, tendre, passionnée ou orageuse amante. Une femme qui, à ses débuts, fut tout aussi timide et réservée que mutine et fougueuse, aimant tant l'amour que les hommes qui souvent l'ont comblée.

De titres connus ("Dis, quand reviendras-tu", 1ère version 1962 ou "La Solitude", 1965) à ceux qui le sont moins ("Pierre", 1964 ou "Gare de Lyon", 1964), Caroline Montier a construit un récital sur ces aventures qui ont jalonné sa vie, mais ici avec un choix de chansons enregistrées par Barbara entre 1962 et 1968, avec une prédilection pour des compositions de 64 ("Toi l'homme", "Je ne sais pas dire", "Septembre"…) ou de 68 ("Du bout des lèvres", "Amoureuse", "Le Testament", "Tu sais"…).

Dans cette exploration originale, Caroline Montier fait le choix d'aller croquer un rayon de soleil dans les amours de Barbara, apportant, avec subtilité et talent, une touche de grâce à l'ensemble.

Gil Chauveau
12/12/2018
Spectacle à la Une

"Adieu Monsieur Haffmann"… Rire et émotions mêlés dans une pièce toute en délicatesse… comme une sonate des cœurs purs

Reprise de la pièce aux quatre "Molière 2018", Théâtre Rive Gauche, Paris

La pièce est dessinée en traits purs, comme une esquisse, une encre fine qui laisse autant de place à l'imaginaire dans les espaces laissés vides que dans les tracés. Une sorte de stylisation mêlée à une extrême pudeur pour permettre à cette histoire de briller malgré la noirceur de l'époque où elle se déroule.

1942, les nazis instaurent le port obligatoire de l'étoile jaune pour les Juifs, monsieur Haffmann décide de se cacher dans la cave de sa bijouterie et d'en confier la direction (ainsi que sa propre sécurité) à son employé goy Pierre Vigneau.

Le décor sobre de Caroline Mexme, tout en déclinaisons de gris, sert de fond à cette époque aux couleurs vert-de-gris. D'un côté la cave où se cache Joseph Haffmann, de l'autre l'appartement à l'étage où s'installent Pierre et sa femme, jeune couple en attente d'un enfant qui ne vient pas. Dehors, les persécutions contre les Juifs s'intensifient, dénonciations, expropriations, et puis la rafle du Vél d'Hiv…

C'est dans ce huis clos que va se dérouler la pièce. Une vie à trois qui s'organise sur la base d'un double contrat : donnant-donnant. L'employé-modèle accepte de cacher son patron et de diriger la boutique à condition que celui-ci veuille bien tenter de mettre enceinte sa femme - car lui-même est stérile et monsieur Haffmann si fertile que sa descendance est déjà au nombre de quatre. Contrat aux allures diaboliques dans une époque où l'intégrité est soumise à toutes sortes de tentations, où toutes les trahisons sont possibles.

Bruno Fougniès
09/10/2018
Sortie à la Une

"Crocodiles"… Comme l'histoire d'un d'Ulysse, épuisé, recueilli par Nausicaa

"Crocodiles", en tournée 2018/2019

C'était, il y a, une fois. Un petit garçon qui aimait les étoiles et les arbres fruitiers. Enaiat est son nom. Sa mère, parce qu'elle l'aimait, l'a confié au destin, en l'abandonnant au-delà de la frontière alors qu'il approchait de ses dix ans.

C'est qu'à dix ans, là-bas en Afghanistan, on devient un homme et qu'un homme, quand il est hazāra, quand il appartient à une ethnie persécutée, ne va pas à l'école. Il est esclave. Pendant cinq ans, peut-être, il va avancer vers l'Ouest, de nuit. Se cachant, travaillant le jour, amassant un pécule, des rencontres et des chances.

Afghanistan, Pakistan, Iran, Turquie, Grèce, jusqu'à cette Italie joyeuse et merveilleuse qui l'accueille et recueille son récit.

Cendre Chassane dans "Crocodiles" condense le récit du véritable Enaiat (publié en 2011 chez Liana Levi), et en fait un conte à deux voix dans lequel un écrivain journaliste plein d'empathie interviewe le réfugié.

Sa pièce est un concentré de théâtre. Sa simplicité narrative, l'économie de ses accessoires (un bout de ficelle, un cerf-volant, un ballon, un t-shirt, un livre illustré, un gâteau, un lé de tissu métallisé, des images d'infini de sable ou de ciel) suffisent à capter l'imaginaire et rendent l'histoire lisible et sensible.

Jean Grapin
23/04/2018