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RV du Jour

Benoît Lavigne reprend la direction du Lucernaire... Un vent nouveau souffle à l’horizon ?

En plein milieu de la saison 2014-2015, Benoît Lavigne reprend la direction du Lucernaire, à la suite de Philippe Person qui est resté près de six années aux commandes de ce lieu parisien majeur dans le paysage des scènes théâtrales françaises. Le groupe L'Harmattan, qui en est propriétaire, n’a pas souhaité le vendre mais enregistre un fort déficit.



Le Lucernaire, Paris 6e © D.R.
Le Lucernaire, Paris 6e © D.R.
Tous ceux qui ont un peu fréquenté le Lucernaire peuvent le dire… Ils y ont découvert des petits chefs-d’œuvre, des créations de compagnies absolument inconnues et dont ils conservent quelques souvenirs mémorables. Je suis certaine que vous, lecteurs, auriez de quoi témoigner à ce sujet…

Le Lucernaire est (a été ?) une belle vitrine pour les jeunes compagnies. Si elles en ressortent souvent sans faire de bénéfice (quand elles ne jouent pas à perte), ce haut lieu demeure pour elles un sésame important… Mais dans la débâcle actuelle, et avec les mesures économiques qui s’imposent, il est possible que tout cela appartienne très bientôt au passé...

Benoît Lavigne © D.R.
Benoît Lavigne © D.R.
Le scénario est classique et semble de toute façon presque inévitable : comme la saison dernière le théâtre a enregistré 700 000 euros de déficit, que la subvention de la Ville de Paris ne suffit pas, le théâtre pourrait passer du beau statut de théâtre indépendant à celui de théâtre privé en entrant dans les "Théâtres Parisiens Associés".

Les conséquences ? Rendre le lieu plus attractif en y mettant quelques têtes d’affiche. Que deviennent alors toutes ces petites compagnies qui faisaient aussi et surtout l’âme du Lucernaire ? Il paraît, selon Benoit Lavigne, qu’elles continueront à s’y produire, moins nombreuses, mais qu’elles seront toujours là, comme des pépites à dénicher au milieu des gros poissons… À suivre donc !

Bonne écoute !
benoit_lavigne,_rdv_du_jour.mp3 Benoit Lavigne, RDV du jour.mp3  (10.35 Mo)


Générique de l'interview composé et interprété par Pierre-Yves Plat.

À la fin de l'interview : court extrait de Laurent Terzieff lisant "Le Bateau ivre" d'Arthur Rimbaud.

Lundi 18 Mai 2015

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Succès mérité pour CIRCa, le cirque dans tous ses états !

Premier week-end à chapiteaux pleins à Auch sous le soleil occitan pour la 34e édition du festival du cirque actuel. Dans une ambiance éminemment festive, le public avait investi les différents espaces du festival, tant le Dôme de Gascogne et la salle Bernard Turin que les toiles édifiées à proximité ou sur d'autres lieux de la commune gersoise, pour découvrir des propositions artistiques riches et variées, d'une grande diversité de formes et de styles.

On pouvait ainsi apprécier, lors de ces deux premières journées, l'espiègle énergie et la bonne humeur des jeunes acrobates australiens de la Cie Gravity and Others Myths, "PANDAX", le cirque narratif de Cirque La Compagnie, la Cie H.M.G. avec son onirique et carrément magique "080" ou encore "Les hauts plateaux", la création 2019 de Mathurin Bolze/Cie MPTA (Compagnie les Mains les Pieds et la Tête Aussi).

Proposition forte au programme de ce week-end introductif, "Les hauts plateaux" offraient une scénographie originale, mystérieuse et très technique faite de trampolines, de plateaux volants et d'agrès en suspension. Dans une vision aux couleurs d'apocalypse, sur fonds de ruines passées, présentes ou imaginaires, ces hauts plateaux se dessinent comme autant d'îles défiant les lois de la gravité… où des êtres, silhouettes parfois irréelles, artistes de l'aérien, de la légèreté, embrassent d'éphémères, mais sans cesse renouvelés, moments acrobatiques, entre deux équilibres, portés, guidés par les rebonds d'efficaces trampolines.

