La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
RV du Jour

Avignon Off 2015 "Fille du Paradis" ou la "Putain" superbe et déchirante - 11/07/2015

En direct depuis Avignon. Une interview audio de la comédienne Véronique Sacri et du metteur en scène Ahmed Madani autour de "Fille du Paradis", un texte sans concession et radicale de la Canadienne Nelly Arcan. Celle-ci s’est heurtée toute sa vie (suicidée à 36 ans) à l’icône dévastatrice de la femme parfaite opposée à la femme objet qu’elle a été. Contrairement à "Illumination(s)" (présenté en...  

La [nouvelle] Reine Blanche ou le festival d'un théâtre scientifique... - 23/06/2015

Après un portrait haut en couleur d’Élisabeth Bouchaud (épisode 1), passons à présent à son théâtre (La Reine Blanche) et à sa programmation. La nouvelle saison s'annonce vraiment passionnante, avec une ligne directrice marquée autour de la science... des plus originales ! Forte de ses deux casquettes (de scientifique et de femme de théâtre), Élisabeth Bouchaud décide de mêler la scène à la...  

"Je n’ai pas besoin du théâtre pour manger, mais j’en ai besoin pour vivre" - 19/06/2015

Élisabeth Bouchaud, ingénieure, physicienne, directrice de l'enseignement de l’école ESPCI*, mais aussi directrice de la nouvelle Reine Blanche, auteure dramaturge et comédienne… Ouf, rien que ça ! Une personnalité superbe, exceptionnelle même. Un portrait en deux épisodes, écoutez… Vous allez aimer ! Tout le monde ne pouvait être que ravi d’apprendre que le Théâtre de la Reine Blanche avait été...  

"L’humour est la politesse du désespoir" - 03/06/2015

Un des éléments marquant dans les choix de mise en scène de cette pièce est l’utilisation de la vidéo avec ce passage de la scène à l’image, un peu comme Cocteau et sa traversée aux miroirs... Des séquences filmées sont projetées et les comédiens s’effacent pour laisser place aux acteurs. Ce que...  

Dans la cuisine de "George Kaplan"… - 29/05/2015

Dans ce deuxième épisode en compagnie de Frédéric Sonntag, l’auteur de "George Kaplan" (en ce moment joué au Théâtre de la Tempête) nous explique sa pièce et la manière dont elle s’est construite. Dans la cuisine de "George Kaplan", les révélations vont bon train… Mais sait-on pour autant qui est ce "G.K." ? En trois parties, l’auteur-metteur en scène définit sa pièce comme étant une...  

Appelez-moi George… George Kaplan ! - 27/05/2015

Frederic Sonntag, jeune auteur et metteur en scène montant, fait partie des quelques talentueux de sa génération. Il est actuellement au Théâtre de la Tempête avec "George Kaplan", une comédie satirique (en mal) du monde moderne qu’il a écrite et mise en scène. Face à un tel succès, le regard de cet artiste n’en est pas moins humble et la voix douce… Voilà un rendez-vous que nous ne regrettons...  

Benoît Lavigne reprend la direction du Lucernaire... Un vent nouveau souffle à l’horizon ? - 18/05/2015

En plein milieu de la saison 2014-2015, Benoît Lavigne reprend la direction du Lucernaire, à la suite de Philippe Person qui est resté près de six années aux commandes de ce lieu parisien majeur dans le paysage des scènes théâtrales françaises. Le groupe L'Harmattan, qui en est propriétaire, n’a pas souhaité le vendre mais enregistre un fort déficit. Tous ceux qui ont un peu fréquenté le...  

"Cette humanité est en train de se rater" - 04/05/2015

Voici notre dernier épisode en compagnie de Marc-Henri Lamande, en ce moment au Théâtre de la Reine Blanche. Dans celui-ci, il rappelle ce que la vie a d’essentiel et à quel point nous oublions ce qui constitue notre essence. Revenons un peu aux fondamentaux… on en a tant besoin. Ce qui est fascinant chez ce comédien est sa façon de se mettre en danger en embrassant de cette manière ces auteurs...  

Marc-Henri Lamande dans la lumière... de Novarina - 30/04/2015

Pendant plusieurs mois, Marc-Henri Lamande a joué un texte de Valère Novarina, "La Chair de l’homme" au Théâtre de la Reine Blanche, en alternance avec "Dieu qu’ils étaient lourds" (toujours joué). Ce spectacle est juste dément. À lui tout seul, le comédien joue des centaines de personnages, engloutit les mots comme un tableau de Jérôme Bosch se repaît de la folie des hommes… On croit (parce que...  

Marc-Henri Lamande ou le saisissement des mots - 25/04/2015

Durant cette saison et pendant plusieurs mois, Marc-Henri Lamande a été programmé à la Reine Blanche avec deux spectacles : "Dieu, qu’ils étaient lourds...!" (toujours joué) et "La Chair de l’homme" de Valère Novarina. Comment oublier cette époustouflante performance théâtrale avec ce texte de Novarina ? Mais peut-on encore parler de jeu lorsqu’un comédien arrive à ce point à épouser les mots et...  
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À découvrir

Les modèles des artistes sont-elles vraiment des modèles de vie ? À en croire ces "Muses", non, et tant mieux !

La racine étymologique de musée est "temple des Muses", du nom de ces neuf déesses qui président aux arts. Ici, elles ne sont que quatre (mais neuf en alternance, tiens ? Hasard…) et l'histoire qu'elles incarnent se déroule effectivement dans un musée après la fermeture, dans la torpeur de la nuit. Dans ce spectacle très vivant, incarner est le verbe idéal pour définir ces créations de personnages, puisque ceux-ci ne sont faits, au tout début, que des figures faites de pigments, de colle, de toiles et de cire.

© Xavier Cantat.
Des figures suspendues dans leurs cadres et posées sur un socle qui sont des chefs-d'œuvre : la "Joconde" de Léonard de Vinci, la "Naissance de Vénus" de Botticelli, la "Petite danseuse" de Degas et le "Diptyque Marilyn" d'Andy Warhol… Magie du théâtre, lorsque le dernier visiteur sort, suivi par le dernier gardien, ces muses renaissent, reprennent vie, voix et chair. Alors commence une longue nuit qui va révéler les caractères surprenants, parfois volcaniques et débordants de ces personnages si sages le jour.

Besoin de se dérouiller un peu les jambes, de se plaindre de la cohue qu'elles subissent tous les jours, de se rappeler des souvenirs "d'enfance" ou de se réchauffer les nerfs aux rivalités les plus classiques, rivalités de notoriété, de séduction ou d'âge, car ces quatre figures font bien partie des représentations de l'idéal féminin en compétition, telle sera la course qu'elles mènent avec fougue et sensualité.

L'idée de départ aurait pu devenir banale et vaine sans l'inventivité que les autrices, les interprètes et le metteur en scène ont déployé. Le texte de Claire Couture et Mathilde Le Quellec ancre résolument son ton dans la fantaisie, le jeu de répliques et l'humour. Les deux autrices ont laissé libre cours à leur imaginaire en gardant un point de vue moderne. Elles dessinent des tempéraments rugueux, explosifs et inattendus, qui tranchent avec les idées convenues que l'on forme face à ces représentations idéalisées de la femme : ce que cache le visage, l'apparence, l'esthétique.

Bruno Fougniès
18/10/2022
Spectacle à la Une

"Huis clos" Sommes-nous acteurs de notre destin ou de simples marionnettes ?

Garcin, Inès et Estelle, un homme et deux femmes, se retrouvent enfermé(es) dans un salon où la lumière ne s'éteint pas et duquel il est impossible de sortir. Ils comprennent qu'ils se trouvent en Enfer et se racontent leurs histoires. Ainsi se noueront entre eux des relations complexes qui ne se révèleront pas toujours réciproques.

© Anthony Dausseur.
Est-ce bien raisonnable de retourner assister à une énième représentation de "Huis clos", ce texte incontournable du théâtre français écrit, fin 1943 - début 1944, par le célèbre philosophe Jean-Paul Sartre ? Une de ses plus belles œuvres et aussi une des plus jouées.
Quand on aime, on ne compte pas, semble-t-il.

Au Laurette Théâtre, une petite salle intimiste de quartier, se joue une nouvelle version de cette célèbre pièce, interprétée par deux comédiennes et un comédien attachant(es) et investi(es) : Sebastian Barrio, Karine Battaglia et Laurence Meini.

La proximité du public avec la scène et, de ce fait, le contact très proche avec les personnages renforcent très largement la thématique de la pièce. Rares ont été les fois où cette sensation d'enfermement a pu nous envahir autant, indépendamment des relations tendues qui se tissent progressivement entre les personnages et qui de ce fait sont décuplées.

Brigitte Corrigou
24/10/2022
Spectacle à la Une

"Deux mains, la liberté" Un huis clos intense qui nous plonge aux sources du mal

Le mal s'appelle Heinrich Himmler, chef des SS et de la Gestapo, organisateur des camps de concentration du Troisième Reich, très proche d'Hitler depuis le tout début de l'ascension de ce dernier, près de vingt ans avant la Deuxième Guerre mondiale. Himmler ressemble par son physique et sa pensée à un petit, banal, médiocre fonctionnaire.

© Christel Billault.
Ordonné, pratique, méthodique, il organise l'extermination des marginaux et des Juifs comme un gestionnaire. Point. Il aurait été, comme son sous-fifre Adolf Eichmann, le type même décrit par Hannah Arendt comme étant la "banalité du mal". Mais Himmler échappa à son procès en se donnant la mort. Parfois, rien n'est plus monstrueux que la banalité, l'ordre, la médiocrité.

Malgré la pâleur de leur personnalité, les noms de ces âmes de fonctionnaires sont gravés dans notre mémoire collective comme l'incarnation du Mal et de l'inimaginable, quand d'autres noms - dont les actes furent éblouissants d'humanité - restent dans l'ombre. Parmi eux, Oskar Schindler et sa liste ont été sauvés de l'oubli grâce au film de Steven Spielberg, mais également par la distinction qui lui a été faite d'être reconnu "Juste parmi les nations". D'autres n'ont eu aucune de ces deux chances. Ainsi, le héros de cette pièce, Félix Kersten, oublié.

Joseph Kessel lui consacra pourtant un livre, "Les Mains du miracle", et, aujourd'hui, Antoine Nouel, l'auteur de la pièce, l'incarne dans la pièce qu'il a également mise en scène. C'est un investissement total que ce comédien a mis dans ce projet pour sortir des nimbes le visage étonnant de ce personnage de l'Histoire qui, par son action, a fait libérer près de 100 000 victimes du régime nazi. Des chiffres qui font tourner la tête, mais il est le résultat d'une volonté patiente qui, durant des années, négocia la vie contre le don.

Bruno Fougniès
20/09/2022