Gil Chauveau
26/10/2021
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Un large déploiement de créations pour la 29e édition du Festival Marmaille

Pour la vingt-neuvième fois, l'association Lillico organise, dans Rennes, la métropole rennaise et l'Ille-et-Vilaine, le Festival Marmaille, événement consacré à la jeunesse, à l'enfance et à la prime-enfance, mais aussi aux spectacles "tout public" qui se déroulent durant deux semaines. Un festival pluridisciplinaire puisqu'il accueille théâtre, danse, chant, films, etc., dans différents lieux partenaires. Cette diversité permet aux enfants comme aux adultes de tous y trouver leur compte, d'autant que l'axe de programmation vise non seulement l'éclectisme, mais le sens, l'importance du propos autant que le plaisir de l'instant.

L'édition 2021 de Marmaille révèle vingt-deux propositions artistiques destinées à toutes les tranches d'âge puisque certains spectacles s'adressent à des bébés (comme le spectacle "Chuchoterie" pour un public accepté dès la naissance ou "Touche" à partir de 18 mois dont nous reparlerons plus bas). Elle rayonne dans une galaxie de lieux dans Rennes et dans les alentours. Et elle est riche de quatorze créations.

Des créations que Lillico connaît bien pour beaucoup d'entre elles puisqu'une des missions de l'association est d'accompagner tout au long de l'année des compagnies tournées vers le jeune public. Ceci depuis trente-deux. C'est certainement la raison pour laquelle ce festival révèle des propositions d'une très grande originalité et d'une grande valeur artistique. Accompagnés par l'association Lillico et révélés lors de cette quinzaine, ces spectacles continuent leur chemin sur tout le territoire pour des tournées importantes. Vous pourrez certainement en voir programmés près de chez vous.

Peut-être aurez-vous ainsi l'occasion de découvrir "Vendredi", une pièce inspirée de "Robinson Crusoé" de Daniel Defoe, qui s'attache à mettre en images l'évolution de la relation entre Robinson, l'homme civilisé et Vendredi, le sauvage. Dans un décor construit comme une île en miniature, les deux comédiennes qui interprètent les rôles racontent sans un mot le mimétisme dont Vendredi fait preuve face à Robinson, abandonnant ainsi une partie de sa personnalité. Toute cette histoire nous parvient ainsi par le mime, avec une lenteur voulue, comme un rituel moitié absurde, moitié ludique.

Bruno Fougniès
29/10/2021
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"Olympe et moi" Redécouvrir les écrits d'Olympe de Gouges pour mieux envisager les combats restant à mener

Olympe de Gouges, courtisane, royaliste, puis républicaine, insoumise et revendicatrice, connut son heure de gloire avant de mourir sous la lame meurtrière de la Terreur en 1793 et de tomber dans l'oubli. Elle a réapparu à juste titre aux côtés des grandes féministes contemporaines, il y a quelques décennies. Véronique Ataly et Patrick Mons nous proposent une rencontre attachante, généreuse, avec celle-ci où est associée avec intelligence l'actualité de la Femme telle qu'elle est aujourd'hui.

© Philippe Delacroix.
En fond sonore, bruits confus d'une foule probablement en mouvement, séquence révolutionnaire suggérée. Et cette phrase jetée comme une réplique provocatrice aux événements que l'on imagine en cours : "Femmes, quels bénéfices avez-vous tirés de la révolution ?"… telle est l'adresse d'Olympe à la foule… Et le début du singulier spectacle imaginé par Véronique Ataly où une comédienne, Florence, doit interpréter l'Occitane émancipée et insoumise qui cultiva une révolte permanente contre l'injustice et surtout l'hypocrisie.

L'interprète ainsi désignée de la féministe révolutionnaire donne tout de suite la temporalité du récit envisagé : 1793, la montée vers la guillotine d'Olympe de Gouges. Mais si, ici, cette dernière y perdit la tête, pour Florence, c'est de perte de mémoire dont il s'agit, un énorme trou, l'oubli total de son texte sans souffleur pour la secourir, le métier n'existant plus depuis longtemps.

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Gil Chauveau
15/11/2021